Compte-rendu de mandat -6 mois de vice-présidence à l’Agglomération de Montpellier.

Dans ce compte-rendu, je reviens sur le mandat que j’exerce depuis 6 mois au sein de l’Agglomération de Montpellier, en tant que conseiller communautaire et Vice-président en charge de la politique de l’eau et des milieux aquatiques. Ce compte-rendu retrace mes actions et choix, explique ma démarche, avec le souci de favoriser la participation citoyenne, de permettre à chacun de se faire sa propre opinion. Exercer sa capacité d’analyse critique passe d’abord par le droit d’accès à l’information.

Un mandat issu de la souveraineté populaire

  1. Élu à l’Agglo au titre de la ville de Grabels je suis engagé par le mandat que m’a donné la majorité des électrices et électeurs de ma Commune, par mes engagements électoraux très clairs, y compris sur l’intercommunalité. Mes prises de position à l’Agglo sont fidèles à ce mandat et à aucun autre, j’en informe et consulte si nécessaire la majorité municipale.
  1. La décision d’accepter d’être Vice-président a notamment été prise et portée collectivement par l’ensemble des élus de la majorité municipale.
  1. J’ai accepté le poste de Vice-président pour remplir la mission de mettre en place la régie publique de l’eau potable, avec les garanties de conserver mon entière liberté politique, prenant au mot l’engagement de faire de la politique autrement.

Je rendrais compte régulièrement de mon action et de mes votes au sein de cette institution.
Depuis mon entrée en fonction le 22 avril 2014 en tant que Vice-président et membre du bureau, mon souci a principalement été de trouver les moyens juridiques  d’organiser le retour en régie publique de la gestion de l’eau potable ; rappelons que le Conseil d’agglomération du 25 juillet 2013 avait sous la présidence de JP Moure décidé de renouveler pour 7 ans la privatisation de l’eau et de privatiser l’eau brute (jusque-là gérée en régie publique).

EAU POTABLE : Le retour en Régie

La première action concrète de ce mandat, se traduit par le vote du Conseil d’Agglomération du 7 mai 2014, adoptant à l’unanimité le principe d’une mise en place d’une régie publique de la gestion de l’eau potable. Cette régie publique est programmée pour devenir effective le 1er  janvier 2016. Le réaliser en dix huit mois est un défi puisque nous serons la seule collectivité de cette taille à l’avoir fait aussi vite, alors même que le marché de renouvellement de la DSP était déjà lancé. Pour revenir en régie publique de l’eau potable il fallait commencer par assurer la continuité du service de l’eau ; donc obtenir du représentant de l’Etat le droit de signer un avenant d’une année avec le délégataire et négocier avec ce dernier le contenu de cet avenant. Nous avons, élus et services de l’agglomération, travaillé d’arrache-pied pour négocier les avenants des contrats en cours et assurer la continuité du service au mieux des intérêts des usagers et de la collectivité. Cela a été réalisé cet été : avec un prix de l’eau identique nous avons obtenu la réduction des marges de l’entreprise privée afin de dégager un excédent permettant à la fois d’avoir un haut niveau d’investissement dans la lutte contre les fuites et de financer le passage en régie. Ainsi, contrairement aux allégations mensongères, le passage en régie se fait sans qu’il en coûte un centime de plus à l’usager et au contribuable.

C’est seulement le 7 octobre que nous avons enfin reçu l’accord de la Préfecture, accord obligatoire, permettant au conseil d’agglomération de délibérer le 30 octobre pour « déclarer sans suite le marché de Délégation de Service Public au privé de l’eau potable pour motif d’intérêt général ». Ce qui signifie en clair que désormais la marche à la Régie est irréversible ! C’est une grande victoire pour un projet que je défends depuis des années contre vents et marées.

Ce retour en régie s’accompagne d’outil de contrôle citoyen : dès le mois de juin a été mis en effet en place un comité  citoyen de suivi du retour en régie publique de l’eau. Ce comité de 25 personnes est composé de quatre collèges : experts et universitaires, représentants syndicaux, représentants d’associations citoyennes et environnementales et élus. Le compte rendu filmé de la première réunion est accessible à tous sur le site de l’Agglomération de Montpellier, en cliquant ici.

Cette première réunion a permis de définir différents ateliers de travail : prix de l’eau, avenir du personnel, mode de gestion, la ressource et sa préservation …. Un premier atelier s’est tenu le 1er octobre sur la question du statut de la future régie. A l’issue de cette réunion la proposition de statut qui a recueilli l’assentiment majoritaire de ce comité est la régie avec autonomie financière et personnalité morale. Elle offre la  garantie d’une gestion sociale, écologique et démocratique de la ressource en eau. En effet seul ce statut permet la présence dans le conseil d’administration de représentants d’usagers et de salariés. C’est que je défends car la gestion de l’eau n’est pas que l’affaire d’un petit nombre d’élus.

La prochaine échéance de ce comité de suivi est l’organisation d’une assemblée plénière ce 4 novembre, réunion qui, je le souhaite, suivra l’avis du groupe de travail quant au choix du statut de la future régie.  Car dans un pays qui a vu naître les multinationales de l’eau, le retour vers le public est toujours un défi. Et si l’Agglomération de Montpellier n’est pas la première loin de là à s’engager dans cette voie, le chemin de la transition n’est pas simple. Pour preuve cette reprise en gestion publique au nom de l’intérêt général et de la préservation d’un bien commun nécessite d’aller vite pour adopter à présent les futurs statuts de cette régie et recruter son directeur.

Cette nouvelle responsabilité me permet de siéger au Conseil d’Administration du Comité de Bassin Rhône Méditerranéen. Cette agence de l’eau pilote la politique de l’eau dans tout le secteur grand sud-est de la France et j’ai eu l’occasion de m’élever contre la ponction financière du gouvernement sur le budget de l’eau diminué d’un quart pour renflouer les caisses de l’Etat. Cela est d’autant plus scandaleux que le budget de l’agence de l’eau provient d’une taxe dédiée payée sur toutes les factures d’eau et qui est ainsi détournée de son objet.

J’aurais l’occasion dans de futurs comptes-rendus de critiquer et d’alerter sur un autre sujet d’importance, celui de la potabilisation de l’eau polluée du Rhône au lieu de compter sur nos ressources souterraines de qualité et de proximité.

La question de l’assainissement

L’autre champ de compétence de ma délégation à l’Agglomération est le volet « assainissement », c’est-à-dire tout le réseau d’eaux usées et les stations d’épuration. Les enjeux en termes d’environnement, de préservation du milieu naturel et de santé publique sont considérables. Comme je l’ai déjà dit publiquement, je suis favorable au retour de la gestion de l’assainissement en régie publique. Reste que certains pensent encore en regard du poids économique des délégataires privés que la puissance publique ne saurait pas faire. Je garde en mémoire le vœu déposé au conseil municipal de Montpellier le 6 mai 2013, demandant le retour en régie publique de l’eau et de l’assainissement, qui avait été voté par les seuls élus EELV et Front de Gauche, alors que la droite et la majorité PS d’alors avaient voté contre… et que Philippe Saurel s’était abstenu. Face aux détracteurs, aux septiques, voire aux hésitants il nous faut réussir le retour en régie publique de l’eau potable pour convaincre que le retour en régie publique de l’assainissement est nécessaire.

Le choix est donc de mettre en place en une quinzaine de mois une régie publique de la gestion de l’eau potable et de préparer son extension à l’assainissement, ce qui est un des aspects essentiel des nouveaux contrats, négociés pour un temps plus courts avec une clause de retrait possible au bout de trois ans pour un des trois contrats. Sans rentrer dans les détails, la négociation a duré tout l’été et a débouché sur un choix positif pour l’intérêt général. Au final deux sociétés ont été retenues pour le traitement des eaux usées : Véolia et Alteau. La négociation de ces nouveaux contrats de DSP pour 7 ans a mobilisé 48h d’auditions dans le cadre de la loi et un nombre incalculable d’heures de travail. Contrairement aux critiques (souvent instrumentalisées par les groupes industriels qui ont perdu l’appel d’offre) nous avons obtenu des avancés sur les différents lots (Maera, réseau Maera, secteur Est Ouest), en sachant que nos marges de manœuvres étaient plus que limitées car le marché avait été lancé par l’ancienne majorité sous l’égide de Jean-Pierre Moure :

  • Une baisse significative de plus de 20 % du prix payé aux délégataires donc une baisse de leurs marges
  • Un meilleur service tant vis-à-vis des usagers que dans l’entretien du réseau avec un taux élevé d’investissement
  • Un procédé nouveau pour tenter de lutter contre les odeurs de l’usine Maera
  • Enfin la collectivité aura le contrôle de tout le système d’information ce qui lui permettra d’en avoir la maîtrise technique pour préparer un retour en régie.

Reste qu’il faudra rester vigilant, c’est d’ailleurs pour cette raison que je réitère mon exigence que l’association Eau secours 34 intègre la commission Consultative des Services Publics (CCSPL) car c’est la commission qui a la charge de contrôler les DSP.

Enfin un des derniers dossiers dont j’ai la responsabilité est la lutte contre les inondations. Aujourd’hui on prend de plus en plus en compte les préoccupations sociales, environnementales et démocratiques de la gestion de la ressource de l’eau. Mais il convient aussi d’intégrer pleinement le changement climatique et ses conséquences sur notre territoire. Les experts alertent depuis des années sur l’augmentation probable des évènements extrêmes météorologiques, et l’impact de l’intensité des précipitations avec l’augmentation des risques d’inondations brutales…

Les épisodes du 29 septembre et 6 octobre –qui comme vous le savez ont durement frappé ma Commune y compris mon propre domicile- donnent une acuité particulière à ce dossier. Mon action a surtout consisté à monter un dossier d’actions et de travaux d’un montant de 16 millions d’Euros qui vont se réaliser dans ce qu’on appelle le PAPI (plan d’actions et de préventions des inondations). Le premier volet pour notre territoire sur la période 2007 2014 s’est concentré sur le Lez et on a pu en voir les effets bénéfiques. Le dossier 2015/2020 se concentrera sur la Mosson et on a malheureusement vu la nécessité de cette action. La lutte contre les inondations ne se limite pas à des ouvrages de protection : il faut aussi d’une part améliorer les dispositifs de sécurité civile et d’autre part changer la nature et le rythme de notre urbanisation. J’aurai l’occasion de revenir sur ce dossier.

Pour un bilan de mon expérience d’action au cœur de la catastrophe que nous avons vécu à Grabels je vous renvoie à ma note : « leçons de choses ».

Politique Générale de l’Agglomération de Montpellier :
Dans ces six mois de mandature j’ai pu exprimer mon accord sur des positions affirmées par l’agglomération mais j’ai pu aussi à certains moments manifester mes désaccords comme sur le cas de la métropole et de la gare TGV.

Le 2ème conseil extraordinaire concernait les transports et plus particulièrement la baisse de la tarification des titres de transports. En effet, le carnet de 10 voyages est passé à 10 euros et l’abonnement mensuel pour les jeunes de moins de 26 ans a baissé de 20%. Certes cette baisse n’est pas suffisante mais elle est un premier levier dans une nouvelle politique en matière de transport. En 2015, va être élaboré le nouveau schéma de mobilité, puisqu’en dehors du Tram, les villes périphériques sont très mal desservies en matière de transport en commun. Les trajets des bus sont parfois incohérents et leur fréquence est insuffisante.

Il faut donc repenser entièrement le schéma de mobilité afin de permettre aux citoyens de l’Agglomération un véritable service public des transports en commun. Notons également que l’abandon de la ligne de tram n°5, permet de préserver le Parc Mont Calm, véritable poumon vert de la Commune de Montpellier.

Ensuite, des mesures ont été prises comme la baisse très significative du budget communication ainsi que l’abandon de la marque « Montpellier Unlimited ». L’autre amélioration est la nouvelle méthode d’attribution des Projets d’Intérêts Communautaires (PIC). Avant ces PIC étaient attribuées à « la tête du client », désormais l’enveloppe est la même pour toutes les communes Montpellier plus riche ne recevant rien. La ville-centre n’aura plus de PIC. Et à partir de 2015 les PIC seront abandonnés pour un système de financement des projets plus mutualisés et sur des critères objectifs.

Enfin, des projets ont été lancé qu’il faudrait bien évidemment suivre comme la relance de la politique agricole en soutenant le développement des circuits courts et le projet de ceinture verte autour de la ville centre. Ainsi que la politique culturelle qui envisage de mieux insérer la culture dans tout le territoire, mettant fin à des pratiques élitistes avec pour seul centre névralgique Montpellier.

Durant ces 6 mois, j’ai pu exprimer mon désaccord sur deux sujets primordiaux débattus en Conseil d’Agglomération.

Métropole

j’ai pu rencontrer de nombreux élus  et m’exprimer contre cette réforme territoriale qui éloigne encore plus les citoyens des lieux de décisions en concentrant tous les pouvoirs dans des mégas-régions et quelques grosses métropoles comme celle de Montpellier. Pour le cas de Montpellier, le passage en Métropole n’était pas automatique comme pour les 13 autres ; elle restait la seule qui avait à en faire ou non le choix. Choix qui fut largement discuté en Conférence des Maires et en Bureau de l’Agglo ; j’ai exprimé publiquement mon désaccord pour le passage en métropole. Certes celui-ci est accompagné d’un pacte de confiance voulu par le Président, donnant des garanties internes aux Maires des différentes communes (en particulière pour la compétence urbanisme). Mais cette charte n’est pas une garantie à long terme.
En conséquence j’ai voté contre avec mon Conseil Municipal ce qui était le seul vote statuant sur ce sujet. Le 24 octobre j’ai constaté que la majorité des communes a accepté le passage en métropole m’abstenant sur une résolution qui ne faisait que prendre acte du vote des communes pour marquer le maintien de mon désaccord.

Gare Sud de France

Prévue dans le secteur dit de la Mogère, cette gare cumule trois inconvénients majeurs. Celui de détruire d’importants espaces agricoles de la ceinture verte de Montpellier et d’ouvrir ce secteur aux appétits des promoteurs immobiliers sur quelques 350 hectares, faisant fi des graves conséquences de l’imperméabilisation déjà fortement engagée dans cette zone avec le doublement de l’A9. Cette imperméabilisation, et c’est une seconde raison rédhibitoire, ferait encourir à cette gare le risque réel de devenir sous-marine. Le Plan de prévention des risques de Montpellier de 2003 situait déjà son emplacement en zone inondable, classée rouge ! Vu l’urbanisation récente et celle qu’appellerait la construction de cette gare, ce projet est devenu proprement insoutenable. D’autant que les violents épisodes méditerranéens récents sont appelés à se renouveler, ainsi que le prévoyait clairement le GIEC dans un de ses premiers rapports. Enfin ce projet peine à être justifié d’un point de vue strictement fonctionnel, cumulant plusieurs désavantages. Celui du coût et de sa construction (140M€) et du prolongement de la ligne 1 du Tram qui doit franchir l’A9 (40M€) ; celui de l’éloignement de la gare pour la grande majorité des voyageurs, avec aussi l’absence d’interconnexions avec les trains régionaux ; celui d’une rentabilité très inférieure aux prévisions surévaluées de la SNCF et du RFF.

Il faut enfin dire clairement qu’un PPP (Partenariat Public Privé) qui, comme le démontre de nombreux exemples, est toujours coûteux et fait la part belle à de grandes firmes, Vinci dans la cas présent. La firme emprunte à des taux plus élevés que la puissance publique et prend très généralement des marges importantes. Cela est bien sûr payé par les taxes et impôts. Ce PPE n’étant pas encore signé (il ne peut l’être qu’après le rapport du commissaire enquêteur), il est encore temps de s’en retirer sans frais.

La gare rénovée de Montpellier permet l’intermodalité, pas la gare excentrée qui aggraverait les conditions de transport. Elle est suffisante pour la décennie, nous avons le temps de penser à un projet ailleurs qui éviterait les inconvénients de celui présenté. Estimant donc que cette seconde gare de la Mogère serait une erreur à ces différents pour toutes ces raisons, qu’elle imposerait des contraintes financières lourdes à l’Agglomération de Montpellier, j’ai écrit en ce sens au Commissaire enquêteur.

Pour conclure je voudrai insister sur la nécessité d’une « nouvelle gouvernance plus citoyenne » thème cher à Philippe Saurel qui nous annonce des initiatives à ce sujet d’ici la fin de l’année. Certes je constate une plus grande liberté pour les élus de l’agglo dans les débats tant au bureau (tous les lundis alors que dans la mandature précédente le bureau était une chambre d’enregistrement réunie une fois tous les deux mois) qu’en commission et au conseil. Par exemple j’ai pu défendre une position contraire à celle défendu par P. Saurel sur la métropole dans une réunion publique en étant à la même tribune : cela aurait été inimaginable avant.

Mais il faut aller plus loin dans la citoyenneté active : je ne manquerai pas ce rendez-vous en faisant des propositions concrètes dans ce débat annoncé sur une nouvelle démocratie communale.

A Grabels le 4 novembre 2014

René Revol,
Maire de Grabels
Vice-président de l’Agglomération de Montpellier
en charge de la politique de l’eau et des milieux aquatiques.

Pour télécharger le compte-rendu de mandat, cliquez ici.

 

 

 

Leçon de choses

Note du 27 octobre 2014

Après les inondations

Comme disait Hegel, la contingence réalise la nécessité ou autrement dit, des événements et des expériences humaines concentrent parfois en quelques heures des enjeux universels.

Ces moments, où le vécu privé rencontre l’expérience collective aiguisent la conscience de celles et ceux qui les vivent. C’est ce qui nous est arrivé à Grabels, la ville dont je suis le Maire depuis 2008, dans la nuit du  6 au 7 octobre où un torrent venu du ciel a fracassé le village. 336 familles sinistrées, plus de 1000 personnes concernées dont le tiers ne peuvent plus revenir vivre dans leurs logements, plusieurs centaines de véhicules détruits, un pont arraché et des voiries soulevées : le désastre est considérable.

Certes nous avons fait face en pilotant de manière immédiate secours, assistance, relogement etc. et nous ne déplorons aucune victime humaine, aucun blessé. Mais les interrogations fondamentales ont fusé parmi nous dès le lendemain au milieu des opérations de nettoyage. Comment s’organiser au mieux quand de telles intempéries se produisent ? Quelles actions et quels ouvrages sont-ils nécessaires pour la prévention des inondations ? Quelle organisation des services publics pour protéger les populations ? Comment mettre en œuvre au mieux la solidarité ? Mais la question la plus importante venait du constat que ces épisodes méditerranéens de plus en plus fréquents sont liés au changement climatique. Pour les citoyens de ma Commune la question de la lutte contre le réchauffement climatique est devenue un enjeu majeur.

Le service public de sécurité civile est il suffisant ? 

Depuis la révolution française, une des premières missions de la puissance publique au service de l’intérêt général a été celle de la sécurité civile. En tant que Maire, je me dois de garantir la sécurité des biens et surtout des personnes et pour cela, mobiliser les moyens donnés par les services publics. Or nous savons que ces moyens diminuent sous les effets des restrictions budgétaires pratiquées depuis de longues années. Dans la nuit du 6 au 7 octobre, les élus locaux que nous sommes avons dû faire face aux événements avec ces moyens réduits. Le détail de cette soirée ne manque pas d’intérêt.

A 21 heures, en sortant du bureau municipal ; nous consultons les prévisions préfectorales : on nous annonce une vigilance orange « précipitations » et une vigilance jaune « crues ». Rien de bien grave et nous prenons les dispositions liées à cet état. A 22h30, constatant à mon domicile que la pluie devient plus intense, j’alerte les élus et je me rends à la mairie pour réunir un PC de crise. J’ai du mal à atteindre les locaux municipaux, vu la force du courant dans les rues et c’est accroché aux grilles que j’arrive à ouvrir la porte de la maison commune. Avec les élus qui me rejoignent nous déclenchons l’astreinte de tous les services municipaux. Je téléphone à la cellule de crise de la préfecture : elle est aux abonnés absents ; elle n’est pas activée. C’est donc directement avec le service départemental des pompiers, les gendarmes  et la société Prédict (filiale privée de Météo France à laquelle notre Commune s’est abonnée) que nous élaborons notre plan d’action. A 23h30, j’enregistre un message pour le service de télé alerte (service acheté par la municipalité) qui permet de contacter en même temps plus de 2500 numéros de téléphone sur la Commune, message dans lequel j’invite tous les citoyens à ne plus circuler et à se réfugier dans les parties hautes des habitations. Nous ouvrons la salle polyvalente, lieu de refuge d’urgence. L’intervention des pompiers permet de sauver plusieurs personnes dont une qui s’était réfugiée dans un arbre. La crue atteint son maximum à 2h30, un niveau bien supérieur aux crues historiques de 2003, 2002, 1933,1906 ! La décrue s’amorce et, avant l’aube, nous mobilisons la réserve communale qui rassemble une cinquantaine de bénévoles. Cette force d’appoint du service public se rassemble en 15 minutes par l’intermédiaire du service de télé alerte.

Quand on y réfléchit notre Commune a mobilisé dans cette nuit des moyens facultatifs pour venir en soutien aux pompiers. Aucun de ces moyens ne sont obligatoires et ils sont financés par la Commune sans aucune aide de l’Etat : plan communal de sauvegarde (PCS) qui prépare et planifie ces opérations de sécurité civile ; abonnement payant à une société météorologique, achat d’un dispositif de télé alerte, réserve communale. Tout cela devrait être obligatoire, gratuit et faire partie du service public d’Etat.

Fédérer la population dans la solidarité

Le 7 octobre au petit matin, nous constatons l’ampleur des dégâts. Le mouvement de solidarité se met immédiatement en place : le secours populaire arrive avec des vivres, la croix rouge est sur les lieux, les pompiers sont en grand nombre, les services techniques d’une trentaine de Communes alentour viennent spontanément nous aider ; les petites entreprises de la Commune mettent leurs moyens à notre disposition, des centaines de Grabellois bénévoles affluent vers la salle polyvalente, des équipes sont constituées pour faire face à l’ensemble des besoins : déblaiement, nettoyage, fourniture de repas et de vêtements, installation d’une laverie dans les locaux municipaux… Ce dispositif restera en place 13 jours le temps que chacun des sinistrés retrouve un logement d’urgence et les moyens de vivre. Notons aussi que nous avons dû aussi mettre en place un service municipal de conseil sur les assurances car les sinistrés doivent faire face à des traitements très différents selon les assureurs (la concurrence libre et non faussée a là aussi ses effets dévastateurs). Beaucoup sont dans un tel désarroi que, rester calme devant des demandes absurdes (factures quand on a tout perdu !), prendre des photos, faire des listes, agir rationnellement devient parfois très difficile. En conséquence, a été mis en place à la mairie, un service exceptionnel municipal de conseil et de suivi des dossiers de sinistre de tous les citoyens concernés. Cela devrait faire partie des obligations de service public dans de telles circonstances.

Nous avons pu vérifier dans ce moment de crise que la grande majorité des citoyens est disponible pour se mobiliser au service des autres. Nous avons vu une société solidaire et mobilisée : c’est un acquis précieux pour l’avenir.

Non aux coupes budgétaires dans la prévention des inondations

Dans les années 2000 un certain nombre de dispositifs et de financements ont été mis en place pour assurer une meilleure protection contre les inondations afin de mieux protéger les populations ainsi que les biens. Il s’agit notamment du fameux PAPI : Programme d’actions de prévention des inondations. Ce programme lancé en 2007 jusqu’en 2013 a été le fruit de vastes mobilisations citoyennes. Ainsi sur mon village alors que nous venions de subir les inondations de 2002 et 2003 nous avons été un certain nombre de citoyens à constituer non pas une association de riverains qui en général reportent leur problème sur l’aval mais une association citoyenne & environnementale qui s’est mobilisée pour un traitement de l’ensemble du bassin versant. Notre action a abouti à ce que des travaux soient actés dans le PAPI notamment pour écrêter (?) le désormais fameux Rieumassel, l’un des cours d’eau qui traversent Grabels. Elus à la mairie en 2008 nous avons pu réaliser un premier ouvrage soit un immense bassin de rétention dit de l’arbre blanc qui fonctionne depuis 2010 ; il a permis de réguler ces quatre dernières années les crues classiques mais il n’a pas suffi face à la crue exceptionnelle du 6 octobre dernier et je n’ose imaginer les dégâts si nous n’avions pas réalisé ce premier bassin. Or depuis 4 ans les financements sont bloqués ou ralentis. L’austérité est passée par là ! La preuve : le projet de Papi 2 (2015 – 2020) est nettement revu à la baisse par rapport au Papi 1. Ainsi sur le bassin versant nous concernant Lez – Mosson le Papi 1 s’élevait à 54 millions d’euros alors que le papi2 n’envisage pas plus de 16 millions ! Certes nous allons utiliser au mieux ces 16 millions mais cette division par 3 d’un programme qui vise à protéger des vies est inacceptable. D’ailleurs la politique de l’eau subit de plein fouet l’austérité ; ainsi le gouvernement vient de ponctionner 143 millions d’Euros sur le budget de l’agence de l’eau, instrument d’action essentiel dans la politique de l’eau, de l’assainissement et de la lutte contre les inondations. Cela est d’autant plus scandaleux que l’agence de l’eau est financée par une recette dédiée que tout citoyen paye en réglant sa facture d’eau ; cette recette ne peut être allouée qu’à l’eau selon le principe inscrit dans la loi que l’eau paye l’eau. Le gouvernement Valls-Hollande trahit ce principe sans vergogne et pompe le quart du budget de l’eau pour payer les intérêts de la dette aux créanciers de la finance ! La lutte contre les inondations est ainsi intimement liée à la lutte contre l’austérité.

Le changement climatique devenu une réalité sensible

Le lendemain de la catastrophe le 8 octobre dans la cantine improvisée une citoyenne sinistrée me lance « Monsieur le Maire je pense que nous sommes ici des réfugiés climatiques ! ». Chez les habitants de mon village aigüe est la conscience que la catastrophe que nous avons vécue est intimement liée au changement climatique.

Reprenons à ce propos quelques observations du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (le GIEC) dans son rapport de 2007 : La Méditerranée figure parmi les « hot-spots » mondiaux du changement climatique.  La présence d’une mer fermée bordée de reliefs, à l’est d’un vaste océan et au nord d’un des plus grands déserts du monde confère au bassin méditerranéen un climat très particulier.  Le réchauffement et ses impacts sur l’environnement et les populations y seront plus marqués qu’ailleurs, avec d’importantes modifications des températures, une durée des sécheresses, une fréquence des précipitations extrêmes. Parmi celles-ci, les épisodes méditerranéens (qui sont autre chose que les épisodes cévenols classiques) sont les plus destructeurs : ces pluies intenses provoquent des inondations souvent rapides (crues éclairs).

L’urgence écologique exige de lutter contre l’artificialisation des sols et de changer de modèle de développement. On s’en éloigne avec le doublement de l’A9, chantier confié à Vinci, qui va encore accroitre le trafic de camions entre l’Espagne et la vallée du Rhône en lieu et place du ferroutage. De même le projet d’une nouvelle gare TGV excentrée au sud de Montpellier en pleine zone inondable est absurde ! Dans le cadre de l’enquête concernant celle-ci, je me suis prononcé clairement contre son implantation : « pas de gare sous marine ». Une analyse un tant soit peu sérieuse démontre par ailleurs que les seuls bénéficiaires en seraient l’entreprise qui signerait le partenariat public privé (PPP) prévu, et les promoteurs qui n’auraient de cesse de développer dans cette zone leurs projets immobiliers.

Au lieu de couper dans les budgets pour satisfaire aux exigences de Bruxelles l’État devrait œuvrer à une véritable transition écologique et donner aux collectivités locales les moyens de protéger les populations et les territoires. Permettre aux communes de disposer d’un Plan communal de sécurité ambitieux pour faire en sorte que nous puissions tous vivre en sécurité !

Pour conclure je dirai un mot d’une interrogation qui a traversé toutes les conversations. Quand le ciel vous tombe sur la tête, les êtres humains ont tendance à invoquer la fatalité, sidérés par l’ampleur de la catastrophe. Mais peu à peu, la réflexion fait son chemin et recherche la part de la responsabilité humaine. C’est un vieux débat tel celui qui animait en 1755 les philosophes des lumières face au tremblement de terre qui ravageait Lisbonne. Certains, comme Voltaire, invoquait la nécessité pour l’homme de se soumettre à la puissance naturelle ; la soumission à la fatalité ferait partie de la condition humaine. Jean Jacques Rousseau répond : certes, l’homme n’est pas responsable du tremblement de terre, mais c’est l’homme qui a décidé que la majorité des maisons de Lisbonne était en terre et non pas en pierre et c’est donc lui qui porte une part de la responsabilité de la catastrophe. Dans les jours qui ont suivi le 7 octobre 2014, j’ai observé le cheminement de la même réflexion parmi les citoyens de ma Commune. Il s’agit maintenant d’être à la hauteur des responsabilités politiques que cela implique.

René Revol
Maire de Grabels
Vice-président de l’agglomération de Montpellier
membre du B.N. du Parti de Gauche.

 

Déclaration – Conseil d’Agglomération de Montpellier du 17 juillet 2014

Déclaration de René Revol – Conseil d’Agglomération extraordinaire du 17 juillet 2014 – 

 » Monsieur le Président, Chers collègues,

Une obligation prévue de longue date m’interdisant d’être physiquement présent ce soir je tiens à exprimer ma position et à donner les raisons de mon vote. Notre assemblée est sollicitée ce soir pour donner une position de principe qui ouvre la voie à la transformation de notre Agglomération en métropole au 1er janvier prochain, conformément à la loi Mapam adoptée en décembre 2013. Cette loi est le premier volet en 3 actes des lois de décentralisation qui bouleversent notre architecture territoriale. Elle transforme automatiquement sans leur demander leur avis 13 agglos en Métropole et donne la possibilité à Brest et Montpellier d’accéder à ce statut.

Comme je l’ai déjà affirmé dans la précédente mandature où ce débat avait été ouvert, je ne souhaite pas cette transformation en métropole et je voudrai en donner ici les raisons.

1- Il y va d’abord pour Madame Jabado et moi-même, élus par les électrices et les électeurs grabellois, du respect de l’engagement pris devant les électeurs de notre commune, inscrit dans notre programme, du refus du passage en métropole. Pour la nouvelle mandature dans cette Agglomération nous avons clairement affirmé notre volonté de promouvoir une nouvelle gouvernance, fondée sur la transparence et la démocratie participative afin de redonner du crédit à la parole politique.

2- La deuxième raison tient à notre opposition à l’ensemble de la réforme territoriale telle qu’elle est engagée et dont la métropolisation est un des piliers. La fusion des régions en grande région, avec en perspective la suppression des départements, conduit à éloigner encore plus le citoyen des centres de décision et du contrôle de ses élus. Les économies attendues sont illusoires à moins de mettre davantage en cause nombre de services publics de proximité. Le tropisme allemand qui veut nous faire croire que ce serait nous calquer sur le modèle des Landers ne tient ni historiquement ni géographiquement ; ainsi la fusion Languedoc-Roussillon / Midi-Pyrénées créerait une région plus grande que les trois quarts des Landers. Cette fusion pourrait par ailleurs provoquer l’éclatement de notre région si le Gard, qui lorgne vers PACA, faisait valoir et obtenait son droit d’option. Montpellier se situerait alors aux limites de la nouvelle grande région.

Dans le schéma de la réforme se superposeraient à la concentration de 13 ou 14 grandes régions 15 grandes métropoles disposant des principales activités au détriment du reste du territoire national. Au détriment de l’aménagement du territoire. L’expérience de ces vingt dernières années prouve que le dynamisme économique de Montpellier n’entraîne pas mécaniquement celui de la région toujours bonne dernière au vu de nombreux indicateurs économiques et sociaux.

La réforme territoriale engagée nous éloigne de l’égalité de traitement entre les populations, d’une réelle politique d’aménagement du territoire, d’une politique de saine concertation entre collectivités.

C’est bien d’ailleurs ce défaut de la métropolisation, Monsieur le Président, que vous cherchez à compenser en avançant la perspective d’un pôle métropolitain dans le cadre d’une coopération avec les autres EPCI voisines, tant la simple création de la métropole peut être un facteur de déséquilibres entre les territoires.

On nous dit également que la transformation en métropole permet de maintenir une dotation de 60 € par habitant. Certes, mais qui croit aujourd’hui que les dépenses publiques affectées aux collectivités vont se maintenir dans les années qui viennent au vu du cap austéritaire choisi par le gouvernement de Messieurs Hollande et Valls, et alors que la loi de Finances va priver les collectivités locales de 11 milliards d’euros ?

Notons aussi que la loi Mapam justifie la métropolisation dès son préambule par la compétition entre les métropoles et les territoires. Je récuse cette vision libérale et préfère la coopération consentie et équilibrée entre collectivités comme c’est d’ailleurs inscrit dans les principes de l’intercommunalité. Coopération qui a aussi, monsieur le Président, votre préférence dans les propositions que vous nous faites d’un Pacte de confiance.

3- Enfin ma dernière raison tient à ce que la métropolisation du territoire remet en cause la libre administration des communes, principe constitutionnel fondateur de notre République. Le transfert de compétences à l’agglomération : assainissement, transports en commun, déchets ou eau potable étaient justifiées par la recherche de l’échelle pertinente pour gérer ces problématiques collectives, dès lors que se manifestait le souci de la coopération intercommunale.

Vous avez, Monsieur le Président, fort justement souhaité en finir avec l’autoritarisme qui a présidé antérieurement et vous formulez une méthode nouvelle de coopération. Je vous en donne volontiers acte.

Il demeure qu’avec la métropole  de nouvelles compétences importantes sont transférées et vont réduire à la portion congrue l’autonomie communale. Cela concerne particulièrement le transfert de deux compétences : l’urbanisme et les voieries. En perdant l’urbanisme une municipalité perd le pouvoir de façonner un projet de ville partagé ; nous allons vers de nombreux conflits avec la population tant ces questions sont vitales pour notre avenir. Nous disposions déjà avec le PLH, le SCOT, le PDU, la loi ALUR, de suffisamment d’outils pour planifier notre action intercommunale. Il en va de même de la voirie : nul besoin de faire passer toutes les voiries secondaires dans le panier métropolitain. Or nous sommes là dans un domaine où la démocratie de proximité joue un rôle essentiel. Dans une période où nos concitoyens expriment de plus en plus de la distance, de la méfiance si ce n’est de la défiance vis-à-vis de la classe politique, cette métropolisation voulue par la loi est inopportune.

Nous avons pris bonne note Monsieur le Président du souci que vous avez d’apporter  des limites et des garde fous à cette loi notamment avec la charte de confiance qui affirme un droit de véto aux maires en matière d’urbanisme. Les élus de Grabels souhaiteraient que cette disposition soit intégrée au règlement intérieur de la collectivité.

Ceci dit, en vertu du principe de la hiérarchie des normes, la loi est toujours supérieure au règlement. Le fait de manifester dans cette assemblée une volonté de coopération librement consentie est louable. Il n’en demeure pas moins que les effets de la loi instituant la métropole conduiront à terme à la disparition de la commune comme échelon démocratique fondamental.

En conséquence comme aujourd’hui il s’agit d’un vote de principe pour s’engager vers la métropole, je ne voterai pas cette délibération. »

René Revol

Communiqué : La seconde gare TGV doit faire l’objet d’un débat démocratique!

A Montpellier, le 18 juin 2014

L’opportunité et, si nécessaire, la localisation de la seconde gare de Montpellier doivent être décidées à l’issue d’un vrai débat démocratique. Or la réalisation d’une nouvelle gare TGV à Montpellier fait l’objet en ce moment d’un chantage inacceptable de la part des parties prenantes (Etat, RFF en particulier) du Partenariat Public-Privé RFF/Bouygues vis à vis de l’agglomération de Montpellier et de ses citoyens.

Nous soutenons donc fermement les efforts du président de l’agglomération de Montpellier Philippe Saurel pour sortir de ce piège. Cette gare n’est pas une fatalité, les menaces de pénalités peuvent être levées. Dans cette affaire, il faut distinguer les arguments politiques et juridiques.

Politiquement, il est inacceptable d’imposer une seconde gare aux Montpelliérains sans leur avoir demandé leur avis.
Politiquement, il est inacceptable de réaliser en urgence une gare qui ne servira que lorsque la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) sera ouverte (2035).
Politiquement, il est inacceptable d’imposer une bétonisation de la ceinture verte de Montpellier (quartier Oz) au prétexte de rentabiliser une gare inutile.

Plusieurs options permettant de stopper ce grand projet inutile sont disponibles :
Juridiquement, l’enquête publique qui doit avoir lieu peut conclure à un avis négatif de la commission d’enquête, qui permettrait en conséquence de ne pas signer l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) et donc d’annuler le projet de nouvelle gare sans pénalités. Pour l’instant, cette gare n’a fait l’objet d’aucune enquête préalable à la DUP. Par ailleurs, l’Autorité environnementale a émis de nombreuses réserves tant sur son opportunité que sur ses conséquences environnementales.

Politiquement, il est possible de demander l’intervention du premier ministre Manuel Valls, pour amender les termes du contrat RFF Bouygues et permettre un report de la gare TGV à l’échéance de la mise en service de la LNMP.

Techniquement enfin, il est possible réaliser tout de suite le raccordement de Saint-Brès dont la réalisation, beaucoup moins coûteuse que la gare TGV, ne nécessite aucune nouvelle DUP et permet de faire circuler les TGV qui arrivent en gare centrale de Montpellier sur le Contournement Nimes Montpellier (CNM).

Ce dossier est déterminant pour l’avenir de Montpellier, pour l’avenir de ses finances publiques dans les 3 prochains mandats et pour l’avenir de sa stratégie urbaine pour le siècle qui vient. Avec Oz et la gare TGV nous allons affaiblir définitivement le centre-ville et siphonner toutes nos capacités d’investissement. Stopper la gare, c’est stopper la destruction de la ceinture verte de Montpellier et c’est redonner des capacités financières à Montpellier pour faire des projets utiles. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.

René Revol, Maire de Grabels, Vice-Président de l’Agglomération de Montpellier, Parti de Gauche
Christian Dupraz, Conseiller Général Europe Ecologie Les Verts
Isabelle Touzard, Maire de Murviel les Montpellier, Vice-Présidente de l’Agglomération de Montpellier

Note technique :
Le chantage ne serait-il pas basé sur un dossier juridiquement mal ficelé ? Autrement dit, ne s’agirait-il pas de faire plier le Président Saurel avant qu’il ne se rende compte qu’il a toutes les cartes en main pour ne pas participer à la réalisation de cette gare ? En effet, l’actuel PPP ne concerne que le CNM ; celui-ci prévoit un certain nombre de circulation ferroviaires, fret et voyageurs  Ces circulations, en particulier pour le fret, dépendent du niveau des péages et de la qualité des sillons. Le PPP doit tenir compte du fait que seules les entreprises ferroviaires (VFLI, Eurocargorail, RDT13, Europorte, ETF, Régiorail, Colas Rail, SNCF, THELLO …) peuvent décider d’utiliser ou non ce CNM.

Ce ne sont pas les collectivités territoriales qui doivent compenser l’éventuelle « mauvaise » volonté des entreprises ferroviaires à ne pas utiliser le CNM. Si THELLO et SNCF, les deux entreprises ferroviaires autorisées à circuler en France en trafic voyageurs, ne veulent pas utiliser le CNM car jugeant que son rapport qualité-prix est insuffisant, Ocvia, le bénéficiaire du PPP comme RFF, ne peuvent pas demander une compensation aux collectivités territoriales …. *à moins qu’une telle clause, léonine, figure dans le contrat de PPP. Nous en demandons une expertise juridique indépendante!*

Communiqué : « Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

pg

Communiqué de presse de René Revol
Co-Secrétaire départemental du PG 34

« Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

En pleine crise de légitimité, François Hollande se donne le droit de réorganiser la République en profondeur ou plutôt de la faire disparaître. La mise en place de cette réforme, avec pour axe l’Europe, la Région et la Métropole, détruira la démocratie locale et éloignera encore plus les citoyens des lieux décisions. De plus à cette réforme s’ajoute la nouvelle loi MAPAM de janvier 2014, qui remet en cause la liberté communale, en détruisant l’échelon de démocratie de proximitéapprécié par tous les citoyens.

Aujourd’hui, cette réforma va acter une fusion des régions incohérente avec la mise en commun, dès l’automne de compétences comme les routes ou les collèges. Nous ne pouvons pas accepter que des décisions sur notre quotidien soient prises à des centaines de kilomètres des lieux de vie de nos concitoyens.

Demain la suppression des départements et la pérennisation des regroupements de communes aux compétencesélargies acteraient le démantèlement des institutions fondatrices de la République depuis la Révolution Française : le Département et la Commune.

François Hollande trahissant tous ses engagements s’attaque désormais à la masse des élus locaux, souvent bénévoles, aux services de tous et s’attaque aux institutions dont il est issu.

René Revol
Co-secrétaire départemental du Parti de Gauche 34

 

 

En avant pour la Régie publique de l’eau dans l’Agglomération de Montpellier

Si j’ai été élu Vice-président de l’Agglomération de Montpellier, c’est pour mettre en place la Régie Publique de l’eau. Vous trouverez ci-après les articles et interviews sur ce sujet.

Pour lire l’entretien dans la gazette de Montpellier cliquez ici et ici.
Pour regarder la vidéo de mon entretien de l’émission « On en parle » sur TV Sud, cliquez ici.

Depuis cette élection, j’ai reçu des centaines de messages d’encouragements. Cela se comprend dans un contexte où le gouvernement passe à l’offensive pour appliquer son plan d’austérité : il est bon de voir des pôles de résistance locaux aller dans l’autre sens. Vous trouverez dans ces articles les premiers pas de cette action. En mettant en place une gestion citoyenne démocratique et publique de la gestion de l’eau nous apportons une double démonstration :

1- Nous montrons par l’exemple que ce qui est fait pour l’eau ici et maintenant pourrait très bien l’être pour plein d’autres enjeux collectifs ;
2- Nous montrons aussi que la radicalité concrète du Front de Gauche n’est pas une impuissante posture protestataire mais que nous sommes prêts à gouverner ce pays.

Une majorité alternative à gauche face à celle rétrécie de Valls – Hollande est possible ! Le Front de Gauche tend la main aux Verts qui ont quitté le gouvernement et aux PS qui n’ont pas voté le pacte de responsabilité. Nous leur disons :  » Ce gouvernement et sa politique de droite nous mène dans le mur pour laisser la place à la droite et l’extrême droite. Proposons une autre gauche capable de gouverner tout de suite ». Au poste assez modeste que j’occupe et en travaillant à la mise en place d’une régie publique de l’eau pour plus de 400 000 habitants j’ai le sentiment d’apporter ma pierre à la construction de cette alternative à gauche.

J’ai reçu également quelques messages qui s’étonnent que le Parti de Gauche ait refusé la fusion avec Philippe Saurel entre les deux tours des élections municipales et que je sois ensuite élu Vice-président de l’Agglomération. Comme je le dis dans l’interview de la Gazette : ne mélangeons pas tout. A Montpellier, le Parti de Gauche a refusé de fusionner la liste qui avait obtenu 7.5 % avec ni bien sûr la liste officielle du PS/EELV qui avait un programme austéritaire, ni aussi avec la liste du dissident Philippe Saurel dont le programme est certes plus acceptable (la régie publique de l’eau par exemple) mais qui, outre d’autres confusions sur le fond, refusait d’enlever les gens de droite sur sa liste. En tant que co-secrétaire départemental du PG et membre du Bureau National j’ai été informé de la situation et de la décision prise par mes camarades du PG de Montpellier. Que certains au PCF ou à Ensemble aient été prêts à accepter de se retrouver sur une liste avec des gens de droite en échange d’un groupe politique est une chose ; ce n’était pas la position des camarades du PG qui ont tenu à rester cohérents avec leurs engagements. Bien que non montpelliérain mais en tant que responsable du PG j’approuve totalement leur décision.

Quant à ma situation, elle n’est pas comparable. D’abord j’ai été élu maire de Grabels avec 56,5% des voix avec une belle liste citoyenne. Le seul parti qui m’ait soutenu est le PG. J’attends encore les messages des autres (ah si j’oublie le soutien explicite du NPA et du POI). Quant au PS, il s’est exprimé pour dire qu’il ne choisissait pas entre ma liste et les listes de droite ! Le peuple a tranché et ces manœuvres ont été balayées. Tout mettre en œuvre pour une régie publique de l’eau fait partie du mandat que les électeurs m’ont donné. Je ne pouvais être fidèle à ce mandat et refuser la mission de mise en place de la Régie publique.

Par ailleurs je représente à l’Agglomération la commune de Grabels, pas une liste de Montpellier. L’Agglomération est un EPCI, donc un établissement de coopération intercommunale, c’est un cadre différent d’une liste majoritaire dans une commune. Enfin, seul membre du Front de gauche dans cette institution, je ne peux constituer un groupe politique dans l’enceinte du Conseil d’Agglomération. (Sur cette question, je vous renvoie à une brève note ci-dessous).

A moins de faire le choix de déserter le combat pour la Régie publique de l’eau je me devais d’accepter la proposition que m’a faite le nouveau Président de l’Agglomération et nouveau Maire de Montpellier de prendre la charge de sa mise en place. Ceci bien sûr à une condition : garder ma liberté politique totale. Dés lors qu’elle a été acceptée je me suis engagé dans ce chantier avec enthousiasme. A ceux qui m’ont conseillé de refuser je leur dis fraternellement ceci : promouvoir une idée pour ensuite refuser de la mettre en œuvre, c’aurait été apporter la démonstration qu’on ne pourra jamais gouverner. La gauche par l’exemple est un appui pour l’alternative à gauche.

Bon comme vous le voyez le travail ne manque pas et je compte bien le mener en m’appuyant sur la mobilisation citoyenne et sociale.
Ne ratez pas non plus mon prochain billet qui portera sur la campagne européenne où je m’engage fortement auprès de mon candidat Jean-Luc Mélenchon.

René REVOL.

Brève sur la composition politique du Conseil d’Agglomération : Seulement deux groupes politiques se sont constitués : un groupe du Front National avec 2 membres et un groupe de l’UMP avec 5 membres. Ces deux groupes ne participent pas au bureau. Plus de la moitié du Conseil d’Agglomération est composé des 32 membres issue de la liste du dissident socialiste, Philippe Saurel et 6 membres sont issues de la liste PS-EELV.
Quant à la composition du bureau il y a 15 Vice-présidents : 5 issus de la liste de Philippe Saurel et 10 Maires des autres communes. Parmi ces 15 membres, il y a Mme le Maire de Saint-Jean-de-Védas, membre de l’UMP qui n’a pas voulu appartenir au groupe politique de l’UMP, 3 Maires divers droite, un Maire membre du PS, un Maire membre d’EELV, un Maire membre du PG, les 8 restants n’appartiennent pas à un groupe politique et sont étiquetés Divers Gauche. Composite comme cela est le cas de la plupart des EPCI, le bureau est majoritairement à gauche.
J’aurais l’occasion de revenir sur les engagements pris mais il est significatif que lors de la prochaine séance du Conseil d’Agglomération du 7 mai prochain, un seul point est à l’ordre du jour : la mise en place de la Régie publique de l’eau.

La Vice-Présidence de l’Agglomération pour faire la Régie Publique de l’eau : une victoire du combat citoyen !

Mardi 22 avril 2014, sur proposition de Philippe Saurel, Président et Maire de Montpellier, le Conseil d’Agglomération m’a élu Vice-Président avec la mission clairement formulée de mettre en place la régie publique de l’eau. Je considère cette élection comme la reconnaissance d’un long combat citoyen. Le débat sur la gestion de l’eau est engagé à Grabels depuis des années. Notre Conseil Municipal s’était clairement prononcé en avril 2009 pour un débat public suivi d’un référendum sur la gestion de l’eau, il demandait à l’Agglomération qui prenait la compétence de l’eau d’organiser avant juillet 2013 une consultation tant des citoyens que des Conseils Municipaux. J’avais personnellement lancé un appel dès octobre 2009 en m’adressant aux Maires de l’Agglomération pour poser clairement la question du retour à la régie publique.

Faute d’une réponse au niveau des responsables de l’Agglomération nous avons, en tant qu’élus, organisé en mai 2013 dans notre Commune une votation, précédée d’un vaste débat public. Grabels fut la seule municipalité de l’Agglomération de Montpellier à avoir organisé cette consultation. Avec un résultat clair et net : une participation de plus de la moitié des titulaires de compteurs d’eau et 95% favorable à la gestion de l’eau en régie publique.

Je me réjouis que mission me soit donnée, ce 22 avril 2014, de réaliser la volonté majoritaire de la population de ma Commune. Je suis fier d’avoir la charge de mettre en œuvre la Régie publique de l’eau. L’eau est un bien commun de l’humanité qui ne peut être traité comme une simple marchandise. L’arracher des mains des multinationales, c’est la rendre au peuple.

Avec cette élection c’est aussi la reconnaissance du large combat citoyen et associatif organisé dans toutes les villes de l’Agglomération pour le retour en régie publique. Je tiens ici à rendre particulièrement hommage à l’association « Eau Secours 34 » et au collectif pour le retour à la régie publique pour avoir mené un formidable travail de sensibilisation et de mobilisation des usagers, de rencontres avec les élus, de diffusion de l’information, recourant pour des réunions publiques à l’expérience et l’expertise de diverses personnalités, faisant signer des milliers de citoyens, organisant des votations citoyennes, suppléant ainsi à la carence des collectivités qui auraient dû les organiser. La preuve est faite que l’implication populaire et la mobilisation citoyenne payent. Cela peut servir d’exemple pour beaucoup d’autres sujets. J’aurai à cœur d’associer au mieux les acteurs associatifs et citoyens à la mise en œuvre de ma mission.

Membre du bureau de l’Agglomération je ferai de mon mieux pour honorer la confiance qui m’est faite. Cet engagement se fait en conservant ma liberté politique. Homme libre, élu fidèle au mandat pris devant le peuple, je continuerai à défendre mes convictions et mes engagements. Membre du bureau de l’Agglomération et Maire de Grabels je demeure profondément opposé à la politique d’austérité du gouvernement Valls. En mettant en place la régie publique de l’eau au nom de l’Agglomération comme en mettant en œuvre dans la Commune de Grabels les engagements pris devant les électeurs nous comptons bien apporter la preuve par l’exemple qu’une autre politique est possible.

René REVOL

Après Frêche, règlement de comptes et TSR à l’Agglo ! Et un bol d’air avec le PG et la Gazette !

Dans cette note je parle de la succession de Frêche, de l’avenir de l’agglomération de Montpellier, du Parti de Gauche dans le département et de la dernière livraison de la Gazette .

Georges FRECHE est donc décédé fin octobre 2010. J’ai naturellement participé aux hommages républicains  organisés à l’occasion de ses obsèques  ainsi qu’à mon conseil municipal. Je ne dirai rien de ceux (très nombreux) qui le détestaient et qui à cette occasion ont participé aux concours d’hypocrisie, ni de ceux (moins nombreux) qui ont profité du fait qu’il ne pouvait plus répondre pour l’injurier. Dans ces deux attitudes l’indécence était à son comble. Dans ces cas là mon caractère me pousse à faire ce que je dois et à regarder ailleurs et chercher l’air frais…Ceci dit, à peine disparu, la guerre de succession a fait rage. Au conseil régional Navarro a pris le pouvoir en utilisant Bourquin et a éliminé à la fois ceux qui manifestaient un peu d’indépendance (les gardois et les audois) et ceux qui en savaient un peu trop comme Delacroix qui a suivi le maître de longues années dans les cabinets et l’administration. Le plus lamentable dans l’affaire étant le rôle de supplétifs disciplinés joués par Gayssot et ses ex communistes, les ex Verts ou divers MRC et autres stipendiés. Notons que la presse a enfin publié les éléments qui mettent en évidence les tricheries de Navarro et de sa compagne dans la Fédération PS de l’Hérault. Certains socialistes jouent les vierges effarouchées et font mine de découvrir avec effroi toutes ces fausses cartes et faux chèques et voudraient attribuer cela au seul Navarro. Je constate que ces éléments étaient bien connus du vivant de l’empereur de Septimanie et qu’à l’époque les nombreux éléments fournis par mes soins quand j’étais au PS n’étaient jamais repris. A tous les congrès de 1997 à 2008 j’ai systématiquement fait des recours contre des pratiques frauduleuses de la Fédération. A trois occasions le Congrès National du PS à ma demande a blâmé Navarro…et l’a laissé en place ! Aujourd’hui ils veulent tous se refaire une virginité sur son dos en oubliant un peu vite que tous ont longtemps cautionné ce système. Mais l’animal sait se défendre et n’a pas que des dossiers vides ; c’est ce qu’on vient de voir au Conseil Régional….De politique régionale dans tout cela il n’en fut pas question. Le Parti de Gauche est le seul à avoir à cette occasion mis en chantier une perspective nouvelle d’action régionale fondée sur la relocalisation des activités économiques, agricoles et culturelles, pour le développement autocentré, la défense et la promotion des services publics…Le document qui résume cette perspective sera versé au débat des Etats Généraux des territoires que l’autre gauche organisera début février pour élaborer une perspective alternative à la politique d’adaptation à la mondialisation libérale.

Quant à l’Agglomération de Montpellier, le résultat est tout aussi lamentable. L’héritier désigné par la Frêchie est Jean-Pierre Moure, Maire de Cournonsec, commune de 2600 habitants certes mais acteur de longue date de l’agglomération auprès du maître. La maire de Montpellier, Hélène Mandroux,  a bien tenté quelque chose mais après sa défaite régionale (7%) derrière la liste front de Gauche NPA (que je conduisais) et celle des Verts, elle ne pouvait guère être majoritaire parmi ses pairs sélectionnés du temps de Frêche; elle a finalement accepté d’être  première vice présidente. Personnellement, en tant que maire je suis membre du Conseil d’agglomération et j’ai voulu porter à cette occasion une autre perspective politique, notamment sur la régie publique de l’eau ou sur le traitement des déchets, ce que j’avais fait ouvertement avec Frêche. Appuyé sur cette action j’ai fait acte de candidature à la Vice Présidence et je me suis présenté contre le maire UMP de Vendargues, soutenu ouvertement par le nouveau président de l’Agglomération, Jean-Pierre Moure. Je suis fier  d’avoir obtenu 18 voix dans ce contexte d’ostracisme (alors que les bulletins du maire UMP étaient imprimés et que pour voter pour moi il fallait écrire mon nom au stylo….j’avais déjà connu cette méthode au PS avec  Navarro – qui d’ailleurs l’autre soir était au premier rang de la tribune des invités pour observer de près la manœuvre). Je rends hommage ici à Hélène Mandroux, la Maire de Montpellier, qui a ostensiblement appelé à voter pour moi. A part quelques élus de terrain, c’est la seule ; y compris les quatre élus communistes montpelliérains de l’agglomération n’ont rien laissé transparaître (il est vrai que leur discrétion politique est impressionnante depuis 2008 !). Donc à l’agglomération de Montpellier, la grande majorité des  socialistes préfère voter pour un Maire UMP (qui a aussi la sympathie du Front national) que pour un Maire Parti de Gauche. TSR « tout sauf Revol » semble être leur consigne. Au moins avec Frêche le débat était musclé et public. Aujourd’hui c’est l’édredon mou des amis qui se partagent le gâteau.  

Le paysage politique est désormais clair : l’Agglomération de Montpellier est dirigée par une coalition PS-UMP -PC-Modem. Déjà la ville de Montpellier est dirigée par une alliance de premier tour PS-PC-Modem excluant les VERTS, le NPA et le PG. Me voilà donc à l’agglo le seul opposant de gauche de cette union locale des partis dominants. C’est une situation que je connais bien et je vais tranquillement l’assumer en portant le programme d’une vraie gauche sur les dossiers de l’agglomération : gestion de l’eau, traitements des déchets dans le cadre d’une planification écologique, gratuité des transports en commun, fin des subventions à la tête du client mais dotations sur critères publics….Le nouveau Président m’a immédiatement déclaré que ma commune n’aurait pas à souffrir de mauvais reports de subventions ; j’en prends acte et je vais veiller à ce que les actes suivent les paroles.

Bon, maintenant,  prenons l’air ! Mercredi soir j’étais invité à une réunion publique de l’autre gauche à St Pons, dans les hauts cantons. Une quarantaine de présents, un super débat, je peux vous le dire amis et camarades qui ont mené la bataille des régionales : les forces que nous avons commencé à mettre en mouvement en mars dernier sont là intactes et disponibles pour l’action politique alternative. Samedi matin il y a eu l’AG départementale statutaire du PG suite au Congrès du Mans avec près de 80 participants ce qui est un beau résultat vu les multiples obligations des uns et des autres en cette fin d’automne hivernal. Nous aurons l’occasion de revenir sur les contenus de nos débats mais je voudrai souligner un point important. Il y a deux ans le PG s’est construit ici à partir d’un appel que j’ai lancé. On pouvait penser que le PG reposait sur ma seule personnalité, ce qui pouvait être accru par le fait que j’étais tête de liste régionale. Or notre travail quotidien et militant a construit une véritable génération nouvelle. Si je continue à occuper des responsabilités nationales (et je ne manquerai pas de le faire auprès de Mélenchon dans la campagne qui vient), je suis fier que ma camarade Myriam Hubert du Clermontois nous représente au BN, que les deux co secrétaires départementaux soient Alain Chaignon et Chantal Ponsot et enfin je constate qu’à mes côtés au Conseil national sur nos huit représentants il y a la moitié qui ont moins de 30 ans ! mais bien plus que cela, l’enjeu du parti de Gauche est de fusionner des expériences politiques de gauche différentes et ainsi parmi les animateurs du PG 34 on retrouve côte à côte des  militantes et militants qui viennent du PS, du PCF, du MRC, des trotskystes, du NPA, des altermondialistes, des écologistes, des syndicalistes étudiants, enseignants, dans la santé, à la SNCF etc…Notre objectif n’est pas de faire un parti de plus et c’est pour cela que nous ne nous construisons pas contre les autres partis de gauche ; nous ne cherchons pas à durer mais à être utile en forgeant le creuset du Parti de l’émancipation pour les temps qui viennent.    

Enfin un mot sur la double page qui m’est consacrée sur la gazette « Les bons plans de René Revol ». Vous lirez cet exercice « people » que je craignais beaucoup. Finalement le résultat est assez sympa et me ressemble d’après Annie, mon épouse. Je veux juste dire que j’ai fait connaissance à cette occasion avec une journaliste sensible et cultivée (et que ce n’est pas si fréquent !). On était ensemble à Grenoble en 1968 mais on n’avait pas le même âge : moi je faisais la grève et les manifs  et elle faisait du patin à roulettes dans les rues vides (pensez donc à 8 ou 9 ans pas d’école et les rues vidées de leur voiture sans essence et du patin à roulettes avec les copines !). Par ailleurs on a partagé pleins de goûts et de connaissances communes. Un mot aussi sur le photographe : un mec épatant qui a été séduit par Grabels et qui a connu Delteil. Bref un bon moment car pour une fois je n’étais pas crispé comme souvent quand la presse est là et vous épie.

Bon j’ai été trop long ; je vous laisse et la semaine prochaine je vous parlerai de ma commune car je crois qu’il s’y passe des choses instructives pour tous.

                                                                                                                    René Revol