Grandeur et misère des associations

photo asso
Rencontre avec les Associations de Montpellier – Dimanche 9 septembre

 

Rentrée scolaire début septembre, mais rentrée des associations avec la fête des associations dans les villes et les villages, une manifestation très attendue et appréciée par beaucoup de citoyens. Comme chaque année je ne manque sous aucun prétexte ces rendez-vous, rendez-vous qui m’offrent la possibilité de rencontrer de nombreux responsables et animateurs d’associations. Qu’il s’agisse des associations sportives, culturelles, sociales, civiques, j’ai partout ressenti auprès de ces bénévoles dévoués au service des autres un grand désarroi et souvent une colère.

La demande sociale en direction des associations ne cesse d’augmenter car, contrairement à l’opinion prêtée à nos concitoyens, la majorité n’est pas séduite par le repli individualiste mais aspire à échanger pour plus de lien social et de solidarité. Les adhérents aux différentes associations augmentent année après année ; une des causes de cet engouement vers les associations n’est pas sans lien avec le désengagement de l’État dans ses missions de service public, sous l’effet des coupes budgétaires drastiques qui frappent depuis des années le service public, coupes que le gouvernement entend toujours davantage aggraver. Ce sont toujours moins de moyens à la disposition des associations. Depuis juillet 2017 la suppression de la grande majorité des emplois aidés frappent de plein fouet l’ensemble des associations qu’elles soient sportives, culturelles, sociales… Nous avons assisté impuissants, certes de façon diffuse dans des dizaines de milliers d’associations qui le rend moins visible, à un véritable plan de licenciement dans tout le pays, faute pour les associations de disposer de trésorerie nécessaire. Du jour au lendemain ce sont ainsi des milliers d’éducateurs qui ont fait défaut dans l’encadrement de notre enfance et de notre jeunesse. À ces suppressions d’emplois aidés s’ajoute la diminution drastique des subventions : disparition pure et simple de celles de l’État et baisse de celles des collectivités locales dont les moyens financiers sont de plus en plus contraints par la baisse des dotations de l’État et la contractualisation imposée par le gouvernement pour limiter arbitrairement leurs dépenses. De nombreuses collectivités font alors le choix de faire de la baisse des subventions aux associations une variable d’ajustement. Ce qui conduit des responsables d’associations à se lancer dans une course effrénée au sponsoring privé en allant frapper aux portes des entreprises petites et grandes. Or celles-ci réservent l’essentiel de leur financement aux grandes opérations de mécénat ou de sponsoring qui participent de leur campagne de promotion publicitaire, délaissant les associations moyennes et petites. Cette situation de pénurie et de disette budgétaire favorise la tentation chez certains élus de pratiquer ces agissements scandaleux de conditionner l’attribution de leurs subventions à un soutien politique. Bref en cette rentrée de septembre 2018 c’est le dénuement pour les associations et un grand silence qui entoure tout cela.

Vous avez dit « société civile » ?

Et sinon on parlait de société civique !

Depuis quelques années on ne cesse d’entendre des discours hypocrites sur l’importance d’accorder toute sa place à la société civile. Le pompon pour Emmanuel Macron qui dit avoir largement ouvert son gouvernement à des représentants de la « société civile ». À l’heure où la démission de Nicolas Hulot porte un rude coup à cette fable, le gouvernement recourt de nouveau à ce refrain quelque peu usé de la pertinence de faire appel à la dite « société civile ».

Il est temps de tordre le cou à cette notion confuse car, pour le moins, il convient de distinguer au moins deux types de société civile. On pourrait plus justement parler tout d’abord d’une société civile marchande composée d’entreprises et autres entités à but lucratif qui participent de l’économie capitaliste. En font ainsi partie ceux qui au gouvernement sont dits issus de la société civile sans autre précision alors que la plupart d’entre eux proviennent clairement de l’oligarchie. La ministre du travail, ex-DRH d’une grande entreprise qui a bénéficié d’un copieux matelas de stocks options en est une éloquente représentante ! Il n’est pas étonnant dès lors de voir se multiplier les situations de conflits d’intérêts dans l’entourage du pouvoir. Tout récemment il était pour le moins amusant d’entendre le lobbyiste des armes à feu, ce fameux conseiller des chasseurs dénoncés par Nicolas Hulot, dire avec un grand sourire : « moi, je viens de la société civile ! ». La société civile marchande ne relève pour autant pas toute, il s’en faut, de cette oligarchie âpre au gain ; l’économie sociale et solidaire joue pour sa part un tout autre rôle, résistant aux grands groupes industriels et marchands. Elle n’a donc nul besoin de se cacher derrière cette vague dénomination de société civile ; sa propre appellation « économie sociale et solidaire » suffit à la caractériser.

Cette « société civile marchande » de nature oligarchique n’a vraiment rien à voir avec la masse de bénévoles et de citoyens engagés dans les activités associatives ; ils constituent ce qu’il serait judicieux d’appeler la « société civile non marchande ». Aussi, je vous propose de lever la confusion qui résulte du fâcheux amalgame que contient cette notion fourre-tout de société civile.  Elle représenta un temps les membres non militaires de la société ; on opposa longtemps aussi la société civile au pouvoir d’État… Pour désigner cette part de la société civile de tous les citoyens qui s’engagent dans le service du bien commun, au service des autres quelles qu’en soient les formes, ne pourrait-on parler de la société civique ?  D’autant, et j’en suis convaincu, que la rencontre de l’espace politique public et de la société civique peut faire des merveilles. Ma conviction intime est que la révolution citoyenne sera le produit de la synergie entre une ferme volonté politique et une société de citoyens mobilisés. Aujourd’hui les millions de Français qui adhèrent à telle ou telle association et s’y engagent peu ou prou pour la faire vivre contribuent dans les profondeurs de notre pays à forger la société mobilisée dont nous avons besoin.

Et alors, quelle politique associative promouvoir ?

Je me contente ici d’énoncer ce que devrait être une authentique politique associative.

D’abord s’impose un principe fondamental : le respect absolu de l’indépendance du mouvement associatif. Les associations doivent pouvoir s’administrer librement ; ses membres sont les seuls en droit de définir et de s’approprier les buts poursuivis et des moyens mis en œuvre, bien sûr tout cela dans le respect de la loi républicaine. Cette indépendance a été conquise de haute lutte à la fin du XIXe siècle pour aboutir à la loi de 1901, qui fait partie du bloc des lois républicaines avec celles qui garantissent la liberté syndicale, la laïcité de l’école et de l’État et celles qui instituent les différents services publics. Or cette indépendance des associations est de plus en plus remise en cause par des biais divers.

Parfois de la façon la plus grossière comme ce fut le cas à Montpellier ce dimanche 9 septembre avec la tentative par le Maire de Montpellier d’interdire à l’association de la libre pensée de faire signer une pétition (exigeant que la municipalité cesse de porter atteinte à la laïcité) sous prétexte que la foire des associations est organisée sous la responsabilité de la municipalité. Le plus souvent de manière plus biaisée. Celle que pratique parfois là encore la ville de Montpellier quand elle prête des salles publiques à des tarifs dissuasifs, interdisant de fait aux associations de se réunir normalement. Cela est vrai aussi dans trop d’autres communes du pays ; il devrait être établi au niveau national l’obligation de rendre  les salles publiques accessibles gratuitement à toutes les associations non lucratives, selon un tableau de répartition publique clairement réglementé. Pourquoi ne pas établir dans une ville un conseil démocratique des associations chargé de l’organisation – de concert bien sûr avec la municipalité – de la gestion des salles publiques ?

Un autre biais particulièrement pervers pèse sur l’indépendance des associations, le mode d’attribution et le montant des subventions municipales, quand ils dépendent de l’arbitraire des municipalités. Ce peut être le moyen d’acheter la soumission du monde associatif. Il faut dans ce domaine imposer de règles simples :

  1. Il importe de maintenir et si possible d’augmenter le montant total des subventions dans les villes, les départements et les régions. Le mouvement associatif ne doit pas faire les frais des arbitrages qu’impose l’austérité gouvernementale.
  2. Chaque collectivité locale doit élaborer un règlement général et transparent, négocié en amont avec les citoyens, pour établir des règles objectives pour l’attribution des subventions. Doivent être pris en compte le nombre d’adhérents, le caractère éducatif et la place de l’enfance dans l’action associative, l’investissement social et solidaire, la portée environnementale des actions menées etc. Ainsi les décisions d’attribution de subventions se feraient au vu et au su de tous et pourraient être contestées en cas de non-respect des critères établis. Bien sûr ces règles resteraient susceptibles d’être réexaminées en cas de besoin. Aujourd’hui, pour prendre un exemple, dans le domaine sportif il est hautement discutable de voir les collectivités verser des sommes très importantes aux clubs de haut niveau (tout en restant d’ailleurs relativement faibles par rapport aux flux financiers privés de ces clubs), au détriment des versements au sport amateur. Le fonctionnement des fédérations sportives doivent être dans ce domaine fortement repensées. Il est indécent de voir comme cet été, suite à la victoire de l’Equipe de France, la FFF (fédération française de football) décider de manière unilatérale d’utiliser le pactole perçu à rembourser les frais de séjour en Russie (frais qu’elle aurait de toute manière payés du simple fait de la participation à la coupe). Une somme dont les clubs du football amateur portés à bout de bras par des dizaines de milliers d’animateurs ne verront pas la couleur. Alors même que le gouvernement de son côté s’apprête à faire des coupes sombres dans le budget du ministère des sports et de transférer la charge des directeurs sportifs nationaux aux collectivités territoriales.

C’est la même politique de désengagement de l’État qui s’opère dans le domaine culturel. On l’a vu cet été avec les décisions sur le théâtre, dénoncées avec brio par Robin Renucci. Une baisse des moyens qui affectera bien sûr aussi les activités culturelles des quartiers et des villages.

Loin de nous faire baisser les bras, il importe, partout où nous intervenons du niveau local au niveau national, de porter une autre orientation pour la politique associative.

Dans les discussions avec les lecteurs de mes notes de blog ont été évoquées les difficultés et les problématiques particulières auxquels ils sont confrontés, dans des associations qu’elles soient sportives, à caractère culturel et éducatif ou encore à caractère social pour la lutte contre la grande pauvreté ou en soutien des personnes en situation de handicap… N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et de vos témoignages pour qu’on fasse grandir dans ce pays un nouvel avenir pour le monde associatif.

René Revol

12 septembre 2018

 

De la crise politique à la crise de régime : Une issue est possible !

Note du 6 mars 2017

Pris dans le tourbillon de l’écume, les hommes perçoivent mal les lames de fond qui structure la dynamique de la situation. Actuellement assourdis par le vacarme du feuilleton Fillon les commentateurs se noient dans le détail des événements et ne réfléchissent guère à la nature de la crise que nous traversons. En effet à plus d’un titre cette élection présidentielle révèle une crise politique majeure. Nous avions déjà noté que les deux derniers Présidents de la République représentants des deux partis gouvernementaux de droite et de gauche se trouvent empêchés de se présenter, celui de droite éliminé dès le premier tour de sa primaire, celui de gauche dans l’incapacité de pouvoir se présenter à sa propre primaire, fait exceptionnel pour un Président en exercice. À cela on peut ajouter l’élimination dans chaque camp de deux anciens premiers ministres, sans oublier l’élimination chez les écologistes de Cécile Duflot et le renoncement de son remplaçant à la compétition en échange de circonscription.

Une crise politique majeure

Le scandale d’emplois fictifs au profit de sa famille, qui a frappé François Fillon le 22 janvier et qui a eu un écho très profond dans la population, nourrit directement la crise politique. N’oublions pas qu’il y a eu avant le 22 janvier une profonde réaction dans l’opinion face à la découverte du programme de François Fillon, notamment sur la santé et la sécurité sociale. Le scandale est venu parachever la crise de confiance dans son propre camp. Crise accrue par le non-respect de la parole donnée par sa décision de se maintenir malgré une possible mise en examen, en contradiction avec sa propre parole. En mettant en cause la justice il porte atteinte au principe fondateur de la séparation des pouvoirs, marqueur selon Montesquieu de ce qui sépare le régime républicain d’un régime despotique. En mettant en cause la liberté de la presse et de son expression il porte atteinte à un des piliers de la démocratie moderne qui exige l’existence de forts contre-pouvoirs, contredisant même dans ce domaine des penseurs du libéralisme politique à l’origine de leur propre famille comme Benjamin Constant ou Alexis de Tocqueville. Ces différents constats ont été faits par de nombreux commentateurs mais ici je voudrais aller plus loin.

Nous sommes face à une crise politique majeure, grosse d’une évolution qui peut la transformer en une crise du régime politique. On peut parler de crise politique quand les forces politiques constituées qui gouvernent habituellement dans le cadre d’un régime stabilisé se trouvent mises dans l’incapacité de gouverner. Nous sommes dans cette situation. D’une part François Hollande, son gouvernement et son parti sont selon toute vraisemblance d’ores et déjà mis hors-jeu, tant est grand le ressentiment populaire. D’autre part la crise de confiance vis-à-vis du candidat choisi par la droite est si profonde qu’il ne peut plus raisonnablement espérer gagner ; son remplacement est d’ailleurs aussi problématique que son maintien. On est dans une situation extraordinaire où les deux parties ou coalition qui gouvernent alternativement depuis 40 ans se trouvent dans une incapacité à obtenir la majorité pour gouverner, ouvrant par là un vaste champ d’incertitude politique. Il est significatif que les deux candidats des partis de gouvernement peinent à rassembler au total le tiers des électeurs selon les enquêtes d’opinion. Nous sommes donc bien face à une crise politique majeure.

Vers une crise institutionnelle

Ce qui est en cause ce n’est pas seulement la capacité et la légitimité à gouverner. Ce sont les institutions elles-mêmes qui sont en mises à mal sous l’effet même du développement de la crise politique. Les institutions de la Ve République ont institué une espèce de monarchie présidentielle élective, juste tempérée par la nécessité d’avoir une majorité parlementaire correspondante. L’inversion du calendrier – le scrutin présidentiel avant celui des législatives – mise en place juste avant 2002 par un accord entre Lionel Jospin et Jacques Chirac, entre les deux forces gouvernementales dominantes, a accru le caractère présidentialiste du régime. L’élection présidentielle devenait l’élection phare, suivie des législatives censées lui apporter une ratification plus ou moins large par la mise en place d’une même majorité parlementaire. Les deux forces gouvernementales dominantes, PS et LR, qui se sont moulées dans ce système depuis quelques deux décennies, s’apprêtaient en 2017 à en perpétuer la survie. Or les choses ne se passent pas comme prévues. Cela pour une raison fondamentale : les immenses déceptions produites dans chaque camp par les présidences successives de Nicolas Sarkozy et de François Hollande ont provoqué un phénomène massif de rejet et une radicalisation politique des deux côtés. Au point qu’aujourd’hui, si on n’en croit les enquêtes d’opinion, les deux personnes qui risqueraient de se retrouver qualifiées ont toutes les chances de ne pas disposer de majorité parlementaire et de dépendre de combinaisons variables. Cette situation ne fera qu’aggraver la profondeur de la crise politique et la paralysie de l’action gouvernementale. Depuis une quinzaine d’années nous avons vu se combiner et se renforcer crise économique, crise sociale, crise urbaine et rurale, crise nationale aussi dans la relation à l’institution européenne et, aujourd’hui, la crise politique des forces gouvernementales dominantes qui cristallise ces différentes crises et ébranle le fonctionnement des institutions. Chacun de nos concitoyens, à sa manière et avec ses mots, a bien conscience de cette évolution. D’où l’écho de l’idée du passage à une sixième République.

Sortir de la crise : vers une constituante

Or si on regarde les principaux candidats l’analyse de leurs réponses à la crise institutionnelle est fort instructive : Marine Le Pen s’accommode parfaitement des institutions et renforcerait le caractère monarchique de la présidence. François Fillon envisage également le renforcement du présidentialisme dans la tradition la plus autoritaire du gaullisme. Emmanuel Macron joue aussi la partition très gaullienne, sur le mode parfois ridicule de la rencontre d’un homme et d’un peuple, et ne propose que de vagues mesurettes ou une banale moralisation de la vie publique. Ces trois candidats ne régleraient donc en aucune manière la crise institutionnelle, surtout que leur élection serait une élection par défaut s’appuyant sur l’abstention d’une partie des électeurs qui seraient dès lors non représentés et sur le rejet d’une autre partie de l’électorat.

La source unique de cette crise institutionnelle tient dans le rejet profond au sein de la population d’un système politique qui ne la représente plus. La solution consiste à prendre en compte ce rejet populaire pour lui fournir un cadre qui lui permette de refonder la République sur des bases véritablement démocratiques.

L’élection présidentielle de 2017 qui nous fournit l’occasion d’une transition pacifique vers cet autre régime politique est donc un moyen immédiat de dénouer la crise de régime qui monte dans notre pays. C’est ce qui fait la force de la candidature de Jean-Luc Mélenchon. En effet celui-ci n’est pas seulement le candidat d’un programme politique, économique, sociale, internationale (et c’est déjà un acquis considérable qu’il y ait un programme élaboré de manière collaborative ce qui fait la différence avec tous les autres candidats) mais il est le seul candidat qui dès le lendemain de son élection mettra concrètement en mouvement le processus constituant vers une nouvelle République. On peut objecter que lui aussi aurait des difficultés à obtenir une majorité parlementaire comme les autres candidats mais avec lui dès le lendemain de son élection il active l’article 11 de la Constitution et déclenche ainsi de manière organisée et régulière le processus par lequel notre peuple pourra enfin instituer un régime démocratique. La possibilité pacifique et démocratique d’engager cette transition est à la portée de nos mains. Alors qu’en votant pour telle ou telle option centriste sous prétexte de faire barrage au Front National on n’aboutirait au bout du compte qu’à renforcer la paralysie et la dégénérescence des institutions et à s’éloigner toujours plus du peuple et de ses aspirations. Voilà pourquoi je juge essentiel de mener dans cette campagne une action résolue pour une transition vers une sixième république. Voilà pourquoi je serai présent à la marche pour la sixième république le 18 mars à Paris, répondant à l’appel de Jean-Luc Mélenchon.

René Revolbanniere

L’ordre et le mouvement

 

Le parti de l’ordre a trouvé son homme : François Fillon incarne désormais en France les trois piliers du nouvel ordre du monde que les puissants souhaitent nous imposer.

Un pilier économique et social.

Sans surprise ce candidat défend la thérapie de choc néolibérale. Il désigne les fonctionnaires comme l’ennemi ; la haine du fonctionnaire a toujours été un ciment d’une certaine droite et ce n’est pas par hasard qu’il remet en cause les 35 heures des fonctionnaires pour exiger qu’ils travaillent plus en gagnant moins ; il se garde cependant de désigner les fonctionnaires par leur fonction : infirmier, enseignant, policier… Il ordonne son programme sur la baisse de la demande publique tout en soutenant la demande privée des plus riches et des entreprises avec la suppression de l’ISF et la diminution drastique des cotisations sociales patronales que devront financer les consommateurs. La hausse de la TVA serait le transfert de charge le plus important jamais réalisé en France des entreprises vers les ménages. Un tel programme amplifie ce qui a été initié par Hollande et Valls – Macron. Or, comme le prouvent toutes les expériences passées et contemporaines, la demande privée des plus riches ne compensera pas la baisse de la demande publique et l’appauvrissement de la majorité de la population. Si ce programme se met en place nous assisterons à un accroissement gigantesque des inégalités et du chômage.

Mais le programme de Fillon ne se contente pas d’un simple transfert financier des ménages vers les entreprises et les plus riches ; il cherche aussi à démanteler les structures mêmes de l’ordre public social qui fonde nos relations sociales depuis 70 ans. Il se propose d’une part d’élargir la brèche ouverte par la loi travail de l’inversion de la hiérarchie des normes pour faire primer l’accord d’entreprise dans tous les domaines et pas seulement dans celui du temps de travail comme le prévoit la loi travail ; il remet d’autre part profondément en cause l’universalité de la sécurité sociale et de sa branche maladie en programmant le déremboursement des petits risques et en ouvrant la santé aux prédateurs des assurances privées (comme le disait mon médecin il n’y a pas de petits risques car ce sont les petits risques qui génèrent les gros risques). Le programme économique et social de Fillon est d’une grande clarté et synthétise le programme libéral dominant.

Un pilier sécuritaire.

Là aussi il désigne un ennemi en mesure de fédérer la droite : la fonction principale de son affichage catholique est de mettre en cause l’islam. Ses propositions sécuritaires reprennent la tradition de la présidence Sarkozy afin là encore d’élargir les brèches ouvertes par le gouvernement Valls. Mais ce qui me paraît le plus significatif c’est sa volonté de renforcer le caractère autoritaire du régime politique de la Ve République. Il se réclame avec gourmandise des méthodes pratiquées par le général De Gaulle dans les années 60 qui jouait du plébiscite pour agir par ordonnances en lieu et place de la loi. Cet autoritarisme austère, qui va aggraver de manière considérable le déficit démocratique des institutions, se situe totalement à contre-courant de la demande citoyenne. Impossible donc de combattre François Fillon sans assumer clairement la perspective d’une 6iéme   République.

Un troisième pilier moral.

Celui de l’ordre moral qui permet de discipliner les corps et les cœurs. Cet appel à l’ordre moral, qui stigmatise tant la diversité culturelle que les préférences sexuelles au nom de prétendus valeurs françaises de la famille, a été un puissant facteur de mobilisation du peuple de droite. À ce propos une anecdote : un ami nîmois se situant à gauche croyait pouvoir faire barrage à Fillon en allant voter pour Juppé et voilà ce qu’il décrit : « je me retrouve dimanche matin dans la file d’attente avant le vote et comme l’attente est longue je commence à observer les présents et je suis frappé par la cohérence des tenues vestimentaires : jupes plissées à carreaux en dessous du genou, socquettes blanches, serre-tête en velours, sac Hermès, Loden austère pour les hommes… bref la tenue des bourgeois conservateurs et catholiques qui sont venus ici en masse avec souvent une famille nombreuse. Mon malaise grandit avec les minutes qui passent et finalement je sens bien ici je ne suis pas chez moi, que je ne suis pas avec la population que je côtoie quotidiennement, et finalement je renonce à voter je m’en vais. »

Fillon est donc le candidat du parti de l’ordre : l’ordre libéral, sécuritaire et moral. Au XIXe siècle face au parti de l’ordre il a fallu construire le parti du mouvement, notre tâche est aujourd’hui de construire ce parti du mouvement qui puisse constituer une alternative cohérente aux trois piliers du parti de l’ordre. Mon ami nîmois a compris, quasi physiquement, que la résistance par le choix du moindre mal était vouée à l’échec. Le choix de Macron, Hollande et autres Valls ne constitue en aucun cas des moyens de résistances efficaces, ne serait-ce que parce qu’ils ont incarné à un moment ou un autre le programme du parti de l’ordre. Désormais, après cette démonstration de force du parti de l’ordre à quatre mois et demi de l’élection présidentielle, il ne sert à rien d’attendre que les candidats socialistes en aient fini avec leurs palinodies. Notre société dispose des forces, des énergies, des idées et des expériences qui constituent le socle du parti du mouvement. Dans le travail d’élaboration du programme de la France insoumise nous avons été des dizaines de milliers à mettre la main à la pâte. Nous disposons d’une base solide qu’il nous faut élargir et projeter dans toutes les dimensions de la vie sociale, qui peut s’incarner certes avec notre candidat Jean-Luc Mélenchon et la construction de 577 candidatures aux législatives, mais aussi dans d’innombrables initiatives citoyennes dans nos quartiers, dans nos villages, dans les entreprises ou nos écoles.

Ce parti du mouvement nous avons pu commencer à le faire exister sur la toile, dans les réseaux sociaux ou à travers des vidéos, grâce à ces outils, nous arrivons à marquer les esprits. Il s’agit désormais d’aller physiquement au contact des populations et de créer cette confiance que donne le face-à-face. Puis viendra le moment où nous briserons la chape de plomb médiatique et où la parole de Jean-Luc Mélenchon permettra d’éveiller le grand nombre. Le parti du mouvement qui s’institue progressivement sous nos yeux doit fonctionner tel un mouvement social, non par simple délégation comme dans un parti traditionnel. Le parti du mouvement est porteur d’un nouvel ordre contradictoire à celui du parti de l’ordre : un ordre social, écologique et égalitaire garantissant d’une part l’application de la règle verte et d’autre part le travail et la protection sociale pour tous, un ordre politique démocratique où une 6ième République garantissant la citoyenneté pour tous et assure la sécurité publique, un ordre humaniste garant de la liberté de choix de vie et du développement libre de sa personne pour chacun. C’est sur un tel programme que se mobilisent la jeunesse et une grande partie de la population laborieuse dans de nombreux pays. La responsabilité qui nous revient en France, pour triompher du parti de l’ordre, est de faire vivre le parti du mouvement.

René Revol

Un coup d’Etat invisible, une conversation instructive, de la nécessité pour le peuple de prendre confiance dans son nombre et sa force, une remarque sur la forfaiture de Gayssot et quelques conseils de lecture.

Note du 16 novembre

Coup d’Etat invisible.
Ah ce que je partage la joie des manifestants italiens voyant partir le bouffon proxénète qui déshonorait leur pays mais comme me le dit un ami italien qui vit à paris « on aurait préféré que ce soit le peuple qui le chasse ». d’ailleurs le fait que ce ne soit pas le peuple qui ait fait ce travail lui permet de revenir au parlement dés cette semaine pour continuer son sale boulot, pendant que le nouveau gouvernement appliquera les mesures d’austérité que Berlusconi a fait voter avant de partir. Car ce qui s’est passé ce week-end est proprement scandaleux et constitue le prologue à une remise en cause de la démocratie dans les Etats européens. Je ne rentrerais pas dans les détails mais qu’ont obtenu les marchés financiers ces derniers jours ? la nomination d’un directeur de banque centrale à leur solde ainsi que de deux premiers ministres grec et italien entièrement dévoués à l’oligarchie financière qui a mis la main sur l’Europe et ses institutions ; précisons pour les flemmards de l’info qui sont ces trois personnages :

Mario Draghi : ce banquier, vice-président de la banque d’affaires Goldmann Sachs-Europe qui avait aidé la Grèce à maquiller ses comptes, puis gouverneur de la banque d’Italie, prend la présidence de la Banque centrale européenne. Et c’est lui qui va donner les ordres aux gouvernements en jouant de son autorité monétaire « indépendante ».

Lucas Papademos : cet ancien dirigeant de la banque centrale grecque (1994-2002), puis ancien vice-président de la BCE durant huit ans (2002-2010), et qui depuis ces deux postes ne pouvait rien ignorer des faux comptes grecs, devient premier ministre grec. Sa condition : un gouvernement d’union nationale qui va de la droite extrême au parti socialiste. L’entrée de l’extrême droite au gouvernement pour la première fois depuis 1973 et la dicature des colonels est tout un symbole.

Et enfin Mario Monti : cet économiste de la droite libérale, commissaire européen en charge de la concurrence durant dix ans (1994-2004), et à ce titre acteur déterminé de la dérégulation des marchés européens, nommé mercredi sénateur à vie, est devenu premier ministre italien. Sa condition : un gouvernement qui applique à la lettre la rigueur décidée par Bruxelles et le FMI.

Je vous rappelle quand même que le week end précédent Papandréou envisageait de donner la parole au peuple via un référendum. Et que c’est devant cette menace d’une intervention démocratique que les puissances financières et les gouvernements à leur solde ont déclenché l’offensive généralisée via la spéculation financière contre les dettes d’Etat d’une part et le G20 d’autre part. Le résultat : la mise en place de gouvernements soumis aux marchés financiers sans avoir à passer par la case élections. Objectif : assommer les peuples avant l’échéance électorale en espérant que la résignation l’aura emporté sur la résistance. Tout est très clair et quand j’ai entendu ce matin Bernard Guetta se déchaîner contre ceux qui contestent cette ateinte à la démocratie, je me suis dit que cela devait avoir un certain écho pour que ce plumitif s’énerve. Il est vrai que ses commentaires depuis vingt ans sont habités par sa volonté d’effacer sa jeunesse trotskyste et je retrouvais ce matin la même hargne qu’il développait (sans contradicteurs c’est plus facile) en 2005 pour le Oui. Après tout c’est bon signe. Laissons là l’analyse de la situation européenne et revenons vers ce que nous disent les gens.

Conversation.
L’une des expériences que j’apprécie le plus c’est lorsque je peux mener une conversation approfondie avec des personnes qui n’appartiennent ni de prés ni de loin à un univers militant. Les conversations avec les militants, demi-militants et ex militants, sont toujours passionnantes même si elles sont souvent polémiques – ce qui n’est pas pour moi un défaut ; le problème est que souvent l’histoire compliquée des uns et des autres biaisent la discussion par le besoin de justifier ou de stigmatiser un passé. Dans mon village j’ai aussi beaucoup d’échanges (sur des sujets les plus variés) avec des habitants de toutes opinions ; mais là le biais résulte du fait que je suis le maire de la commune. C’est pourquoi je ne boude pas mon plaisir lorsque je peux engager une conversation sans que je sois perçu dans mon statut de militant ou de maire. Cela permet de mesurer ce qui se construit dans les consciences du grand nombre et de prendre la mesure de ce qui vient. L’occasion m’en a été donnée, lors d’un passage en Bretagne où j’étais rendu pour des raisons familiales. Ce fut une soirée de discussion de voisinage avec quatre quarantenaires : deux hommes (professeur des écoles passionné par son métier, non syndiqué, qui dit s’ennuyer quand on parle politique ; un informaticien à Vannes en recherche d’emploi après un licenciement), deux femmes (une actuellement contractuelle à la Poste, l’autre secrétaire médicale). Le plus étonnant tient à ce que la soirée ne fut pas exclusivement consacré à des problèmes de voisinage, de météo ou de cuisine mais  à la dette, à la crise financière et  à la politique, alors que ces personnes s’affirment peu intéressées par la politique ; les quatre ont « oublié » de voter  au premier tour en 2002 puis ont voté Chirac au second, s’abstiennent aux autres élections sauf certains aux municipales, se sont partagés en 2007 entre Sarkozy, Bayrou et Royal… (voilà pour le décor).

Sans entrer dans les détails je tire de cette soirée beaucoup d’enseignements : D’abord une vraie angoisse sociale sur leur avenir, celui de leurs enfants comme sur celui du pays ; la crise fait son travail de taupe dans les têtes et le chômage rôde comme une menace pour tous. Ils ont peur pour le lendemain et le disent. Ces personnes n’étaient pas ainsi il y a deux ans, la dernière fois que je les avais rencontrés. Alors que leur situation matérielle ne s’est pas vraiment dégradée ils pensent que la chute est possible demain pour chacun d’entre eux. L’une d’entre eux  a fait part du désespoir de l’une de ses amies grecques qui lui a téléphoné récemment pour lui donner son sentiment d’un effondrement général autour d’elle. Une peur envahit le corps social ; je n’ai pas ressenti pour autant que cela provoquait chez ces interlocuteurs d’un soir une paralysie ou un fatalisme. Mais plutôt comme une colère sourde sous-tendant l’idée encore vague qu’il doit bien y avoir un moyen de s’en sortir et que ce moyen ne réside manifestement pas dans ce que leur proposent les dirigeants européens et nationaux.

C’est cette deuxième leçon que je tire de cette  conversation : il émerge cette volonté de saisir ce qui se passe, un certain degré de compréhension qui participe des visions alternatives au discours libéral dominant. Je m’attendais au moins aux remarques habituelles « la dette il faudra bien la rembourser » / «  on a vécu au dessus de nos moyens » / « 80% c’est énorme »… Eh Bien Non. C’est d’abord la conscience que la dette est utilisée comme un chantage pour faire passer des mesures d’austérité encore plus fortes. De ce point de vue le coup d’accélérer le passage à la retraite à 62 ans leur est apparu comme un prétexte : cette mesure ne rapporte pas un sou dans les deux ans qui viennent et ne contribue pas à réduire le déficit public. L’idée que les mesures d’austérité sont à la fois injustes (parce qu’elles frappent plus le travail que le capital, les apuvres et les classes moyennes plus que les riches) et inefficaces fait son chemin : quel ne fut pas mon plaisir d’entendre développer chez l’un des convives l’idée simple et claire que la réduction des dépenses publiques au moment même où l’activité se ralentit va accroître la récession et, via une réduction des recettes de l’Etat, augmenter le déficit … Bref cette idée « keynésienne » absente des grands commentateurs de télé et radio finit par trouver l’oreille des gens. Une autre idée répétée par le Front de gauche passe de plus en plus : pourquoi la BCE prête-t-elle à 1% aux banques et celles-ci ensuite aux Etats à  7 ou 9, voire plus de 15% comme dans le cas de la Grèce !  Manifestement Mélenchon commence à être entendu. Que ces questions économiques et monétaires soient ainsi saisies par un public large, c’est à mon avis un signe que se fait jour dans le peuple la recherche d’issue à l’impasse, l’expression d’une volonté des gens s’en sortir.

Naturellement à un moment de la discussion je leur ai dit mon appartenance au Parti de Gauche et au Front de Gauche. Mais pour la première fois depuis des mois dans ce type de discussion élargie je n’ai pas eu à reprendre en détail les arguments économiques, monétaires et financiers contre l’idéologie dominante. Je n’avais sur ces questions qu’à accompagner et préciser leurs propres arguments.

Prendre confiance dans ses propres forces.
Dans cette conversation, le doute apparaît dés qu’on aborde la question de l’issue politique. Certes l’un des quatre ayant voté Sarkozy n’est pas prêt à le refaire. Mais il y a un doute sur la gauche et Hollande en particulier : pèse son image de mou imprécis qui ne fait que dire des choses à la fois répétées depuis des années par le PS et guère différentes des discours de la droite ou des autres gouvernements européens. « donner du sens à la rigueur » je peux le dire : çà ne passe pas. Ceux qui ont voté Royal ou Bayrou en 2007 ne croient plus dans ces personnages politiques. Certes quand je leur ai présenté le programme du Front de gauche et la candidature de Mélenchon, l’intérêt était palpable mais le doute aussi. En creusant, le doute ne portait pas sur le réalisme de nos positions (l’axe habituel des commentateurs télévisés). La définanciarisation organisée de l’économie, la révolution fiscale frappant  les plus riches, la révolution démocratique des institutions, la planification écologique…. tout cela, lorsqu’on l’explique simplement, trouve leur accord. Alors sur quoi porte le doute ? Clairement un des convives me dit « Aurez-vous la force suffisante pour le mettre en œuvre ? »  Au début je croyais qu’il m’interrogeait sur notre capacité électorale à nous imposer comme majoritaire dans une nouvelle majorité de gauche. En fait j’ai compris que mon interlocuteur s’interrogeait sur la force qui sera nécessaire aux citoyens pour s’imposer aux marchés financiers et au capital.

La question n’était donc pas  « Est-ce que vous Front de gauche vous serez assez fort ? » ; c’était plutôt « Est-ce que nous, le peuple, on sera assez fort ? ». On touche là au cœur de ce que doit être la campagne du Front de gauche. Si nous ne sommes qu’une offre politique dans le supermarché électoral, il sera difficile d’élargir notre audience, certes déjà bien assise mais insuffisante par rapport à ce pourquoi le Front de gauche s’est constitué. Notre campagne doit devenir un moyen de construction de la confiance du peuple dans ses propres forces. Déjà notre travail de popularisation des argumentaires joue un rôle essentiel ; il doit être poursuivi et amplifié. Chaque moment de la crise nous en donne l’occasion. Ainsi dans la soirée j’ai fait un petit résumé du passé du nouveau Directeur de la BCE, des nouveaux premiers ministres grec et italien ; mes interlocuteurs en ont été proprement scandalisés. Tous les trois ont été peu ou prou des conseillers et hommes de Goldman Sachs, l’une des plus puissantes banques d’affaires américaines au cœur même des manipulations financières à l’origine de la crise.

Ce travail argumentaire est essentiel car il contribue à libérer les consciences de toute la gangue libérale et ainsi à permettre aux citoyens de penser par eux-mêmes ; ce qui est toujours un levain de la transformation. Le net et la démultiplication de ces arguments dans les réseaux amicaux de toute sorte va jouer son rôle. Par nos réunions de quartier, par nos séances d’écoute collective, par la puissance de nos meetings nous allons aussi contribuer à donner cette confiance dans le nombre et la force qui en découle. Le fait aussi de se retrouver des centaines de milliers voire des millions à pétitionner contre la dictature des marchés va être important. De la même manière est importante la popularisation des nombreuses luttes qui ne vont pas décliner sous prétexte d’échéance électorale. Le Front de Gauche doit se concevoir comme la construction de cette confiance du peuple dans ses propres forces. Le résultat électoral sera lui-même à terme un élément de la construction de la confiance populaire.  Le début de campagne électorale se déroule sur ce fond de crise permanente avec ses rebondissements quotidiens, on voit déjà se dégager les 4 à 5 propositions du Front de gauche avec lesquels la candidature de Mélenchon va s’identifier.  Cela va encore se préciser dans les semaines qui viennent ; j’aurai l’occasion d’y revenir en détail.

Un mot sur Gayssot.
Un ami parisien m’avertit de la tribune du jour dans Libération contre le Front de gauche et pour Hollande et me dit qu’il faut répondre car il présente cela comme « communiste » donc venant du sein du Front de gauche. Or il est significatif qu’ici en Languedoc-Roussillon personne ne l’ait vu comme çà. En effet ici Jean-Claude Gayssot a quitté depuis longtemps le PCF pour aller sur la liste de Georges Frêche et se faire élire Vice-président de la région. Tête de liste à l’époque de la liste commune front de gauche NPA j’ai le souvenir d’un Gayssot incapable d’assumer un quelconque débat et faisant partie des plus haineux contre les listes de gauche…..Fidèle soutien de Navarro et de sa pizza connection (qui aujourd’hui contrôle la région depuis le décés de Frêche)  plus personne à gauche ne pense ici que Gayssot agit par lui-même : il n’est donc pas étonnant que dans le cadre de la campagne menée depuis quelques jours par Hollande et son entourage contre Mélenchon on ait demandé au stipendié Gayssot de signer un papier en tant que « communiste ». Que mes lecteurs extérieurs à cette région ne se fassent pas avoir. Je commençais à lui écrire une réponse lorsque je suis tombé sur ce billet écrit par Alexis Corbières, maire adjoint PG du XIe à paris, qui connait bien Béziers et qui a vu le désastre politique et électoral de Gayssot dans cette bonne ville héraultaise. Vous le trouverez sur le lien suivant :
http://www.liberation.fr/politiques/01012371677-jean-claude-gayssot-ne-doit-pas-alimenter-la-machine-a-se-resigner

Avis de lectures.
Le séminaire mensuel du CERSES (Centre d’Etudes et  de Recherches en sciences économiques et sociales), auquel je participe à Montpellier, a mis à l’ordre du jour de sa rencontre de vendredi prochain un échange sur un ouvrage qui est sorti en septembre dernier : La société des égaux de Pierre ROSANVALLON. Si cela vous intéresse vous aurez l’occasion de visiter sites et blogs qui débattent actuellement de cet ouvrage. Je viens de le finir et je vous recommande cette lecture stimulante quelque soient mes divergences  avec tel ou tel point. P.ROSANVALLON, dont les travaux sur le suffrage universel ou l’histoire de l’Etat font référence, a eu un parcours intellectuel intéressant à connaitre. Après des années 70 comme intellectuel proche de la CFDT et partisan de l’autogestion, à la fin des années 80 il avait suivi la pente de toute une gauche d’accompagnement notamment à travers la Fondation Saint-Simon dont il était le secrétaire général (le point de départ de cette orientation néo libérale de gauche est certainement son ouvrage de 1985 Le Moment Guizot).  La dominante de leurs travaux était social-libéral et servait d’appui à une certaine gauche dans son tournant néo libéral  et « démocrate » à la Clinton ou Blair. Une sorte de « troisième voie » (A.Giddens, conseiller de Tony Blair) à la française en quelque sorte, mélange de deuxième gauche antijacobine, de réalisme économique vantant les vertus du marché et un certain culte de l’autonomie et de la responsabilité personnelle dans une démocratie….Dans cette fondation il était proche de François Furet (historien qui après vingt ans au PCF est devenu un adversaire résolu de la révolution Française et de ses acquis ) et de l’essayiste de la mondialisation heureuse et, grand financier de surcroit, Alain Minc ! Or Rosanvallon a peu à peu pris une distance critique avec cette  orientation et a contribué à la dissolution de la fondation Saint Simon en 1999. Depuis il multiplie les travaux où il s’interroge sur l’évolution de notre société, la croissance des inégalités et  la démocratie. La société des égaux est au fond le dernier ouvrage d’une trilogie commencée en 2006 avec La Contre-Démocratie. La politique à l’âge de la défiance  puis en 2008 avec  La Légitimité démocratique. Dans son dernier ouvrage Rosanvallon fait une généalogie du concept démocratique d’égalité qui est au principe de nos sociétés modernes afin de tenter de définir une nouvelle base égalitaire à notre société. Ce projet intellectuel est intéressant car son auteur a manifestement conscience de la crise civilisationnelle que nous traversons et qui appelle une nécessaire « refondation démocratique ». En ce sens il se distingue des balivernes sociales libérales de « Terra Nova », le club de pensée proche du PS qui, après avoir servi DSK, entoure le candidat Hollande de ses conseils.

Certes les thèses de Rosanvallon sont à mon avis sujettes à la critique. Le point d’ombre est que sa redéfinition d’un idéal démocratique et égalitaire fait l’impasse d’une mise en cause du Capital, de sa propriété et de sa domination (ce qui n’est pas strictement identique) et par là même impuissante son projet égalitaire. Mais la démarche est un bon outil de réflexion d’autant que l’auteur est précis et cultivé et qu’on apprend toujours à sa lecture. J’aurai l’occasion de vous donner la référence où vous trouverez les détails de mon analyse sur cet ouvrage. J’en profite aussi pour vous recommander la dernière publication de La république des Idées au titre évocateur « Refaire société » (au Seuil, publié en novembre) où vous trouverez plusieurs contributions intéressantes : l’introduction de Rosanvallon  comparant la société actuelle au XIXème siècle est assez pertinente ; j’ai été particulièrement intéressé par les trois contributions que j’ai eu le temps de lire : « Les ambigüités de la promotion de l’individu » par Robert CASTEL (pour  ceux qui ne le connaissent pas – eh oui les intellos !  dans les lecteurs de ce blog j’en connais qui n’ont pas tout lu et qui aiment bien qu’on les conseille –  vous vous régalerez à lire son maître ouvrage de 1995 Les métamorphoses de la  question sociale)   ou cet excellent article de la sociologue Cécile VAN DE VELDE « la fabrique de la solitude » (j’avais eu l’occasion dans un billet du début de l’année d’utiliser une de ses publications précédentes sur la diversité des jeunesses en Europe) et enfin vous pouvez vous contenter de la contribution de Christian BAUDELOT au titre significatif : « L’héritage contre le mérite » qui montre comment une société fondée sur l’idéologie méritocratique laisse la place à une société de la rente et de l’héritage. Chaque contribution ne fait que quelques pages et en faisant le point vous fera gagner beaucoup de temps tout en suscitant votre réflexion et nourrissant  votre révolte. Je suis convaincu que les points abordés dans ces ouvrages vont alimenter  les débats à venir.

Allez pour finir, comme l’un d’entre vous m’a dit avoir apprécié mes citations finales ou initiales en voici une : Qui a prôné (et dans quel texte) :

« La libre association où le libre développement de chacun est la condition du libre développement de tous ».

Une belle utopie pour aujourd’hui, n’est-ce pas ?

La Révolution citoyenne en Tunisie : un exemple pour tous à commencer…par la France !

Dans cette note je vous parle de la révolution  tunisienne, des conséquences concrètes de la politique gouvernementale sur une petite commune comme celle dont je suis le premier magistrat, de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les obligations nombreuses de la rentrée de janvier plus une mauvaise grippe m’ont tenu éloigné du clavier mais c’est avec joie que je retrouve mon blog pour vous dire l’engouement qui a été le mien en suivant heure par heure ce qui s’est passé (et se passe encore) en Tunisie. Pas pour revenir sur les évènements mais pour en donner mon analyse.

 La révolution démocratique tunisienne. D’abord rappelons que le régime dictatorial de Ben Ali était soutenu activement par le gouvernement français comme par les dirigeants socialistes, puisque Ben Ali et son parti étaient membres de l’Internationale Socialiste ! Ceux-ci se répandent en déclaration de soutien au mouvement démocratique tunisien ; ils devraient avoir la décence d’abord de s’excuser d’avoir soutenu Ben Ali. Quant à Madame Alliot-Marie elle devrait démissionner sur le champ si elle voulait sauver l’image de la diplomatie française aux yeux des peuples du monde entier. Je lis dans des journaux que « c’est toute la classe politique française qui a soutenu Ben Ali», cela est faux car l’honneur de la République Française a été sauvé par le combat de solidarité avec les opprimés tunisiens mené depuis des années par le PCF, le Parti de Gauche, le NPA et toutes les organisations de l’autre gauche, auquel il faut ajouter la Ligue des Droits de l’homme et nombre d’associations et de personnalités démocratiques.

Quant à la dynamique des évènements, il ne faut pas oublier la première étape. Face à la crise alimentaire de nombreux pays du Sud sont obligés de subventionner les produits alimentaires de première nécessité pour permettre à leurs peuples de manger à leur faim. Cela a naturellement creusé les déficits budgétaires et donc la dette publique de ces pays. Et que fit le FMI ? Au lieu de soutenir ces pays par une redistribution mondiale des richesses (comme le proposa à l’origine le représentant français lors de la conférence de fondation du FMI en 1944, un certain Mendès-France !), le FMI réclama de ces pays de faire les « réformes structurelles » consistant à privatiser l’économie et à diminuer les subventions publiquesalimentaires. C’est la voie dans laquelle s’engagea la Tunisie de Ben Ali et on a vu le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en novembre 2008 féliciter chaleureusement le dictateur pour son excellente politique. Les tunisiens n’oublieront ni Madame Alliot-Marie ni Monsieur Strauss-Kahn ! Face à cette politique de hausse des prix alimentaires consécutives à la diminution des subventions (pendant que la famille Ben Ali s’engraissait honteusement aux yeux de tous), cela faisait des mois que les mouvements de protestation se multipliaient notamment sous l’égide de l’UGT. Manifestations, incidents sur les marchés, grèves sporadiques …tout ce que les médias français ne voulaient pas voir jusqu’à ce qu’un vendeur des rues s’immole par le feu et révèle au grand jour une colère populaire (qu’on avait pu aussi voir à l’œuvre dans les émeutes réprimées en Algérie il y a un mois). J’insiste sur ce point car la révolution démocratique tunisienne mêle étroitement la question politique et la question sociale….Ce que cache à nouveau les commentateurs officiels qui s’émerveillent sur la nouvelle démocratie (après avoir louangé Ben ALI) en évitant de souligner l’exigence populaire d’un changement de politique économique et sociale. Ce qui va directement contre la politique  du FMI. Et déjà cette question est maintenant posée par la rue.

Mais il y a plus important. Le mouvement est souvent décrit par les médias comme l’explosion d’une foule en colère ; c’est la vision qu’ont les élites des mouvements populaires. Ceux qui ont suivi heure par heure cette insurrection populaire, notamment sur le net, les réseaux sociaux…ont pu constater la capacité d’auto-organisation dans les quartiers populaires comme chez les jeunes et les étudiants. Un peuple éduqué et conscient, imprégné d’une culture laïque, instruit du passé révolutionnaire français, où les femmes ont réalisé de nombreuses conquêtes, ce peuple a été capable d’isoler le pouvoir et ses forces de répression et de chasser le dictateur. C’est une révolution citoyenne. Et on voit depuis jeudi que la mise en place du nouveau gouvernement ne passe pas et le peuple après avoir dit « Ben Ali dégages ! » ajoute désormais « RCD dégages ! » et tous ceux qui auront été liés au régime vont être balayés d’une manière ou d’une autre. On voit bien cependant les manœuvres des puissances impérialistes (le discrédit de la France laisse la place aux USA pour cette besogne) pour essayer d’établir un nouvel ordre compatible avec leur domination. Mais l’exigence d’une Assemblée Constituante grandit de plus en plus ouvertement dans les manifestations. Des dizaines de milliers de tunisiens se rassemblent ce weekend de villes en villes pour marcher sur Tunis et les enseignants du primaire défient le pouvoir en se mettant en grève illimitée lundi jour de la reprise des cours.

Tous les peuples sont attentifs et tournent les yeux vers le modèle de la révolution citoyenne tunisienne. Naturellement, les peuples voisins  du Maghreb, du Makrech et du moyen orient. Mais ne limitons pas nos regards comme le font les médias. Car les tunisiens donnent des idées à tous les peuples européens, à commencer par les Français.             

Les conséquences directes de la politique de Sarkozy dans ma commune.
Revenons donc à la France. Dans ma dernière note je vous disais que dés janvier 2011, les coups allaient pleuvoir. Je vous laisse faire la liste des mauvais coups du mois, je veux seulement souligner que tout le monde est touché, y compris ma petite commune de 6000 habitants périphérique de Montpellier. Je prends le cas d’un EHPAD (établissement d’hébergement des personnes âgées dépendantes). La décision ministérielle conditionnant son fonctionnement avait été prise en 2005 par le ministre délégué, en charge des personnes âgées, Philipe BAS ; le dossier avait été monté par mon prédécesseur qui n’avait pas été capable de trouver un lieu adéquat. Arrivés aux affaires en 2008, nous trouvons un lieu idéal ; le terrain est acquis par un organisme départemental chargé de construire l’établissement ; la commission concernée où l’Etat est représenté donne son accord formel ; le permis de construire est instruit puis accordé ; les entreprises chargées de la construction choisies …et alors que les travaux s’apprêtent à démarrer on apprend que l’ARS (Agence Régionale de Santé, le nouveau gendarme qui régit la santé à l’échelle régionale directement relié au gouvernement) suspend l’autorisation de fonctionnement ! Outre que ni le Maire, ni le Président du Conseil général n’arrivent à obtenir un quelconque rendez vous de la directrice de cet organisme (ce qui manifeste un mépris incroyable des populations et de leurs élus), les services concernés font savoir que cette décision rentre dans le cadre des économies budgétaires ! D’abord où est l’économie alors que déjà 500 millions d’€, donc de l’argent public, ont été mobilisés pour l’acquisition foncière sur la base de l’autorisation gouvernementale préalable qui avait été donnée ; car la soudaine décision de l’ARS revient à gâcher ces 500 millions ! Ensuite, quel crédit peut-on accorder aux belles paroles du « débat national » sur la dépendance quand par derrière on fait des coupes sombres dans les crédits de fonctionnement des maisons de retraite. Bref l’offensive gouvernementale crée des ravages dans tous les domaines et les mobilisations ne vont pas manquer tout au long de cette  année.

Le sens de la candidature Mélenchon : construire une perspective politique alternative et unitaire.
Or ces mobilisations sociales en période préélectorale ont besoin d’une perspective politique claire contre Sarkozy et sa politique. De ce point de vue les atermoiements socialistes tant sur le fond (leurs textes sont d’une timidité accablante au point de se demander s’ils n’ont pas peur de se retrouver au pouvoir) que sur la forme (jusqu’à quand va durer ce bal des égos ?) bouchent la perspective politique. Il est assez sidérant de voir en même temps comment les médias ont tout fait pour légitimer Marine Le Pen : elle devient ainsi le réceptacle possible d’une certaine colère populaire sans perspective, entre l’abstention, le filet de la xénophobie nationaliste. Cette attitude des médias procède bien sûr aussi d’une manœuvre visant à légitimer le vote utile pour les partis dominants. Il est donc décisif qu’une autre perspective se construise à gauche. C’est pour cela que je salue la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon ce 21 janvier approuvée ensuite par le Conseil national du Parti de Gauche et qui ainsi est publiquement proposée au Front de gauche, ainsi qu’à toutes les formations de l’autre gauche et à tout le peuple de gauche. Le débat va ainsi se mener dans la clarté dans l’autre gauche pour construire une offre politique unitaire pour les prochaines échéances électorales nationales c’est-à-dire l’élection présidentielle ET les élections législatives (car n’oublions pas que ce sont ces dernières qui garantissent une majorité gouvernementale). Mais cette candidature de Mélenchon est d’avantage qu’une proposition dans l’autre gauche. Elle permet de commencer la campagne contre la droite pour une vraie gauche de rupture ; elle permet d’avancer tout de suite des solutions possibles et réalisables face aux mesures de Sarkozy. Et cela a une portée concrète dés 2011 : les luttes sociales pourront se sentir confortées par l’émergence d’une réelle alternative politique. Et inversement ces luttes sociales favoriseront l’irruption citoyenne sur le terrain électoral. Que les propositions de Mélenchon aient un écho, je l’ai vérifié dés ce matin en allant faire ma tournée dans le café populaire de ma commune : il y une proposition qui fait un tabac c’est la proposition du salaire maximum (« Au dessus je prends tout ! »). Les gens comprennent vite et il n’y a personne pour s’y opposer. J’avais eu une tout autre réception, dans un salon patronal auquel je participais en tant que maire en novembre : que n’ai-je entendu (démagogie, trop simpliste, démotivation du travail…) ; ayant fixé le salaire maximum à 20 fois le SMIC je me suis intérieurement amusé des clameurs de mes contradicteurs, qui avouaient par leurs réactions un niveau indécent de leurs gains. …Ainsi c’est parti. De l’audace et avançons nos idées et nos projets sur la place publique. Alors tous ceux qui veulent soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon allez à cette adresse sur son blog

« Je propose ma candidature pour l’élection présidentielle de 2012, au Front de Gauche et à toutes celles et ceux, en métropole et outremer, qui se reconnaissent dans cet engagement pour la Révolution citoyenne. »:

http://www.jean-luc-melenchon.com/liste-dappui-a-ma-candidature/        

Enfin un mot sur l’angle d’attaque trouvé à ce jour par les défenseurs du système contre Mélenchon : l’accusation de populiste et l’amalgame entre Mélenchon et le Pen. J’écris à froid car ce genre de pourriture me donne facilement une rage sans bornes et je préfère attendre avant de réagir. D’abord populisme est un concept creux qui sert surtout aux élites pour manifester leur crainte et leur mépris des mouvements populaires. Je vous renvoie à ce sujet à l’excellent article dans la tribune libre de l’Humanité de ce 22 janvier d’un professeur de philosophie : Benoit Schneckenburger. Ensuite c’est une honte d’assimiler un militant de gauche qui fut de tous les combats antiracistes avec l’extrême droite. Cohn-Bendit s’est déjà déshonoré dans cet exercice avant d’être condamné par son parti ; idem pour Huchon. Et cette  semaine le très droitier et très antigrève dessinateur Jean Plantu a livré son fiel par un dessin de la honte dans L’Express,  provoquant la réprobation de nombreuses personnalités. Et ce samedi 22 je lis dans Midi Libre l’éditorial d’un scribouillard, un certain Yann Marec : « Sur l’estrade du camp des populistes, ils sont deux désormais. Jean-Luc Mélenchon a rejoint sa camarade d’invectives Marine Le Pen. […] N’en déplaise à Mélenchon, Plantu a eu raison… » (Vous retrouverez ce texte page 5 du deuxième cahier régional). En tant que responsable régional du Parti de Gauche, qui a porté les couleurs du front de gauche dans cette région, je m’estime diffamé par ce monsieur et je vais exiger des excuses. Et je vous invite à tous en faire de même. Ne les lâchons pas ; aucune concession à ces monopoleurs des médias qui font ouvertement campagne contre le peuple. J’ai trop de respect pour les métiers de l’information dont nombre de journalistes risquent leur vie pour dire ce qui est pour que nous nous taisions devant ceux qui s’érigent le droit d’injurier dans le secret de leurs bureaux douillets.    

                                                                                                                  René Revol