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Le cadeau de rentrée de Macron : licenciement de masse dans le périscolaire et l’associatif 

Au cœur de l’été, le 9 août, au détour d’une intervention, Murielle Pénicaud, l’ancienne DRH d’une multinationale devenue ministre du travail, annonce la fin programmée des « emplois aidés ». Les jours qui ont suivi ont montré qu’il ne s’agissait pas d’une phrase en l’air mais d’une politique qui prendra effet dès cette rentrée.

De quoi s’agit-il ? Les emplois aidés sont des dispositifs qui ont varié dans le temps depuis que le chômage de masse s’est installé en France, et qui amène l’Etat à prendre en charge les cotisations sociales, et parfois une partie du salaire d’emplois essentiellement dans le secteur non-marchand. Ce sont essentiellement les jeunes en sortie d’études ou en recherche d’insertion professionnelle qui occupent la grande majorité de ces emplois provisoires. Ce sont essentiellement les collectivités territoriales et surtout les communes dans les services périscolaires (accueil du matin et du soir avant et après l’école, temps du repas, temps d’activité périscolaire, centre de loisir du mercredi et des vacances scolaires) et le monde associatif, sportif et culturel qui mobilisent la majorité des emplois aidés. L’Éducation nationale et d’autres services de l’État en mobilisent une minorité importante, ainsi que les petites entreprises. Certes, ces emplois n’offrent pas la garantie d’un CDI ni même d’un CDD et peuvent être de ce point de vue critiqués. Mais cette critique implique qu’on demande la transformation de ces emplois aidés (CAE, CUI, CIE) en CDI ou en CDD et non pas leur suppression pure et simple, dont les seules conséquences en seront l’aggratin du chômage, de la précarité et de la pauvreté notamment des jeunes. Certes, on peut aussi les critiquer au nom de ce que les économistes appellent un effet d’aubaine : en effet, une collectivité, une grosse association, une entreprise pouvant créer un véritable emploi peuvent profiter de ce dispositif pour ne pas assumer le coût de cet emploi et faire un gain sur le dos du travailleur et de l’État. Mais il convient alors de mettre en place de véritables dispositifs de surveillance en renforçant les pouvoirs de l’inspection du travail pour sanctionner ce type de comportements et de soumettre attribution d’emplois aidés à des règles strictes. Parmi celles-ci le respect du droit à des temps de formation au cours même de la période de l’emploi aidé mais aussi des dispositifs qui garantissent la sortie par le haut de cette situation transitoire. Aujourd’hui, dans les dernières statistiques de bilan disponibles pour l’année 2016, 57% des emplois aidés débouchent sur un emploi véritable. Ce n’est pas un mauvais résultat même s’il peut et doit être nettement amélioré. Dans ma commune, comme maire, je veille avec les services municipaux à ce que les emplois aidés (qui ne dépassent pas 5% de l’effectif) débouchent sur un emploi en concertation étroite avec l’agent concerné.

Ce sont donc de faux prétextes que mobilise Mme la Ministre dans la diminution drastique des emplois aidés et ce dès cette rentrée. En effet, lorsque les associations et les communes ont fait en juillet les démarches nécessaires à la création d’emplois pour assurer la rentrée, elles se sont vues signifier un refus net : « les crédits sont coupés jusqu’à la fin de l’année ». Cette décision brutale met dans une difficulté majeure tout un pan de l’activité sociale de notre pays et contribue à licencier de fait des dizaines de milliers de jeunes. Ces derniers trouvaient là une activité rémunérée, une première expérience professionnelle qui leur mettait le pied à l’étrier et une réelle utilité sociale ; on les renvoie brutalement dans le chômage et à la démerde individuelle.

Mme Pénicaud cherche également à nous enfumer.  Elle nous dit ainsi que l’éducation reste une priorité pour les emplois aidés. Or d’une part il ne s’agit pour elle que de l’éducation nationale de l’État et en aucun cas de l’éducation périscolaire qui, elle, est frappée de plein fouet. D’autre part elle réduit pour l’éducation nationale proprement dite le nombre d’emplois aidés à la rentrée 2017 qui ne seront que de 50 000 au lieu des 70 000 l’année précédente ; comment peut-on parler d’une priorité alors qu’il s’agit d’une baisse de près de 30% des emplois aidés dans l’éducation nationale proprement dite ? C’est ainsi que le ministère de l’éducation nationale est conduit, pour maintenir les AVS (assistant de vie scolaire) indispensables à l’accompagnement des enfants handicapés à l’école, à supprimer massivement les emplois aidés administratifs, moins visibles et moins sensibles. On déshabille Pierre pour habiller Paul.

Cette attitude ne nous étonne guère venant d’une ministre qui lorsqu’elle était DRH de Danone avait mis en place un licenciement boursier, licenciement qui avait fait monter l’action de Danone, ce dont elle fut remerciée par une plus-value boursière personnelle de 1,13 million d’euros !

Le banquier Macron choisit bien ses collaborateurs. 

Préparons-nous donc à dénoncer ce plan de licenciement déguisé et à nous mobiliser à la rentrée pour le mettre en échec.

René Revol

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