Soirée « layette et politique », prise de la Bastille dimanche prochain et révolution citoyenne, renaissance de la conscience de classe et conclusion sur l’enjeu éducatif.

Note du 12 mars 2012

Soirée layette et politique.
Comme je vous en ai déjà entretenu dans des notes précédentes, cette campagne du Front de gauche nous réserve des surprises tous les jours. A cause justement du caractère spontané, citoyen et populaire du processus en cours. Samedi soir des amis nous ont invités, ma femme et moi,  à une soirée « layette et politique » ! Ils viennent de mettre au monde il y a trois semaines un magnifique petit Raphaël et ils ont invité voisins et amis en couplant ce rendez vous avec un débat amical sur la campagne du Front de gauche pour les présidentielles. Cette discussion entre voisins et amis permet d’aborder directement tous les sujets et de libérer la parole. Après tout quand on met au monde un petit homme il est légitime de s’interroger sur le monde qu’on va lui laisser en héritage.  Beaucoup de témoignages dans cette soirée montrent un intérêt grandissant dans la population pour la candidature et les propositions de Mélenchon ; une professeure de lycée professionnel indique par exemple que ses élèves de bac pro, qui professaient tous jusque là un rejet pur et simple de la politique, n’hésitent plus à dire que Mélenchon leur parle et qu’ils veulent voter pour lui. Cela rejoint ce que j’ai entendu le matin même sur le marché de Figuerolles où l’accueil fut fort positif dans un milieu populaire : « Lui au moins il parle net » « il parle de nous, de ce qui va pas », « il sait cogner sur la Le Pen »…

Dans ces trois dernières semaines la situation s’est modifiée : de l’adhésion militante – élargie à tous ceux qui se côtoient dans les luttes ou les batailles électorales depuis 2005 – on est passé à un intérêt populaire beaucoup plus large : enfin un espoir se lève. Nôtre tâche est d’amplifier cet impact populaire des mots et de l’alternative qu’incarne Jean-Luc Mélenchon.  Il faut pour cela éviter les calculs politiciens et le repli sur des segments électoraux, s’adresser au grand nombre. Rien de ce qui est humain ne nous est étranger et notre programme fait passer l’humain avant le profit et l’appât du gain ; c’est donc en partant du programme qu’on peut répondre à toutes les préoccupations. J’ai pu le tester dernièrement, lors de débats locaux sur diverses questions : la gestion des déchets, l’eau (on reparlera du forum alternatif mondial de l’eau à Marseille auquel s’est rendu mon camarade Bruno Flacher), les droits (à défendre et étendre) des femmes qui sont les plus frappées par la précarité, le chômage et la violence, la petite enfance, l’urgence sociale du logement (dont on va parler cette semaine avec la fin de la trêve hivernale)…  Je ne veux pas aborder ici chacune de ces questions ; ce qui m’importe c’est la méthode qui fait avancer notre cause : accepter l’échange avec tous, d’où qu’ils viennent, car il y a de l’humain en tous. Puis faire admettre que la solution doit prendre en compte la satisfaction des besoins humains et amener ainsi ses interlocuteurs à y réfléchir. L’un des traits de la campagne de Mélenchon est précisément de s’adresser à l’intelligence de tous ; je peux vous dire que les gens apprécient qu’on ne les prenne pas pour des imbéciles !

Un mouvement populaire s’est mis en marche.
Pour la première fois cette campagne électorale participe d’un véritable mouvement social. Déjà, en mettant en place les assemblées citoyennes, la priorité a été donnée à l’expression libre des citoyens ; c’est d’ailleurs cette méthode du dialogue qui a permis de construire le programme du Front de gauche « L’humain d’abord ».

De là se sont diffusées d’innombrables initiatives de terrain, élaborées et imaginées sans attendre telles ou telles consignes centrales. Il y a eu ensuite les prestations exceptionnelles de notre candidat à la télévision qui a fait exploser le mur médiatique, construit pour tenter de le discréditer et le marginaliser. Sa parole et les thèmes de notre campagne se sont imposés sur des questions centrales, telle la nécessité de faire payer les riches. En même temps, les rassemblements massifs de jeunes et de salariés, s’appropriant les meetings du Front de gauche, submergeaient les cadres politiques traditionnels, beaucoup repartant avec tracts et programmes en poche. Ce n’est plus dés lors d’un côté des candidats présentant leurs programmes et de l’autre des électeurs passifs qui font leur choix dans l’hypermarché politique ; autre chose se passe lors de cette mobilisation pré-électorale avec cette mise en mouvement d’une partie du peuple. Cette mobilisation participe de la reconstitution d’une classe ouvrière et populaire consciente de soi. Pendant des décennies la classe ouvrière a subi les effets des licenciements, de la précarité, du chômage ; les transformations de l’appareil productif semblaient l’atomiser et la marginaliser ; les professionnels de la parole politique, médiatique et savante la faisaient disparaître des écrans radars de la société. Statistiquement majoritaire la classe populaire avait disparue de tous les discours et de toutes les représentations. Les mobilisations contre les attaques patronales et gouvernementales depuis 1995, 2003, 2006 et 2010 ont peu à peu remis en mouvement ouvriers et salariés. Mais sans qu’une représentation politique se construise avec cette mobilisation. Or, ce à quoi on assiste avec cette campagne, c’est à la prise de conscience par la classe populaire de son existence, de sa force, de son nombre. Un lien fort se tisse avec les syndicalistes, œuvrant au dépassement de cette distance stérile entre syndicalisme et politique. Comme l’a bien expliqué Marx, pas d’existence objective d’une classe ouvrière sans son affirmation subjective. Les classes populaires sont de retour et tout doit être fait pour leur donner les moyens de s’affirmer en nombre dans cette élection.

Toute l’importance de la manifestation du 18 mars avec la marche sur la Bastille.
D’abord le 18 mars commémore l’insurrection ouvrière parisienne de la Commune. Ensuite il nous faut abattre la nouvelle Bastille des inégalités. Enfin se pose la nécessité d’un changement de régime pour en finir avec l’actuelle monarchie républicaine française, chargée d’appliquer les plans qu’impose l’oligarchie, via les institutions européennes non élues. La conscience grandit dans la population qu’on ne  s’en tirera pas avec une alternance de plus, qu’il faut changer de régime. L’heure n’est plus à disserter sur la 6ème République : désormais il faut la mettre en route.

La mobilisation pour le 18 mars bat son plein. Les places concédées par la SNCF se sont remplies en deux jours ; dés qu’on affrète un car dans une localité les inscriptions affluent. Les montées en voiture se multiplient. L’insurrection civique commence le 18 mars. D’ores et déjà nous pouvons dire que nous serons prés de 1000 du Languedoc dans les rues de Paris et nous nous retrouverons pour les montpelliérains le 21 mars à l’assemblée générale des assemblées citoyennes à partir de 19h salle guillaume Nogaret espace Pitot à Montpellier pour décider ensemble des moyens d’amplifier les résultats de la mobilisation citoyenne du 18 mars.

Quelques mots enfin de l’éducation et de l’enfance. Je vous invite à participer nombreux à la réunion publique départementale du Front de gauche sur l’éducation le jeudi 15 mars au centre espagnol de Béziers : nous accueillerons Gérard ASCHIERI qui a longtemps été un dirigeant syndical et qui est aujourd’hui un des responsables nationaux pour l’éducation pour le Front de gauche dans le comité national de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Pour préparer cette réunion  deux contributions : d’une part je vous invite à regarder la vidéo d’un débat sur l’éducation auquel j’ai participé sur TVSUD, avec des représentants des autres forces politiques.

D’autre part je vous transmets ici le dernier texte magnifique que vient d’élaborer le Front de gauche qui prend de manière globale la question de l’enfance et définit ce que devrait être une politique bienveillante et émancipatrice envers l’enfance. La lecture de ce texte (bien que long) m’a ravi car, loin de saucissonner par spécialité comme on le faisait souvent autrefois, quand on aborde les questions éducatives, il restitue la globalité d’une démarche humaniste et révolutionnaire d’une société qui veut éduquer dignement sa jeunesse. Je vous invite à le lire et à le diffuser largement autour de vous.

Télécharger l’Appel du Front de Gauche : « Pour une politique de l’enfance bienveillante et émancipatrice ! »

René REVOL

Il se passe quelque chose !

Note du 15 février

L’ampleur des tâches de la campagne du Front de Gauche, liée aux obligations de mon mandat municipal que j’assure d’une main ferme en toutes circonstances, m’ont quelque peu éloigné du clavier ; m’y revoilà pour vous dire qu’il se passe quelque chose !

L’évènement du 8 février

photo Stéphane Brulot

Le 8 février Jean-Luc Mélenchon a tenu son meeting régional en Languedoc-Roussillon à Montpellier. Quelle démonstration ! Déjà les succès des meetings précédents nous avaient obligés en catastrophe à changer de hall dans le parc expositions. Nous avons quitté les salles qui avaient pourtant fait le plein de la gauche antilibérale :
le 22 mai 2005 pour le Non de gauche, le 17 novembre 2006 pour l’unité antilibérale et le 29 janvier 2010 pour la liste régionale d’ « A Gauche Maintenant » que j’ai eu le privilège de conduire, chacun de ces rendez vous rassemblant entre 4 et 5 000 personnes. Cette fois ci ce fut une véritable marée humaine et nous étions au gros du meeting plus de 9 000, retrouvant des affluences que seule la candidature de Mitterrand de 81 avait rassemblé. En soi cela est déjà un évènement. Mais tous ceux qui ont vécu cette soirée voyaient bien qu’il se passait quelque chose de nouveau ; comme l’a dit Midi-Libre lui-même : « une nouvelle gauche est née » ! La première chose qui frappait était la diversité des publics présents qui au fur et à mesure de la soirée s’unifiaient dans l’adhésion aux idées développées par le candidat du front de gauche. Pour illustrer ce point voici un extrait d’un mail que m’a envoyé un sympathisant, jusque là un peu sceptique, le lendemain du meeting :

«Cher René, Je veux te témoigner ma grande satisfaction après le meeting d’hier. Mélenchon m’a enthousiasmé et tu peux compter sur moi pour la campagne […]. Arrivé largement en avance j’ai pu observer l’arrivée du public et je me suis permis d’en aborder pour leur demander les raisons de leur présence ; j’ai le sentiment que toutes les composantes naturelles de la gauche étaient là : des communistes revigorés et fiers de voir leur parti repartir enfin à la hausse, des syndicalistes très nombreux arborant fièrement leurs badges CGT, SUD, FO ou FSU et çà c’est sacrément nouveau en France, les militants altermondialistes qui ne se réfugiaient pas comme avant dans une sorte de retenue politique, des militants des droits de l’homme, les associatifs engagés dans la défense des travailleurs sans papiers, les animateurs des collectifs contre les gaz de schistes ainsi que des agriculteurs des hauts cantons, des écologistes bien sûr attirés par l’idée de planification écologique et inquiets de l’accord PS-EEVerts, les militants anticapitalistes qui semblaient trouver une issue à l’impasse du NPA, et puis des socialistes assez nombreux dont un qui affichait son badge du poing et la rose (quand je lui ai demandé pourquoi il était là, il me répond : « je viens voir par moi-même ce que dit Mélenchon mais aussi pour le moment j’ai l’impression que c’est le seul candidat qui puisse se dire socialiste. » ). Il y avait aussi beaucoup de gens qui étaient venus à 2 ou 3 sans afficher une appartenance et que je voyais au cours de la soirée s’échauffer, rire et applaudir. Mais ce qui m’a le plus impressionné c’est cette masse de jeunes qu’on n’avait pas vu depuis longtemps dans les meetings de gauche ; ils étaient particulièrement actifs et joyeux. Quand je pense à tout ce qu’on dit sur leur dépolitisation et leur zapping permanent et là ils sont restés attentifs à suivre des discours pendant prés de deux heures ! Bref tu dois savoir tout çà autant que moi mais ce que je veux surtout te dire : faites bien attention à offrir à tous ces gens un cadre ouvert et dynamique où ils se sentent à l’aise comme ils sont pour qu’ils puissent agir .Le PG et le Front de gauche peuvent être ce cadre de reconstitution de la gauche si on s’y prend bien. Je vois une force considérable prête à se mettre en mouvement. Bien à toi et à bientôt. Marc »  

Photo Loïc Bertrand

Marc résume très bien mon sentiment : une force populaire s’unifie et se met en mouvement. Désormais va se produire un aller retour permanent entre ce qui se passe d’un côté dans le sommet de la campagne et de l’autre l’action souterraine des mille et une discussions et rencontres au travail, au café, entre amis, en famille. Dans la période qui s’ouvre le mécanisme des petites phrases et de la pipolisation, qui font le spectacle médiatique habituel des campagnes avec un peuple de spectateurs passifs, semble bien compromis. Des enjeux vitaux pour la vie du peuple vont désormais venir sur la table maintenant que notre candidat est audible de tous. 

Février mars : l’enjeu du traité européen
Parmi ces enjeux, il est significatif que la question européenne soit à nouveau au centre, maintenant que le cinéma de Sarkozy en sauveur de l’Euro et du triple A se termine en fiasco et que la discrète manœuvre de Hollande en parlant de renégociation…après l’élection semble intenable. Bref les partisans de l’Europe libérale espéraient que la question européenne laisse la place à d’autres sujets dont ils dicteraient l’agenda (sécurité, chômeurs « profiteurs », immigration…) et que nous avalisions ainsi par omission les questions vitales et particulièrement les politiques européennes austéritaires qu’on nous impose. Et bien c’est raté. D’abord parce que pour le grand nombre s’impose le sentiment qu’aucune politique autonome de croissance et d’emploi dans notre pays n’est possible dans le cadre de la discipline imposée par les institutions européennes et des traités européens. En situation de reflux ce sentiment peut produire de la résignation ; mais en situation de montée sociale et politique ce sentiment fonde la nécessité de la rupture avec les traités ultra libéraux qui régentent la construction européenne. Déjà dans la phase précédente de la campagne nous avons pu imposer l’idée que rien n’était possible sans remettre en cause la puissance des marchés financiers (« Les réguler ? Non, leur briser les reins »), au point que dans certains débats je vois les interlocuteurs d’autres forces politiques admettre la main sur le cœur qu’il faut combattre les marchés financiers, même s’ils ne proposent aucune mesure allant dans ce sens. Maintenant c’est le tour de l’Europe : le nouveau projet de traité européen rédigé par Merkozy et approuvé sans résistance par les gouvernements conservateurs et sociaux démocrates de 25 pays sera signé en mars prochain. Or ce traité a le culot d’imposer à tous les pays une discipline budgétaire absolue et que personne ne pourra remettre en cause ; les 3% de déficit de Maastricht sont loin et nous voilà avec 0% ou 0.5% ! Après avoir perdu toute souveraineté monétaire avec la mise en place d’une Banque centrale indépendante de tout pouvoir politique et de tout contrôle démocratique (et on a vu depuis vingt ans que cette BCE n’a de cesse que de se soumettre aux exigences des marchés financiers), le nouveau traité préconise un mécanisme visant à déposséder chaque pays de toute autonomie budgétaire pour imposer à tous la même règle : baisse des dépenses publiques et baisse des impôts des riches ! La campagne du Front de Gauche sera donc une campagne pour dire Non au traité austéritaire ; la souveraineté populaire doit à nouveau s’imposer comme en 2005 mais cette fois ci en étant instruite de l’expérience de la catastrophe à laquelle a conduit le traité de Lisbonne. Chaque jour de la Grèce au Portugal, de l’Espagne à l’Italie, de l’Irlande à la Roumanie, l’actualité amène son lot de faits et d’arguments pour dire Non au nouveau traité. En ce moment l’ampleur des coups portés par la troïka contre le peuple grec indigne tous ceux qui en ont pris connaissance ; et il est assez sidérant que ces mesures soient imposées par ceux qui ont maquillé les comptes (les dirigeants de la droite grecque, la Nouvelle Démocratie , en accord avec le dirigeant européen de Goldman Sachs devenu depuis le président de la BCE qui fait payer cette erreur au peuple grec alors qu’il en est le complice direct ; quant aux sociaux démocrates grecs du PASOK ils sont encouragés par tous les socialistes européens à voter pour l’austérité maximale …ce qui les discrédite pour des décennies aux yeux de leur peuple). La première étape du NON au nouveau traité consiste dans la mobilisation de solidarité avec le peuple grec. Car ce qu’exige la troïka a été voulu par Sarkozy et il devra s’expliquer des souffrances qu’il contribue avec les autres dirigeants européens à imposer à ce peuple.

Le 21 février, les socialistes français au pied du mur
Les dirigeants socialistes français ont cru pouvoir s’exonérer d’une réponse claire sur ce traité. Au parlement européen les députés français se sont abstenus alors que les autres députés socialistes européens votaient pour. Puis François Hollande s’est déclaré favorable à une renégociation du traité s’il est élu. Cette position ambigüe ne va pas tenir longtemps. D’abord nous n’avons pas la mémoire courte : un épisode historique devrait nous instruire ; en avril 1997 lors de la préparation des élections législatives anticipées, qui ont vu la victoire de la gauche plurielle, Lionel Jospin a déclaré sur TF1 : « Les critères de Maastricht ne sont pas gravés dans le marbre et je les remettrai en cause ». Le peuple a donc espéré une remise en cause de l’austérité imposée à l’époque par la convergence pour faire l’Euro. Or en juin 97 à peine élu Jospin a signé le traité d’Amsterdam qui pérennisait les critères de convergence dans le cadre du pacte de stabilité. Les promesses pour demain ne sauraient donc nous suffire. Il nous faut des actes : or justement à partir du 21 février le parlement va aborder le texte préalable à ce traité et adopter ce texte consiste à approuver le traité. Jean Luc MELENCHON a expliqué cela en détail aux 9000 présents du meeting de Montpellier qui ont écouté cela avec la plus grande attention ; ce fut un grand moment d’éducation populaire. Depuis blogs et notes diffusent l’analyse détaillée de ce texte informant ainsi du forfait qui se prépare, à l’image de la formidable campagne civique de 2005. Hollande ne va pas pouvoir prétendre pendant longtemps que c’est un texte technique sans importance. Soit à la fin du mois ils votent ce texte et alors la promesse de renégociation n’est que du vent aux yeux de tous car il se sera fait le complice des plans de misère que l’Europe impose aux peuples ; soit ils votent contre et ils sauvent l’honneur de la gauche et nous aurons ainsi une base unitaire de mobilisation pour remettre en cause le traité. Et qu’ils ne nous fassent pas à nouveau le coup de l’abstention qui revient à laisser passer le texte.

Mener campagne : une tâche pour chacun
Pour terminer deux anecdotes qui montrent que chacun peut se poser la question de la meilleure manière dont il peut participer à cette campagne présidentielle. Un ami non encarté et non engagé politiquement m’informe qu’il est venu avec sa femme au meeting ; convaincus, à la sortie, ils ont acheté dix programmes « l’humain d’abord » et envisagent de les vendre dans la semaine ; ils ont ouvert un petit carnet en faisant la liste de tous les amis et liens familiaux qu’ils vont contacter pour les faire voter Mélenchon le 22 avril en réfléchissant aux meilleurs arguments possibles et les mieux adaptés. Cette démarche simple va se multiplier et irriguer la société dans les jours qui viennent. Le mépris médiatique sur le Front de gauche (qui fait suite au silence médiatique qui ne pouvait plus tenir) convainc chaque jour de nouveaux convaincus qu’ils ne doivent ne compter que sur eux-mêmes pour faire campagne et faire connaître le projet du Front de gauche et son candidat.

Une autre anecdote. Plusieurs enseignants ou parents d’élèves ou citoyens concernés par les questions d’éducation ont pris connaissance du discours de Mélenchon aux vœux au personnel de l’éducation. Et touchés par le contenu ils décident de diffuser le lien qui permet d’écouter ce discours d’une heure. Ainsi l’un d’entre eux écrit cela à ses collègues « Vous ne cessez de dire à vos élèves que pour devenir de vrais citoyens ils doivent se forger une opinion par eux-mêmes en s’informant au mieux ; alors commençons par nous l’appliquer à nous-mêmes pour les prochaines élections présidentielles en refusant le vote mécanique selon ses habitudes ou selon le paresseux vote utile. Aussi je vous demande de consacrer une petite heure à écouter le discours de mélenchon sur l’éducation. Personnellement convaincu par ce discours je suis preneur de toute réaction et de tout débat à ce sujet » et de donner le lien suivant : cliquez ici

Mille démarches similaires se multiplient et forment la matière première d’une mobilisation citoyenne souterraine qui se nourrit de tous les évènements qui se passent à la surface ; je vous appelle toutes et tous à vous y inscrire sans attendre de consignes.

Dans ma prochaine note j’aborderai la question cruciale du logement.

René REVOL

Voir la vidéo du discours de Jean Luc Mélenchon à Montpellier 

J.-L. Mélenchon – Discours de Montpellier par lepartidegauche

Premier tour des primaires, le petit livre rouge, et l’aveu de Berlin !

Note du  11 octobre 2011

Primaires socialistes.
Engagé publiquement dans la campagne du Front de gauche pour les élections présidentielles et législatives, je n’ai bien sûr pas voté à ces primaires. Facilitant leur organisation en tant que Maire, et sensible à tout ce qui anime mon camp, la gauche, j’ai passé de longs moments ce dimanche auprès du bureau de vote de mon village en discutant avec la majorité des 458 votants qui se sont déplacés. Avant toute chose je tiens à féliciter la petite section PS de ma commune qui a fait un travail militant remarquable. Déjà depuis deux semaines, je sentais monter une envie de participer et cela s’est vérifié dans notre commune avec un taux de participation de 12%. Dans les discussions un thème revenait : « On nous demande jamais notre avis, alors pour une fois qu’on peut le donner ! », « d’habitude ils n’en font qu’à leur tête, alors si on pouvait être entendu » et surtout « il y en marre de Sarkozy, il faut que çà change vraiment » ; cela s’est aussi vérifié dans le résultat avec un Montebourg à 27% talonnant Hollande. Vous connaissez les résultats nationaux et je ne reviens pas ici sur les chiffres et le flot des commentaires. Au moment où j’écris ces lignes je ne sais pas ce que dira Montebourg ce lundi soir. Je souhaite vivement qu’il ne se prête à aucune combinaison d’entre deux tours. Mais une chose est sûre : ce qu’il a momentanément incarné dans cette campagne ne peut pas se retrouver dans les deux candidats restés en lice. Pour Hollande, c’est évident : voulant capter l’héritage social libéral de Strauss-Kahn, il n’a pas cessé de vanter la réduction des déficits, la rigueur et les diktats européens. Il est possible que ce positionnement provoque une mobilisation en forme de rejet au second tour. Mais Martine Aubry aura du mal à représenter le changement : certes son discours peut apparaître plus à gauche mais elle ne propose aucune mesure qui permette de sortir de l’impasse actuelle. Un gouvernement de gauche sera immédiatement soumis à un terrible diktat : celui des marchés financiers qui testeront la crédibilité de la France à l’aune des mesures d’austérité qui seront prises et feront payer cher en taux d’intérêt un gouvernement qui ne s’y réduirait pas ; les agences de notation se chargeront de mettre cela en scène et la pression des institutions européennes veillera à mettre la France au pas. Face à cette pression, il ne suffit pas d’avoir du « caractère » (même si cela est nécessaire pour les temps de tempête, mais cette condition nécessaire n’est pas suffisante), il faut aussi dire précisément comment on fait pour rompre avec la dictature des marchés financiers. Et là-dessus le programme du PS comme sa déclinaison par Aubry ne propose absolument rien. C’est d’ailleurs une des leçons de cette primaire : les grands leaders liés au programme du PS ont été soumis à la critique interne de Montebourg et externe de Mélenchon, et la vacuité de ce programme est apparue ainsi visible à travers la percée de Montebourg. Il est possible que la poussée à gauche dans la société amène les électeurs des primaires à donner l’avantage à Aubry au second tour mais cela ne se fera pas sous la forme d’une adhésion profonde.

Le petit livre rouge.

Ainsi auront été posées au cœur du débat les exigences de rupture que le programme du Front de gauche a mis au centre : la rupture avec les marchés financiers par la mise au pas des banques avec un grand pôle public bancaire adossé à la banque centrale, la redistribution des richesses par la taxation des riches et la mise en place d’un revenu maximum, la désobéissance aux directives libérales européennes ouvrant la voie à une réorientation de la construction européenne, la planification écologique, la parole au peuple par la mise en place d’une VIe République…..Sorti le 17 septembre nous étions le 7 octobre à prés de 200 000 exemplaires vendus ! Le programme du front de gauche « L’Humain d’abord ! » fait un tabac et je l’ai vu peu à peu peser dans les débats de la primaire socialiste ; et au lieu d’un concours de beauté (ou de « caractère »), c’est-à-dire un concours de sélection de personnes et non pas d’idées, des thèmes de rupture avec la mondialisation financière et libre échangiste se sont imposés. Au début on a vu les « grands » candidats traiter cela avec condescendance et cette semaine d’entre deux tours on va beaucoup s’amuser à voir Hollande et Aubry faire assaut de formules radicales et confuses pour séduire ces 17% ! Or quelque soit le vainqueur le 16 octobre pendant les sept mois qui suivront ces idées de rupture avec le capitalisme financier poursuivront leur travail dans les têtes de millions de femmes et d’hommes et auront un candidat à la présidentielle pour les incarner avec Jean-Luc Mélenchon. La semaine dernière j’ai tenu une réunion débat dans un café de Nimes sur le programme du front de gauche : la salle était bondée et le public présent allait au delà du cercle militant. Déjà nous programmons tout un maillage de réunions de terrain sur les mesures précises qu’une gauche véritable se devra de mettre en œuvre. Après tout, ces primaires qui auraient dû nous marginaliser ont été un très bon tremplin pour le Front de gauche.

L’aveu de Berlin.
Mais il suffit souvent de suivre l’actualité et chaque jour nous amène de la nourriture pour notre campagne. Ce dimanche la bataille entre socialistes a fait passer au second plan un évènement majeur : le sommet de Berlin entre Merkel et Sarkozy. Deux décisions en sont sorties : 1) la recapitalisation des banques. Bref ils avaient voulu nous expliquer que le seul problème c’était la dette des Etats et en particulier la Grèce. On a appliqué  à ce pays une des austérités les plus importantes de ces dernières années et cela ne règle rien (cela aggrave même la capacité de la Grèce à payer) ; et comme tout le monde est convaincu que la Grèce ne pourra pas payer, les banques engagées s’en trouvent fragilisées ; et ce d’autant que les mêmes risques pointent à l’horizon pour d’autres pays et non des moindres comme l’Italie. Par ailleurs il ne vous a pas échappé que la France n’a pas voulu assumer la majorité du sauvetage de la banque franco belge Dexia de peur de voir la note de la France se dégrader comme celle de la Belgique. Devant ce système qui se lézarde on ne trouve comme réponse que de mobiliser les fonds publics pour apporter du capital aux banques ; et cela sans toucher aux mécanismes financiers qui les a menées à la crise actuelle. Les solutions du Front de gauche vont vite s’imposer. Dans une prochaine note je ferai un petit résumé des solutions bancaires et financières que nous mettrions en œuvre. Mais le plus intéressant est la deuxième « innovation » du sommet de Berlin : 2) Berlin et Paris appellent à une refonte des traités européens. Quel aveu ! Nous, qui, depuis des années, expliquons que le traité de Lisbonne est un carcan à faire sauter et à réviser, il y a de quoi savourer. Alors puisque les traités européens doivent être refondus, comment oser alors nous opposer les interdits européens quand nous avançons des mesures en rupture avec ces traités ? Alors puisque tout le monde reconnaît la nécessité de refondre les traités européens mettons au centre de la campagne les mesures phares d’une refondation démocratique de l’Union Européenne – en sachant bien que la refondation de Sarkozy-Merkel va aller exactement dans le sens inverse (notamment en faisant passer pour du « fédéralisme » la mise sous tutelle des Etats et limitant ainsi encore plus la souveraineté populaire .

Un dernier mot pour vous dire que les débats se multiplient autour du livre que je viens de sortir en septembre « Capitalisme. Une mise en perspective » (Editions Alterbooks). De nombreux lecteurs m’écrivent pour exprimer accord, nuances ou divergences d’analyse et ce débat me plaît car comme y incite le bouquin il porte sur la compréhension de la dynamique de long terme. Cette exigence d’une réflexion sur les grands mouvements de fond du système est indispensable quand on est comme nous confronté à l’écume tumultueuse des évènements. Dans les multiples sujets abordés, je note la question d’Etienne qui me demande de préciser ce que j’entends par la notion de « crise systémique » que j’aborde dans l’introduction et la conclusion. Or il se trouve que je vais faire une intervention vendredi prochain au séminaire organisé par le CERSES (Centre de Recherche en Sciences Economiques et Sociales) sur le thème : « Qu’est-ce qu’une crise systémique ? ». Je ne manquerai pas de vous donner le lien pour prendre connaissance de cette intervention et du débat qui va suivre.

A bientôt.


La Révolution citoyenne en Tunisie : un exemple pour tous à commencer…par la France !

Dans cette note je vous parle de la révolution  tunisienne, des conséquences concrètes de la politique gouvernementale sur une petite commune comme celle dont je suis le premier magistrat, de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les obligations nombreuses de la rentrée de janvier plus une mauvaise grippe m’ont tenu éloigné du clavier mais c’est avec joie que je retrouve mon blog pour vous dire l’engouement qui a été le mien en suivant heure par heure ce qui s’est passé (et se passe encore) en Tunisie. Pas pour revenir sur les évènements mais pour en donner mon analyse.

 La révolution démocratique tunisienne. D’abord rappelons que le régime dictatorial de Ben Ali était soutenu activement par le gouvernement français comme par les dirigeants socialistes, puisque Ben Ali et son parti étaient membres de l’Internationale Socialiste ! Ceux-ci se répandent en déclaration de soutien au mouvement démocratique tunisien ; ils devraient avoir la décence d’abord de s’excuser d’avoir soutenu Ben Ali. Quant à Madame Alliot-Marie elle devrait démissionner sur le champ si elle voulait sauver l’image de la diplomatie française aux yeux des peuples du monde entier. Je lis dans des journaux que « c’est toute la classe politique française qui a soutenu Ben Ali», cela est faux car l’honneur de la République Française a été sauvé par le combat de solidarité avec les opprimés tunisiens mené depuis des années par le PCF, le Parti de Gauche, le NPA et toutes les organisations de l’autre gauche, auquel il faut ajouter la Ligue des Droits de l’homme et nombre d’associations et de personnalités démocratiques.

Quant à la dynamique des évènements, il ne faut pas oublier la première étape. Face à la crise alimentaire de nombreux pays du Sud sont obligés de subventionner les produits alimentaires de première nécessité pour permettre à leurs peuples de manger à leur faim. Cela a naturellement creusé les déficits budgétaires et donc la dette publique de ces pays. Et que fit le FMI ? Au lieu de soutenir ces pays par une redistribution mondiale des richesses (comme le proposa à l’origine le représentant français lors de la conférence de fondation du FMI en 1944, un certain Mendès-France !), le FMI réclama de ces pays de faire les « réformes structurelles » consistant à privatiser l’économie et à diminuer les subventions publiquesalimentaires. C’est la voie dans laquelle s’engagea la Tunisie de Ben Ali et on a vu le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en novembre 2008 féliciter chaleureusement le dictateur pour son excellente politique. Les tunisiens n’oublieront ni Madame Alliot-Marie ni Monsieur Strauss-Kahn ! Face à cette politique de hausse des prix alimentaires consécutives à la diminution des subventions (pendant que la famille Ben Ali s’engraissait honteusement aux yeux de tous), cela faisait des mois que les mouvements de protestation se multipliaient notamment sous l’égide de l’UGT. Manifestations, incidents sur les marchés, grèves sporadiques …tout ce que les médias français ne voulaient pas voir jusqu’à ce qu’un vendeur des rues s’immole par le feu et révèle au grand jour une colère populaire (qu’on avait pu aussi voir à l’œuvre dans les émeutes réprimées en Algérie il y a un mois). J’insiste sur ce point car la révolution démocratique tunisienne mêle étroitement la question politique et la question sociale….Ce que cache à nouveau les commentateurs officiels qui s’émerveillent sur la nouvelle démocratie (après avoir louangé Ben ALI) en évitant de souligner l’exigence populaire d’un changement de politique économique et sociale. Ce qui va directement contre la politique  du FMI. Et déjà cette question est maintenant posée par la rue.

Mais il y a plus important. Le mouvement est souvent décrit par les médias comme l’explosion d’une foule en colère ; c’est la vision qu’ont les élites des mouvements populaires. Ceux qui ont suivi heure par heure cette insurrection populaire, notamment sur le net, les réseaux sociaux…ont pu constater la capacité d’auto-organisation dans les quartiers populaires comme chez les jeunes et les étudiants. Un peuple éduqué et conscient, imprégné d’une culture laïque, instruit du passé révolutionnaire français, où les femmes ont réalisé de nombreuses conquêtes, ce peuple a été capable d’isoler le pouvoir et ses forces de répression et de chasser le dictateur. C’est une révolution citoyenne. Et on voit depuis jeudi que la mise en place du nouveau gouvernement ne passe pas et le peuple après avoir dit « Ben Ali dégages ! » ajoute désormais « RCD dégages ! » et tous ceux qui auront été liés au régime vont être balayés d’une manière ou d’une autre. On voit bien cependant les manœuvres des puissances impérialistes (le discrédit de la France laisse la place aux USA pour cette besogne) pour essayer d’établir un nouvel ordre compatible avec leur domination. Mais l’exigence d’une Assemblée Constituante grandit de plus en plus ouvertement dans les manifestations. Des dizaines de milliers de tunisiens se rassemblent ce weekend de villes en villes pour marcher sur Tunis et les enseignants du primaire défient le pouvoir en se mettant en grève illimitée lundi jour de la reprise des cours.

Tous les peuples sont attentifs et tournent les yeux vers le modèle de la révolution citoyenne tunisienne. Naturellement, les peuples voisins  du Maghreb, du Makrech et du moyen orient. Mais ne limitons pas nos regards comme le font les médias. Car les tunisiens donnent des idées à tous les peuples européens, à commencer par les Français.             

Les conséquences directes de la politique de Sarkozy dans ma commune.
Revenons donc à la France. Dans ma dernière note je vous disais que dés janvier 2011, les coups allaient pleuvoir. Je vous laisse faire la liste des mauvais coups du mois, je veux seulement souligner que tout le monde est touché, y compris ma petite commune de 6000 habitants périphérique de Montpellier. Je prends le cas d’un EHPAD (établissement d’hébergement des personnes âgées dépendantes). La décision ministérielle conditionnant son fonctionnement avait été prise en 2005 par le ministre délégué, en charge des personnes âgées, Philipe BAS ; le dossier avait été monté par mon prédécesseur qui n’avait pas été capable de trouver un lieu adéquat. Arrivés aux affaires en 2008, nous trouvons un lieu idéal ; le terrain est acquis par un organisme départemental chargé de construire l’établissement ; la commission concernée où l’Etat est représenté donne son accord formel ; le permis de construire est instruit puis accordé ; les entreprises chargées de la construction choisies …et alors que les travaux s’apprêtent à démarrer on apprend que l’ARS (Agence Régionale de Santé, le nouveau gendarme qui régit la santé à l’échelle régionale directement relié au gouvernement) suspend l’autorisation de fonctionnement ! Outre que ni le Maire, ni le Président du Conseil général n’arrivent à obtenir un quelconque rendez vous de la directrice de cet organisme (ce qui manifeste un mépris incroyable des populations et de leurs élus), les services concernés font savoir que cette décision rentre dans le cadre des économies budgétaires ! D’abord où est l’économie alors que déjà 500 millions d’€, donc de l’argent public, ont été mobilisés pour l’acquisition foncière sur la base de l’autorisation gouvernementale préalable qui avait été donnée ; car la soudaine décision de l’ARS revient à gâcher ces 500 millions ! Ensuite, quel crédit peut-on accorder aux belles paroles du « débat national » sur la dépendance quand par derrière on fait des coupes sombres dans les crédits de fonctionnement des maisons de retraite. Bref l’offensive gouvernementale crée des ravages dans tous les domaines et les mobilisations ne vont pas manquer tout au long de cette  année.

Le sens de la candidature Mélenchon : construire une perspective politique alternative et unitaire.
Or ces mobilisations sociales en période préélectorale ont besoin d’une perspective politique claire contre Sarkozy et sa politique. De ce point de vue les atermoiements socialistes tant sur le fond (leurs textes sont d’une timidité accablante au point de se demander s’ils n’ont pas peur de se retrouver au pouvoir) que sur la forme (jusqu’à quand va durer ce bal des égos ?) bouchent la perspective politique. Il est assez sidérant de voir en même temps comment les médias ont tout fait pour légitimer Marine Le Pen : elle devient ainsi le réceptacle possible d’une certaine colère populaire sans perspective, entre l’abstention, le filet de la xénophobie nationaliste. Cette attitude des médias procède bien sûr aussi d’une manœuvre visant à légitimer le vote utile pour les partis dominants. Il est donc décisif qu’une autre perspective se construise à gauche. C’est pour cela que je salue la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon ce 21 janvier approuvée ensuite par le Conseil national du Parti de Gauche et qui ainsi est publiquement proposée au Front de gauche, ainsi qu’à toutes les formations de l’autre gauche et à tout le peuple de gauche. Le débat va ainsi se mener dans la clarté dans l’autre gauche pour construire une offre politique unitaire pour les prochaines échéances électorales nationales c’est-à-dire l’élection présidentielle ET les élections législatives (car n’oublions pas que ce sont ces dernières qui garantissent une majorité gouvernementale). Mais cette candidature de Mélenchon est d’avantage qu’une proposition dans l’autre gauche. Elle permet de commencer la campagne contre la droite pour une vraie gauche de rupture ; elle permet d’avancer tout de suite des solutions possibles et réalisables face aux mesures de Sarkozy. Et cela a une portée concrète dés 2011 : les luttes sociales pourront se sentir confortées par l’émergence d’une réelle alternative politique. Et inversement ces luttes sociales favoriseront l’irruption citoyenne sur le terrain électoral. Que les propositions de Mélenchon aient un écho, je l’ai vérifié dés ce matin en allant faire ma tournée dans le café populaire de ma commune : il y une proposition qui fait un tabac c’est la proposition du salaire maximum (« Au dessus je prends tout ! »). Les gens comprennent vite et il n’y a personne pour s’y opposer. J’avais eu une tout autre réception, dans un salon patronal auquel je participais en tant que maire en novembre : que n’ai-je entendu (démagogie, trop simpliste, démotivation du travail…) ; ayant fixé le salaire maximum à 20 fois le SMIC je me suis intérieurement amusé des clameurs de mes contradicteurs, qui avouaient par leurs réactions un niveau indécent de leurs gains. …Ainsi c’est parti. De l’audace et avançons nos idées et nos projets sur la place publique. Alors tous ceux qui veulent soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon allez à cette adresse sur son blog

« Je propose ma candidature pour l’élection présidentielle de 2012, au Front de Gauche et à toutes celles et ceux, en métropole et outremer, qui se reconnaissent dans cet engagement pour la Révolution citoyenne. »:

http://www.jean-luc-melenchon.com/liste-dappui-a-ma-candidature/        

Enfin un mot sur l’angle d’attaque trouvé à ce jour par les défenseurs du système contre Mélenchon : l’accusation de populiste et l’amalgame entre Mélenchon et le Pen. J’écris à froid car ce genre de pourriture me donne facilement une rage sans bornes et je préfère attendre avant de réagir. D’abord populisme est un concept creux qui sert surtout aux élites pour manifester leur crainte et leur mépris des mouvements populaires. Je vous renvoie à ce sujet à l’excellent article dans la tribune libre de l’Humanité de ce 22 janvier d’un professeur de philosophie : Benoit Schneckenburger. Ensuite c’est une honte d’assimiler un militant de gauche qui fut de tous les combats antiracistes avec l’extrême droite. Cohn-Bendit s’est déjà déshonoré dans cet exercice avant d’être condamné par son parti ; idem pour Huchon. Et cette  semaine le très droitier et très antigrève dessinateur Jean Plantu a livré son fiel par un dessin de la honte dans L’Express,  provoquant la réprobation de nombreuses personnalités. Et ce samedi 22 je lis dans Midi Libre l’éditorial d’un scribouillard, un certain Yann Marec : « Sur l’estrade du camp des populistes, ils sont deux désormais. Jean-Luc Mélenchon a rejoint sa camarade d’invectives Marine Le Pen. […] N’en déplaise à Mélenchon, Plantu a eu raison… » (Vous retrouverez ce texte page 5 du deuxième cahier régional). En tant que responsable régional du Parti de Gauche, qui a porté les couleurs du front de gauche dans cette région, je m’estime diffamé par ce monsieur et je vais exiger des excuses. Et je vous invite à tous en faire de même. Ne les lâchons pas ; aucune concession à ces monopoleurs des médias qui font ouvertement campagne contre le peuple. J’ai trop de respect pour les métiers de l’information dont nombre de journalistes risquent leur vie pour dire ce qui est pour que nous nous taisions devant ceux qui s’érigent le droit d’injurier dans le secret de leurs bureaux douillets.    

                                                                                                                  René Revol