Grandeur et misère des associations

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Rencontre avec les Associations de Montpellier – Dimanche 9 septembre

 

Rentrée scolaire début septembre, mais rentrée des associations avec la fête des associations dans les villes et les villages, une manifestation très attendue et appréciée par beaucoup de citoyens. Comme chaque année je ne manque sous aucun prétexte ces rendez-vous, rendez-vous qui m’offrent la possibilité de rencontrer de nombreux responsables et animateurs d’associations. Qu’il s’agisse des associations sportives, culturelles, sociales, civiques, j’ai partout ressenti auprès de ces bénévoles dévoués au service des autres un grand désarroi et souvent une colère.

La demande sociale en direction des associations ne cesse d’augmenter car, contrairement à l’opinion prêtée à nos concitoyens, la majorité n’est pas séduite par le repli individualiste mais aspire à échanger pour plus de lien social et de solidarité. Les adhérents aux différentes associations augmentent année après année ; une des causes de cet engouement vers les associations n’est pas sans lien avec le désengagement de l’État dans ses missions de service public, sous l’effet des coupes budgétaires drastiques qui frappent depuis des années le service public, coupes que le gouvernement entend toujours davantage aggraver. Ce sont toujours moins de moyens à la disposition des associations. Depuis juillet 2017 la suppression de la grande majorité des emplois aidés frappent de plein fouet l’ensemble des associations qu’elles soient sportives, culturelles, sociales… Nous avons assisté impuissants, certes de façon diffuse dans des dizaines de milliers d’associations qui le rend moins visible, à un véritable plan de licenciement dans tout le pays, faute pour les associations de disposer de trésorerie nécessaire. Du jour au lendemain ce sont ainsi des milliers d’éducateurs qui ont fait défaut dans l’encadrement de notre enfance et de notre jeunesse. À ces suppressions d’emplois aidés s’ajoute la diminution drastique des subventions : disparition pure et simple de celles de l’État et baisse de celles des collectivités locales dont les moyens financiers sont de plus en plus contraints par la baisse des dotations de l’État et la contractualisation imposée par le gouvernement pour limiter arbitrairement leurs dépenses. De nombreuses collectivités font alors le choix de faire de la baisse des subventions aux associations une variable d’ajustement. Ce qui conduit des responsables d’associations à se lancer dans une course effrénée au sponsoring privé en allant frapper aux portes des entreprises petites et grandes. Or celles-ci réservent l’essentiel de leur financement aux grandes opérations de mécénat ou de sponsoring qui participent de leur campagne de promotion publicitaire, délaissant les associations moyennes et petites. Cette situation de pénurie et de disette budgétaire favorise la tentation chez certains élus de pratiquer ces agissements scandaleux de conditionner l’attribution de leurs subventions à un soutien politique. Bref en cette rentrée de septembre 2018 c’est le dénuement pour les associations et un grand silence qui entoure tout cela.

Vous avez dit « société civile » ?

Et sinon on parlait de société civique !

Depuis quelques années on ne cesse d’entendre des discours hypocrites sur l’importance d’accorder toute sa place à la société civile. Le pompon pour Emmanuel Macron qui dit avoir largement ouvert son gouvernement à des représentants de la « société civile ». À l’heure où la démission de Nicolas Hulot porte un rude coup à cette fable, le gouvernement recourt de nouveau à ce refrain quelque peu usé de la pertinence de faire appel à la dite « société civile ».

Il est temps de tordre le cou à cette notion confuse car, pour le moins, il convient de distinguer au moins deux types de société civile. On pourrait plus justement parler tout d’abord d’une société civile marchande composée d’entreprises et autres entités à but lucratif qui participent de l’économie capitaliste. En font ainsi partie ceux qui au gouvernement sont dits issus de la société civile sans autre précision alors que la plupart d’entre eux proviennent clairement de l’oligarchie. La ministre du travail, ex-DRH d’une grande entreprise qui a bénéficié d’un copieux matelas de stocks options en est une éloquente représentante ! Il n’est pas étonnant dès lors de voir se multiplier les situations de conflits d’intérêts dans l’entourage du pouvoir. Tout récemment il était pour le moins amusant d’entendre le lobbyiste des armes à feu, ce fameux conseiller des chasseurs dénoncés par Nicolas Hulot, dire avec un grand sourire : « moi, je viens de la société civile ! ». La société civile marchande ne relève pour autant pas toute, il s’en faut, de cette oligarchie âpre au gain ; l’économie sociale et solidaire joue pour sa part un tout autre rôle, résistant aux grands groupes industriels et marchands. Elle n’a donc nul besoin de se cacher derrière cette vague dénomination de société civile ; sa propre appellation « économie sociale et solidaire » suffit à la caractériser.

Cette « société civile marchande » de nature oligarchique n’a vraiment rien à voir avec la masse de bénévoles et de citoyens engagés dans les activités associatives ; ils constituent ce qu’il serait judicieux d’appeler la « société civile non marchande ». Aussi, je vous propose de lever la confusion qui résulte du fâcheux amalgame que contient cette notion fourre-tout de société civile.  Elle représenta un temps les membres non militaires de la société ; on opposa longtemps aussi la société civile au pouvoir d’État… Pour désigner cette part de la société civile de tous les citoyens qui s’engagent dans le service du bien commun, au service des autres quelles qu’en soient les formes, ne pourrait-on parler de la société civique ?  D’autant, et j’en suis convaincu, que la rencontre de l’espace politique public et de la société civique peut faire des merveilles. Ma conviction intime est que la révolution citoyenne sera le produit de la synergie entre une ferme volonté politique et une société de citoyens mobilisés. Aujourd’hui les millions de Français qui adhèrent à telle ou telle association et s’y engagent peu ou prou pour la faire vivre contribuent dans les profondeurs de notre pays à forger la société mobilisée dont nous avons besoin.

Et alors, quelle politique associative promouvoir ?

Je me contente ici d’énoncer ce que devrait être une authentique politique associative.

D’abord s’impose un principe fondamental : le respect absolu de l’indépendance du mouvement associatif. Les associations doivent pouvoir s’administrer librement ; ses membres sont les seuls en droit de définir et de s’approprier les buts poursuivis et des moyens mis en œuvre, bien sûr tout cela dans le respect de la loi républicaine. Cette indépendance a été conquise de haute lutte à la fin du XIXe siècle pour aboutir à la loi de 1901, qui fait partie du bloc des lois républicaines avec celles qui garantissent la liberté syndicale, la laïcité de l’école et de l’État et celles qui instituent les différents services publics. Or cette indépendance des associations est de plus en plus remise en cause par des biais divers.

Parfois de la façon la plus grossière comme ce fut le cas à Montpellier ce dimanche 9 septembre avec la tentative par le Maire de Montpellier d’interdire à l’association de la libre pensée de faire signer une pétition (exigeant que la municipalité cesse de porter atteinte à la laïcité) sous prétexte que la foire des associations est organisée sous la responsabilité de la municipalité. Le plus souvent de manière plus biaisée. Celle que pratique parfois là encore la ville de Montpellier quand elle prête des salles publiques à des tarifs dissuasifs, interdisant de fait aux associations de se réunir normalement. Cela est vrai aussi dans trop d’autres communes du pays ; il devrait être établi au niveau national l’obligation de rendre  les salles publiques accessibles gratuitement à toutes les associations non lucratives, selon un tableau de répartition publique clairement réglementé. Pourquoi ne pas établir dans une ville un conseil démocratique des associations chargé de l’organisation – de concert bien sûr avec la municipalité – de la gestion des salles publiques ?

Un autre biais particulièrement pervers pèse sur l’indépendance des associations, le mode d’attribution et le montant des subventions municipales, quand ils dépendent de l’arbitraire des municipalités. Ce peut être le moyen d’acheter la soumission du monde associatif. Il faut dans ce domaine imposer de règles simples :

  1. Il importe de maintenir et si possible d’augmenter le montant total des subventions dans les villes, les départements et les régions. Le mouvement associatif ne doit pas faire les frais des arbitrages qu’impose l’austérité gouvernementale.
  2. Chaque collectivité locale doit élaborer un règlement général et transparent, négocié en amont avec les citoyens, pour établir des règles objectives pour l’attribution des subventions. Doivent être pris en compte le nombre d’adhérents, le caractère éducatif et la place de l’enfance dans l’action associative, l’investissement social et solidaire, la portée environnementale des actions menées etc. Ainsi les décisions d’attribution de subventions se feraient au vu et au su de tous et pourraient être contestées en cas de non-respect des critères établis. Bien sûr ces règles resteraient susceptibles d’être réexaminées en cas de besoin. Aujourd’hui, pour prendre un exemple, dans le domaine sportif il est hautement discutable de voir les collectivités verser des sommes très importantes aux clubs de haut niveau (tout en restant d’ailleurs relativement faibles par rapport aux flux financiers privés de ces clubs), au détriment des versements au sport amateur. Le fonctionnement des fédérations sportives doivent être dans ce domaine fortement repensées. Il est indécent de voir comme cet été, suite à la victoire de l’Equipe de France, la FFF (fédération française de football) décider de manière unilatérale d’utiliser le pactole perçu à rembourser les frais de séjour en Russie (frais qu’elle aurait de toute manière payés du simple fait de la participation à la coupe). Une somme dont les clubs du football amateur portés à bout de bras par des dizaines de milliers d’animateurs ne verront pas la couleur. Alors même que le gouvernement de son côté s’apprête à faire des coupes sombres dans le budget du ministère des sports et de transférer la charge des directeurs sportifs nationaux aux collectivités territoriales.

C’est la même politique de désengagement de l’État qui s’opère dans le domaine culturel. On l’a vu cet été avec les décisions sur le théâtre, dénoncées avec brio par Robin Renucci. Une baisse des moyens qui affectera bien sûr aussi les activités culturelles des quartiers et des villages.

Loin de nous faire baisser les bras, il importe, partout où nous intervenons du niveau local au niveau national, de porter une autre orientation pour la politique associative.

Dans les discussions avec les lecteurs de mes notes de blog ont été évoquées les difficultés et les problématiques particulières auxquels ils sont confrontés, dans des associations qu’elles soient sportives, à caractère culturel et éducatif ou encore à caractère social pour la lutte contre la grande pauvreté ou en soutien des personnes en situation de handicap… N’hésitez pas à nous faire part de vos expériences et de vos témoignages pour qu’on fasse grandir dans ce pays un nouvel avenir pour le monde associatif.

René Revol

12 septembre 2018

 

Face à la crise politique, Pour la 6ème République, Rendez-vous à GRABELS Samedi 27 septembre !

Note du 22 septembre 2008

Un nouveau gouvernement Valls / Hollande qui ne dispose plus de la majorité au parlement et qui peut quand même se maintenir pour poursuivre une politique de régression sociale rejetée par le pays ! Dans aucun autre pays de l’Union Européenne cela ne serait possible ; nos institutions révèlent ainsi leur caractère autoritaire et anti démocratique.

L’heure est venue de combattre ce gouvernement non seulement pour sa politique économique et sociale chaque jour plus soumise au Medef et aux dogmes libéraux au pouvoir à Bruxelles, mais parce que sa légitimité même est en cause. Un vide s’ouvre où tout est possible.

Dans ce contexte la responsabilité des progressistes n’est pas aux atermoiements car il s’agit d’ouvrir une perspective pour notre peuple.

C’est le sens de la campagne lancée pour une 6ème République avec plus de 20 000 signatures en quelques jours sur le site dédié. Dans notre région, la campagne commencera ce samedi 27 septembre à Grabels, dans le cadre de la traditionnelle fête de la République qui accueillera Raquel Garrido, coordinatrice nationale de cette campagne pour le compte du parti de gauche. Je vous appelle à venir nombreux ce samedi pour lancer ensemble cet appel dans toute la région.

Vous trouverez en cliquant ici le programme détaillé de cette fête. C’est ce même combat que nous menons en nous présentant aux élections sénatoriales du 28 septembre avec la liste citoyenne pour une autre République, démocratique, écologique, sociale et laïque. Malgré le caractère singulier de cette élection où la liste électorale est réduite dans le département à 2347 grands électeurs (!), notre appel rencontre un réel écho auprès des élus de terrain qui subissent de plein fouet les conséquences de la politique d’austérité et de la reforme territoriale. Vous pouvez télécharger la profession de foi de notre liste en cliquant ici. Elle est conçue comme un manifeste fondateur et s’adresse à toutes les forces progressistes bien au-delà des grands électeurs concernés pour qu’un vraie gauche se rassemble en rupture avec le gouvernement Hollande / Valls.

C’est le même combat que nous menons contre la réforme territoriale qui détricote la République. Le comble a été atteint cette semaine avec l’annonce des élections départementales en mars prochain. On décide ainsi de fixer la date d’une élection à peine six mois avant, d’y convoquer les citoyens sur un mode de scrutin inédit, avec des circonscriptions territoriales nouvelles pour une assemblée appelée à disparaître ! On voudrait obtenir une abstention record de 80%,  on ne ferait pas mieux. Ce mépris des électeurs n’a pas d’autre but que de décrédibiliser le département pour mieux le supprimer. Cela rentre dans le projet de méga régions et de grandes métropoles qui éloignent encore plus le citoyen des lieux de décision. Cela passe à Montpellier par la mise en place de la Métropole. Je m’y oppose fermement et j’appelle les conseils municipaux à voter contre.

En espérant votre soutien dans tous ces combats et notamment samedi à Grabels pour lancer la campagne pour la 6ème République.

René REVOL

Déclaration – Conseil d’Agglomération de Montpellier du 17 juillet 2014

Déclaration de René Revol – Conseil d’Agglomération extraordinaire du 17 juillet 2014 – 

 » Monsieur le Président, Chers collègues,

Une obligation prévue de longue date m’interdisant d’être physiquement présent ce soir je tiens à exprimer ma position et à donner les raisons de mon vote. Notre assemblée est sollicitée ce soir pour donner une position de principe qui ouvre la voie à la transformation de notre Agglomération en métropole au 1er janvier prochain, conformément à la loi Mapam adoptée en décembre 2013. Cette loi est le premier volet en 3 actes des lois de décentralisation qui bouleversent notre architecture territoriale. Elle transforme automatiquement sans leur demander leur avis 13 agglos en Métropole et donne la possibilité à Brest et Montpellier d’accéder à ce statut.

Comme je l’ai déjà affirmé dans la précédente mandature où ce débat avait été ouvert, je ne souhaite pas cette transformation en métropole et je voudrai en donner ici les raisons.

1- Il y va d’abord pour Madame Jabado et moi-même, élus par les électrices et les électeurs grabellois, du respect de l’engagement pris devant les électeurs de notre commune, inscrit dans notre programme, du refus du passage en métropole. Pour la nouvelle mandature dans cette Agglomération nous avons clairement affirmé notre volonté de promouvoir une nouvelle gouvernance, fondée sur la transparence et la démocratie participative afin de redonner du crédit à la parole politique.

2- La deuxième raison tient à notre opposition à l’ensemble de la réforme territoriale telle qu’elle est engagée et dont la métropolisation est un des piliers. La fusion des régions en grande région, avec en perspective la suppression des départements, conduit à éloigner encore plus le citoyen des centres de décision et du contrôle de ses élus. Les économies attendues sont illusoires à moins de mettre davantage en cause nombre de services publics de proximité. Le tropisme allemand qui veut nous faire croire que ce serait nous calquer sur le modèle des Landers ne tient ni historiquement ni géographiquement ; ainsi la fusion Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées créerait une région plus grande que les trois quarts des Landers. Cette fusion pourrait par ailleurs provoquer l’éclatement de notre région si le Gard, qui lorgne vers PACA, faisait valoir et obtenait son droit d’option. Montpellier se situerait alors aux limites de la nouvelle grande région.

Dans le schéma de la réforme se superposeraient à la concentration de 13 ou 14 grandes régions 15 grandes métropoles disposant des principales activités au détriment du reste du territoire national. Au détriment de l’aménagement du territoire. L’expérience de ces vingt dernières années prouve que le dynamisme économique de Montpellier n’entraîne pas mécaniquement celui de la région toujours bonne dernière au vu de nombreux indicateurs économiques et sociaux.

La réforme territoriale engagée nous éloigne de l’égalité de traitement entre les populations, d’une réelle politique d’aménagement du territoire, d’une politique de saine concertation entre collectivités.

C’est bien d’ailleurs ce défaut de la métropolisation, Monsieur le Président, que vous cherchez à compenser en avançant la perspective d’un pôle métropolitain dans le cadre d’une coopération avec les autres EPCI voisines, tant la simple création de la métropole peut être un facteur de déséquilibres entre les territoires.

On nous dit également que la transformation en métropole permet de maintenir une dotation de 60 € par habitant. Certes, mais qui croit aujourd’hui que les dépenses publiques affectées aux collectivités vont se maintenir dans les années qui viennent au vu du cap austéritaire choisi par le gouvernement de Messieurs Hollande et Valls, et alors que la loi de Finances va priver les collectivités locales de 11 milliards d’euros ?

Notons aussi que la loi Mapam justifie la métropolisation dès son préambule par la compétition entre les métropoles et les territoires. Je récuse cette vision libérale et préfère la coopération consentie et équilibrée entre collectivités comme c’est d’ailleurs inscrit dans les principes de l’intercommunalité. Coopération qui a aussi, monsieur le Président, votre préférence dans les propositions que vous nous faites d’un Pacte de confiance.

3- Enfin ma dernière raison tient à ce que la métropolisation du territoire remet en cause la libre administration des communes, principe constitutionnel fondateur de notre République. Le transfert de compétences à l’agglomération : assainissement, transports en commun, déchets ou eau potable étaient justifiées par la recherche de l’échelle pertinente pour gérer ces problématiques collectives, dès lors que se manifestait le souci de la coopération intercommunale.

Vous avez, Monsieur le Président, fort justement souhaité en finir avec l’autoritarisme qui a présidé antérieurement et vous formulez une méthode nouvelle de coopération. Je vous en donne volontiers acte.

Il demeure qu’avec la métropole  de nouvelles compétences importantes sont transférées et vont réduire à la portion congrue l’autonomie communale. Cela concerne particulièrement le transfert de deux compétences : l’urbanisme et les voieries. En perdant l’urbanisme une municipalité perd le pouvoir de façonner un projet de ville partagé ; nous allons vers de nombreux conflits avec la population tant ces questions sont vitales pour notre avenir. Nous disposions déjà avec le PLH, le SCOT, le PDU, la loi ALUR, de suffisamment d’outils pour planifier notre action intercommunale. Il en va de même de la voirie : nul besoin de faire passer toutes les voiries secondaires dans le panier métropolitain. Or nous sommes là dans un domaine où la démocratie de proximité joue un rôle essentiel. Dans une période où nos concitoyens expriment de plus en plus de la distance, de la méfiance si ce n’est de la défiance vis-à-vis de la classe politique, cette métropolisation voulue par la loi est inopportune.

Nous avons pris bonne note Monsieur le Président du souci que vous avez d’apporter  des limites et des garde fous à cette loi notamment avec la charte de confiance qui affirme un droit de véto aux maires en matière d’urbanisme. Les élus de Grabels souhaiteraient que cette disposition soit intégrée au règlement intérieur de la collectivité.

Ceci dit, en vertu du principe de la hiérarchie des normes, la loi est toujours supérieure au règlement. Le fait de manifester dans cette assemblée une volonté de coopération librement consentie est louable. Il n’en demeure pas moins que les effets de la loi instituant la métropole conduiront à terme à la disparition de la commune comme échelon démocratique fondamental.

En conséquence comme aujourd’hui il s’agit d’un vote de principe pour s’engager vers la métropole, je ne voterai pas cette délibération. »

René Revol