La Régie Publique de l’Eau à Montpellier : une expérience du pouvoir citoyen !

Note du 28 avril 2015

L’Agglomération de Montpellier aura été ainsi celle qui a eu le courage d’interrompre l’appel d’offre lancé par l’ancienne majorité pour la poursuite de la DSP afin de réaliser le passage en régie dès 2016. Après cette victoire il me paraît utile de revenir sur le combat politique et citoyen qui y a abouti et sur les principales leçons qu’on peut en tirer. Je vous invite aussi à revoir les vidéos de mes principales interventions de cette dernière année reproduite dans mon dernier post.

QUATRE ANS D’ACTION CITOYENNE

Cette victoire a était le fruit de combats citoyens inlassables depuis une bonne dizaine d’années et sur notre territoire plus particulièrement depuis 2009. Prenant appui sur le retour en régie de grandes collectivités comme Grenoble et Paris des associations et des personnalités prirent l’action en main et je me souviens d’avoir accompagné Madame Danièle Mitterrand et son association France Libertés lors d’un passage dans l’Hérault. A l’époque Georges Frêche ne voulut même pas recevoir l’épouse de l’ancien Président de la République ! Groupes citoyens et associations commencèrent à fleurir dont la plus active est l’association Eau secours 34. Le premier moment public important se joua lorsque l’Agglomération récupéra la compétence eau transférée par les 31 communes de son périmètre au 1er janvier 2010. Devenu Maire de Grabels en 2008, je me sentis bien seul à l’époque quand notre Conseil Municipal fut le seul à se saisir de cette occasion pour proposer le retour en régie au terme des contrats qui s’approchait. Depuis la mobilisation citoyenne ne cessa de s’amplifier et le deuxième moment important se situa au premier semestre 2013. L’Agglomération mit en branle un énorme dispositif de communication appelé « consultation citoyenne », tout cela pour convaincre que la seule solution était de continuer la DSP avec Véolia ! Mais ce matraquage publicitaire eut pour seul effet d’éveiller la curiosité du public qui devenait de plus en plus réceptif aux arguments des partisans du retour en régie. Les associations regroupées dans un collectif multiplient rencontres et débats et organisent dans les villages et les quartiers des votations citoyennes. A Grabels c’est la municipalité elle-même (ce sera la seule) qui organise information, débat et référendum municipal. La participation au vote dépasse les 50% et la régie recueille 95% ! Nous apportions la preuve que la question du retour en régie était devenue une question populaire dont les citoyens peuvent se saisir. Le paroxysme de cet épisode fut atteint lorsque le Président de l’Agglomération imposa en plein été à 7 mois de l’échéance électorale un vote engageant pour sept ans la collectivité dans une nouvelle DSP avec le privé. La puissance de la manifestation citoyenne (rejetée hors de l’enceinte manu militari) et l’importance de la minorité d’élus qui votèrent contre ou abstention étaient significatifs que la bataille n’était pas finie. En e­ffet, la problématique de l’eau relève d’enjeux techniques, sanitaires, économiques, mais aussi environnementaux, démocratiques et sociaux qui doivent placer le citoyen au cœur du service public.

Et cette mobilisation citoyenne se régla dans la séquence électorale municipale  de mars 2014. Dans ma Commune, notre équipe intégra dans ses engagements le mandat du retour en régie publique de l’eau qui nous avait été donné dix mois plus tôt et les électeurs nous firent largement confiance. Dans les autres communes hors Montpellier quatre équipes furent aussi élues avec un engagement clair pour la Régie : Clapiers, Jacou, Lavérune et Murviel les Montpellier. Notons que les autres équipes élues n’avaient prudemment rien dit sur le sujet. Mais l’essentiel se joua à Montpellier : La liste Front de Gauche conduite par Muriel Ressiguier s’était engagée pour un retour en régie de l’ensemble des activités l’eau et celle du dissident socialiste Philippe Saurel s’était prononcé pour la régie. Même les listes UMP et FN se prononcèrent dans ce sens. Seule la liste Moure rassemblant le PS, EELV, PRG et les élus sortants du PCF restés cramponnés à la DSP. Vous connaissez le résultat avec l’élection. Au lendemain de son élection il me fut proposé de devenir Vice-Président pour mettre en place une régie publique de l’eau potable. La proposition était claire dès le début : faire immédiatement une régie de l’eau et attendre la fin des nouvelles DSP pour y intégrer l’assainissement. Après l’avis favorable unanime tant de ma majorité municipale que des instances du PG j’acceptais et nous pouvions enfin passer de la préconisation à la réalisation.

Je tire de ces années de mobilisation jusqu’en 2014 trois leçons :

1- Ne pas se laisser impressionner par la solitude parmi l’élite politique et persévérer en fonction de ce qu’on croit juste.

2- Faire de la régie une question citoyenne et s’appuyer sur l’implication populaire en en appelant à l’intelligence collective.

3- Aller, le moment venu, au-delà de l’action associative et ne pas hésiter à investir le champ politique pour faire trancher le débat par le suffrage universel.

D’AVRIL 2014 A AVRIL 2015 : UN TRAVAIL ACHARNE POUR CRÉER LA REGIE

Une anecdote significative pour commencer : en avril 2014 un des responsables locaux d’une des composantes locales du Front de gauche (dont je suis un membre actif) écrivait sur son blog qu’il était inutile que je devienne Vice-président de l’Agglomération pour réaliser le retour vers le public de l’eau potable puisque le Président élu avait pris l’engagement de faire la régie ! Outre le fait que ce mélange de sectarisme (ne jamais prendre de responsabilités exécutives) et d’opportunisme (faire confiance dans les engagements des élus) est un mal endémique d’une partie de la gauche radicale – qu’elle doit apprendre à dépasser à l’instar de Syriza ou Podemos – je m’aperçois que sans mon action depuis un an, soutenue par la mobilisation associative et citoyenne au travers notamment du comité de suivi citoyen, la régie n’aurait pas vu le jour.

En effet plusieurs étapes durent être franchies, non sans mal. D’abord sous la pression médiatique d’élus de droite et des multinationales,  on chercha à nous faire renoncer sous toute une série de prétextes : notamment le manque de temps pour mettre en œuvre la régie et la sagesse qu’il y aurait de nous contenter dans un premier temps d’une DSP… Bref nous aurions dû appliquer le programme du candidat socialiste battu. Ensuite certains nous approchaient pour expliquer que la régie était trop difficile à mettre en place et nous conseiller de nous contenter d’une SPL (Société publique locale) – ce qui aurait atténuer fortement le caractère public et démocratique de la structure. Je ne cédai pas un pouce et dès l’été 2014 nous nous engagions dans le processus menant à la régie… ce qui n’empêcha pas quelques scribouillards de blogs poubelles d’écrire que j’avais renoncé à la Régie. Il est d’ailleurs intéressant de constater que c’est dans cette période que se met en branle contre ma personne une incroyable campagne de calomnie. J’ai pu ainsi vérifier que la mise en place de cette régie dérangeait tout un petit monde qui avait intérêt à son échec. Ils en seront pour leurs frais.

Dans cette période de mise en place le soutien citoyen fut décisif. Et pour lui permettre de s’exprimer j’ai veillé à ce que se mette en place un comité citoyen de suivi qui a accompagné tout le processus. Son travail patient d’investigation et sa vigilance a permis de mettre en lumière le caractère injustifiable des tarifs payés par les usagers pour rémunérer les multinationales de l’eau. Sans son action je ne suis pas certain que notre entreprise ait pu aboutir.

Rappelons qu’à l’automne je fus aussi fortement mobilisé par les conséquences des inondations catastrophiques qui ont frappé ma commune. J’ai essayé d’y faire face au mieux de mes possibilités comme j’en ai rendu compte sur ce blog. En tout cas cela ne m’a pas fait ralentir la programmation de la mise en place de la Régie.

Outre le recrutement d’un directeur et de son équipe projet, le dernier trimestre 2014 fut occupé par deux négociations importantes à mener : d’une part avec les services de l’Etat pour qu’ils nous autorisent légalement à passer en régie et valident l’avenant transitoire d’un an le temps de mettre en place la régie… Cet accord n’arriva qu’au tout dernier moment, début octobre. D’autre part, il a fallu justement négocier l’avenant en question avec les délégataires en place et que ces avenants se fassent aux meilleures conditions pour la collectivité pour que nous ayons le maximum de marges pour mettre en place la régie. Cela fut rondement mené et nous avons obtenu pour l’année 2015 une baisse significative de la rémunération du délégataire ; cela nous permet de financer la transition vers la régie sans qu’il en coûte un centime de plus ni à l’usager ni au contribuable.

Une fois ces questions réglées, restait un sujet de débat : le choix du statut juridique de la Régie. Sans entrer ici dans des aspects techniques apportons les précisions suivantes : comme la régie directe est interdite par la loi depuis le décret Poincaré de 1926 (sauf celles très rares qui existaient avant cette date) toutes les régies sont donc dotées de l’autonomie financière vivant uniquement de la facturation de leurs services (c’est le principe l’eau paye l’eau). La question se résume à savoir si elle est à simple autonomie financière ou si en plus elle est dotée d’une véritable personnalité morale. Un vrai débat s’est engagé sur ce choix et il tourna à l’avantage de la régie dotée de l’autonomie financière et de la personnalité morale. Ce choix avait ma préférence mais j’ai tenu à ce que cela émerge d’un vrai débat sur le fond, comme on le voit dans l’excellent échange qui a eu lieu au comité citoyen de suivi que chacun a pu suivre en ligne. Voulu comme un exercice participatif, même si la décision relève du conseil, ma démarche a été animée par  le souci de bâtir la Régie sur des valeurs communes. Il y a aussi été réaffirmé l’attachement  à  inscrire des activités dans une durée qui dépasse les échéances habituelles des contrats de concession.

Ce sont précisément deux raisons fondamentales qui plaident pour la régie personnalisée :

  1. La Régie personnalisée permet par son mode de fonctionnement de défendre pleinement la notion de service public ; responsable d’une activité industrielle et commerciale elle offre la réactivité à la continuité et la fiabilité du service rendu. Son indépendance lui permet de n’obéir qu’aux missions économiques, sociales, écologiques et démocratiques clairement spécifiées dans ses statuts notamment celles de prendre en compte la nécessaire préservation de la ressource en eau pour aujourd’hui et demain ; de garantir l’accessibilité pour tous à l’eau potable, et l’égalité de tous face à la qualité de l’eau.
  2. La régie personnalisée est plus démocratique puisque les représentants des associations d’usagers et environnementales ainsi que les représentants du personnel sont membres du Conseil d’Administration avec voix délibérative (c’est le choix que nous avons fait) aux côtés des élus issus du Conseil Métropolitain. Cela lui donne une légitimité élargie à la fois une légitimité représentative issue du suffrage universel et une légitimité participative issue de l’implication citoyenne.

Ainsi le Conseil Métropolitain du 28 avril 2015 vient d’adopter les statuts de la régie à autonomie financière et à personnalité morale de Montpellier Méditerranée Métropole, et a élu son CA, nommé don directeur. Dès mai 2015 la Régie va pouvoir agir en toute responsabilité pour assurer directement au premier janvier 2016 le service public de l’Eau pour les 337 000 habitants de son périmètre.

Les tâches qui nous restent à réaliser d’ici la fin de l’année 2015 sont nombreuses : installation officielle du CA et de son équipe ; assurer le transfert dans les meilleures conditions possibles des personnels de Veolia et faire les recrutements complémentaires, poursuivre au même rythme les investissements qui garantissent la préservation de la ressource, poursuivre les recherches engagées… Par ailleurs nous nous sommes engagés à baisser le prix de l’eau dès 2016 et cela nécessite, dans notre volonté de transparence, de construire le compte d’exploitation prévisionnel de manière solide pour que l’annonce de cette baisse du prix soit sérieuse et puisse être tenue. Bref le travail ne manque pas d’ici la fin de l’année pour que nous puissions confirmer ce que d’autres collectivités ont déjà prouvées : que le service public est à la fois plus efficace, plus écologique et plus juste. Ce sera un formidable point d’appui pour tant de causes citoyennes.

QUELQUES ENSEIGNEMENTS DE CETTE PREMIERE VICTOIRE.

  1. On mesure d’abord l’importance de la fidélité des élus à leurs engagements électoraux. C’est assez rare par les temps actuels (« mon ennemi c’est la finance » …). Il arrive parfois qu’un édile sincère se trouve confronté une fois élu à des forces considérables pour lui faire lâcher prise. Ne pas céder à la pression est donc la première condition.
  2. Notre action fut toujours collective et citoyenne. Là fut l’essentiel. Dans cette première année de mandature nous avons veillé à ce que l’implication citoyenne se poursuive comme avant 2014. C’est pourquoi j’ai tenu à mettre en place dès juin un Comité citoyen de suivi de la mise en place de la régie avec quatre composantes égales : élus, associations citoyennes, chercheurs et personnalités qualifiées, personnels. En sept mois ce comité citoyen a tenu trois séances publiques intégralement filmées et mises en ligne permettant ainsi le contrôle des citoyens. Des ateliers de travail ont aussi été organisés et des rapports publiés. Outre un débat sur les résultats de la recherche sur la ressource en eau qui fut fort intéressant, le débat le plus important eut lieu sur le statut de la Régie et la prise de position à une très large majorité pour la régie personnalisée ; ce qui a pesé lourd dans la décision finale. Nous avons ainsi à notre modeste place sur ce dossier su faire évoluer la démocratie de la délégation à l’implication.

Instruit par l’expérience de ce comité de suivi nous avons décidé d’installer à côté de la Régie un Observatoire de l’EAU, confirmant ainsi notre volonté de mettre le citoyen au cœur du service public de l’eau. Observatoire qui pourra aussi, du moins je le souhaite, préparer les esprits au retour en régie de l’assainissement, enjeu et objectif important à réaliser… J’aurai l’occasion de revenir sur ces dossiers.

Vive la Régie Publique de l’Eau !

RESPECT !

Note du 16 mars 2015

C’est le court et magnifique slogan de la coalition qui rassemble dans l’Isère Europe Ecologie les Verts, le Parti de Gauche, Nouvelle Donne, des associations citoyennes, quelques communistes et ex socialistes. Après avoir remporté Grenoble en devançant nettement le PS, l’UMP et le FN, cette belle coalition progressiste  présente des candidats dans 23 cantons sur 29. Elle se fixe l’objectif d’être en tête de la gauche. Quel que soit le résultat, le fait que l’expérience grenobloise se poursuive à l’échelle du département est en soi facteur d’espoir dans un contexte national particulièrement sombre. Alors que le PS et son gouvernement annoncent qu’ils ne changeront rien à leur politique d’austérité, alors que Sarkozy et l’UMP/UDI nous promettent la même politique en pire, alors que des millions d’électeurs de gauche s’apprêtent à voter avec leurs pieds en s’abstenant (dans mes rencontres chez les habitants cette semaine, c’est le cas de prés d’un sur deux), alors que le FN peut attendre, d’une moindre démobilisation de son électorat, mécaniquement des victoires, nous sommes confrontés à un contexte politique difficile. Il ne servirait à rien pour autant de s’agiter et de paniquer, il faut préparer l’avenir, manifester l’existence d’une gauche alternative au PS moribond, comme l’ont fait Syriza et Podemos. C’est le sens des listes RESPECT en Isère.

Dans notre région des signaux vont dans le même sens. Ainsi dans les politiques, à l’échelle départementale, des listes EELV/PG/société civile concurrencent un PS en plein doute. Dans ce département nous regrettons que les élus PCF sortants aient acceptés le déshonneur d’une alliance avec le PS austéritaire pour éviter la déroute ; avec le déshonneur ils pourraient bien récolter la déroute ! Dans l’Hérault, la décomposition socialiste est à son comble, suite notamment à la perte de Montpellier au profit du dissident socialiste Saurel. La droite est aussi dans un mauvais état aggravé par la perte de la deuxième ville du département au profit de l’extrême droite. Quant au Front de gauche il faut bien constater la quasi disparition de toute autorité départementale, laissant place à des positionnements locaux contradictoires.

Dans ce champ de ruines il faut saluer les réalisations de rassemblement du Front de Gauche et des écologistes comme c’est le cas sur le canton 2 de Montpellier (Nicolas DUBOURG – Muriel RESSIGUIER) ou sur le canton de Pignan (Serge DESSEIGNE- Anne TITAUT-GROLLEAU). Il est regrettable, sur le canton 1 de Montpellier où le potentiel électoral EELV/FDG dépasse celui du PS, que les responsables verts locaux se soient ralliés à des socialistes en déroute, obligeant le Front de Gauche à porter seul la perspective de l’alternative (avec le binôme Isabelle CABECA – Joël VEZINHET). Dans le canton de Clermont l’Hérault, une belle candidature Verts/PG (Jean COUPIAC- Myriam HUBERT) est porteuse d’espoir malgré le sectarisme du PCF local qui a refusé l’union et maintenu un candidat.

Bref nous allons tout faire cette dernière semaine pour que ces positions d’avenir soient les plus fortes possibles. Après la prise de position remarquée de Cécile Duflot pour un nouveau rassemblement progressiste concurrent du PS, les signaux porteurs d’avenir se multiplient ; il faudra les faire fructifier malgré la catastrophe électorale annoncée.

Et pourquoi pas des listes RESPECT aux prochaines régionales ?

René REVOL

La brèche est ouverte dans le mur européen de l’austérité

Note du 26 janvier 2015

Ce dimanche 25 janvier le choix du peuple grec est sans appel : exerçant sa pleine souveraineté, il a mis largement en tête Syriza et fait largement minoritaire les partis qui ont mis en œuvre l’austérité dictée par la troïka (FMI, BCE, Commission européenne). La décision du suffrage universel du peuple grec s’impose à tous, à commencer aux autres gouvernements européens.

Une voie nouvelle s’ouvre en Europe !

Gouvernants Ne touchez pas à la Grèce ! Respectez la volonté de son peuple !

Exigeons que soit largement effacée la dette publique grecque, dette indue car liée aux taux d’intérêt astronomiques imposés par les grandes banques internationales et les agences de notation.

Défendons dans tous les pays européens la même politique que Syriza : protéger les plus pauvres, soutenir la consommation populaire et les investissements utiles, restaurer les services publics et la sécurité sociale, contrôler le secteur financier et faire peser le poids de l’impôt sur les plus riches. Une brèche s’est ouverte dans le mur européen de l’austérité ; une autre Europe est possible.

En Grèce l’opportunisme du Parti Socialiste (PASOK) qui a soutenu et imposé les mesures d’austérité a été largement sanctionné avec un score inférieur à 5%. Le sectarisme du parti Communiste (KKE) qui a refusé l’alliance avec Syriza a été sanctionné par les électeurs.

En France comme en Grèce l’alternative passe par l’union de la gauche anti austérité et des écologistes. Souhaitons que le Front de gauche et Europe Ecologie Les Verts sauront surmonter les sectarismes pour fournir lors des prochaines échéances électorales une offre électorale unifiée. A nous tous, ici et maintenant, de démontrer qu’une alternative est possible !

René REVOL

De la marée républicaine à la révolution citoyenne

Note du 13 janvier 2015

Dés samedi dans ma Commune des centaines de personnes avaient répondu à mon appel de Maire pour rendre hommage aux victimes. On sentait que quelque chose de neuf se passait. Cela s’est confirmé ce dimanche 11  où j’ai marché avec les citoyens de ma Commune parmi les quatre millions de manifestants, la plus grosse manifestation à laquelle j’ai participé depuis le 13 mai 1968. Plus encore que le nombre, ce qui unifiait cette foule résolue et déterminée c’est la référence à la République, à ses principes fondateurs ressentis par tous comme fondamentaux et indissociables. La République était physiquement une et indivisible quelle que soit la diversité des participants. La veille, à Grabels, après l’écoute attentive de la lecture solennelle d’articles de la déclaration des droits de l’homme et du citoyen de 1789, le public a longuement applaudi,  manifestant ainsi leur adhésion aux principes qu’ils contiennent, si nécessaires pour faire face aux événements auxquels le peuple est confronté.

Il faut toujours bien qualifier les acteurs et les crimes. Pour qualifier ceux qui ont tué à Charlie et à Vincennes, évitons de les appeler « djihadistes » mot qui contribue à donner du crédit à la manipulation des tueurs qui veulent couvrir leurs actes d’une pseudo justification religieuse. J’ai de même du mal avec le mot « terroriste » : dans le maquis de l’Oisans mon père était en 1943 recherché par les SS comme « terroriste » ; par ailleurs les millions de manifestants descendus dans la rue démontrent qu’ils ont échoué à nous terroriser. Pour moi ce sont et je les appelle des assassins !

Et ce qu’ont voulu tuer ces assassins c’est la République et ses principes. D’abord la liberté de l’information et de la presse. Si cela a été abondamment dit, il importe d’insister combien cette liberté est principielle. L’atteinte à la liberté de la presse est toujours la première marche vers l’oppression ; céder sur ce point mène nécessairement à céder sur le reste. C’est au nom de la lutte contre le terrorisme que les dominants bâillonnent certains journalistes, comme on l’a vu aux Etats Unis avec le Patriot Act  après le 11 septembre. Au nom d’une cause on a aussi pu voir dans certains mouvements révolutionnaires la tentation de faire taire des opposants. Ainsi lors de la révolution des œillets au Portugal en 1974, mes amis révolutionnaires portugais s’opposèrent à la volonté du pouvoir militaire de fermer le journal socialiste Republica.

Depuis les Lumières au 18ème la publicité des débats et la liberté d’opinion et d’expression sont devenues la pierre d’angle d’un régime républicain.

Et on voit bien de nos jours à quel point ce combat doit se poursuivre contre les puissances de l’argent qui contrôlent les médias. Charlie Hebdo, au bord de la faillite, y était confronté. Il a fallu un tragique massacre pour qu’on pense à lui promettre une aide financière.  Une précision à ce sujet : Il aurait été bien venu que Plantu ou le Canard Enchaîné s’excusent pour s’être totalement désolidarisé de Charb et de Charlie Hebdo au moment de l’épisode des caricatures. On peut parfaitement désapprouver ces caricatures mais on doit se battre pour que le droit de les publier soit garanti. C’est aussi faute d’avoir été soutenu que Charlie, qui défendait le droit à l’irrévérence, est devenu une cible.

Au-delà du droit à une presse libre c’est tout simplement la LIBERTE qui a été attaquée et que nous défendons. Depuis des siècles le combat contre l’oppression et pour les libertés publiques est l’ingrédient des révolutions. Depuis 2011 le peuple tunisien nous a démontré que la promotion et la défense des libertés est le fil à plomb d’une révolution victorieuse. Or ce principe de liberté est totalement indissociable des principes d’égalité et de fraternité. Contrairement à Tocqueville qui croyait la démocratie moderne condamnée à une tension tragique entre les deux pôles (contraires selon lui) de la liberté et de l’égalité, ces deux principes ne peuvent survivre séparés, sous peine de dégénérer en oppressions diverses. Dans le cortège de dimanche à Montpellier de jeunes manifestants avaient sorti le drapeau tricolore et quand j’en ai interrogé un il m’a répondu goguenard « Je l’ai arraché des mains de Marine parce que ce drapeau, ça veut dire être français et être français ça veut dire liberté, égalité et fraternité ». Dans cette marée fraternelle cette répartie m’a fait frissonner de bonheur : ce jeune avait tout compris, alors que tant de politiciens (y compris des gauchistes rabougris) font preuve de cécité. Ce jeune avait compris que notre nation est civique et non ethnique, et qu’en se disant français et en chantant la Marseillaise nous affirmons des valeurs universelles pour toute l’humanité. Ainsi le patriotisme républicain est l’ennemi du nationalisme. Jaurès l’avait bien compris lui qui voulait arracher le drapeau tricolore des mains de Barrés qui se l’était approprié pour un message de haine nationaliste et belliciste aux antipodes des valeurs de la Révolution Française. Dans la gauche socialiste et communiste certains n’ont pas compris ce lien entre République, nation républicaine et émancipation sociale. Lors de l’affaire Dreyfus Jules Guesde recommandait l’abstention dans un « conflit entre bourgeois » ; or c’est Jaurès qui avait raison en s’engageant à fond parmi les dreyfusards : Pas de lutte possible pour la République sociale si on renonce à la République politique. Après les expériences tragiques du 20ème siècle ce message redevient terriblement actuel et pertinent, comme l’est la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen dont la portée actuelle révolutionnaire et capable de rassembler la majorité du peuple.

Il faut aller plus loin. L’instrumentalisation de l’islam par les assassins a fait revenir au premier plan un autre principe fondateur, levier d’émancipation, le principe de laïcité. La France a connu les guerres de religions au cours du XVI siècle, des massacres entre catholiques et protestants, pour la raison qu’on voulait imposer le catholicisme comme religion d’État. Il fallut près de trois siècles de tensions et de combats pour faire advenir une république laïque. La laïcité, fondée sur la liberté de conscience, rend chacun libre de croire ou de ne pas croire, d’être catholique, musulman, protestant, israélite, bouddhiste, agnostique, athée. Cela relève de la sphère privée. Une fois dans l’espace public nous devenons et agissons comme des citoyens égaux et liés par l’appartenance à une même république. La République garantit la liberté de conscience et donc la liberté du culte de chacun dès lors que l’exercice de cette liberté ne trouble pas l’ordre public. Ce retour en force de la laïcité est impressionnant. Le 11 janvier clôt une période. Alors que l’an dernier, que ce soit au sein de la « manif pour tous » ou dans « la journée de retrait de l’école contre l’égalité des sexes » nous avons subi les assauts des intégrismes catholiques et musulmans, l’immense majorité de notre peuple a manifesté sa volonté aujourd’hui de porter haut et clair le drapeau de la laïcité.

Il faut être clair : Daesh, Al Quaida sont des ennemis. Ils sont les ennemis du peuple et des musulmans en particulier qu’ils massacrent les premiers, et l’assassinat politique de Chokri Belaïd en porte l’empreinte. Les meurtres de ces derniers jours n’ont rien à voir avec des luttes de libération nationale. Les progressistes et communistes syriens, irakiens et kurdes notamment les combattent les armes à la main ; ce sont nos frères et nous devons leur apporter un soutien sans faille. Les grandes puissances occidentales liées au Qatar et à l’Arabie Saoudite, portent une lourde responsabilité dans le développement de ce poison mais cela ne crée aucune justification de ces crimes. Lorsque les hordes nazies des sections d’assaut dans les années 1929/1933 avant que Hitler n’arrive au pouvoir, assassinaient des journalistes juifs il fallait les combattre et funeste fut l’attitude de Thaelman le chef du PC pour qui c’était des conflits entre « partis bourgeois » qui ne le concernait pas !

Il faut applaudir la mobilisation du peuple qui a pris conscience de l’importance des principes qui fondent notre République et ses droits fondamentaux des citoyens, collectifs et individuels. Mais la période qui s’ouvre comporte des risques importants. Il faut contester la lecture des forces réactionnaires qui cherchent à utiliser ces évènements dramatiques pour imposer leurs politiques, sous forme de politiques liberticides et d’une accentuation des discriminations racistes. Il faut déconstruire le discours de ces responsables politiques et des médias dominants qui omettent totalement d’expliquer que les tueries ont des causes sociales et politiques, eux qui ont encouragés le repli communautariste. Il faut aussi en finir avec ces guerres suicidaires menées sous l’égide de l’OTAN, dix ans d’interventions incohérentes au Moyen-Orient ont enfanté et nourri l’EI.

Ceux qui comme Sarkozy appellent à un Patriot Act à la française et qui osent parler d’une « guerre de civilisation », ils se heurtent de front aux principes qui ont animé la réaction citoyenne ; car on a bien vu que c’est en utilisant la liberté d’expression et de manifestation que quatre millions de personnes ont pu défiler et se mobiliser sans un seul incident. Ces rassemblements rejettent le prétendu choc des civilisations.

Cela trace la voie à suivre. Relisez lentement chacune des phrases de la Déclaration des Droits de l’Homme et du Citoyen ; vous y trouverez la ressource pour vous opposer à tant de mesures réactionnaires actuelles et à promouvoir tant de mesures progressistes mais cette fois-ci non pas au nom d’une fraction contre une autre mais au nom du bien commun, de l’intérêt général, de la res publica ! Car c’est ainsi que nous trouvons le chemin du cœur et de la raison de la grande majorité de nos concitoyens. Cela ne fera pas disparaître conflits et oppositions ; la disputatio de Cicéron ou le « tumulte » pour Machiavel sont partie prenante de la démocratie. Elles lui sont intrinsèquement nécessaires. Et à nous de trouver le cadre républicain qui permet de les résoudre en s’appuyant sur la volonté générale.

La marée citoyenne du dimanche 11 janvier 2015 peut être la réponse au drame ouvert le 11 septembre 2001. Outre la refondation principielle qu’elle engage, elle montre la force et les ressources du peuple républicain lorsqu’il se rassemble sur ses principes fondateurs. Le souvenir de cette force rassemblée va rester dans les consciences ; le peuple trouvera son chemin pour donner vie à ce qui est contenu dans le préambule de notre constitution : la république véritablement démocratique, laïque et sociale.

René REVOL

 NB : pour voir la conférence « Laïcité et Paix civile » de Jean -Luc Mélenchon du 12 janvier 2015 cliquez ici .

 

 

Victoire locale, défaite globale !

Note du 31 décembre 2014

Je souhaitais m’abstenir de participer au bilan de 2014 qui suscite à cette époque des commentaires peu intéressants. C’est le coup de fil d’un journaliste, interloqué par mes réponses, qui m’amène à vous faire part de nos échanges. A la fin de cette note je me permettrai un conseil de lectures.

Le journaliste « Alors j’imagine que vous êtes content de cette année 2014 qui s’achève ? »

Moi « Vous plaisantez ! Cette année est catastrophique »

Le journaliste « Je ne comprends pas … »

Moi : « Pour moi l’année 2014 a vu des catastrophes majeures. Si on tient au seul cas de la France. Première catastrophe : le chômage qui a battu tous les records dans notre pays ; on a dépassé la sinistre année 1993, on a le chômage le plus élevé depuis les années trente ; des générations entières sont sacrifiées y compris parmi les plus qualifiés ; ce sont prés de huit millions d’adultes qui pourraient fournir leur savoir faire et ils sont laissés à l’abandon. Quant à la politique qu’on nous annonce, elle entend faire perdurer ce mal endémique. Notre tissu social en sera marqué pour de longues années. La deuxième catastrophe est politique : pour la première fois à une élection nationale, avec un quart des voix c’est le FN qui arrive en tête. Comment voulez-vous ne pas être révolté, dans le pays de la Révolution Française, de voir que le premier parti soit un parti d’extrême droite. Et rien ne semble indiquer le reflux de ce parti. La façon dont la plupart des élites politiques semblent accepter cela me désole et scandalise. Quand vous pensez qu’Eric Zemmour a osé dire qu’on « devait déplacer cinq millions d’habitants des banlieues » et d’ajouter que c’est possible puisque « six millions de personnes ont été déplacées en Europe centrale pendant la seconde guerre mondiale » ! Qu’il puisse dire ce qui était avant de l’ordre de l’indicible, c’est à vomir. Comment voulez vous que je sois « content » ?

Le journaliste (ayant enfin repris son souffle) : « mais à Grabels… »

Moi : « Justement à Grabels nous avons vécu une catastrophe avec les inondations destructrices dans la nuit du 6 au 7 octobre. Cela fait des années qu’avec des amis nous expliquons que nous assistons à un changement climatique qui aura des conséquences concrètes sur nos vies. Mais cela restait abstrait. Le fait de le ressentir directement la crise climatique dans la Commune dont je suis le premier magistrat est une expérience que je ne suis pas prêt d’oublier et qui va peser lourd dans l’orientation de notre action future. Mais à mon tour de vous poser une question : qu’est ce qui vous a amené à penser qu’en me téléphonant vous auriez un point de vue optimiste sur 2014 ?

Le journaliste « Vous avez été brillamment réélu Maire de Grabels et vous mettez en place la régie publique de l’eau, pour laquelle vous vous êtes beaucoup battu, en devenant Vice Président de l’agglomération de Montpellier ! C’est quand même une belle victoire. »

Moi « Vous avez raison ce sont des victoires locales dont je suis fier mais en cette fin d’année je trouve les temps bien sombres et j’aurai bien souhaité que ces victoires locales ne s’accompagnent pas d’une défaite globale. »

Conversation intéressante n’est ce pas ?

Il est vrai que les trois premiers mois de 2014 ont été marqués pour mon équipe grabelloise par une belle victoire électorale. La victoire était d’autant plus belle que les trois mois de campagne ont été durs. Tracts vengeurs quotidiens, attaques personnelles….Les charges de la liste «  sans étiquette » – soutenue par le PS ! – ont été particulièrement violentes. Des amis proches me demandaient de répondre sur le même ton. Nous avons refusé et nous sommes restés dignes : fiers de notre bilan et porteurs d’un projet positif pour les habitants. Les électeurs et les électrices ont apprécié et ont partagé notre projet et notre calme détermination en éliminant dés le premier tour la liste fort agressive dite «  sans étiquette ». Quant à l’autre liste soutenue par l’UMP, l’UDI et le Modem, elle s’est déconsidérée entre les deux tours par un texte aux relents xénophobes. L’agressivité de sa tête de liste s’est poursuivie après les élections au point que les autres élus d’opposition ont dû l’exclure de leur groupe pour des propos qu’ils ont jugé inadmissibles ! On est donc fière de notre victoire car elle fut celle de la mobilisation populaire de notre Commune alors que nos adversaires pensaient qu’un Maire avec l’étiquette PG serait nécessairement rejeté dans le contexte actuel. Grosse erreur d’analyse !

Mais la véritable épreuve notre équipe l’a subie le 7 octobre 2014 quand il a fallu faire face à la catastrophe des inondations. Notre équipe a été exemplaire dans sa mobilisation soudée avec une population solidaire. Je ne reviens pas sur cet événement que j’ai largement détaillé sur ce blog en son temps. Mais à cette occasion on a pu vérifier combien cette équipe municipale est soudée par des valeurs et des principes ; c’est ce qui a fait sa force face à ces événements exceptionnels.

Je ne dirai rien ici sur la mise en place de la régie publique de l’eau qui fut aussi une victoire locale remarquable ; j’ai fait en novembre un compte rendu des six premiers mois  de mandat et je prépare pour janvier un petit montage vidéo.

Bref ces victoires locales n’ont de sens que si elles servent de point d’appui à une action globale qui renverse la tendance lourde qui est  à l’œuvre aujourd’hui. Nos regards se tournent vers l’Espagne et la Grèce pour espérer une victoire globale en 2015 qui puisse servir d’appui dans toute l’Europe.

Enfin comme je vous l’ai promis deux conseils de lecture :

« Communs. Essai sur la révolution au 21ème siècle » par Pierre DARDOT et Christian LAVAL  (édité en 2013) Je vous préviens : c’est un pavé de 580 pages et le langage philosophique et théorique le rend difficile d’accès. Ceci dit il a été pour moi une source extraordinaire de réflexion y compris dans les points de désaccord. On en reparlera.

Par ailleurs je crois que nous devons revenir et cela est aussi particulièrement nécessaire pour la jeune génération sur l’expérience de la première moitié du 20ème siècle quand, outre la barbarie de deux guerres mondiales, les espoirs d’émancipation ont été broyés dans les mâchoires de fer du nazisme et du stalinisme. J’avoue que depuis dix ans j’ai la conviction de l’importance majeure d’une éducation politique de la jeune  génération sur cette époque noire, afin qu’elle se prépare au mieux pour les temps qui viennent. J’ai eu des difficultés à trouver des publications ou des films capables de captiver des jeunes de 16 à  25 ans. Or je viens de vivre la découverte fébrile de cette époque par un jeune de 18 ans à travers un ouvrage historique publié en 2012. J’ai suivi son conseil et je l’ai lu avec passion. Je vous le recommande : Ivan JABLONKA « Histoire des grands parents que je n’ai pas eus ». Je vous laisse le plaisir de la découverte.

Alors après ce dernier coup d’œil sur 2014 je vous souhaite une année  2015 plus féconde pour l’émancipation humaine.

René REVOL

 

Compte-rendu de mandat -6 mois de vice-présidence à l’Agglomération de Montpellier.

Dans ce compte-rendu, je reviens sur le mandat que j’exerce depuis 6 mois au sein de l’Agglomération de Montpellier, en tant que conseiller communautaire et Vice-président en charge de la politique de l’eau et des milieux aquatiques. Ce compte-rendu retrace mes actions et choix, explique ma démarche, avec le souci de favoriser la participation citoyenne, de permettre à chacun de se faire sa propre opinion. Exercer sa capacité d’analyse critique passe d’abord par le droit d’accès à l’information.

Un mandat issu de la souveraineté populaire

  1. Élu à l’Agglo au titre de la ville de Grabels je suis engagé par le mandat que m’a donné la majorité des électrices et électeurs de ma Commune, par mes engagements électoraux très clairs, y compris sur l’intercommunalité. Mes prises de position à l’Agglo sont fidèles à ce mandat et à aucun autre, j’en informe et consulte si nécessaire la majorité municipale.
  1. La décision d’accepter d’être Vice-président a notamment été prise et portée collectivement par l’ensemble des élus de la majorité municipale.
  1. J’ai accepté le poste de Vice-président pour remplir la mission de mettre en place la régie publique de l’eau potable, avec les garanties de conserver mon entière liberté politique, prenant au mot l’engagement de faire de la politique autrement.

Je rendrais compte régulièrement de mon action et de mes votes au sein de cette institution.
Depuis mon entrée en fonction le 22 avril 2014 en tant que Vice-président et membre du bureau, mon souci a principalement été de trouver les moyens juridiques  d’organiser le retour en régie publique de la gestion de l’eau potable ; rappelons que le Conseil d’agglomération du 25 juillet 2013 avait sous la présidence de JP Moure décidé de renouveler pour 7 ans la privatisation de l’eau et de privatiser l’eau brute (jusque-là gérée en régie publique).

EAU POTABLE : Le retour en Régie

La première action concrète de ce mandat, se traduit par le vote du Conseil d’Agglomération du 7 mai 2014, adoptant à l’unanimité le principe d’une mise en place d’une régie publique de la gestion de l’eau potable. Cette régie publique est programmée pour devenir effective le 1er  janvier 2016. Le réaliser en dix huit mois est un défi puisque nous serons la seule collectivité de cette taille à l’avoir fait aussi vite, alors même que le marché de renouvellement de la DSP était déjà lancé. Pour revenir en régie publique de l’eau potable il fallait commencer par assurer la continuité du service de l’eau ; donc obtenir du représentant de l’Etat le droit de signer un avenant d’une année avec le délégataire et négocier avec ce dernier le contenu de cet avenant. Nous avons, élus et services de l’agglomération, travaillé d’arrache-pied pour négocier les avenants des contrats en cours et assurer la continuité du service au mieux des intérêts des usagers et de la collectivité. Cela a été réalisé cet été : avec un prix de l’eau identique nous avons obtenu la réduction des marges de l’entreprise privée afin de dégager un excédent permettant à la fois d’avoir un haut niveau d’investissement dans la lutte contre les fuites et de financer le passage en régie. Ainsi, contrairement aux allégations mensongères, le passage en régie se fait sans qu’il en coûte un centime de plus à l’usager et au contribuable.

C’est seulement le 7 octobre que nous avons enfin reçu l’accord de la Préfecture, accord obligatoire, permettant au conseil d’agglomération de délibérer le 30 octobre pour « déclarer sans suite le marché de Délégation de Service Public au privé de l’eau potable pour motif d’intérêt général ». Ce qui signifie en clair que désormais la marche à la Régie est irréversible ! C’est une grande victoire pour un projet que je défends depuis des années contre vents et marées.

Ce retour en régie s’accompagne d’outil de contrôle citoyen : dès le mois de juin a été mis en effet en place un comité  citoyen de suivi du retour en régie publique de l’eau. Ce comité de 25 personnes est composé de quatre collèges : experts et universitaires, représentants syndicaux, représentants d’associations citoyennes et environnementales et élus. Le compte rendu filmé de la première réunion est accessible à tous sur le site de l’Agglomération de Montpellier, en cliquant ici.

Cette première réunion a permis de définir différents ateliers de travail : prix de l’eau, avenir du personnel, mode de gestion, la ressource et sa préservation …. Un premier atelier s’est tenu le 1er octobre sur la question du statut de la future régie. A l’issue de cette réunion la proposition de statut qui a recueilli l’assentiment majoritaire de ce comité est la régie avec autonomie financière et personnalité morale. Elle offre la  garantie d’une gestion sociale, écologique et démocratique de la ressource en eau. En effet seul ce statut permet la présence dans le conseil d’administration de représentants d’usagers et de salariés. C’est que je défends car la gestion de l’eau n’est pas que l’affaire d’un petit nombre d’élus.

La prochaine échéance de ce comité de suivi est l’organisation d’une assemblée plénière ce 4 novembre, réunion qui, je le souhaite, suivra l’avis du groupe de travail quant au choix du statut de la future régie.  Car dans un pays qui a vu naître les multinationales de l’eau, le retour vers le public est toujours un défi. Et si l’Agglomération de Montpellier n’est pas la première loin de là à s’engager dans cette voie, le chemin de la transition n’est pas simple. Pour preuve cette reprise en gestion publique au nom de l’intérêt général et de la préservation d’un bien commun nécessite d’aller vite pour adopter à présent les futurs statuts de cette régie et recruter son directeur.

Cette nouvelle responsabilité me permet de siéger au Conseil d’Administration du Comité de Bassin Rhône Méditerranéen. Cette agence de l’eau pilote la politique de l’eau dans tout le secteur grand sud-est de la France et j’ai eu l’occasion de m’élever contre la ponction financière du gouvernement sur le budget de l’eau diminué d’un quart pour renflouer les caisses de l’Etat. Cela est d’autant plus scandaleux que le budget de l’agence de l’eau provient d’une taxe dédiée payée sur toutes les factures d’eau et qui est ainsi détournée de son objet.

J’aurais l’occasion dans de futurs comptes-rendus de critiquer et d’alerter sur un autre sujet d’importance, celui de la potabilisation de l’eau polluée du Rhône au lieu de compter sur nos ressources souterraines de qualité et de proximité.

La question de l’assainissement

L’autre champ de compétence de ma délégation à l’Agglomération est le volet « assainissement », c’est-à-dire tout le réseau d’eaux usées et les stations d’épuration. Les enjeux en termes d’environnement, de préservation du milieu naturel et de santé publique sont considérables. Comme je l’ai déjà dit publiquement, je suis favorable au retour de la gestion de l’assainissement en régie publique. Reste que certains pensent encore en regard du poids économique des délégataires privés que la puissance publique ne saurait pas faire. Je garde en mémoire le vœu déposé au conseil municipal de Montpellier le 6 mai 2013, demandant le retour en régie publique de l’eau et de l’assainissement, qui avait été voté par les seuls élus EELV et Front de Gauche, alors que la droite et la majorité PS d’alors avaient voté contre… et que Philippe Saurel s’était abstenu. Face aux détracteurs, aux septiques, voire aux hésitants il nous faut réussir le retour en régie publique de l’eau potable pour convaincre que le retour en régie publique de l’assainissement est nécessaire.

Le choix est donc de mettre en place en une quinzaine de mois une régie publique de la gestion de l’eau potable et de préparer son extension à l’assainissement, ce qui est un des aspects essentiel des nouveaux contrats, négociés pour un temps plus courts avec une clause de retrait possible au bout de trois ans pour un des trois contrats. Sans rentrer dans les détails, la négociation a duré tout l’été et a débouché sur un choix positif pour l’intérêt général. Au final deux sociétés ont été retenues pour le traitement des eaux usées : Véolia et Alteau. La négociation de ces nouveaux contrats de DSP pour 7 ans a mobilisé 48h d’auditions dans le cadre de la loi et un nombre incalculable d’heures de travail. Contrairement aux critiques (souvent instrumentalisées par les groupes industriels qui ont perdu l’appel d’offre) nous avons obtenu des avancés sur les différents lots (Maera, réseau Maera, secteur Est Ouest), en sachant que nos marges de manœuvres étaient plus que limitées car le marché avait été lancé par l’ancienne majorité sous l’égide de Jean-Pierre Moure :

  • Une baisse significative de plus de 20 % du prix payé aux délégataires donc une baisse de leurs marges
  • Un meilleur service tant vis-à-vis des usagers que dans l’entretien du réseau avec un taux élevé d’investissement
  • Un procédé nouveau pour tenter de lutter contre les odeurs de l’usine Maera
  • Enfin la collectivité aura le contrôle de tout le système d’information ce qui lui permettra d’en avoir la maîtrise technique pour préparer un retour en régie.

Reste qu’il faudra rester vigilant, c’est d’ailleurs pour cette raison que je réitère mon exigence que l’association Eau secours 34 intègre la commission Consultative des Services Publics (CCSPL) car c’est la commission qui a la charge de contrôler les DSP.

Enfin un des derniers dossiers dont j’ai la responsabilité est la lutte contre les inondations. Aujourd’hui on prend de plus en plus en compte les préoccupations sociales, environnementales et démocratiques de la gestion de la ressource de l’eau. Mais il convient aussi d’intégrer pleinement le changement climatique et ses conséquences sur notre territoire. Les experts alertent depuis des années sur l’augmentation probable des évènements extrêmes météorologiques, et l’impact de l’intensité des précipitations avec l’augmentation des risques d’inondations brutales…

Les épisodes du 29 septembre et 6 octobre –qui comme vous le savez ont durement frappé ma Commune y compris mon propre domicile- donnent une acuité particulière à ce dossier. Mon action a surtout consisté à monter un dossier d’actions et de travaux d’un montant de 16 millions d’Euros qui vont se réaliser dans ce qu’on appelle le PAPI (plan d’actions et de préventions des inondations). Le premier volet pour notre territoire sur la période 2007 2014 s’est concentré sur le Lez et on a pu en voir les effets bénéfiques. Le dossier 2015/2020 se concentrera sur la Mosson et on a malheureusement vu la nécessité de cette action. La lutte contre les inondations ne se limite pas à des ouvrages de protection : il faut aussi d’une part améliorer les dispositifs de sécurité civile et d’autre part changer la nature et le rythme de notre urbanisation. J’aurai l’occasion de revenir sur ce dossier.

Pour un bilan de mon expérience d’action au cœur de la catastrophe que nous avons vécu à Grabels je vous renvoie à ma note : « leçons de choses ».

Politique Générale de l’Agglomération de Montpellier :
Dans ces six mois de mandature j’ai pu exprimer mon accord sur des positions affirmées par l’agglomération mais j’ai pu aussi à certains moments manifester mes désaccords comme sur le cas de la métropole et de la gare TGV.

Le 2ème conseil extraordinaire concernait les transports et plus particulièrement la baisse de la tarification des titres de transports. En effet, le carnet de 10 voyages est passé à 10 euros et l’abonnement mensuel pour les jeunes de moins de 26 ans a baissé de 20%. Certes cette baisse n’est pas suffisante mais elle est un premier levier dans une nouvelle politique en matière de transport. En 2015, va être élaboré le nouveau schéma de mobilité, puisqu’en dehors du Tram, les villes périphériques sont très mal desservies en matière de transport en commun. Les trajets des bus sont parfois incohérents et leur fréquence est insuffisante.

Il faut donc repenser entièrement le schéma de mobilité afin de permettre aux citoyens de l’Agglomération un véritable service public des transports en commun. Notons également que l’abandon de la ligne de tram n°5, permet de préserver le Parc Mont Calm, véritable poumon vert de la Commune de Montpellier.

Ensuite, des mesures ont été prises comme la baisse très significative du budget communication ainsi que l’abandon de la marque « Montpellier Unlimited ». L’autre amélioration est la nouvelle méthode d’attribution des Projets d’Intérêts Communautaires (PIC). Avant ces PIC étaient attribuées à « la tête du client », désormais l’enveloppe est la même pour toutes les communes Montpellier plus riche ne recevant rien. La ville-centre n’aura plus de PIC. Et à partir de 2015 les PIC seront abandonnés pour un système de financement des projets plus mutualisés et sur des critères objectifs.

Enfin, des projets ont été lancé qu’il faudrait bien évidemment suivre comme la relance de la politique agricole en soutenant le développement des circuits courts et le projet de ceinture verte autour de la ville centre. Ainsi que la politique culturelle qui envisage de mieux insérer la culture dans tout le territoire, mettant fin à des pratiques élitistes avec pour seul centre névralgique Montpellier.

Durant ces 6 mois, j’ai pu exprimer mon désaccord sur deux sujets primordiaux débattus en Conseil d’Agglomération.

Métropole

j’ai pu rencontrer de nombreux élus  et m’exprimer contre cette réforme territoriale qui éloigne encore plus les citoyens des lieux de décisions en concentrant tous les pouvoirs dans des mégas-régions et quelques grosses métropoles comme celle de Montpellier. Pour le cas de Montpellier, le passage en Métropole n’était pas automatique comme pour les 13 autres ; elle restait la seule qui avait à en faire ou non le choix. Choix qui fut largement discuté en Conférence des Maires et en Bureau de l’Agglo ; j’ai exprimé publiquement mon désaccord pour le passage en métropole. Certes celui-ci est accompagné d’un pacte de confiance voulu par le Président, donnant des garanties internes aux Maires des différentes communes (en particulière pour la compétence urbanisme). Mais cette charte n’est pas une garantie à long terme.
En conséquence j’ai voté contre avec mon Conseil Municipal ce qui était le seul vote statuant sur ce sujet. Le 24 octobre j’ai constaté que la majorité des communes a accepté le passage en métropole m’abstenant sur une résolution qui ne faisait que prendre acte du vote des communes pour marquer le maintien de mon désaccord.

Gare Sud de France

Prévue dans le secteur dit de la Mogère, cette gare cumule trois inconvénients majeurs. Celui de détruire d’importants espaces agricoles de la ceinture verte de Montpellier et d’ouvrir ce secteur aux appétits des promoteurs immobiliers sur quelques 350 hectares, faisant fi des graves conséquences de l’imperméabilisation déjà fortement engagée dans cette zone avec le doublement de l’A9. Cette imperméabilisation, et c’est une seconde raison rédhibitoire, ferait encourir à cette gare le risque réel de devenir sous-marine. Le Plan de prévention des risques de Montpellier de 2003 situait déjà son emplacement en zone inondable, classée rouge ! Vu l’urbanisation récente et celle qu’appellerait la construction de cette gare, ce projet est devenu proprement insoutenable. D’autant que les violents épisodes méditerranéens récents sont appelés à se renouveler, ainsi que le prévoyait clairement le GIEC dans un de ses premiers rapports. Enfin ce projet peine à être justifié d’un point de vue strictement fonctionnel, cumulant plusieurs désavantages. Celui du coût et de sa construction (140M€) et du prolongement de la ligne 1 du Tram qui doit franchir l’A9 (40M€) ; celui de l’éloignement de la gare pour la grande majorité des voyageurs, avec aussi l’absence d’interconnexions avec les trains régionaux ; celui d’une rentabilité très inférieure aux prévisions surévaluées de la SNCF et du RFF.

Il faut enfin dire clairement qu’un PPP (Partenariat Public Privé) qui, comme le démontre de nombreux exemples, est toujours coûteux et fait la part belle à de grandes firmes, Vinci dans la cas présent. La firme emprunte à des taux plus élevés que la puissance publique et prend très généralement des marges importantes. Cela est bien sûr payé par les taxes et impôts. Ce PPE n’étant pas encore signé (il ne peut l’être qu’après le rapport du commissaire enquêteur), il est encore temps de s’en retirer sans frais.

La gare rénovée de Montpellier permet l’intermodalité, pas la gare excentrée qui aggraverait les conditions de transport. Elle est suffisante pour la décennie, nous avons le temps de penser à un projet ailleurs qui éviterait les inconvénients de celui présenté. Estimant donc que cette seconde gare de la Mogère serait une erreur à ces différents pour toutes ces raisons, qu’elle imposerait des contraintes financières lourdes à l’Agglomération de Montpellier, j’ai écrit en ce sens au Commissaire enquêteur.

Pour conclure je voudrai insister sur la nécessité d’une « nouvelle gouvernance plus citoyenne » thème cher à Philippe Saurel qui nous annonce des initiatives à ce sujet d’ici la fin de l’année. Certes je constate une plus grande liberté pour les élus de l’agglo dans les débats tant au bureau (tous les lundis alors que dans la mandature précédente le bureau était une chambre d’enregistrement réunie une fois tous les deux mois) qu’en commission et au conseil. Par exemple j’ai pu défendre une position contraire à celle défendu par P. Saurel sur la métropole dans une réunion publique en étant à la même tribune : cela aurait été inimaginable avant.

Mais il faut aller plus loin dans la citoyenneté active : je ne manquerai pas ce rendez-vous en faisant des propositions concrètes dans ce débat annoncé sur une nouvelle démocratie communale.

A Grabels le 4 novembre 2014

René Revol,
Maire de Grabels
Vice-président de l’Agglomération de Montpellier
en charge de la politique de l’eau et des milieux aquatiques.

Pour télécharger le compte-rendu de mandat, cliquez ici.

 

 

 

Leçon de choses

Note du 27 octobre 2014

Après les inondations

Comme disait Hegel, la contingence réalise la nécessité ou autrement dit, des événements et des expériences humaines concentrent parfois en quelques heures des enjeux universels.

Ces moments, où le vécu privé rencontre l’expérience collective aiguisent la conscience de celles et ceux qui les vivent. C’est ce qui nous est arrivé à Grabels, la ville dont je suis le Maire depuis 2008, dans la nuit du  6 au 7 octobre où un torrent venu du ciel a fracassé le village. 336 familles sinistrées, plus de 1000 personnes concernées dont le tiers ne peuvent plus revenir vivre dans leurs logements, plusieurs centaines de véhicules détruits, un pont arraché et des voiries soulevées : le désastre est considérable.

Certes nous avons fait face en pilotant de manière immédiate secours, assistance, relogement etc. et nous ne déplorons aucune victime humaine, aucun blessé. Mais les interrogations fondamentales ont fusé parmi nous dès le lendemain au milieu des opérations de nettoyage. Comment s’organiser au mieux quand de telles intempéries se produisent ? Quelles actions et quels ouvrages sont-ils nécessaires pour la prévention des inondations ? Quelle organisation des services publics pour protéger les populations ? Comment mettre en œuvre au mieux la solidarité ? Mais la question la plus importante venait du constat que ces épisodes méditerranéens de plus en plus fréquents sont liés au changement climatique. Pour les citoyens de ma Commune la question de la lutte contre le réchauffement climatique est devenue un enjeu majeur.

Le service public de sécurité civile est il suffisant ? 

Depuis la révolution française, une des premières missions de la puissance publique au service de l’intérêt général a été celle de la sécurité civile. En tant que Maire, je me dois de garantir la sécurité des biens et surtout des personnes et pour cela, mobiliser les moyens donnés par les services publics. Or nous savons que ces moyens diminuent sous les effets des restrictions budgétaires pratiquées depuis de longues années. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, les élus locaux que nous sommes avons dû faire face aux événements avec ces moyens réduits. Le détail de cette soirée ne manque pas d’intérêt.

A 21 heures, en sortant du bureau municipal ; nous consultons les prévisions préfectorales : on nous annonce une vigilance orange « précipitations » et une vigilance jaune « crues ». Rien de bien grave et nous prenons les dispositions liées à cet état. A 22h30, constatant à mon domicile que la pluie devient plus intense, j’alerte les élus et je me rends à la mairie pour réunir un PC de crise. J’ai du mal à atteindre les locaux municipaux, vu la force du courant dans les rues et c’est accroché aux grilles que j’arrive à ouvrir la porte de la maison commune. Avec les élus qui me rejoignent nous déclenchons l’astreinte de tous les services municipaux. Je téléphone à la cellule de crise de la préfecture : elle est aux abonnés absents ; elle n’est pas activée. C’est donc directement avec le service départemental des pompiers, les gendarmes  et la société Prédict (filiale privée de Météo France à laquelle notre Commune s’est abonnée) que nous élaborons notre plan d’action. A 23h30, j’enregistre un message pour le service de télé alerte (service acheté par la municipalité) qui permet de contacter en même temps plus de 2500 numéros de téléphone sur la Commune, message dans lequel j’invite tous les citoyens à ne plus circuler et à se réfugier dans les parties hautes des habitations. Nous ouvrons la salle polyvalente, lieu de refuge d’urgence. L’intervention des pompiers permet de sauver plusieurs personnes dont une qui s’était réfugiée dans un arbre. La crue atteint son maximum à 2h30, un niveau bien supérieur aux crues historiques de 2003, 2002, 1933,1906 ! La décrue s’amorce et, avant l’aube, nous mobilisons la réserve communale qui rassemble une cinquantaine de bénévoles. Cette force d’appoint du service public se rassemble en 15 minutes par l’intermédiaire du service de télé alerte.

Quand on y réfléchit notre Commune a mobilisé dans cette nuit des moyens facultatifs pour venir en soutien aux pompiers. Aucun de ces moyens ne sont obligatoires et ils sont financés par la Commune sans aucune aide de l’Etat : plan communal de sauvegarde (PCS) qui prépare et planifie ces opérations de sécurité civile ; abonnement payant à une société météorologique, achat d’un dispositif de télé alerte, réserve communale. Tout cela devrait être obligatoire, gratuit et faire partie du service public d’Etat.

Fédérer la population dans la solidarité

Le 7 octobre au petit matin, nous constatons l’ampleur des dégâts. Le mouvement de solidarité se met immédiatement en place : le secours populaire arrive avec des vivres, la croix rouge est sur les lieux, les pompiers sont en grand nombre, les services techniques d’une trentaine de Communes alentour viennent spontanément nous aider ; les petites entreprises de la Commune mettent leurs moyens à notre disposition, des centaines de Grabellois bénévoles affluent vers la salle polyvalente, des équipes sont constituées pour faire face à l’ensemble des besoins : déblaiement, nettoyage, fourniture de repas et de vêtements, installation d’une laverie dans les locaux municipaux… Ce dispositif restera en place 13 jours le temps que chacun des sinistrés retrouve un logement d’urgence et les moyens de vivre. Notons aussi que nous avons dû aussi mettre en place un service municipal de conseil sur les assurances car les sinistrés doivent faire face à des traitements très différents selon les assureurs (la concurrence libre et non faussée a là aussi ses effets dévastateurs). Beaucoup sont dans un tel désarroi que, rester calme devant des demandes absurdes (factures quand on a tout perdu !), prendre des photos, faire des listes, agir rationnellement devient parfois très difficile. En conséquence, a été mis en place à la mairie, un service exceptionnel municipal de conseil et de suivi des dossiers de sinistre de tous les citoyens concernés. Cela devrait faire partie des obligations de service public dans de telles circonstances.

Nous avons pu vérifier dans ce moment de crise que la grande majorité des citoyens est disponible pour se mobiliser au service des autres. Nous avons vu une société solidaire et mobilisée : c’est un acquis précieux pour l’avenir.

Non aux coupes budgétaires dans la prévention des inondations

Dans les années 2000 un certain nombre de dispositifs et de financements ont été mis en place pour assurer une meilleure protection contre les inondations afin de mieux protéger les populations ainsi que les biens. Il s’agit notamment du fameux PAPI : Programme d’actions de prévention des inondations. Ce programme lancé en 2007 jusqu’en 2013 a été le fruit de vastes mobilisations citoyennes. Ainsi sur mon village alors que nous venions de subir les inondations de 2002 et 2003 nous avons été un certain nombre de citoyens à constituer non pas une association de riverains qui en général reportent leur problème sur l’aval mais une association citoyenne & environnementale qui s’est mobilisée pour un traitement de l’ensemble du bassin versant. Notre action a abouti à ce que des travaux soient actés dans le PAPI notamment pour écrêter (?) le désormais fameux Rieumassel, l’un des cours d’eau qui traversent Grabels. Elus à la mairie en 2008 nous avons pu réaliser un premier ouvrage soit un immense bassin de rétention dit de l’arbre blanc qui fonctionne depuis 2010 ; il a permis de réguler ces quatre dernières années les crues classiques mais il n’a pas suffi face à la crue exceptionnelle du 6 octobre dernier et je n’ose imaginer les dégâts si nous n’avions pas réalisé ce premier bassin. Or depuis 4 ans les financements sont bloqués ou ralentis. L’austérité est passée par là ! La preuve : le projet de Papi 2 (2015 – 2020) est nettement revu à la baisse par rapport au Papi 1. Ainsi sur le bassin versant nous concernant Lez – Mosson le Papi 1 s’élevait à 54 millions d’euros alors que le papi2 n’envisage pas plus de 16 millions ! Certes nous allons utiliser au mieux ces 16 millions mais cette division par 3 d’un programme qui vise à protéger des vies est inacceptable. D’ailleurs la politique de l’eau subit de plein fouet l’austérité ; ainsi le gouvernement vient de ponctionner 143 millions d’Euros sur le budget de l’agence de l’eau, instrument d’action essentiel dans la politique de l’eau, de l’assainissement et de la lutte contre les inondations. Cela est d’autant plus scandaleux que l’agence de l’eau est financée par une recette dédiée que tout citoyen paye en réglant sa facture d’eau ; cette recette ne peut être allouée qu’à l’eau selon le principe inscrit dans la loi que l’eau paye l’eau. Le gouvernement Valls-Hollande trahit ce principe sans vergogne et pompe le quart du budget de l’eau pour payer les intérêts de la dette aux créanciers de la finance ! La lutte contre les inondations est ainsi intimement liée à la lutte contre l’austérité.

Le changement climatique devenu une réalité sensible

Le lendemain de la catastrophe le 8 octobre dans la cantine improvisée une citoyenne sinistrée me lance « Monsieur le Maire je pense que nous sommes ici des réfugiés climatiques ! ». Chez les habitants de mon village aigüe est la conscience que la catastrophe que nous avons vécue est intimement liée au changement climatique.

Reprenons à ce propos quelques observations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (le GIEC) dans son rapport de 2007 : La Méditerranée figure parmi les « hot-spots » mondiaux du changement climatique.  La présence d’une mer fermée bordée de reliefs, à l’est d’un vaste océan et au nord d’un des plus grands déserts du monde confère au bassin méditerranéen un climat très particulier.  Le réchauffement et ses impacts sur l’environnement et les populations y seront plus marqués qu’ailleurs, avec d’importantes modifications des températures, une durée des sécheresses, une fréquence des précipitations extrêmes. Parmi celles-ci, les épisodes méditerranéens (qui sont autre chose que les épisodes cévenols classiques) sont les plus destructeurs : ces pluies intenses provoquent des inondations souvent rapides (crues éclairs).

L’urgence écologique exige de lutter contre l’artificialisation des sols et de changer de modèle de développement. On s’en éloigne avec le doublement de l’A9, chantier confié à Vinci, qui va encore accroitre le trafic de camions entre l’Espagne et la vallée du Rhône en lieu et place du ferroutage. De même le projet d’une nouvelle gare TGV excentrée au sud de Montpellier en pleine zone inondable est absurde ! Dans le cadre de l’enquête concernant celle-ci, je me suis prononcé clairement contre son implantation : « pas de gare sous marine ». Une analyse un tant soit peu sérieuse démontre par ailleurs que les seuls bénéficiaires en seraient l’entreprise qui signerait le partenariat public privé (PPP) prévu, et les promoteurs qui n’auraient de cesse de développer dans cette zone leurs projets immobiliers.

Au lieu de couper dans les budgets pour satisfaire aux exigences de Bruxelles l’État devrait œuvrer à une véritable transition écologique et donner aux collectivités locales les moyens de protéger les populations et les territoires. Permettre aux communes de disposer d’un Plan communal de sécurité ambitieux pour faire en sorte que nous puissions tous vivre en sécurité !

Pour conclure je dirai un mot d’une interrogation qui a traversé toutes les conversations. Quand le ciel vous tombe sur la tête, les êtres humains ont tendance à invoquer la fatalité, sidérés par l’ampleur de la catastrophe. Mais peu à peu, la réflexion fait son chemin et recherche la part de la responsabilité humaine. C’est un vieux débat tel celui qui animait en 1755 les philosophes des lumières face au tremblement de terre qui ravageait Lisbonne. Certains, comme Voltaire, invoquait la nécessité pour l’homme de se soumettre à la puissance naturelle ; la soumission à la fatalité ferait partie de la condition humaine. Jean Jacques Rousseau répond : certes, l’homme n’est pas responsable du tremblement de terre, mais c’est l’homme qui a décidé que la majorité des maisons de Lisbonne était en terre et non pas en pierre et c’est donc lui qui porte une part de la responsabilité de la catastrophe. Dans les jours qui ont suivi le 7 octobre 2014, j’ai observé le cheminement de la même réflexion parmi les citoyens de ma Commune. Il s’agit maintenant d’être à la hauteur des responsabilités politiques que cela implique.

René Revol
Maire de Grabels
Vice-président de l’agglomération de Montpellier
membre du B.N. du Parti de Gauche.

 

Face à la crise politique, Pour la 6ème République, Rendez-vous à GRABELS Samedi 27 septembre !

Note du 22 septembre 2008

Un nouveau gouvernement Valls / Hollande qui ne dispose plus de la majorité au parlement et qui peut quand même se maintenir pour poursuivre une politique de régression sociale rejetée par le pays ! Dans aucun autre pays de l’Union Européenne cela ne serait possible ; nos institutions révèlent ainsi leur caractère autoritaire et anti démocratique.

L’heure est venue de combattre ce gouvernement non seulement pour sa politique économique et sociale chaque jour plus soumise au Medef et aux dogmes libéraux au pouvoir à Bruxelles, mais parce que sa légitimité même est en cause. Un vide s’ouvre où tout est possible.

Dans ce contexte la responsabilité des progressistes n’est pas aux atermoiements car il s’agit d’ouvrir une perspective pour notre peuple.

C’est le sens de la campagne lancée pour une 6ème République avec plus de 20 000 signatures en quelques jours sur le site dédié. Dans notre région, la campagne commencera ce samedi 27 septembre à Grabels, dans le cadre de la traditionnelle fête de la République qui accueillera Raquel Garrido, coordinatrice nationale de cette campagne pour le compte du parti de gauche. Je vous appelle à venir nombreux ce samedi pour lancer ensemble cet appel dans toute la région.

Vous trouverez en cliquant ici le programme détaillé de cette fête. C’est ce même combat que nous menons en nous présentant aux élections sénatoriales du 28 septembre avec la liste citoyenne pour une autre République, démocratique, écologique, sociale et laïque. Malgré le caractère singulier de cette élection où la liste électorale est réduite dans le département à 2347 grands électeurs (!), notre appel rencontre un réel écho auprès des élus de terrain qui subissent de plein fouet les conséquences de la politique d’austérité et de la reforme territoriale. Vous pouvez télécharger la profession de foi de notre liste en cliquant ici. Elle est conçue comme un manifeste fondateur et s’adresse à toutes les forces progressistes bien au-delà des grands électeurs concernés pour qu’un vraie gauche se rassemble en rupture avec le gouvernement Hollande / Valls.

C’est le même combat que nous menons contre la réforme territoriale qui détricote la République. Le comble a été atteint cette semaine avec l’annonce des élections départementales en mars prochain. On décide ainsi de fixer la date d’une élection à peine six mois avant, d’y convoquer les citoyens sur un mode de scrutin inédit, avec des circonscriptions territoriales nouvelles pour une assemblée appelée à disparaître ! On voudrait obtenir une abstention record de 80%,  on ne ferait pas mieux. Ce mépris des électeurs n’a pas d’autre but que de décrédibiliser le département pour mieux le supprimer. Cela rentre dans le projet de méga régions et de grandes métropoles qui éloignent encore plus le citoyen des lieux de décision. Cela passe à Montpellier par la mise en place de la Métropole. Je m’y oppose fermement et j’appelle les conseils municipaux à voter contre.

En espérant votre soutien dans tous ces combats et notamment samedi à Grabels pour lancer la campagne pour la 6ème République.

René REVOL

Communiqué : « Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

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Communiqué de presse de René Revol
Co-Secrétaire départemental du PG 34

« Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

En pleine crise de légitimité, François Hollande se donne le droit de réorganiser la République en profondeur ou plutôt de la faire disparaître. La mise en place de cette réforme, avec pour axe l’Europe, la Région et la Métropole, détruira la démocratie locale et éloignera encore plus les citoyens des lieux décisions. De plus à cette réforme s’ajoute la nouvelle loi MAPAM de janvier 2014, qui remet en cause la liberté communale, en détruisant l’échelon de démocratie de proximitéapprécié par tous les citoyens.

Aujourd’hui, cette réforma va acter une fusion des régions incohérente avec la mise en commun, dès l’automne de compétences comme les routes ou les collèges. Nous ne pouvons pas accepter que des décisions sur notre quotidien soient prises à des centaines de kilomètres des lieux de vie de nos concitoyens.

Demain la suppression des départements et la pérennisation des regroupements de communes aux compétencesélargies acteraient le démantèlement des institutions fondatrices de la République depuis la Révolution Française : le Département et la Commune.

François Hollande trahissant tous ses engagements s’attaque désormais à la masse des élus locaux, souvent bénévoles, aux services de tous et s’attaque aux institutions dont il est issu.

René Revol
Co-secrétaire départemental du Parti de Gauche 34

 

 

Le 21 puis le 23 et enfin le 25 mai !

 Note du 19  mai 2014

Dans la semaine qui s’annonce nous avons trois rendez vous majeur :

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Mercredi 21 mai :
avec le grand meeting régional du Front de gauche pour les élections européennes avec la participation de Jean-Luc MELENCHON. Donc Tous au Zénith mercredi 21 mai à 20h !

 

Vendredi 23 mai : je vous appelle à participer à la grande manifestation d’élus et de citoyens contre la réforme territoriale de Hollande Valls qui se déroulera devant la Préfecture de l’Hérault à 17h à Montpellier.
(rendez-vous au Peyrou à 17h où nous aurons notre banderole)

Et enfin dimanche 25 mai pour les élections européennes à un seul tour ; le score du Front de gauche doit être le plus élevé possible pour ouvrir l’alternative à gauche face à la déroute annoncée du PS.
Comme j’ai participé à plusieurs réunions publiques, à des diffusions de tracts et à des rencontres avec des citoyens, je voudrai aborder quelques points abordés et discutés.

D’abord un sujet qui commence à percer et dont les gens commencent à s’approprier, celui du marché transatlantique et de ses conséquences. Le travail d’explicitation avance bien. Dans ma bonne commune de Grabels le comité local du PG a organisé une réunion publique sur ce thème avec une bonne soixantaine de présents, animée par Muriel RESSIGUIER candidate sur la liste européenne du grand sud ouest conduite par Jean-Luc MELENCHON. Je vous invite à largement communiquer dans vos réseaux le remarquable document élaboré sur ce sujet par Raoul Marc JENNAR qui se dépense sans compter pour faire son travail d’éveil des consciences. Je suis fier d’être membre du même parti que cet intellectuel engagé précis et rigoureux. Vous trouverez son argumentation ici. Je ne reviens pas donc sur ce thème désormais bien connu. J’ai par ailleurs constaté dans mes rencontres avec la population qu’un autre sujet, connu de la population, provoquait de vives réactions : la question des travailleurs étrangers détachés. Si on les rencontre de plus en plus sur nos chantiers, c’est comme vous le savez parce qu’ils coutent bien moins chers, car assujettis aux charges sociales du pays d’origine. Des officines (souvent basées juridiquement à Chypre) recrutent et placent des salariés dans toute l’Europe, réalisant au passage de belles marges bénéficiaires. Cette « traite » a un double avantage pour les capitalistes : d’une part faire baisser le coût du travail par la mise en concurrence et le nivellement par le bas du niveau de salaire ; d’autre part de diviser les salariés des différents pays, quitte à nourrir la xénophobie. Ce sujet scandalise de plus en plus nos concitoyens.

Je veux à présent souligner quel est l’axe stratégique de la campagne du Front de Gauche : pour une désobéissance civique à grande échelle. La gauche a eu pour thème  il ya dix ans de mener campagne pour changer l’Europe pour la rendre plus sociale, plus démocratique et plus écologique… Ce discours n’a plus aucune crédibilité tant il apparaît qu’il n’y a chez ceux, sociaux démocrates ou libéraux conservateurs, en responsabilité à la Commission ou au Parlement, non seulement pas l’ombre d’une évolution quant à leur politique, mais une dérive austéritaire sans borne. Qui peut croire les mêmes quand ils promettent qu’en votant pour eux l’Europe deviendra plus sociale ? Il ya dans la population une profonde défiance vis-à-vis du discours « réformiste » européen. C’est pourquoi le Front de Gauche mène campagne non pour « changer l’Europe » mais pour ROMPRE avec la construction européenne en place, afin d’ouvrir la voie à une autre construction, de solidarité entre les peuples européens. Comment mettre en place la stratégie de cette rupture ? En prônant la désobéissance nationale avec les directives européennes ; en traçant la perspective que la France puisse désobéir et ouvrir ainsi la voie aux autres peuples. Aujourd’hui le pacte de responsabilité et le plan de 50 milliards d’économies découlent directement de l’exigence de la Commission que la France retourne aux 3% de déficit d’ici 2017. Or cette exigence de la Commission procède directement du traité Merkel/Sarkozy.  Hollande, qui ne l’a pas renégocié comme il l’avait promis, l’applique avec le plus grand zèle. Ce plan de destruction des acquis sociaux, pour de gros cadeaux financiers au patronat sur le dos des retraités et des minima sociaux, provoque l’hostilité populaire et la mobilisation sociale. Les élections européennes, qui s’inscrivent désormais dans le contexte de cette mobilisation sociale,  ouvre la possibilité d’une issue politique : que la France refuse le diktat de la Commission et désobéisse au traité. Cette stratégie de rupture est proposée dans de très nombreux pays européens aux électeurs. Le résultat des européennes sera en France un élément important de la construction d’un rapport de force contre le plan d’austérité. Battons campagne au nom d’une désobéissance civique de masse ! N’oublions pas que l’UE n’est régie que par des traités entre ses Etats membres et qu’elle n’est soumise  à aucun « Etat européen ». Ne s’y applique donc pas la contrainte d’un État qui disposerait du « monopole de la violence légitime » (pour reprendre la définition de l’État de Max Weber). La discipline européenne réside dans la soumission volontaire de chaque État membre. Un pays peut donc décider de rompre partiellement ou totalement cette discipline et ouvrir ainsi une perspective aux autres peuples. La tension à laquelle la politique austéritaire et les institutions européennes soumettent les peuples d’Europe mènent à un point de rupture inévitable, sans qu’on sache aujourd’hui où quand et comment cela se produira. Notre responsabilité est de renforcer la construction d’une alternative pour qu’elle assume ses responsabilités dans cette crise inévitable.

J’aurai l’occasion de revenir dans une prochaine note sur le combat contre la réforme territoriale ce qui n’est pas sans rapport avec les enjeux européens :

En attendant rendez-vous le 21, le 23 et le 25 mai !

René REVOL