Communiqué : La seconde gare TGV doit faire l’objet d’un débat démocratique!

A Montpellier, le 18 juin 2014

L’opportunité et, si nécessaire, la localisation de la seconde gare de Montpellier doivent être décidées à l’issue d’un vrai débat démocratique. Or la réalisation d’une nouvelle gare TGV à Montpellier fait l’objet en ce moment d’un chantage inacceptable de la part des parties prenantes (Etat, RFF en particulier) du Partenariat Public-Privé RFF/Bouygues vis à vis de l’agglomération de Montpellier et de ses citoyens.

Nous soutenons donc fermement les efforts du président de l’agglomération de Montpellier Philippe Saurel pour sortir de ce piège. Cette gare n’est pas une fatalité, les menaces de pénalités peuvent être levées. Dans cette affaire, il faut distinguer les arguments politiques et juridiques.

Politiquement, il est inacceptable d’imposer une seconde gare aux Montpelliérains sans leur avoir demandé leur avis.
Politiquement, il est inacceptable de réaliser en urgence une gare qui ne servira que lorsque la Ligne Nouvelle Montpellier-Perpignan (LNMP) sera ouverte (2035).
Politiquement, il est inacceptable d’imposer une bétonisation de la ceinture verte de Montpellier (quartier Oz) au prétexte de rentabiliser une gare inutile.

Plusieurs options permettant de stopper ce grand projet inutile sont disponibles :
Juridiquement, l’enquête publique qui doit avoir lieu peut conclure à un avis négatif de la commission d’enquête, qui permettrait en conséquence de ne pas signer l’arrêté de Déclaration d’Utilité Publique (DUP) et donc d’annuler le projet de nouvelle gare sans pénalités. Pour l’instant, cette gare n’a fait l’objet d’aucune enquête préalable à la DUP. Par ailleurs, l’Autorité environnementale a émis de nombreuses réserves tant sur son opportunité que sur ses conséquences environnementales.

Politiquement, il est possible de demander l’intervention du premier ministre Manuel Valls, pour amender les termes du contrat RFF Bouygues et permettre un report de la gare TGV à l’échéance de la mise en service de la LNMP.

Techniquement enfin, il est possible réaliser tout de suite le raccordement de Saint-Brès dont la réalisation, beaucoup moins coûteuse que la gare TGV, ne nécessite aucune nouvelle DUP et permet de faire circuler les TGV qui arrivent en gare centrale de Montpellier sur le Contournement Nimes Montpellier (CNM).

Ce dossier est déterminant pour l’avenir de Montpellier, pour l’avenir de ses finances publiques dans les 3 prochains mandats et pour l’avenir de sa stratégie urbaine pour le siècle qui vient. Avec Oz et la gare TGV nous allons affaiblir définitivement le centre-ville et siphonner toutes nos capacités d’investissement. Stopper la gare, c’est stopper la destruction de la ceinture verte de Montpellier et c’est redonner des capacités financières à Montpellier pour faire des projets utiles. Nous n’avons pas le droit à l’erreur.

René Revol, Maire de Grabels, Vice-Président de l’Agglomération de Montpellier, Parti de Gauche
Christian Dupraz, Conseiller Général Europe Ecologie Les Verts
Isabelle Touzard, Maire de Murviel les Montpellier, Vice-Présidente de l’Agglomération de Montpellier

Note technique :
Le chantage ne serait-il pas basé sur un dossier juridiquement mal ficelé ? Autrement dit, ne s’agirait-il pas de faire plier le Président Saurel avant qu’il ne se rende compte qu’il a toutes les cartes en main pour ne pas participer à la réalisation de cette gare ? En effet, l’actuel PPP ne concerne que le CNM ; celui-ci prévoit un certain nombre de circulation ferroviaires, fret et voyageurs  Ces circulations, en particulier pour le fret, dépendent du niveau des péages et de la qualité des sillons. Le PPP doit tenir compte du fait que seules les entreprises ferroviaires (VFLI, Eurocargorail, RDT13, Europorte, ETF, Régiorail, Colas Rail, SNCF, THELLO …) peuvent décider d’utiliser ou non ce CNM.

Ce ne sont pas les collectivités territoriales qui doivent compenser l’éventuelle « mauvaise » volonté des entreprises ferroviaires à ne pas utiliser le CNM. Si THELLO et SNCF, les deux entreprises ferroviaires autorisées à circuler en France en trafic voyageurs, ne veulent pas utiliser le CNM car jugeant que son rapport qualité-prix est insuffisant, Ocvia, le bénéficiaire du PPP comme RFF, ne peuvent pas demander une compensation aux collectivités territoriales …. *à moins qu’une telle clause, léonine, figure dans le contrat de PPP. Nous en demandons une expertise juridique indépendante!*

Communiqué : « Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

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Communiqué de presse de René Revol
Co-Secrétaire départemental du PG 34

« Tel Cronos François Hollande dévore ses enfants »

En pleine crise de légitimité, François Hollande se donne le droit de réorganiser la République en profondeur ou plutôt de la faire disparaître. La mise en place de cette réforme, avec pour axe l’Europe, la Région et la Métropole, détruira la démocratie locale et éloignera encore plus les citoyens des lieux décisions. De plus à cette réforme s’ajoute la nouvelle loi MAPAM de janvier 2014, qui remet en cause la liberté communale, en détruisant l’échelon de démocratie de proximitéapprécié par tous les citoyens.

Aujourd’hui, cette réforma va acter une fusion des régions incohérente avec la mise en commun, dès l’automne de compétences comme les routes ou les collèges. Nous ne pouvons pas accepter que des décisions sur notre quotidien soient prises à des centaines de kilomètres des lieux de vie de nos concitoyens.

Demain la suppression des départements et la pérennisation des regroupements de communes aux compétencesélargies acteraient le démantèlement des institutions fondatrices de la République depuis la Révolution Française : le Département et la Commune.

François Hollande trahissant tous ses engagements s’attaque désormais à la masse des élus locaux, souvent bénévoles, aux services de tous et s’attaque aux institutions dont il est issu.

René Revol
Co-secrétaire départemental du Parti de Gauche 34

 

 

Le 21 puis le 23 et enfin le 25 mai !

 Note du 19  mai 2014

Dans la semaine qui s’annonce nous avons trois rendez vous majeur :

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Mercredi 21 mai :
avec le grand meeting régional du Front de gauche pour les élections européennes avec la participation de Jean-Luc MELENCHON. Donc Tous au Zénith mercredi 21 mai à 20h !

 

Vendredi 23 mai : je vous appelle à participer à la grande manifestation d’élus et de citoyens contre la réforme territoriale de Hollande Valls qui se déroulera devant la Préfecture de l’Hérault à 17h à Montpellier.
(rendez-vous au Peyrou à 17h où nous aurons notre banderole)

Et enfin dimanche 25 mai pour les élections européennes à un seul tour ; le score du Front de gauche doit être le plus élevé possible pour ouvrir l’alternative à gauche face à la déroute annoncée du PS.
Comme j’ai participé à plusieurs réunions publiques, à des diffusions de tracts et à des rencontres avec des citoyens, je voudrai aborder quelques points abordés et discutés.

D’abord un sujet qui commence à percer et dont les gens commencent à s’approprier, celui du marché transatlantique et de ses conséquences. Le travail d’explicitation avance bien. Dans ma bonne commune de Grabels le comité local du PG a organisé une réunion publique sur ce thème avec une bonne soixantaine de présents, animée par Muriel RESSIGUIER candidate sur la liste européenne du grand sud ouest conduite par Jean-Luc MELENCHON. Je vous invite à largement communiquer dans vos réseaux le remarquable document élaboré sur ce sujet par Raoul Marc JENNAR qui se dépense sans compter pour faire son travail d’éveil des consciences. Je suis fier d’être membre du même parti que cet intellectuel engagé précis et rigoureux. Vous trouverez son argumentation ici. Je ne reviens pas donc sur ce thème désormais bien connu. J’ai par ailleurs constaté dans mes rencontres avec la population qu’un autre sujet, connu de la population, provoquait de vives réactions : la question des travailleurs étrangers détachés. Si on les rencontre de plus en plus sur nos chantiers, c’est comme vous le savez parce qu’ils coutent bien moins chers, car assujettis aux charges sociales du pays d’origine. Des officines (souvent basées juridiquement à Chypre) recrutent et placent des salariés dans toute l’Europe, réalisant au passage de belles marges bénéficiaires. Cette « traite » a un double avantage pour les capitalistes : d’une part faire baisser le coût du travail par la mise en concurrence et le nivellement par le bas du niveau de salaire ; d’autre part de diviser les salariés des différents pays, quitte à nourrir la xénophobie. Ce sujet scandalise de plus en plus nos concitoyens.

Je veux à présent souligner quel est l’axe stratégique de la campagne du Front de Gauche : pour une désobéissance civique à grande échelle. La gauche a eu pour thème  il ya dix ans de mener campagne pour changer l’Europe pour la rendre plus sociale, plus démocratique et plus écologique… Ce discours n’a plus aucune crédibilité tant il apparaît qu’il n’y a chez ceux, sociaux démocrates ou libéraux conservateurs, en responsabilité à la Commission ou au Parlement, non seulement pas l’ombre d’une évolution quant à leur politique, mais une dérive austéritaire sans borne. Qui peut croire les mêmes quand ils promettent qu’en votant pour eux l’Europe deviendra plus sociale ? Il ya dans la population une profonde défiance vis-à-vis du discours « réformiste » européen. C’est pourquoi le Front de Gauche mène campagne non pour « changer l’Europe » mais pour ROMPRE avec la construction européenne en place, afin d’ouvrir la voie à une autre construction, de solidarité entre les peuples européens. Comment mettre en place la stratégie de cette rupture ? En prônant la désobéissance nationale avec les directives européennes ; en traçant la perspective que la France puisse désobéir et ouvrir ainsi la voie aux autres peuples. Aujourd’hui le pacte de responsabilité et le plan de 50 milliards d’économies découlent directement de l’exigence de la Commission que la France retourne aux 3% de déficit d’ici 2017. Or cette exigence de la Commission procède directement du traité Merkel/Sarkozy.  Hollande, qui ne l’a pas renégocié comme il l’avait promis, l’applique avec le plus grand zèle. Ce plan de destruction des acquis sociaux, pour de gros cadeaux financiers au patronat sur le dos des retraités et des minima sociaux, provoque l’hostilité populaire et la mobilisation sociale. Les élections européennes, qui s’inscrivent désormais dans le contexte de cette mobilisation sociale,  ouvre la possibilité d’une issue politique : que la France refuse le diktat de la Commission et désobéisse au traité. Cette stratégie de rupture est proposée dans de très nombreux pays européens aux électeurs. Le résultat des européennes sera en France un élément important de la construction d’un rapport de force contre le plan d’austérité. Battons campagne au nom d’une désobéissance civique de masse ! N’oublions pas que l’UE n’est régie que par des traités entre ses Etats membres et qu’elle n’est soumise  à aucun « Etat européen ». Ne s’y applique donc pas la contrainte d’un État qui disposerait du « monopole de la violence légitime » (pour reprendre la définition de l’État de Max Weber). La discipline européenne réside dans la soumission volontaire de chaque État membre. Un pays peut donc décider de rompre partiellement ou totalement cette discipline et ouvrir ainsi une perspective aux autres peuples. La tension à laquelle la politique austéritaire et les institutions européennes soumettent les peuples d’Europe mènent à un point de rupture inévitable, sans qu’on sache aujourd’hui où quand et comment cela se produira. Notre responsabilité est de renforcer la construction d’une alternative pour qu’elle assume ses responsabilités dans cette crise inévitable.

J’aurai l’occasion de revenir dans une prochaine note sur le combat contre la réforme territoriale ce qui n’est pas sans rapport avec les enjeux européens :

En attendant rendez-vous le 21, le 23 et le 25 mai !

René REVOL

En avant pour la Régie publique de l’eau dans l’Agglomération de Montpellier

Si j’ai été élu Vice-président de l’Agglomération de Montpellier, c’est pour mettre en place la Régie Publique de l’eau. Vous trouverez ci-après les articles et interviews sur ce sujet.

Pour lire l’entretien dans la gazette de Montpellier cliquez ici et ici.
Pour regarder la vidéo de mon entretien de l’émission « On en parle » sur TV Sud, cliquez ici.

Depuis cette élection, j’ai reçu des centaines de messages d’encouragements. Cela se comprend dans un contexte où le gouvernement passe à l’offensive pour appliquer son plan d’austérité : il est bon de voir des pôles de résistance locaux aller dans l’autre sens. Vous trouverez dans ces articles les premiers pas de cette action. En mettant en place une gestion citoyenne démocratique et publique de la gestion de l’eau nous apportons une double démonstration :

1- Nous montrons par l’exemple que ce qui est fait pour l’eau ici et maintenant pourrait très bien l’être pour plein d’autres enjeux collectifs ;
2- Nous montrons aussi que la radicalité concrète du Front de Gauche n’est pas une impuissante posture protestataire mais que nous sommes prêts à gouverner ce pays.

Une majorité alternative à gauche face à celle rétrécie de Valls – Hollande est possible ! Le Front de Gauche tend la main aux Verts qui ont quitté le gouvernement et aux PS qui n’ont pas voté le pacte de responsabilité. Nous leur disons :  » Ce gouvernement et sa politique de droite nous mène dans le mur pour laisser la place à la droite et l’extrême droite. Proposons une autre gauche capable de gouverner tout de suite ». Au poste assez modeste que j’occupe et en travaillant à la mise en place d’une régie publique de l’eau pour plus de 400 000 habitants j’ai le sentiment d’apporter ma pierre à la construction de cette alternative à gauche.

J’ai reçu également quelques messages qui s’étonnent que le Parti de Gauche ait refusé la fusion avec Philippe Saurel entre les deux tours des élections municipales et que je sois ensuite élu Vice-président de l’Agglomération. Comme je le dis dans l’interview de la Gazette : ne mélangeons pas tout. A Montpellier, le Parti de Gauche a refusé de fusionner la liste qui avait obtenu 7.5 % avec ni bien sûr la liste officielle du PS/EELV qui avait un programme austéritaire, ni aussi avec la liste du dissident Philippe Saurel dont le programme est certes plus acceptable (la régie publique de l’eau par exemple) mais qui, outre d’autres confusions sur le fond, refusait d’enlever les gens de droite sur sa liste. En tant que co-secrétaire départemental du PG et membre du Bureau National j’ai été informé de la situation et de la décision prise par mes camarades du PG de Montpellier. Que certains au PCF ou à Ensemble aient été prêts à accepter de se retrouver sur une liste avec des gens de droite en échange d’un groupe politique est une chose ; ce n’était pas la position des camarades du PG qui ont tenu à rester cohérents avec leurs engagements. Bien que non montpelliérain mais en tant que responsable du PG j’approuve totalement leur décision.

Quant à ma situation, elle n’est pas comparable. D’abord j’ai été élu maire de Grabels avec 56,5% des voix avec une belle liste citoyenne. Le seul parti qui m’ait soutenu est le PG. J’attends encore les messages des autres (ah si j’oublie le soutien explicite du NPA et du POI). Quant au PS, il s’est exprimé pour dire qu’il ne choisissait pas entre ma liste et les listes de droite ! Le peuple a tranché et ces manœuvres ont été balayées. Tout mettre en œuvre pour une régie publique de l’eau fait partie du mandat que les électeurs m’ont donné. Je ne pouvais être fidèle à ce mandat et refuser la mission de mise en place de la Régie publique.

Par ailleurs je représente à l’Agglomération la commune de Grabels, pas une liste de Montpellier. L’Agglomération est un EPCI, donc un établissement de coopération intercommunale, c’est un cadre différent d’une liste majoritaire dans une commune. Enfin, seul membre du Front de gauche dans cette institution, je ne peux constituer un groupe politique dans l’enceinte du Conseil d’Agglomération. (Sur cette question, je vous renvoie à une brève note ci-dessous).

A moins de faire le choix de déserter le combat pour la Régie publique de l’eau je me devais d’accepter la proposition que m’a faite le nouveau Président de l’Agglomération et nouveau Maire de Montpellier de prendre la charge de sa mise en place. Ceci bien sûr à une condition : garder ma liberté politique totale. Dés lors qu’elle a été acceptée je me suis engagé dans ce chantier avec enthousiasme. A ceux qui m’ont conseillé de refuser je leur dis fraternellement ceci : promouvoir une idée pour ensuite refuser de la mettre en œuvre, c’aurait été apporter la démonstration qu’on ne pourra jamais gouverner. La gauche par l’exemple est un appui pour l’alternative à gauche.

Bon comme vous le voyez le travail ne manque pas et je compte bien le mener en m’appuyant sur la mobilisation citoyenne et sociale.
Ne ratez pas non plus mon prochain billet qui portera sur la campagne européenne où je m’engage fortement auprès de mon candidat Jean-Luc Mélenchon.

René REVOL.

Brève sur la composition politique du Conseil d’Agglomération : Seulement deux groupes politiques se sont constitués : un groupe du Front National avec 2 membres et un groupe de l’UMP avec 5 membres. Ces deux groupes ne participent pas au bureau. Plus de la moitié du Conseil d’Agglomération est composé des 32 membres issue de la liste du dissident socialiste, Philippe Saurel et 6 membres sont issues de la liste PS-EELV.
Quant à la composition du bureau il y a 15 Vice-présidents : 5 issus de la liste de Philippe Saurel et 10 Maires des autres communes. Parmi ces 15 membres, il y a Mme le Maire de Saint-Jean-de-Védas, membre de l’UMP qui n’a pas voulu appartenir au groupe politique de l’UMP, 3 Maires divers droite, un Maire membre du PS, un Maire membre d’EELV, un Maire membre du PG, les 8 restants n’appartiennent pas à un groupe politique et sont étiquetés Divers Gauche. Composite comme cela est le cas de la plupart des EPCI, le bureau est majoritairement à gauche.
J’aurais l’occasion de revenir sur les engagements pris mais il est significatif que lors de la prochaine séance du Conseil d’Agglomération du 7 mai prochain, un seul point est à l’ordre du jour : la mise en place de la Régie publique de l’eau.

La Vice-Présidence de l’Agglomération pour faire la Régie Publique de l’eau : une victoire du combat citoyen !

Mardi 22 avril 2014, sur proposition de Philippe Saurel, Président et Maire de Montpellier, le Conseil d’Agglomération m’a élu Vice-Président avec la mission clairement formulée de mettre en place la régie publique de l’eau. Je considère cette élection comme la reconnaissance d’un long combat citoyen. Le débat sur la gestion de l’eau est engagé à Grabels depuis des années. Notre Conseil Municipal s’était clairement prononcé en avril 2009 pour un débat public suivi d’un référendum sur la gestion de l’eau, il demandait à l’Agglomération qui prenait la compétence de l’eau d’organiser avant juillet 2013 une consultation tant des citoyens que des Conseils Municipaux. J’avais personnellement lancé un appel dès octobre 2009 en m’adressant aux Maires de l’Agglomération pour poser clairement la question du retour à la régie publique.

Faute d’une réponse au niveau des responsables de l’Agglomération nous avons, en tant qu’élus, organisé en mai 2013 dans notre Commune une votation, précédée d’un vaste débat public. Grabels fut la seule municipalité de l’Agglomération de Montpellier à avoir organisé cette consultation. Avec un résultat clair et net : une participation de plus de la moitié des titulaires de compteurs d’eau et 95% favorable à la gestion de l’eau en régie publique.

Je me réjouis que mission me soit donnée, ce 22 avril 2014, de réaliser la volonté majoritaire de la population de ma Commune. Je suis fier d’avoir la charge de mettre en œuvre la Régie publique de l’eau. L’eau est un bien commun de l’humanité qui ne peut être traité comme une simple marchandise. L’arracher des mains des multinationales, c’est la rendre au peuple.

Avec cette élection c’est aussi la reconnaissance du large combat citoyen et associatif organisé dans toutes les villes de l’Agglomération pour le retour en régie publique. Je tiens ici à rendre particulièrement hommage à l’association « Eau Secours 34 » et au collectif pour le retour à la régie publique pour avoir mené un formidable travail de sensibilisation et de mobilisation des usagers, de rencontres avec les élus, de diffusion de l’information, recourant pour des réunions publiques à l’expérience et l’expertise de diverses personnalités, faisant signer des milliers de citoyens, organisant des votations citoyennes, suppléant ainsi à la carence des collectivités qui auraient dû les organiser. La preuve est faite que l’implication populaire et la mobilisation citoyenne payent. Cela peut servir d’exemple pour beaucoup d’autres sujets. J’aurai à cœur d’associer au mieux les acteurs associatifs et citoyens à la mise en œuvre de ma mission.

Membre du bureau de l’Agglomération je ferai de mon mieux pour honorer la confiance qui m’est faite. Cet engagement se fait en conservant ma liberté politique. Homme libre, élu fidèle au mandat pris devant le peuple, je continuerai à défendre mes convictions et mes engagements. Membre du bureau de l’Agglomération et Maire de Grabels je demeure profondément opposé à la politique d’austérité du gouvernement Valls. En mettant en place la régie publique de l’eau au nom de l’Agglomération comme en mettant en œuvre dans la Commune de Grabels les engagements pris devant les électeurs nous comptons bien apporter la preuve par l’exemple qu’une autre politique est possible.

René REVOL

De GRABELS à GRENOBLE en passant par MONTPELLIER !

Je réactive entre les deux tours des élections municipales ce blog que j’ai créé en 2010 pour avoir un lieu d’expression politique personnel. Je m’excuse auprès de tous mes amis pour le silence de ce blog ces derniers mois ; c’est par des canaux plus traditionnels que je me suis exprimé. Il est temps de m’y remettre ; dans cette semaine riche et pleine d’enseignements je ferais un point politique en me limitant à trois villes qui me sont chères.

GRABELS

J’ai été élu maire en mars 2008 de cette ville de 6500 habitants de la banlieue nord de Montpellier où je me suis installé avec ma famille depuis 1992. A l’époque membre du PS, responsable de son aile gauche, j’avais fait une liste citoyenne qui avait créé la surprise, alors que Georges Frêche et le secrétaire fédéral du PS avait ouvertement soutenu mes adversaires. Durant ce mandat nous avons beaucoup travaillé et réalisé la quasi-totalité de nos engagements ; bref le mandat du peuple a été scrupuleusement respecté pour faire de notre village un lieu vivant, solidaire, bien davantage équipé, par là-même plus en mesure de résister aux effets des politiques nationales d’austérité menées ces 6 dernières années tant par la droite que par le PS. En novembre 2008 j’ai quitté le PS et participé à la fondation du PG, exprimant par là même ma fidélité à mes idées de toujours de transformation sociale. J’ai depuis participé activement au développement de ce nouveau parti au poste de combat que m’assignaient mes camarades. Cela ne fut pas sans conséquence sur Grabels. Certains ont cru que mes choix politiques leur donnaient l’occasion de me chasser de la mairie en 2014. Le premier fut celui qui en 2009 démissionna de son poste de premier adjoint et appela mes colistiers à quitter notre équipe. Il partit seul ! Et ce malgré la diversité de mon équipe ; nous étions soudés autour de la réalisation du mandat que nous nous attachions à mettre concrètement en œuvre. Cet élu n’a alors eu de cesse de manifester une attitude hostile, avec des propos vengeurs, faisant feu de tout bois durant cinq ans comme s’il était en perpétuelle campagne électorale, multipliant déclarations et propos acrimonieux contre notre travail mais aussi nous-mêmes, bien souvent relayés par le journal local Midi Libre. Nous sommes restés calmes face à cette incessante animosité et avons résolument poursuivi notre travail.

Sans être du PS, il a en 2011 ouvertement fait campagne aux cantonales pour sa candidate Monique PETARD, je soutenais pour ma part le jeune et brillant candidat du PG Lionel DESCAMPS ; il a aussi, fin 2011 participé à la primaire socialiste… Suite logique, le PS local se divisa entre deux conseillers municipaux restés fidèles à notre équipe et deux qui s’en détachèrent pour se rapprocher de lui sans oser au final aller sur sa liste. La fédération socialiste refusa à la section locale qu’elle appelle à voter pour nous, soutenant indirectement ce candidat. Il fut le candidat le plus actif contre nous dans cette campagne inondant le village de tracts agressifs, arguant notamment de sa supposée compétence professionnelle en finances publiques pour entonner le discours ambiant contre la dette et la nécessité de faire des économies. Il s’est tour à tour qualifié de « social démocrate », de « sans étiquette », puis de « centriste indépendant » et enfin de candidat de « rassemblement » alliant des personnes venant du PS et de l’UMP. Quant à la droite, elle a sorti un candidat totalement inconnu mais bourré de moyens (les villes de moins de 9000 habitants n’ont aucune contrainte de financement et sont donc des proies faciles) ; ils s’y sont tous mis UMP, UDI et Modem avec un calcul simple : Revol est isolé puisqu’il est Front de gauche et la gauche va se diviser ; la droite peut prendre Grabels.

Résultat : avec une participation de plus de 68% notre liste fait avec 1596 voix 49.97% et rate la majorité absolue de 3 voix. Le « centriste hystérique » est battu et finit troisième avec 23% (quand on voit les moyens dépensés et le temps consacré en 5 ans cela fait cher l’électeur). Il a retiré sa liste et déclare se retirer de la vie politique locale. Quant à la droite elle rassemble 26% des voix. Pour notre part, sans préjuger du résultat du second tour, nous ressentons un véritable engouement en notre faveur.

Quelles premières leçons tirer de cela ?

1) Il ne sert à rien de faire des combinaisons politiques ; il faut sur la base d’engagements clairs mettre en œuvre une politique qui entraîne l’adhésion populaire majoritaire.

2) Faire passer les logements sociaux de 3,5% à 14%, faire une épicerie sociale, créer des jardins familiaux, une maison de retraite éligible à 100% à l’aide sociale, une crèche municipale, des équipements utiles à tous, défendre la régie publique de l’eau etc… bref faire une politique de gauche par l’exemple, en réponse aux besoins sociaux, convainc le grand nombre.

3) Je suis toujours resté indépendant et ferme face aux féodaux socialistes locaux que ce soit l’Agglomération (Frêche puis depuis 2010 son successeur) ou le président du Conseil général. Cela permet de représenter la seule alternative à gauche vraiment disponible sur le terrain. Je me suis gardé de camoufler mon engagement politique : au cours de ce mandat j’ai été candidat en 2009 sur la liste européenne derrière Mélenchon, tête de liste du Front de gauche élargi aux régionales de 2010 et candidat sur Montpellier aux législatives de 2012. Mais mon engagement politique s’est toujours fait en veillant scrupuleusement à ne pas instrumentaliser la mairie de Grabels et en ayant le plus grand respect du mandat donné par la population de ma ville.

MONTPELLIER ou la décomposition du socialisme frêchiste

En 2010 Frêche gagne les régionales contre le PS officiel derrière Mandroux. Au lendemain de son décès en octobre, ses héritiers se déchirent ; ce sera trois ans de pré campagne qui déboucheront sur l’opposition entre deux frêchistes historiques : Jean Pierre MOURE qui préside l’agglomération et Philippe SAUREL adjoint à Montpellier. Tous les deux ont été des défenseurs zélés de Frêche. Le premier emporte en interne une primaire bien ficelée et le second part en dissidence en se faisant passer pour un homme neuf. Résultat : MOURE obtient 25 %, SAUREL 22% comme l’UMP, 13% pour le FN et 7.5% pour le Front de gauche conduit par notre camarade du PG Muriel RESSIGUIER. Elle a réalisé une belle campagne dans le contexte où l’attention des médias est accaparée par les rivalités socialistes.

Je veux donner ici tous les éléments à ma connaissance sur ce qui s’est passé cette semaine et notamment dans la journée de lundi.

Lundi matin Ayrault/Hollande et tous les ténors nationaux PS proposent un accord : MOURE à l’agglo et SAUREL à la mairie. Moure l’accepte et le propose à Saurel. Celui-ci l’accepte à condition d’être tête de liste ce que Moure refuse en arguant qu’il est arrivé en tête. Leur accord échoue donc juste pour une raison d’égo : être tête d’affiche. Sans aucune exigence programmatique – ce qui éclaire d’un jour particulier leurs grandes déclarations de gauche qui vont suivre.

Lundi après midi MOURE et SAUREL contactent Muriel RESSIGUIER pour lui faire des propositions. Leur but est clair : instrumentaliser le Front de gauche dans leur compétition. Muriel RESSIGUIER l’a immédiatement compris et se comporte en conséquence : elle les écoute et en rend compte à ses camarades du PG puis des autres composantes le soir même en leur proposant de refuser tout accord avec l’un ou avec l’autre quelles que soient les alléchantes propositions de places faites par les deux. Avec Moure et sa liste PS EELV élus PCF PRG MRC (dont il avait exclu le Modem qui faisait partie de l’équipe sortante) l’accord ne pouvait pas se faire, vus des désaccords de fond : sa position pro métropole, sa vision anti écologique du développement urbain, la faiblesse du volet social, l’ambigüité sur la régie publique de l’eau malgré l’accord avec les Verts etc… Le Front de gauche ne pouvait brader cette précieuse autonomie conquise au premier tour. Il en ira de même avec SAUREL bien que celui-ci ait attiré la sympathie de certains de nos électeurs par son côté dissident et anti système (dans les mots car il en est un pur produit). Notons que les communistes de Montpellier participant au Front de gauche avaient commencé à négocier avec lui en sous main. Si son programme était un peu plus acceptable notamment son opposition partielle à la Métropole l’accord avec lui était pour le PG impossible, pour trois raisons :1) Il est un proche de Manuel VALLS qui l’a toujours soutenu par derrière, ce dont il n’a cessé de s’en vanter ; 2) Son programme budgétaire est beaucoup plus austéritaire que Moure en promettant à Montpellier une cure d’austérité comme ne cesse de le réclamer son second Max LEVITA adjoint aux finances sortant 3) Il a refusé d’enlever de sa liste la responsable locale de la « manif pour tous » et ancienne responsable jeune de l’UMP. Ce personnage est particulier et le jour où je l’ai croisé j’ai eu un sentiment de malaise quand il me dit « les partis politiques sont finis, quand les gens viennent avec moi ils se dépouillent de leur ancienne appartenance et deviennent des citoyens neufs » et d’ajouter « je suis De Gaulle et tu peux être mon ministre communiste ». Délire mégalomane d’un des héritiers de Frêche mais sans ses moyens….

Le jour où Muriel RESSIGUIER a refusé un tel reniement, préférant ne pas avoir d’élus, elle est devenue la personnalité politique de gauche la plus respectée dans la population populaire de Montpellier. Elle a défendu de manière ferme cette position auprès des autres composantes du Front de gauche. L’association des quartiers populaires Affirmation Citoyenne a totalement suivi sa position et celle du PG, mais quelle ne fut pas ma surprise d’apprendre que les deux autres composantes cédaient aux sirènes de Saurel. Les responsables de la section communiste de Montpellier et dans une moindre mesure ceux d’Ensemble ont envisagé de se vendre à un aventurier et de se trouver sur la même liste que des réactionnaires patentés en échange de places et d’un groupe ! Je n’en reviens toujours pas ; d’autant que ceux-ci y ajoutèrent une belle petite calomnie à mon encontre : j’aurai négocié une place de vice-président avec Moure ! Outre que cela est totalement faux et que mon passé d’incorruptible face à la mafia frêchiste parle pour moi, cela en dit long sur l’absence de colonne vertébrale politique et de morale politique de ces personnes. Décidément la décomposition frêchiste finit par contaminer beaucoup de monde. Cette situation trouble et désoriente certains y compris des proches qui vont vers l’un ou vers l’autre, ce dont les médias sont friands. Nous ne sommes engagés par aucun d’entre eux. Quant au PG il ne bouge pas de sa position et j’en suis totalement solidaire et fier. Vous trouverez en lien le communiqué  de Muriel RESSIGUIER ainsi que le mien (où je détaille notamment les bons résultats des listes Front de gauche dans l’agglomération de Montpellier). Notre position est claire et nette.

La situation évolue vite et on voit déjà se dessiner une alliance pour que l’Agglo passe à l’UMP en cas de victoire de SAUREL. Bref la semaine prochaine on pourrait se réveiller avec SAUREL à la mairie et GRAND le maire UMP de Castelnau à l’Agglo ….et VALLS, l’ami de Saurel, à Matignon…drôle de renouveau.

Le PG a donc la lourde responsabilité de reconstruire une vraie gauche alternative dans une région marquée par la décomposition du frêchisme combinée à la montée de la peste brune comme à Béziers. La position ferme prise à Montpellier est un point d’appui essentiel pour les temps qui viennent.

L’ESPOIR GRENOBLOIS

Lundi matin, outre la joie de mon résultat local, j’étais transporté aussi par le résultat de Grenoble qui faisait contre-point à l’évolution nationale. J’y suis né et j’y ai fait mes études, je fus un des dirigeants étudiants de 68 et président de l’AGE-UNEF avant d’enseigner et de militer dans la région jusqu’en 1987. Elisa MARTIN et Alain DONTAINE et d’autres dans le PG sont des amis de longue date, de solides personnalités fermes et déterminés. Depuis longtemps la gauche rebelle est puissante dans cette ville. Les écolos aussi en ont hérité en partie car n’oublions pas que ce sont eux qui ont fait chuter le mafieux RPR Carignon qui dirigea la ville de 1983 à 1995. Mais ce qui se passe a une bien plus grande ampleur car l’alliance des Verts et du PG sur un programme écosocialiste de rupture avec l’austérité ouvre une alternative crédible à gauche. Dimanche soir espérons que Grenoble exprimera l’espoir face au désastre de Montpellier ou de Béziers ou ailleurs et nourrira ainsi notre action pour construire une nouvelle alternative à gauche dans le pays.   

René Revol.

« Nul besoin de faire la sérénade devant les fenêtres du PS » – Lettre à Nicolas GARCIA, secrétaire départemental du PCF dans les Pyrénées Orientales.

Lettre à Nicolas GARCIA, secrétaire départemental du PCF dans les Pyrénées Orientales.

Cher Nicolas,

Je me permets de répondre à la note récente de ton blog où tu mets en cause le Parti de Gauche et où tu me cites. Je le fais car nous avons souvent combattu ensemble côte à côte depuis 2005 et la campagne pour le NON au TCE et j’ai beaucoup de respect pour ton action tant au Front de gauche dans les Pyrénées Orientales qu’en tant que Maire d’Elne. A chaque fois que tu m’as invité pour animer une réunion publique ou partager une action j’ai répondu présent ; en 2010 quand il a fallu défendre l’honneur de la gauche face à Georges Frêche, tu as refusé de suivre Gayssot et autres opportunistes et tu t’es engagé pour la liste du Front de Gauche que je conduisais ; lorsque tu nous as demandé que Jean-Luc Mélenchon soit présent à la Fête du travailleur Catalan, celui-ci a toujours répondu présent. Si cette critique du Parti de Gauche était le fait du secrétaire départemental du 34 je ne perdrais pas mon temps à lui répondre car depuis le début il a toujours manifesté son hostilité au Front de gauche, ce qui est normal pour un élu qui s’est toujours plié aux volontés de Frêche et de ses successeurs (il fut même le seul responsable du PCF à refuser de venir au meeting de campagne de Mélenchon à Montpellier où nous étions 10 000 !) mais venant de toi avec qui j’ai partagé tant de combats communs, tu comprendras que je prenne le temps de répondre à ta mise en cause en espérant te convaincre, d’autant que tes informations sont fausses.

Tu affirmes que le PG est contre toute présence commune avec des socialistes sur des listes municipales dès le premier tour dans toutes les villes. Cela est faux. Je te précise donc la position du PG. Dans les grandes villes de plus de 20 000 habitants il nous paraît indispensable que le Front de gauche se présente sur des listes autonomes du parti socialiste car il faut permettre aux électeurs de voter à gauche contre l’austérité que met en œuvre le gouvernement Hollande-Ayrault. Ce dernier vient de décider de mettre au régime sec les collectivités locales en baissant massivement la Dotation 2014 ; comment pourrions nous être sur les mêmes listes que ceux qui approuvent cette cure libérale et que vaudront leurs promesses puisqu’ils mettront en œuvre cette austérité locale programmée? Naturellement si un élu socialiste rompait avec cette logique libérale nous pourrions nous rassembler ; nous n’excluons pas cette hypothèse quand on voit le début d’une vague de démissions qui se profile, mais ce n’est le cas d’aucun candidat PS actuellement dans les grandes villes et pour le PCF à Paris comme à Perpignan ou Montpellier se compromettre sur une liste PS c’est le plus sûr moyen de partager le rejet populaire qui grandit dans le pays et ainsi laisser le champ libre au FN qui apparaîtrait comme la seule alternative. Ce serait catastrophique et c’est bien pour cela que dans la grande majorité des villes les communistes votent massivement dans leur consultation interne pour des listes Front de Gauche autonomes.

Quant aux villes de moins de 20 000 habitants la mise en œuvre de politiques municipales en rupture avec l’austérité peut parfaitement se faire en rassemblant toute la gauche authentique d’une ville ou d’un village et parmi eux il ne manque pas de socialistes de terrain qui nous suivront ! Tu me fais l’honneur de parler de la ville de Grabels qui avec ses 6500 habitants est membre de l’Agglomération de Montpellier. Laisse moi d’abord te rappeler que quand j’ai été élu en 2008 c’est CONTRE Georges Frêche et Robert Navarro (1er fédéral PS) qui avaient appelé à voter pour une autre liste ! Ensuite tu parles d’un élu « centriste » ; tu fais certainement allusion à un élu qui se disait « centre gauche et admirateur de DSK » et je t’informe qu’il a quitté notre liste au début du mandat et qu’il a depuis inondé le net de critiques virulentes contre notre politique. Son écho est faible puisqu’il est parti seul, toute la liste étant resté solidaire. Sur les 22 colistiers 6 sont au PG (le PCF n’existe pas chez nous) et 5 sont au PS et les 11 autres sont non encartés. Nos actions ont été soumises à tous et approuvées. Le bilan est là :
1- Refus de l’austérité avec un plan d’investissements massifs (3M€ par an en moyenne soit le triple des communes identiques) et municipalisation de la crèche et du centre de loisirs faisant passer le personnel de 60 en 2008 à 101 en 2013 ;
2- Mise en place de circuits courts avec un marché local et une réinstallation d‘agriculteurs, base d’une politique de relocalisation des activités à l’opposé de la stratégie frêchiste (devenue depuis la doxa du PS et du gouvernement) des pôles privés de compétitivité ;
3- Politique massive de logements sociaux les faisant passer en 5 ans de 108 à 400 !
4- Prise de position claire et nette pour refuser la métropole ;
5- Pour la gestion publique de l’eau contre la DSP à VEOLIA défendue par le Président PS de l’agglomération et candidat socialiste à la mairie de Montpellier et cette décision soumise à un référendum municipal qui a obtenu 95% des voix pour la régie publique….Et je pourrais ainsi aligner d’autres exemples.
Je suis certain qu’un tel programme et une telle action ne peuvent qu’entraîner la majorité de la base socialiste que nous rencontrons dans nos villages et nos quartiers. Je sais que ton action à Elne va dans le même sens et depuis bien longtemps. Alors nul besoin de faire la sérénade devant les fenêtres du PS pour faire triompher localement une politique de gauche.

Et ainsi ensemble nous pourrons porter haut et clair les couleurs d’une gauche qui n’est pas libérale et que le front de gauche peut rassembler , non seulement aux municipales mais aussi deux mois après aux élections européennes dans le grand sud ouest derrière Jean-Luc Mélenchon ou encore aux élections régionales en Languedoc Roussillon en mars 2015 où nous devrons porter une alternative à gauche à la gestion socio-libérale des Bourquin et consorts.

En espérant que nos débats seront constructifs et nous permettront de faire vivre le Front de gauche partout dans notre région.

Fraternellement,

René REVOL

Touche pas à mon intermittente !

Sommes-nous dans une démocratie et un Etat de droit quand on voit ce qui se passe dans les médias, Sophie Tissier l’intermittente de D8 placardisée pour être intervenue à l’antenne sur ses conditions de travail lors du passage de Jean-Luc Mélenchon en juin dernier,  lance une pétition qui a déjà récolté plus de 10 000 signatures.

Vous trouverez le lien de la pétition en cliquant ici !

Signez en masse !

René REVOL

Retraites et Révolution citoyenne !

Au lieu d’une note écrite, je vous invite à regarder mon passage dans l’émission « La voix est libre », sur France 3 Languedoc Roussillon du samedi 14 septembre, en cliquant ici.

Dans les 25 minutes de cette émission, j’ai pu exprimer l’opinion du Parti de gauche notamment sur la contre-réforme des retraites où pour la première fois un gouvernement de « gauche » entérine et aggrave les mesures adoptées par la droite en 1993, 2003 et 2010.

Je vous invite aussi à participer aux deux rendez-vous politiques locaux à la fin de cette semaine où nous accueillons notamment Alexis CORBIERES, secrétaire national du PG, Maire Adjoint du 11ème arrondissement de Paris.

Vendredi 20 septembre à 19h30 dans la salle du Café de l’Esplanade à Montpellier

Débat autour du thème « Assumer le combat contre le Front National ».
Le débat est organisé par le Front de gauche de Montpellier à l’initiative du PG et sera animé par Muriel Ressiguier, porte-parole montpelliéraine du PG. Alexis CORBIERES est un spécialiste de ces questions notamment avec son ouvrage sur le FN «  Vote FN pourquoi ? ».

Samedi  21 septembre, je vous invite à la 14ème édition de la Fête de la République à Grabels (dans la cour des anciennes écoles) à partir de 12h pour un banquet républicain où notre invité d’honneur cette année est justement Alexis CORBIERES où il nous parlera de l’expérience sud-américaine et plus particulièrement de la mise en œuvre de la Révolution Citoyenne.

Pensez à vous inscrire pour le repas de 12h30 (tarif de 15 euros et 8 euros pour les étudiants et les chômeurs) auprès de l’association pour la fête de la République par mail : feterepublique34790@yahoo.fr ou par téléphone : 06 22 37 14 94.

René Revol.

 

 

Où va la France ? La dérive des continents sociaux s’accélère.

Note du 24 avril 2013

Un mot d’abord avant de développer les sujets principaux de cette note : un adolescent de 16 ans et ses potes que je connais un peu me disent être tombés sur ce blog et de certes avoir vite survolé les textes (qui manifestement ne les ont pas passionnés !!) mais par contre d’avoir été scotché par les aphorismes de René Char que je mets en exergue. Je suis heureux que ces jeunes aient pu rentrer dans ce blog par cette porte. N’hésitez pas à faire comme eux en cliquant sur l’onglet « aphorismes ». Je leur dédie l’aphorisme que j’ai choisi pour ce jour ; il leur va à merveille.   

Dans cette note je m’essaye à une appréciation générale de l’évolution économique et sociale de notre pays et de sa politique, mais aussi et surtout une analyse du début de la crise du régime politique actuel, de l’évolution des rapports de force sociaux, de la radicalisation à gauche comme à droite et de son mécanisme interne, de l’importance de cette appréciation théorique dans la définition de notre stratégie et de notre expression au PG et je dis aussi un mot sur les « outrances » et ce qu’il faut en penser. Et comme cette note est un peu longue je commence par vous faire un petit cadeau.   

Photo 001

Ci-dessus il s’agit de la bannière que les paysans vignerons de mon village Grabels ont brandi dans les grandes manifestations de de la révolte viticole de 1907. Le texte est en occitan et signifie :

« Vous arrosez d’eau le pays 
Vous arrosez d’or vos amis
Nous vous balaierons tous,
Fraudeurs, arroseurs et arrosés. »

Cette affiche a été retrouvée en 2010 (ainsi que celle de 1963 reprennat le même texte mais traduit en Français lors d’une autre grande manifestation viticole), elle a été restaurée par un artiste local et est désormais exposée dans la salle du Conseil Municipal. Et lors d’un récent mariage lorsque les invités m’ont demandé de leur traduire le texte un moment magique s’est produit : ils ont tous applaudi ! Comme quoi la perspective d’un grand « coup de balai » est toujours d’actualité et correspond aux attentes populaires. En 1907 les négociants avides de profit coupaient le vin avec l’eau pour s’enrichir et appauvrir les vignerons ; en 2013 ils fraudent le fisc. Ces braves gens dans ce mariage n’ont pas eu besoin de discours pour faire le lien.
Et je vous fais un deuxième cadeau, si vous allez lire la nouvelle constitution équatorienne qui prône la révolution citoyenne, vous trouverez la formule suivante en quechua, qui est d’actualité :

« AMA QUILLA, AMA LLULLA, AMA SHUA »
« No ser ocioso, no mentir, no robar »
« Ne pas être désœuvré, ne pas mentir, ne pas voler »

J’utilise  l’expression dans mon titre de « dérive des continents » tirée de la tectonique des plaques parce qu’elle me paraît adaptée à ce qui est entrain de se passer dans notre société, étant entendu que la dérive des continents physique est à un bout à l’échelle de la lenteur et que la dérive des continents sociaux peut s’accélérer vivement.  Une société est un complexe aggloméré et sédimenté, fait de groupes sociaux aux intérêts divergents et contradictoires, structuré par des institutions politiques et sociales qui encadrent des rapports sociaux en mouvement, mais une société c’est aussi des représentations collectives du monde et de l’homme qui font les consciences individuelles. Cet ensemble d’objectivité et de subjectivité, qui interagissent les unes sur les autres, évolue parfois lentement et parfois s’accélère. De plus les niveaux différents du complexe social n’évoluent pas au même rythme provoquant d’incessants décalages ; et dans la différence des rythmes ce sont souvent les représentations subjectives, les croyances et les sentiments comme les systèmes d’idées,  qui évoluent le plus lentement, ce qui débouche souvent sur la stupeur que provoque le choc de la réalité brutale sur une conscience qui découvre soudainement la réalité. Or justement j’ai le sentiment si ce n’est la certitude que nous assistons en ce moment à une accélération de l’évolution du complexe social global. Plusieurs phénomènes se superposent en même temps. La situation économique et sociale où la récession mortifère du Sud européen commence à faire effet dans notre pays, la remise ne cause de la base même de l’autorité politique que manifeste la perte phénoménale de confiance  exprimée dans l’extraordinaire affaire Cahuzac, tout cela débouchant sur une polarisation politique grandissante traversant tout le corps social comme en témoigne d’un côté la détermination et la colère dans les luttes ouvrières et de l’autre la radicalisation à droite contre le mariage pour tous. Prenons rapidement chacun de ces points.

La situation économique : Arrive la catastrophe annoncée.

Pour traiter ce point je vous reproduis ci après un extrait de la réponse que j’ai apporté à un groupe d’anciens étudiants qui m’interrogeaient fin février. En cette fin d’avril on peut en garder tous les termes.

« J’enrage ! » est l’expression utilisée par John Maynard KEYNES dans une lettre de 1931 à son collègue Robertson. Ce qui le mettait en fureur c’était la politique suivie par les grandes puissances de l’époque face à la crise économique qui frappait les économies capitalistes depuis le déclenchement de la grande dépression en octobre 1929. Aux Etats-Unis le président Hoover prônait l’austérité budgétaire ajoutant de la crise à la crise et il faudra attendre 1932 pour que la donne change avec l’arrivée de Rooseveltqui après avoir poursuivi quelques mois la même politique comprit vite qu’il fallait changer radicalement d’orientation ; en Angleterre on baigne encore dans le conservatisme financier dont Baldwin fut le héros comme premier ministre (avec son chancelier de l’échiquier un certain Winston Churchill dont la politique d’austérité des années 20 fut une des causes majeures de la misère ouvrière anglaise des années suivantes – cela est trop souvent oublié quand on fait l’éloge de ce personnage) en espérant qu’un taux de change fort de la livre sterling et des taux d’intérêt élevés valorisent le capital, ce qui a bien sûr produit un accroissement du déclin industriel britannique (avant qu’au cours de l’année 1931 le nouveau premier ministre Ramsey Mac Donald ne se résolve à une salutaire dévaluation) ; en France on vit encore sous la doctrine monétariste que Poincaré avait imposé en 1926 et on croit pouvoir échapper à l’effet de la crise mondiale; enfin en Allemagne le Président de la République de Weimar le vieux  Hindenburg appelle au pouvoir des politiciens de centre droit qui imposent une cure d’austérité budgétaire drastique aggravant la récession et faisant ainsi le lit de Hitler, qu’ils n’hésiteront pas à mettre légalement au pouvoir en janvier 1933 (bien que les nazis n’aient que 31% des voix aux dernières élections). Donc en 1931 Keynes voit bien les conséquences dramatiques des politiques d’austérité pratiquées simultanément dans tous les pays en même temps ne pouvant provoquer que la chute de la demande interne (investissement et consommation) et externe (exportations) ; il voit bien que la première conséquence de cette politique c’est l’aggravation de la misère et du chômage répandant le désespoir dans les populations ; et il voit aussi  que la conséquence suivante sera la ruine des démocraties libérales occidentales (qu’il avait d’ailleurs anticipé dans un texte prémonitoire en 1919aprés avoir claqué la porte des négociations du traité de Versailles dont il était un des experts britanniques). Bref vous l’avez compris. En ce moment je ne vous parle pas des années 30 mais bien de ce qui se passe aujourd’hu, en tenant compte des différences de situationi. Car on est de plus en plus nombreux à enrager contre la politique actuelle des dirigeants européens. Les résultats économiques de l’année 2012 sont exactement ce que nous avions prévu : une catastrophe pour la zone Euro qui voit son PIB baisser au 4ème trimestre ( de – 0.6% ce qui amplifie ce qui avait été constaté déjà au 3ème trimestre où la zone Euro avait été officiellement déclaré en récession). Non seulement parce que les petits « pays du sud » continuent de s’effondrer : Grèce (dont le processus de sous développement est d’une rapidité et d’une violence inouie), Chypre, Portugal, suivis maintenant par les « gros » du Sud (recul massif de l’Espagne et plus modéré de l’Italie) mais maintenant la récession a atteint des pays du Nord et non des moindres : l’Allemagne vient d’avoir un recul de -0.6% au 4ème trimestre soit une moyenne annuelle de 0.7% (après une année 2011 à 3% …et souvenez vous des commentaires de l’époque !). Et la France qui suit sous Hollande la même orientation économique générale que sous Sarkozy est entraînée dans cette spirale récessive : le gouvernement Ayrault avait construit son budget 2013 sur une hypothèse de croissance de 1.3% puis au vu des premiers résultats macroéconomiques l’avaient modifié en novembre en se basant sur une hypothèse de 0.8% ; le budget a été adopté sur cette base et Ayrault vient de reconnaître qu’il n’en sera rien et que la croissance sera au mieux de 0,1% ! [ En cette fin avril cette hypothèse n’est plus reprise par aucun expert car ils tablent tous sur une croissance négative en 2013] Et bien sûr le déficit limité à 3% ne sera pas respecté puisque la chute de la croissance entraîne inexorablement la chute des recettes fiscales. Et que croyez vous qu’ils concluent après six mois d’erreur et de myopie ? Et bien on ne change rien et on nous annonce encore des hausses d’impôt et des  économies dans les dépenses publiques qui auront le même effet que les économies précédentes : elles feront baisser la demande publique et privée et donc la croissance, et donc les recettes de l’Etat …ce qui aura pour effet d’augmenter le déficit de l’Etta que ces mesures étaient censées combler. Sommet européen début février : que décide t on ? De réduire le budget européen (dont la scandaleuse réduction de l’aide alimentaire alors que la fréquentation des « soupes populaires » – comme on disait dans les années 30 – a doublé en un an) ; et Hollande ose appeler cela un bon compromis. Et le G20 qui vient de se tenir confirme la priorité à la rigueur budgétaire.  

Je ne change rien à cette analyse faite en février et largement confirmée dans ces deux mois et j’enrage tout autant. J’enrage parce que je constate tous les jours les dégâts de cette politique sur des populations de plus en plus nombreuses : CDD non renouvelé, intérimaire qui restent à la maison, jeunes qui restent dans la file d’attente du chômage, de plus en plus de fin de droits, retour humiliant chez les parents entre 30 et 40 ans, désespoir des chômeurs en fin de droits, les épiceries sociales qui explosent sous la demande comme je le vois pour celle de mon village….Que faut-il faire pour qu’on comprenne enfin que derrière ces mots abstraits de « récession » ou « austérité » ou « baisse des dépenses publiques »…il y a des drames humains, des parcours de vies qui se jouent !

Certains pensent s’en sortir en nous disant qu’au moins cette politique de rigueur a convaincu les marchés (financiers bien sûr) de la crédibilité des Etats et que donc les taux obligataires ont baissé et restent très bas, ce qui permettrait d’alléger le poids de la dette publique. Il est vrai que les taux sont bas mais les banques ne prêtent pas pour autant. Au lieu de jouer sur le prix du crédit, les banques jouent sur le rationnement du crédit en ne prêtant qu’aux Etats, collectivités ou entreprises les plus sûrs. Car la conjonction de toutes ces politiques d’austérité nourrissant la récession a plombé la confiance de tous les acteurs économiques qui se sont réfugiés dans des attitudes de retrait : les entreprises reportent leurs investissements tant qu’elles ne sont pas sûres de vendre plus, les ménages qui le peuvent épargnent inquiets d’un avenir en berne, et c’est dans ce contexte que les Etats décident de dépenser moins. Bref par tous les bouts qu’on prenne le problème le cercle vicieux poursuit son cheminement infernal.

Plus qu’une crise gouvernementale, une crise du régime politique

L’affaire Cahuzac a déclenché quelque chose d’irrémédiable dans les profondeurs de la société. La symbolique est énorme : celui là même qui était chargé de lutter contre la fraude fiscale se révèle être un fraudeur ; le ministre du budget qui met en place l’austérité pour tous ne se l’applique pas à lui-même. Puis se révèle au grand jour l’entre soi et les connivences d’un monde privilégié gangréné par l’argent, monde dans lequel les frontières politiques s’effacent au point de montrer qu’un dirigeant socialiste et ministre est resté ami avec des affairistes d’extrême droite tout çà étant connu de Madame Le Pen. Le soupçon se répand sur tous les ministres et le Président lui-même notamment à travers les révélations sur son trésorier de campagne. Le bon peuple se dit : « Si l’un a trempé pourquoi pas les autres ? Si l’un a menti pourquoi croire les autres ? » Ce sentiment est ravageur et les dénégations, les démonstrations d’honnêteté ou les publications de patrimoine n’y changeront rien. C’est le fondement même de l’autorité politique qui est atteint. Max Weber a bien montré que toute domination politique est basée sur deux piliers indissociables l’un de l’autre : d’une part le monopole de la violence qui fonde la puissance de l’Etat en dernier ressort ; mais aussi d’autre part la légitimité de ce monopole de la force qui elle se base sur le consentement du peuple à l’autorité. Voltaire avait fait remarquer déjà qu’on ne pouvait pas mettre un gendarme derrière chaque citoyen et que l’obéissance des peuples était le principal fondement du pouvoir politique. Et lorsque cette obéissance disparaît le seul monopole de la force physique ne durera pas  – même si dans l’intervalle cela peut faire beaucoup de dégâts. Weber, Elias et d’autres ont souligné que deux monopoles fondent l’Etat : le monopole des armes et le monopole fiscal. Le fait que le scandale concerne le responsable gouvernemental de lever l’impôt a naturellement plus de conséquences car cela porte atteinte au consentement à l’impôt chez les citoyens ce qui est une des bases les plus importantes de l’Etat moderne.

L’affaire Cahuzac fait franchir une étape décisive à la situation du pays : nous étions dans une crise économique et sociale ou pour être plus précis dans cette crise économique et sociale la politique d’austérité suivie par ce gouvernement dans la continuité du précédent était fortement remise en cause et n’était plus acceptée par la majorité de nos concitoyens. Il l’avait manifesté en chassant Sarkozy.  Le sentiment a grandi mois après mois que Hollande les trompait en reprenant la même politique à quelques changements cosmétiques prés. Cela s’est imposé dans les esprits depuis la fin 2012 et la diversion militaire du Mali n’a eu d’effet qu’une ou deux semaines ; toutes les enquêtes d’opinion ont montré dés janvier un refus majoritaire dans le pays de cette politique d’austérité. A ce sujet le retournement de certains commentateurs est assez drôle et significatif du changement d’état d’esprit dans le pays. Il faut les voir en ce moment s’amuser des erreurs de calculs soit du FMI il y a deux mois, soit d’éminents économistes récemment. Bref le rejet de la politique d’austérité atteint des cercles de plus en plus larges.  Mais l’affaire Cahuzac nous fait franchir un degré dans la crise : nous passons d’une crise de la politique gouvernementale à une crise même de la domination politique ; la pourriture du système est visible et le peuple voit au grand jour que les institutions politiques sont totalement pénétrées par l’argent roi. Cette défiance généralisée rend possible non pas seulement une crise gouvernementale mais une véritable crise de régime, une crise du régime politique qui nous gouverne. Il ne suffira pas de changer de gouvernement. C’est cela qui est à l’œuvre sous nos yeux. Ces analyses nous les poussons quotidiennement au Parti de Gauche pour pouvoir au mieux mener  notre action et on mesure l’importance de ces débats théoriques sur la situation  à travers l’évolution des prises de position de notre principal porte parole Jean-Luc Mélenchon. En janvier en lançant la campagne du Front de gauche contre l’austérité et pour une politique alternative, Mélenchon posait avec juste raison la question d’une alternative gouvernementale à gauche par une nouvelle alliance du front de gauche avec les écologistes et les socialistes qui refusent la politique d’austérité. Cette perspective gouvernementale était en phase avec le refus croissant de la politique d’austérité dans le pays qui mettait le gouvernement dans une impasse. Après l’épisode chypriote (qui a montré que les dirigeants des institutions européennes à commencer par la BCE se souciaient comme de leur dernière chemise de respecter la démocratie d’un pays voire même les propres règlements européens et qu’ils n’hésitent pas à utiliser une violence monétaire absolue pour contraindre un pays) et après l’affaire Cahuzac et le commencement d’une paralysie et d’une crise de régime, nous continuons certes à défendre une alternative gouvernementale à gauche mais il faut aller plus loin. Il faut offrir une perspective systémique et donc une réponse cohérente et saisissable par tous à la crise du régime politique de la Vème République. Aussi quand Mélenchon un vendredi matin à France Info lance l’appel à une grande marche nationale le 5 mai pour la 6ème république ce n’est pas une lubie passagère ou une initiative « personnelle » (comme le croient les médias) mais le fruit d’une analyse mûrie de la situation du pays et de son évolution. Le succès de cette initiative à la base, son caractère unitaire bien au delà du seul Front de gauche, prouve la pertinence de l’analyse de la situation. Mais en même temsp elle pèse sur la situation objective elle-même et contribue à la modifier en ouvrant une issue possible.

Le nombre, la force et la confiance.

Donner force et confiance dans l’action collective à la masse des salariés, chômeurs, retraités et jeunes qui subissent aujourd’hui.  En prenant l’initiative du 5 mai nous visons à donner les moyens au nombre de trouver sa force en se rassemblant sur une vraie perspective politique. Nous l’avons vu lors du meeting de Montpellier le 11 avril avec Mélenchon et les autres représentants nationaux du Front de gauche. Nous n’avions qu’une salle de 1000 places. Très vite bondée avant l’heure du meeting, la salle voisine identique s’est remplie face aux écrans géants puis la rue s’est remplie pour s’agglutiner autour des sonos…3000 présents avec les salariés de boites menacées, les postiers, les chercheurs licenciés… et surtout cette masse de jeunes avides de sens et d’action pour un monde meilleur. Les participants ont trouvé dans ce rassemblement des raisons et des sentiments de résistance et de force qui irriguent autour d’eux depuis. C’est ce qu’on verra le 5 mai à grande échelle et j’invite tout un chacun à ne pas manquer ce rendez vous. Car il ouvrira un printemps social et politique sans précédent et cette conviction je la tire de l’analyse du mouvement des forces en présence.

La radicalisation à droite et la crise des classes moyenne

Ce qui se passe dans la mobilisation réactionnaire contre le mariage pour tous est aussi très significatif. Le petit bourgeois catholique est saisi d’effroi devant la crise générale de notre société et croit trouver dans le culte de la famille « naturelle » un refuge face au monde. Depuis toujours certes entre la pensée réactionnaire et la pensée progressisteune divergence théorique les oppose : du côté progressiste l’égalité des droits passe avant les inégalités naturelles alors que pour les réactionnaires les inégalités sociales trouvent leur source dans les différences de la nature. Relisez les débats philosophiques des Lumières ou encore le débat entre Condorcet et ses adversaires sur le droit de vote des femmes, tout y est. Ce qui est intéressant actuellement dans la mobilisation réactionnaire contre le droit au mariage et à l’adoption pour les homosexuels c’est cette mobilisation de l’argument « naturaliste ».  Laissons le folklore d’un mouvement qui se partage entre une folle qui se fait prénommer Frigide et une illuminée qui s’appelle « Bourges » (çà ne s’invente pas !) le plus important est ce que signifie cette mobilisation : la petite bourgeoisie, qui constitue la clientèle traditionnelle de la droite, se radicalise sous l’effet à la fois de la crise économique qui les menace de déclassement et aussi par la le vide ouvert par la crise de l’autorité politique (y compris à la tête de l’UMP). N’oublions pas que l’Eglise et ses différentes organisations satellites constituent une vaste organisation de masse qui structure le pays (même s’il ne faut pas négliger qu’elle est traversée par des forces divergentes). Ce réseau social est secoué en profondeur par cette mobilisation où ce petit peuple réac ne fait pas que de la politique mais croit défendre une identité anthropologique. L’UMP et même le FN ne maîtrisent rien. Ceci dit ne sur estimons pas à cette étape la puissance de ce mouvement réactionnaire. Si le salariat et la résistance sociale à l’austérité et l’alternative à gauche se met en mouvement sa puissance actuelle paraîtra alors bien pâle. Entre la radicalisation réactionnaire et la mobilisation progressiste la course de vitesse est désormais engagée et cela va accélérer la « dérive des continents sociaux » dont je parlais au début de cette note. Une chose est certaine : dans cette tenaille, l’air se raréfie pour Hollande et la crise interne au PS et à EELV va grandir et nourrir ainsi notre action.

« Outrances ! Vous avez dit  outrances ?»

Dans ce contexte une des armes de l’adversaire est de diaboliser Mélenchon. Ah les « outrances » langagières de Mélenchon c’est devenu le mois dernier la ritournelle des puissants qui dirigent les médias. Que cela influence quelques esprits qui ne vérifient jamais les sources ou qui n’ont pas le temps de le faire, ce n’est que très classique. Je suis cependant resté attentif à ceux qui parmi des gens proches reprenaient cet argument. Si ceux-ci avaient la patience et l’honnêteté de vérifier je leur ai fait chercher le verbatim exact de ce qu’ils avaient cru entendre comme « outrance » et à chaque fois ils ont pu reconnaître qu’ils avaient été victimes du bruit médiatique il en va ainsi de « populisme » « langue de la finance internationale » « purifier l’air »….le comble c’est quand on fait comparer le comportement journalistique face à Mélenchon et celui tout miel avec la mère Le Pen. Bref parmi les notres l’effet de cette campagne est faible car ceux-ci se méfient de la propagande dominante et demandent à vérifier de prés quand ils ont un doute. Mais ces mouvements d’humeur dans un sens puis dans un autre vis à vis de Mélenchon dans les couches intellectuelles des classes moyennes est un signe de la nervosité que crée la situation d’affaissement de la gauche gouvernementale. Un public a voté Hollande et devant l’échec annoncé espère qu’il se reprenne voire en utilisant la pression du Front de gauche ; de bons amis à moi partagent cette vision mais c’est une pure illusion. Hollande ne se reprendra pas par un effort de la raison. Ou pour être précis il est inefficace et inutile « d’attendre » qu’il se reprenne. La marche à l’abîme est en route pour le social libéralisme et je comprends que cela horrifie ceux qui aimeraient en faire l’économie et préfère une évolution calme et tranquille à des bouleversements. Mais on n’en fera pas l’économie. La rage subite de certains à gauche contre Jean Luc n’est que l’expression d’une impuissance et d’une panique. Ne vous énervez pas contre eux. Faites comme moi : écouter, parler, convaincre en les entrainant dans l’action. Par exemple envoyer leur ces deux vidéos et dites leur d’avoir la patience de les suivre et de nous dire avec quoi ils ne sont pas d’accord. Vous verrez cela permet de parler du fond.

D’ailleurs la diabolisation est en train de perdre du souffle car y compris du point de vue des dominants ils s’aperçoivent qu’en diabolisant Mélenchon  en même temps qu’ils intègrent le Pen au jeu ils ne font que faire de Mélenchon et donc du Front de gauche le recours face à la crise du système.

Alors, amis, camarades, citoyens, gardez confiance dans votre force collective.

Mettez votre énergie et votre intelligence au service de l’action émancipatrice.

La France est à un tournant.

 Que vous soyez jeune ou vieux, c’est le moment d’avoir vingt ans dans vos têtes !

Pour l’humain d’abord contre la finance et l’austérité

Pour la 6 ème République

Rendez vous le 5 mai à Paris à la Bastille à partir de 13h30 !      

René Revol.