« Ni Rire, ni pleurer, mais comprendre » SPINOZA

Nous arrivons au terme d’une séquence électorale commencée il y a un an par la désignation de Jean-Luc Mélenchon comme candidat du Front de gauche. Cette séquence va s’achever dimanche 17 juin par les second tour des élections législatives : le travail n’est pas fini et d’ici dimanche les uns et les autres nous feront tout pour que la droite et l’extrême droite soient battus. Cela n’a rien de mécanique. Voilà pourquoi j’ai cette semaine mobilisé pour ce vote notamment dans la circonscription où j’étais candidat et cela en gardant une totale indépendance vis-à-vis du PS. Ceci dit à la veille de ce second tour je vous livre ici mes premières réflexions, et pour qu’elles suscitent débats et échanges entre nous.

Investir l’acquis de la campagne présidentielle.
Ne laissons pas la superficie médiatique occulter le mouvement de fond. La campagne de Jean-Luc Mélenchon au nom du Front de gauche a construit un socle durable pour les évènements qui viennent et pour offrir une alternative de gauche. Prenons la mesure de ce qui a été réalisé. Premièrement, un socle programmatique avec le programme de « l’Humain d’abord » ; il constitue désormais une référence politique pour des centaines de milliers de femmes et d’hommes, une référence pour toute la gauche pour les évènements qui viennent et ainsi il peut servir de base permanente à l’unité de l’autre gauche. Mais a été élaboré aussi un socle idéologique avec le concept de « la révolution citoyenne » dont les implications théoriques et pratiques sont considérables et qui ont peu été analysées ; cela constitue la base stratégique de la période mouvementée qui s’ouvre et renouvelle le combat émancipateur pour le XXIe siècle. Il en va de même du concept de « planification écologique ». On aura l’occasion d’approfondir ce corpus idéologique. Enfin troisième socle : la mise en mouvement d’une force militante et humaine considérable : le nombre et l’enthousiasme d’une nouvelle génération (de tous les âges !) qui rentre ou re-rentre en politique par la conviction et l’action et qui ne la quittera pas de si tôt. Cet acquis il s’agit désormais de voir comment ensemble nous allons l’investir dans le projet transformateur de la société qui passera dans le même mouvement par la transformation de la gauche. Mais maintenant quelques mots sur l’épisode législatif.

L’effet légitimiste.
Il faut se l’avouer clairement : nous (et je me mets dedans) avons sous estimé un effet institutionnel et politique. 2002 avait été particulier et en 1995 il n’y eut pas de dissolution. Nous n’avions que l’expérience récente de 2007 de l’inversion du calendrier. Après la présidentielle et le processus de légitimation que provoque l’élection d’un président, les élections législatives qui suivent dans un aussi court délai sont dominées par la volonté de confirmation de l’élection présidentielle. Cela est le fruit d’institutions antidémocratiques d’une monarchie républicaine unique en Europe. Le scrutin uninominal à deux tours par circonscriptions amplifie cet effet. Chacun sait qu’avec le même nombre de voix le Front de gauche aurait 40 députés avec un scrutin proportionnel alors qu’avec ce mode de scrutin il en aura une dizaine. Ce mécanisme a donc joué et a contribué à minorer notre représentation parlementaire. Mais cela ne fait pas disparaître notre présence populaire. Ce qui a amplifié cet effet malgré la qualité de nos campagnes présidentielles et législative c’est que le lendemain du 6 mai tout a été fait par le nouveau pouvoir socialiste d’occulter tout débat et de répéter en boucle « donnez une majorité au nouveau président ». Ce mur nous ne sommes pas arrivés à le percer.

Comment expliquer l’acharnement du PS contre le Front de gauche en général et contre Mélenchon en particulier ?
D’abord prenons la mesure de la rage dans la base du Front de gauche contre les dirigeants du PS. En effet, Martine Aubry et Jean-Marc Ayrault n’ont guère eu le temps en 4 semaines de faire plus d’une cinquantaine de circonscriptions sur les 577 pour apporter leurs soutiens aux candidats PS et ils ont trouvé moyen de venir dans la 11ème du pas de Calais combattre personnellement la candidature de Mélenchon CONTRE Le Pen. On aurait pu penser au contraire qu’ils auraient pu choisir de faire de Mélenchon le candidat de la gauche contre la chef du FN. Plus grave en concentrant leurs coups sur Mélenchon ils aidaient directement Marine Le Pen et ils le savaient mais il est vrai que les dirigeants du PS ont une longue tradition d’utilisation du FN pour servir leur cause électorale. D’ailleurs il est révélateur qu’entre les deux tours ni Aubry, ni Ayrault n’ont trouvé le temps de revenir dans cette circonscription soutenir le candidat PS et appeler à la mobilisation générale contre Le Pen ; non ils ont préféré participer au feuilleton socialo-socialiste de La Rochelle ! Quelle misère intellectuelle et politique ! Plus grave encore quand Marine Le Pen reconnaît être l’auteur de faux tracts injurieux contre Mélenchon, quand celui-ci est comparé à Hitler, où est la protestation des dirigeants socialistes. Rien ; silence radio…Ce sont des responsables politiques intelligents. Cela ne peut pas être une omission. C’est délibéré. Ce cynisme politique est d’autant plus inadmissible que les mêmes sont bien contents d’accueillir les 4 millions de voix du Front de gauche sans lesquelles Hollande n’aurait pas été élu. Et idem aux législatives où les voix du Front de gauche sont réclamées pour battre la droite. Naturellement nous ne manquerons pas à l’appel pour battre la droite et l’extrême droite mais il est particulièrement important dans un tel contexte que le Front de Gauche conserve son autonomie politique. Cela dit, une telle volonté d’élimination du Front de gauche ne s’explique pas seulement par un calcul électoral, car quel danger représente 5 ou 10 députés de plus pour le Front de gauche. C’est Fabius qui a vendu la mèche quand il a souligné l’importance cruciale pour le gouvernement que la majorité parlementaire ne dépende pas du Front de gauche. En effet certaines mesures ne pourraient pas être votées dans un tel contexte parlementaire. On imagine clairement qu’il ne s’agit pas là des avancées sociales mais bien des mesures d’austérité même déguisées dans un habillage « de gauche ». Hollande comme Ayrault n’ont-ils pas parlé des « efforts nécessaires » qu’il faudrait demander aux Français ? Donc mes amis du Front de gauche, inutile de geindre après la « méchanceté » d’Aubry et du PS. Préparez vous à construire le refus de l’austérité et surtout préparons nous à faire front avec Syriza et les grecs pour une autre Europe. Cette question risque d’être posée dés le lendemain du 17 juin et les résultats grecs auront plus d’importance que ceux de France.

Un dernier mot sur la curée anti-Mélenchon : l’ignominie a été le fait de la droite entre les deux tours lorsqu’elle a repris les calomnies lancées par Le Pen tout çà pour mettre sur le même plan Front de gauche et Front national, afin de cacher que par son « ni,ni » la droite rongée par 5 ans de sarkozysme d’une droite décomplexée les digues entre droite et FN se fissurent de plus en plus dessinant ainsi les contours d’une nouvelle droite française. On aura l’occasion d’y revenir. Sur cette ignoble campagne contre Jean-Luc vous pouvez aussi lire son dernier billet sur son blog

Des résultats honorables.
La 2ème circonscription de l’Hérault (la seule intégralement montpellieraine) où j’étais le candidat du FdG avec ma candidate remplaçante Hind Emad, nous avons viré en troisième position devant le Front national avec 12,66% des voix. J’aurai l’occasion de revenir sur le détail des résultats bureaux par bureaux. Mais une analyse générale est possible immédiatement. Ce résultat est le meilleur du Front de gauche sur le département des 9 circonscriptions. Par ailleurs ma camarade du PG Myriam Hubert est aussi la seule à franchir la barre des 10% dans la 5ème où elle a fait une formidable campagne aux côtés de Serge Azaïs ( malgré le caractère tardif de sa désignation et le fait qu’une petite partie du Front de gauche a trainé les pieds pour des raisons d’ambitions personnelles qu’on croyaient réservées à la droite et au PS….Passons !). Notons aussi les bons résultats dans les autres circonscriptions : Sébastien Andral avec plus de 9%, Yvan Garcia avec plus de 8%, Frédérique Thonnat et Robert Trinquier tous les deux au dessus de 7%, sans oublier les plus de 6% de Barbazange à Béziers et les plus de 5% d’Annie-Claude Ottan, tous les deux dans des circonscriptions au contexte très difficile. Une moyenne supérieure à 8% sur le département et supérieure à 10% sur la ville de Montpellier : ce sont des bases solides dans le contexte national difficile que nous avons connu. Pour en rester à ma circonscription il y eut un formidable travail de terrain. Nous avons du affronter plusieurs obstacles :

  1. Premier, obstacle le vote légitimiste d’une ville et agglo socialiste depuis 1977 et fortement encadrée par les réseaux socialistes ; mais nous avons ressenti une crise de ce leadership socialiste depuis la disparition de Georges Frêche en octobre 2010. A ce sujet un journaliste a repris le titre du dernier roman d’Amis pour décrire le moment politique de cette ville « Le Montpellier politique est comme une « veuve enceinte » ; le père est mort et l’enfant n’est pas encore là ».

  2. Secondo, je suis Maire d’une commune qui ne se situait plus dans cette circonscription, suite au redécoupage Marleix et ainsi les effets de mon travail local étaient moins visibles même si de nombreux montpellierains m’ont dit dans cette campagne apprécier les réalisations de mon mandat municipal notamment sur les logements sociaux. ;

  3. Tertio, le suppléant désigné, ancien candidat Front de gauche aux cantonales, après avoir accepté quitte le Front de gauche brutalement dix jours avant le premier tour de la présidentielle et mène ouvertement campagne contre moi allant jusqu’à soutenir un candidat de droite « sans étiquette » ; on a fait face et avec nos amis communistes le Front de gauche a désigné comme suppléante la combative Hind Emad : comme me le disait l’une des figures militantes de ces quartiers populaires « On a largement gagné au change ! » ; certes, mais il nous a manqué du temps.

  4. Quarto, la campagne va justement être polluée par ce candidat « sans étiquette » (ex candidat UMP aux cantonales, ex candidat à la CCI et partisan de SarKozy) qui n’hésites pas à faire distribuer les billets de 50 € jusqu’à l’entrée des bureaux de vote et autres pratiques maffieuses (mais la population – y compris celle qui a pris les billets – lui fera payer cher en ne lui accordant que 3% !).

  5. Et enfin, petite mesquinerie secondaire, un ex-candidat PCF Front de gauche aux cantonales précédentes sur un des cantons de cette circonscription refuse d’appeler à voter par pure ambition personnelle, ce qui je le précise n’a pas du tout été suivi par les militants et responsables communistes et jeunesses communistes sur la ville qui se sont engagés sans réserves …  Tout ces obstacles, tout cela n’a pas finalement pesé bien lourd devant la mobilisation citoyenne qui a accompagné la campagne du Front de gauche dans cette circonscription. Ce territoire est désormais structuré par cinq assemblées citoyennes qui mobilisent des centaines de citoyens conscients et actifs qui constituent une force politique considérables sur toute la ville. Le maire de Montpellier, Hélène Mandroux, l’a reconnu à sa manière lorsqu’elle a salué que le Front de gauche était devenu la troisième force politique et la deuxième à gauche dans la ville. Calmement et avec méthode, dans le cadre d’un Front de gauche désormais élargissable au NPA unitaire, nous allons déployer cette force sur la ville à travers toutes les mobilisations citoyennes et sociales. Cette force en mouvement désormais à Montpellier rien ne peut l’arrêter et cette campagne législative a été une excellent école de construction et de maturité. En tout cas je prends toutes les dispositions pour rester au quotidien sur la ville et l’agglomération de Montpellier avec les Assemblées Citoyennes au cœur de leurs actions et de leurs initiatives.

Mélenchon et l’enjeu européen.
Ce qui ne voient la politique qu’à travers le petit bout de la lorgnette de la lutte des « places » se demandent ce que va faire désormais Mélenchon. Bien sûr que nous souhaitions tous au Front de Gauche l’avoir comme porte voix à l’Assemblée Nationale ! mais j’ai vu qu’il se remettait en mouvement : d’un côté il s’inscrit au Front de gauche de la 11ème circonscription du pas de calais et compte bien mener bataille auprés de tous ceux qui se sont rassemblés autour de lui dans cetet campagne. Le Pen ne pourra pas dormir tranquille. Par ailleurs député européen de la grande circonscription du Sud Ouest il m’a directement informé de sa volonté de reprendre les tournées qu’il faisait dans notre région avant la campagne présidentielle : il faut donc nous attendre à le revoir chaque mois entre Montpellier-Nimes et Toulouse ou Bordeaux. On prépare déjà activement ses prochaines venues. Mais l’essentiel n’est pas là. La crise européenne est déjà revenue au devant de la scène : Grèce, Espagne, Italie….le rouleau compresseur du défaut de paiement suit sa logique et s’apprête à saisir à la gorge tous les gouvernements européens. Et la bataille de Mélenchon et du Front de gauche pour refuser l’austérité et ouvrir une autre voie pour l’Europe va rentrer en résonance avec la montée de Syriza et celle de tous les peuples européens. J’y reviendrai en détail dés la semaine prochaine après les résultats des élections législatives…grecques !

Après le 6 mai, Rentrée en campagne

Après la défaite de Nicolas Sarkozy, une semaine bien remplie.

Lundi 6 mai : Prendre la mesure de l’évènement

Après une soirée électorale passée à fêter avec les copains la défaite de Sarkozy j’ai attaqué tôt la journée, dès 7h15 du matin dans les studios de France Bleue Hérault pour commenter les résultats du second tour des présidentielles.

C’est en allant à cette émission que j’apprends les résultats en Grèce : hurlement de joie solitaire dans la voiture. Le Front de gauche devient la deuxième force politique du pays avec plus de 16%. Si le KKE avait renoncé à son sectarisme stalinien, ils auraient, unis, été la première force avec prés de 25% des voix et auraient bénéficié du bonus de 50 sièges accordé au premier parti : c’est la vraie gauche qui aurait alors gouverné la Grèce ! Ce n’est que partie remise mais savourons le moment. C’est un point d’appui décisif pour notre combat y compris en France.

Après une journée bien remplie de rendez vous municipaux (mon mandat municipal me passionne et les dossiers d’une municipalité dynamique ne manquent pas.) nous avons la soirée avec nos amis du Pg analysé les résultats. Sans se livrer à une analyse électorale précise, remarquons que dans l’Hérault la gauche avec François Hollande fait ses meilleurs scores à Montpellier et dans les Hauts cantons alors que la droite se renforce sur la bande littorale. L’électorat Le Pen s’est massivement reporté sur Nicolas Sarkozy. La bataille pour conquérir l’Hérault à la gauche reste à mener : sans les résultats de Montpellier Sarkozy est majoritaire dans le département. Dans l’agglomération de Montpellier, Hollande serait minoritaire sans la ville-centre ; une petite satisfaction cependant : pour la première fois dans les élections présidentielles la gauche est majoritaire à Grabels (le travail de terrain finit par payer !) Au lieu de béates déclarations d’autosatisfaction, les responsables de la gauche héraultaise seraient bien inspirés d’engager un travail de fond pour trouver les réponses à cette situation.

Mais la leçon principale que nous tirons de ce scrutin c’est que les 4 millions de voix de Mélenchon se sont massivement reportés sur Hollande. Sans elles il n’aurait pas gagné. Comment va-t-il honorer ce soutien ? Les semaines qui viennent vont peut être nous le dire.

Mardi 8 mai : commémoration et discours

A Grabels, la manifestation de commémoration a été largement suivie et semblait habitée par un parfum joyeux et victorieux. Mon discours semble avoir été apprécié : certes parce que j’ai raconté l’épisode tragique de la traversée d’une colonne allemande dans Grabels en août 44 mais surtout parce que je suis revenu sur l’acquis républicain fondamental qu’est le programme du Conseil National de la Résistance. De nombreux administrés sont venus me demander ce texte et je leur ai bien sûr fourni les références. Ce travail de terrain d’éducation populaire et civique est fondamental et constitue un moyen de résistance précieux aux idées réactionnaires et abêtissantes qui traversent sans cesse le corps social. Chacune des commémorations républicaines, 8 mai, 14 juillet, 22 septembre, 11 novembre sont pour moi une occasion de mener ce travail de fond.

Mercredi 9 mai : le retour de Mélenchon !

C’est ce jour là que le retour de Mélenchon a commencé alors que des efforts médiatiques considérables avaient été déployés pour l’effacer entre les deux tours. Le matin vers les 11h je tiens une conférence de presse aux côtés de Hind EMAD pour lancer notre campagne législative dans la très montpelliéraine 2ème circonscription. Ne ratez pas la présentation de Hind EMAD c’est une jeune femme remarquable tout à fait significative de cette jeunesse des quartiers populaires. Je suis très honorée qu’elle soit à mes côtés dans cette bataille électorale.

A un moment de la conférence j’affirme qu’il est anormal que les 4 millions de voix du front de gauche au 1er tour de l’élection présidentielle finissent par être sous représentées aux élections législatives du fait du mode de scrutin. Ce système inique de scrutin uninominal par circonscriptions, est unique en Europe. Je précise alors que je souhaite comme de nombreux responsables du Front de Gauche que Jean-Luc MELENCHON puisse être élu à l’Assemblé nationale où il représentera beaucoup mieux le peuple qu’au parlement Européen. Et que pour cela, si le Front de gauche est d’accord, je suis prêt à me retirer et à lui laisser se présenter dans la 2ème circonscription de l’Hérault, que je ferai sa campagne avec enthousiasme. Pendant la conférence de presse, un des auditeurs envoie un twiit annonçant ma déclaration puis à la sortie c’est l’emballement médiatique « Mélenchon arrive dans l’Hérault » ce qui après tout est logique puisque Montpellier fait partie de la circonscription du grand sud ouest qui l’a élu comme député européen (précisons au passage qu’il ne cumule aucun autre mandat : avis aux calomniateurs qui pourrissent la toile de propos infâmes). Tous les médias nationaux et locaux reprennent l’info. Pour m’expliquer sur cette déclaration je passe sur France Bleue et sur le journal de 19h de Fr3. Vous trouverez la vidéo en cliquant ici.

Commence alors un débat intéressant pour savoir au Front de gauche où Mélenchon serait le plus utile. Des candidats se proposent comme moi dans huit autres circonscriptions puis finalement une idée s’impose : Jean-Luc MELENCHON sera candidat dans le Pas-de-Calais…. à Hénin Baumont face à Marine Le Pen. En deux jours instances politiques et militants se réunissent et actent cette candidature, officielle depuis ce samedi. J’approuve totalement cette décision car le combat contre le FN devient prioritaire pour une raison simple : dans la crise européenne l’alternative que nous représentons, le Front de gauche ou Syryza et les mouvements similaires, fait face à une autre alternative : l’extrême droite nationaliste et xénophobe qui progresse partout. Il faut donc aller sur les terrains où le FN prospère et le battre dans ses terres d’élection. Quel dirigeant de gauche a ce courage plutôt que de se faire élire dans une circonscription taillée sur mesure ? Quitte à laisser la place à madame Le Pen qui joue alors le rôle de diable de confort et de repoussoir censé l’aider à se faire élire ? On sait depuis les années trente où cela mène.

Jean-Luc MELENCHON en s’investissant personnellement pour défaire le FN alors qu’il avait bien droit à un peu de repos après cette présidentielle, personnifie un courage en politique dont on a tous besoin. Le FN a senti le danger et, pour esquiver le débat sur le fond, cherche à réduire l’affrontement à une rivalité personnelle. Cette manœuvre sera vite déjouée ; notons que certains esprits faibles à gauche ont cru pouvoir reprendre cet argument apolitique. La bataille pour réduire l’influence du FN est une bataille de fond sur laquelle on aura l’occasion dans les quatre semaines qui viennent.

Grâce à cette initiative le Front de gauche est revenu sur le devant de la scène et son programme va pouvoir trouver des traductions concrètes en rapport ave la situation qui s’ouvre.

Jeudi 10 mai : René REVOL et Hind EMAD lancent leur campagne dans la 2ème circonscription en investissant le Diagonal Cinéma et le Rockstore!

En ce 10 mai jour anniversaire de l’abolition de l’esclavage nous avions décidé de lancer notre campagne par la projection d’un film au Diagonal suivi d’un débat. Il s’agit du documentaire de Luc Decaster. Filmé sobrement avec une présence au plus prés des humains, le film retrace le combat mené par des travailleurs sans papiers dans une entreprise de nettoyage de la région parisienne. Ce combat fut victorieux avec l’obtention des papiers et des augmentations de salaire. Cela grâce à leur indéfectible unité de classe face à toutes les tentatives de division. Le lien indissociable entre l’action de classe et la revendication démocratique est une formidable leçon de choses pour tous. Salle pleine et débat passionnant. Le réalisateur était là pour cette avant première. Je vous invite à aller voir ce film au plus tôt. En tout cas il était pour nous particulièrement symbolique de placer notre lancement de campagne sous le signe de la lutte d’ouvriers sans papiers. Nous nous sommes retrouvés ensuite au Rockstore pour une soirée festive avec trois groupes super et une salle enthousiaste. J’ai profité de ce moment pour aborder la question du statut des artistes et des travailleurs du spectacle particulièrement précarisés, insistant sur l’urgence et la pertinence de mettre en œuvre le programme « l’humain d’abord ». Vous trouverez une petite vidéos pour résumer tout cela.

Premier débat télévisé entre les candidats de la 2ème circonscription : instructif !

Dans cette semaine chargée on a aussi trouvé le temps d’enregistrer un débat entre les candidats déclarés à cette élection législative. Plus d’une heure de débats c’est rare pour être signalé. C’est TV Sud la télé locale à grande écoute qui l’organisait. Je vous laisse découvrir ce débat avec le lien qui suit. Juste une petite remarque : j’ai eu le sentiment d’être le seul candidat à une élection législative. Les autres parlaient de la région, de la ville, de l’agglo du département mais personne sinon moi ne parlait les lois qu’il défendrait à l’Assemblée Nationale !

Pour voir le débat cliquez ici



D’ailleurs sur la question du logement nous allons élaborer ensemble le projet de loi au cours de la prochaine assemblée citoyenne prévue le mardi 15 mai à 19h salle Pelloutier dans les locaux de l’Agglomération. Compte rendu dans ma prochaine note.

Bon, vous avez compris : notre campagne est partie tambours battants. Je compte sur votre soutien.

René REVOL

Note du 30 avril 2012

J’ai accepté d’être candidat à la députation au compte du Front de gauche sur la 2ème circonscription de l’Hérault (la seule exclusivement montpelliéraine) pour une raison simple : poursuivre et amplifier le formidable mouvement populaire engagé par la candidature de Jean-Luc Mélenchon aux élections présidentielles. L’unification de toute une gauche derrière cette candidature, la mise en mouvement de la population et de la jeunesse comme on a pu le voir dans les grands meetings de masse comme à Montpellier le 8 février où nous étions 10 000, où les rassemblements en plein air comme les 120 000 à la Bastille, sur la Place du Capitole à Toulouse ou au Prado à Marseille, la multiplication des Assemblées citoyennes dans les quartiers et les villages maillant le territoire, la participation aux mobilisations sociales pour la défense des emplois ou pour sauver les services publics comme à la poste ou dans l’Education nationale… Tout cela démontre que le Front de gauche est l’évènement nouveau de cette campagne et qu’avec ses prés de 4 millions de voix et son score à 2 chiffres, la candidature de Jean-Luc Mélenchon incarne une alternative et une perspective de transformation pour notre peuple. Elle a été une contribution décisive à la mobilisation électorale de la gauche afin de défaire la Droite et son candidat Nicolas Sarkozy. Une enquête signale que 30% des électeurs de Hollande ont déclaré préférer le programme de Mélenchon, c’est dire à quel point l’écho du programme « L’humain d’abord » est devenu populaire dans le pays. Par ailleurs la radicalisation de la droite avec la montée de Le Pen et au détriment de Sarkozy signale le caractère explosif de la situation ; ce qui légitime totalement le combat que le Front de gauche a porté (souvent bien seul) contre le Front national.

Nous poursuivons ce mouvement en étant massivement présent dans la manifestation du 1er mai pour répondre comme il se doit à la provocation de Sarkozy : après avoir précarisé le travail, laissé enfler le chômage, méprisé le droit du travail, il a l’audace de s’approprier le 1er mai avec des accents pétainistes, à l’instar de Marine Le Pen. Nous répondons à cette provocation en nous mobilisant tous ensemble derrière nos syndicats unis.

Dimanche 6 mai nous finirons le travail en votant Hollande pour chasser Sarkozy du pouvoir. Je ne ménage pas mes efforts jusqu’au dernier jour pour convaincre les électeurs de réaliser cette œuvre de salubrité publique.

Une fois Sarkozy chassé, notre pays va être confronté à des défis majeurs : la finance internationale va décupler sa pression pour obtenir que les Etats continuent d’assumer la rémunération des rentiers. Comme en Grèce, Portugal, Espagne, Irlande, Italie et maintenant les Pays-Bas de puis une semaine, la France n’échappera pas à ce chantage. Y céder se paierait par des millions de chômeurs et de précaires supplémentaires, la dévastation des services de santé et d’éducation comme on le voit ces jours-ci en Espagne. Notre peuple doit se préparer à résister et à refuser le diktat des financiers et des responsables de l’Union Européenne et du FMI.
La défaite de Sarkozy le 6 mai sera la première défaite de l’axe « Merkozy » et plus forte elle sera, plus nous ouvrirons à l’Europe une autre voie.

Les élections législatives des 10 et 17 juin prochain revêtent dans ce contexte une importance cruciale. Il faudra certes y battre la droite et empêcher l’élection de députés du FN décidément « incompatibles avec la République », mais il faudra aussi ne pas donner un chèque en blanc au Président élu. La présence d’un groupe important de députés du Front de gauche est la seule garantie que sera défendue à l’Assemblée une politique de rupture avec le capitalisme financiarisé. Après la mobilisation qui a accompagné le vote Mélenchon du 26 avril ces élections législatives seront la deuxième étape de la Révolution Citoyenne. Notre campagne mobilise les citoyennes et les citoyens de la circonscription pour qu’ils élaborent les projets de loi qui répondent à la priorité de l’humain sur le fric. J’aurai l’occasion de détailler chacun de ces thèmes sur mon blog de campagne.

Dans l’immédiat je vous invite :
D’ici le 6 mai porte à porte et diffusion massive des tracts front de gauche d’appel à chasser Sarkozy

Mardi 1
er mai à la manifestation unitaire syndicale à partir de 10h au Peyrou à Montpellier. Le Front de gauche se rassemblera sur le côté droit du Boulevard… puis suivra en cortège la fin de la manif syndicale. Il se retrouvera après la manifestation à midi au kiosque Bosc.

Jeudi 3 mai à 20h30 à Assemblée générale de toutes et tous qui veulent s’associer à la campagne législative du Front de Gauche sur Montpellier, au bar l’alternatif (quartier Boutonnet).

Enfin la semaine suivante, une fois débarrassé de Sarkozy, la campagne législative sera lancé et je vous demande de réserver votre soirée du jeudi 10 mai à partir de 18h pour un évènement politique et culturel que je vous préciserai d’ici dimanche prochain.

Bon courage à tous,
René REVOL

Communiqué du 24 avril 2012

 A Grabels, le 24 avril 2012,

Ce dimanche 22 avril 2012, lors du 1er tour de l’élection présidentielle, les électeurs ont fait leur choix. Les grandes tendances qui se dessinent sont : le rejet de la politique du Président sortant, l’apparition d’une nouvelle force à gauche, le Front de Gauche passant les 10% ; une nouvelle poussée de l’Extrême droite.

Dans la région Languedoc-Roussillon, Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche, obtient plus de 13% des suffrages exprimés. Avec le deuxième plus gros score pour le Front de gauche, notre région se place juste après Midi-Pyrénées, confirmant un ancrage durable et la progression de cette nouvelle force politique.

Force politique indépendante, le Front de gauche est la clé du résultat final. Par conséquent j’appelle toutes celles et tous ceux qui ont porté notre programme « l’Humain d’abord ! » à poursuivre le combat contre l’extrême droite et contre le politique d’austérité du Président sortant, en votant contre Nicolas Sarkozy le 6 mai 2012, en utilisant le bulletin de vote François Hollande.

L’espoir suscité par le Front de Gauche passe dans les jours qui viennent par une forte mobilisation pour chasser Sarkozy du pouvoir lors du 2ème tour des présidentielles. La mobilisation citoyenne autour du Front de gauche se poursuivra avec les élections législatives en envoyant le plus grand nombre de députés Front de gauche, afin qu’ils portent les lois nécessaires à notre peuple pour assurer la redistribution des richesses, la planification écologique, le retour de la retraite à 60 ans à taux plein, la fin des privilèges de la finance et de la banque, un logement abordable pour tous et la marche vers une 6èmeRépublique. Seule cette politique de rupture avec le libéralisme et le capitalisme, en mettant au cœur l’humain d’abord, peut faire barrage à la montée de l’extrême droite.

Fidèle à notre devise « unité dans les urnes et dans la rue », j’appelle tous les sympathisants, militants et soutiens du Front de Gauche à participer massivement au rassemblement du 1er mai à 10 heures devant les Jardins du Peyrou (Montpellier).

A l’issue de cette manifestation, toutes les composantes du Front de Gauche se retrouveront pour un rassemblement festif, au Kiosque Bosc (Esplanade), à partir de 12 heures.

René Revol,
représentant régional du candidat
Front de Gauche Jean-Luc Mélenchon,
à l’élection présidentielle.


Note du 20 avril

Ce soir à minuit ce blog sera mis en veille jusqu’à dimanche 22 avril au soir, conformément à ce que nous impose la loi. Je profite donc de ce message pour publier un dernier billet avant le 1er tour des élections présidentielles.

Ma première pensée va à toutes ces générations militantes que j’ai fréquentées depuis 45 ans que je milite et qui avaient pour projet de construire une gauche de combat de masse. D’ores et déjà quelque soit la marge dans laquelle se situera le résultat nous pouvons dire que la campagne du front de gauche et de son candidat, jean-Luc MELENCHON, est arrivée à créer une nouvelle gauche combative, jeune, pleine d’énergie et avec laquelle il faudra désormais compter. Première mission accomplie ! Ce peuple de gauche mis en mouvement par millions n’arrêtera pas sa marche le soir des élections ; il sera aux avant poste de la confrontation inéluctable qui se prépare avec la finance. Cette dernière a son programme (baisse des salaires, baisse des dépenses publiques, baisse de la protection sociale tout çà pour financer la rente) et elle cherchera à le mettre en œuvre quelle que soit le président élu ; le peuple aura pour sa résistance son programme « l’humain d’abord » et la puissance du vote Mélenchon sera mon premier point d’appui décisif ; le reste n’est que bruit médiatique et futile. Le seul vote utile est le vote Mélenchon. Dans cette campagne, des milliers et des milliers d’acteurs se sont formés et constitués et formeront les cadres de la bataille qui vient.

D’ici dimanche faites toutes et tous votre travail de conviction, un à un, avec patience et résolution. Si nous arrivons à imposer le Front de Gauche devant Le Pen c’est un bouleversement politique qui donnera une perspective à toute l’Europe. Si cette poussée amenait le Front de gauche au deuxième tour c’est la révolution citoyenne qui sera déclenchée.

Ils ont des millions ; nous sommes des millions. Notre nombre et notre détermination est notre force.

Dimanche soir à Montpelliernous serons à 20h rue bosquet au local de campagne puis le Front de gauche se rassemblera à partir de 21h au kiosque Bosc sur l’Esplanade pour une soirée électorale militante et festive.

Note du 17 avril 2012

Cher(es ami(e)s

L’histoire s’accélère ; tout le monde plus ou moins le ressent, et ce malgré l’aveuglement qu’engendre la morne répétition du quotidien (ce quotidien qui pousse certains à croire que rien ne changera). Dans la phase finale de la campagne des présidentielles, la situation met en évidence les enjeux de l’époque, crée une tension palpable. Nombre de nos concitoyens, soucieux d’écarter le brouillard médiatique, sont à la recherche de repères et regardent du côté du Front de gauche. Ce que nous avons d’ores et déjà construit dans cette campagne ouvre une réelle perspective et nous crée des obligations collectives et personnelles pour les jours et les heures qui viennent. Avant de préciser ces obligations un mot sur le contexte.

La crise financière, le retour en force !
L’étau de la crise financière, qui s’était un peu distendu en février-mars, se resserre à nouveau, sous l’effet d’un mécanisme qu’on a analysé en détail depuis des mois. Après la Grèce qui sombre dans une misère sans fond (et où les prochaines échéances électorales à l’automne donnent des sueurs froides aux puissants puisque les sondages créditent l’équivalent grec du Front de gauche de 30 à 40% des voix), la vague atteint l’Espagne où le chômage monte comme une fatalité inexorable touchant un jeune sur quatre avec dans certaines régions des pics à 60% ; FMI, BCE et Commission (la fameuse troïka) – qui exercent déjà un véritable protectorat de fer sur la Grèce – exigent de l’Espagne des sacrifices encore plus importants que ceux décidés par le gouvernement conservateur, notamment une drastique réduction des dépenses de santé et d’éducation gérées en Espagne par les régions. Au Portugal la récession est toute aussi avancée avec son cortège de régressions. Dans ce pays il est intéressant de noter que l’assemblée nationale a adopté le MSE et le traité européen ; la docilité des socialistes portugais ne leur ont pas pour autant évité de se faire envoyer sur les roses par les autorités bruxelloises quand ils ont demandé « un ajout pour la croissance ». L’échec de cette méthode, celle-la-même annoncée par Hollande s’il est élu, signale d’ores et déjà la vanité de cette stratégie. En Italie, la dégradation économique et sociale s’accélère ; un de ses sinistres moyens de mesures en est une vague sans précédent de suicides. Les marchés financiers accentuent leur pression sur ces trois membres de la zone Euro. A défaut de pouvoir jouer à la baisse la monnaie de ces pays, puisque nous avons la même monnaie, on joue sur la dette de chaque pays en faisant monter le taux d’intérêt pour mieux obtenir les saignées nécessaires au paiement de la rente.

Dans ce contexte la France est devenue depuis quelques jours un enjeu : la sortie ce lundi par Francfort d’un instrument de spéculation sur la dette française en est l’illustration la plus visible. Les marchés financiers (autrement dit l’oligarchie financière qui dispose depuis 25 ans du pouvoir du capitalisme financiarisé) n’attendent pas le résultat des élections pour organiser leur pression sur notre pays et son peuple. La perspective d’une défaite de la droite mais aussi de la présence d’une gauche de combat (un Front de gauche à un niveau historique élevé) a déclenché la contre offensive du capital. Sans retenue et avec grossièreté, Madame Parisot avait ouvert le bal il y a quinze jours, faisant de Mélenchon l’héritier d’une forme de Terreur. L’offensive contre le Front de gauche est désormais générale, mêlant dans le flot des attaques les cadres de l’UMP, quelques ténors socialistes apeurés, Cohn-Bendit et des verts déboussolés, sans oublier Michel Onfray oubliant sa radicalité passée (et maniant amalgames et mensonges particulièrement choquants chez un intellectuel supposé rigoureux), le Nouvel Observateur et quelques sycophantes du même acabit. Cette offensive aura le même effet qu’en 2005 : la vague de mépris et d’insultes sur le Non attira alors vers nous l’intérêt du peuple, nous faisant grandir comme une alternative. Ah que le FN bien installé en troisième position était pratique. Ce petit monde préfère encore une Le Pen à qui ils ont distribué sans complexe moult brevets de dédiabolisation. La perspective qu’une force de gauche occupe la place de challenger remplit d’effroi ces messieurs mais fait a contrario naître un grand espoir dans le peuple.

La vague Mélenchon et ses ressorts
Quiconque a participé aux rassemblements de la Bastille, du Capitole ou du Prado a été frappé non seulement par le nombre de personnes rassemblées comme cela n’a jamais été le cas dans l’histoire électorale de ce pays, mais aussi par le caractère populaire et bigarré, les traits de bonne humeur et de détermination, sans parler de cette présence de la jeunesse massive et joyeuse. Dans le mouvement actuel vers Mélenchon le courant le plus fort est parmi les jeunes, les quartiers populaires et les ouvriers. Un élan populaire s’est formé et dans ces derniers jours de campagne de nouvelles populations plus ou moins dépolitisées vont commencer à se tourner vers la candidature Mélenchon en mélangeant intérêt et interrogations multiples. Ces derniers jours, en rencontrant des citoyens de toute sorte notamment bien au-delà des sphères militantes et politisées, j’ai ressenti la présence d’une masse énorme de gens intéressés par nous mais non encore décidés sur leur vote. Leur sentiment moyen est de considérer que Sarkozy c’est fini et que Hollande çà ne va pas changer grand chose. On perçoit nettement un sentiment que les candidats « institutionnels » (Sarkozy, Hollande, Bayrou, Le Pen) répètent le même disque que lors des échéances précédentes sans apporter de solutions aux questions urgentes de la situation. Par ailleurs c’est seulement maintenant que certains s’éveillent à l’existence du Front de gauche et de son candidat, désormais perçu par le grand nombre. Avec un attrait et un intérêt évident et en même temps une hésitation, un doute, une retenue qui appelle de notre part arguments et réponses. Voyons un peu les remarques glanées autour de moi depuis une dizaine de jours.

Il y a d’abord de nombreuses remarques qui relèvent de comportements électoraux que je pourrai qualifier de « stratégiques » par exemple «je voterai bien Mélenchon parce que çà me ferait plaisir que Le Pen soit renvoyé à la 4ème place ! » ou le désormais célèbre « Un vote Mélenchon garantit de peser à gauche sur Hollande »….enfin depuis ce weekend certains s’interrogent sur un vote Mélenchon pour battre Sarkozy dés le premier tour. Ces attitudes stratégiques sont certes présentes mais elles sont minoritaires dans cette masse populaire d’indécis. Désormais il y a une vraie interrogation populaire sur les solutions qu’apporterait un Front de gauche au pouvoir. La majorité prend au sérieux l’élection comme notre réponse politique, cela parce que la situation est justement très sérieuse. Les questions fusent sur le SMIC à 1700€ brut, la hausse des salaires et la possibilité de le réaliser. A chaque fois que j’y réponds j’emporte la conviction autour de moi. Je vous ferai passer sous peu une petite vidéo à ce sujet que vous pourrez répercuter à votre guise. L’appel des petits patrons à voter Mélenchon a aussi beaucoup de succès non seulement auprès des indépendants mais auprès de tous car il montre la faisabilité de notre programme. Il en va de même sur la retraite à 60 ans, sur le salaire maximum ou l’imposition du capital et des riches. Désormais ces questions sont au cœur de la campagne et nos citoyens s’interrogent dessus. Les moments où nous développons méthodiquement le contenu de la planification écologique intéressent particulièrement car cela dessine un modèle économique alternatif en phase avec la situation.

Bref amis et camarades, vous êtes des milliers à lire mon blog et je vous invite à utiliser pleinement ces derniers jours où tout le monde s’éveille aux enjeux de l’élection pour vous adresser fraternellement à TOUTES et TOUS : amis, famille, voisins, collègues de travail, membres de vos associations, listes de votre carnet d’adresse…Ne négligez personne et ne rejetez pas ceux qui avaient eu dans le passé des positions différentes de vous car dans ce domaine tous les jours nous amène des surprises. Fournissez les argumentaires les plus adaptés aux uns et aux autres. Nos rassemblements donnent un sentiment de force qui attire et maintenant il s’agit d’aider au mouvement par des millions de discussions particulières.

Quant à moi je vais y participer systématiquement cette semaine en m’adressant à toutes mes relations, quelles qu’elles soient.

Par ailleurs la semaine sera chargée avec :
Mardi 17 à 18h30 salle Georges Brassens à Sète MEETING Départemental du front de Gauche où je prendrai la parole au nom du PG, aux côté d’Olivier Dartigolles du PCF, d’un représentant de la FASE et de représentants grec et espagnol.
Mercredi 18 à 20h Réunion publique à Grabels salle du centre de loisirs.
Jeudi 19 après midi Participation au colloque de la CNL sur le logement.
Jeudi 19 en soirée présence à La Paillade avec écoute collective du grand meeting parisien.
Vendredi 20 à 19h Salle Guillaume de Nogaret à l’Espace Pitot participation à un débat contradictoire sur la laïcité.

Bref une semaine décisive avec pour enjeu la surprise positive du 22 avril 2012 qui effacera définitivement la mauvaise surprise d’il y a dix ans.

Bon courage à toutes et à tous.

Voter NON à l’austérité programmée dés juin prochain par le traité européen, c’est voter Mélenchon !

Note du 10 avril

Ne croyez pas que ce soit un slogan ; c’est un résultat évident pour quiconque réfléchit et étudie la situation objective de notre pays sans se laisser étourdir par le brouhaha électoral et médiatique.

Les élections présidentielles et législatives vont avoir lieu entre le 22 avril et le 17 juin ; et personne ne vous dit ce qui va se passer le week- end qui suivra le 17 juin ? En effet est convoqué pour cette date le sommet européen où siégera le nouveau président français avec à son ordre du jour la ratification du nouveau traité européen déjà négocié.

Que prévoit ce traité ? La disparition définitive de toute souveraineté budgétaire puisque les budgets nationaux ne pourront plus être adoptés par les parlements de chaque pays sans avoir l’aval des autorités européennes et devront obligatoirement impliquer des réductions massives de dépenses, avec notamment l’intégration de la fumeuse « règle d’or ». Bref nous avions déjà perdu toute souveraineté monétaire en la remettant dans les mains de la BCE, instance non élue mais composée exclusivement de serviteurs des banques et des financiers, et maintenant il en ira de même du budget. Autant dire que les élections ne servent plus à rien si le lendemain de cette élection nous adoptons un texte qui nous condamne à l’austérité obligatoire. Or aucun des deux « grands » candidats ne vous parlent de cette échéance.

Pourtant les milieux d’affaires et les journaux spécialisés y reviennent avec insistance car la spéculation est repartie de plus belle contre l’Espagne, le Portugal et l’Italie avec une montée inquiétante des taux d’intérêt. Banques et marchés financiers commencent à réclamer encore plus d’austérité pour que les peuples payent leur incurie et préservent ainsi leurs profits exorbitants. Ces derniers jours, après une pause en février mars, les puissances financières qui dominent les marchés et dictent leurs lois depuis deux décennies se sont remises en action pour peser de tout leur poids sur les gouvernements : après avoir imposé des gouvernements non élus à la Grèce et à l’Italie dirigés par des technocrates de la finance internationale, ils remettent aujourd’hui le couvert en organisant une formidable pression spéculative sur les pays les plus faibles de la zone Euro. Fidèles serviteurs des marchés, les dirigeants européens préparent avec soin les plans d’austérité. Les élections ont eu lieu en Espagne et maintenant les « marchés » exigent du gouvernement espagnol qu’il aille encore plus loin dans l’austérité, la baisse des salaires et des pensions, le démantèlement de toute protection sur le marché du travail….et les Espagnols sont sortis la semaine dernière par millions dans les rues pour le refuser.

La perspective des plans d’austérité dés le lendemain des élections doit être replacée au centre du débat électoral de ces 15 derniers jours de campagne. Nicolas Sarkozy multiplie les gadgets électoraux pour éviter soigneusement d’en parler mais faut il rappeler que c’est lui qui a élaboré ce traité et il s’est engagé à le mettre en œuvre. Première conclusion : si nous ne voulons pas de cette austérité commençons par chasser celui qui l’a programmée. De son côté Bayrou a déclaré son accord total avec ce traité ; quant à Le Pen elle n’en parle pas, toute occupée à accuser l’immigration de tous les maux (chassez le naturel xénophobe par la porte il revient en force par la fenêtre !).

Quant au candidat socialiste François Hollande qu’a-t-il dit ? Il a tardivement pris l’engagement de « renégocier le traité » ? Mais qu’est ce que cela veut dire précisément ? Quand on le lui demande, à lui ou à ses lieutenants, il répond que cela consistera en une déclaration annexe au traité qui proclamerait la nécessité de la croissance et de l’emploi ; bref de belles paroles permettant de faire avaler les mesures bien concrètes d’austérité. Un tel « engagement » ne saurait suffire.

Il y a un seul moyen de garantir un rejet pur et simple du plan « austéritaire » européen c’est le bulletin de vote Mélenchon !

Voilà pourquoi nous retrouvons dans cette campagne les mêmes éléments que la campagne pour le Non en 2005 au TCE : argumentation précise partagée par le grand nombre, initiatives de terrain créant une vraie dynamique populaire, rassemblement de toutes les composantes de gauche qui veulent rester fidèles à l’idéal de gauche et qui font passer au second plan leurs divergences, implication des jeunes et des quartiers populaires, enthousiasme et bonne humeur dans la mobilisation des uns et des autres….

Amis et camarades, continuez votre travail de fourmi auprès de tout ce qui vous sont proches, continuez votre travail de taupe dans tous les rouages de la vie sociale, et le 22 avril sera le premier jaillissement de la révolution citoyenne. Le vote Mélenchon le plus élevé possible c’est à la fois notre meilleure protection et le point de départ pour une autre politique en France et en Europe.

Et commençons par donner le samedi 14 la plus formidable démonstration de force dans les rues de Marseille !

Au nom de tous mes engagements ininterrompus depuis mon adolescence pour l’émancipation humaine, je ressens aujourd’hui dans tout mon être, quasi physiquement, l’importance cruciale de notre rendez vous avec l’histoire ce dimanche 22 avril.

René REVOL

PS : Des amis m’écrivent pour me demander de m’exprimer sur ma candidature aux législatives dans la 2ème circonscription et expriment leur impatience d’y participer. Amis, je vous réponds que l’essentiel aujourd’hui est d’assurer le meilleur score à Mélenchon et de répondre à cette montée d’une véritable insurrection civique dans les urnes. Notre victoire au présidentielle conditionne tout le reste. Ne faites pas comme tous ces arrivistes et professionnels qui ne pensent qu’à leur élection personnelle. Au diable les ambitions mesquines et locales de tous ceux qui se présentent ici en ne pensant qu’à l’élection …municipale de 2014 ! La double tâche de l’heure c’est d’une part d’assurer la défaite de la droite et de l’extrême droite et d’autre part que le Front de gauche prenne le pas dans la gauche pour que nous ayons le changement véritable dont notre peuple aura besoin.

Après la Bastille le 18 mars à Paris Tous le mardi 3 avril à 18h sur la place de la Comédie à Montpellier !

Communiqué de René REVOL, (candidat Front de gauche aux élections législatives à Montpellier  dans la 2ème circonscription)  Délégué régional de Jean-Luc MELENCHON,

Après la Bastille le 18 mars à Paris
Tous le mardi 3 avril à 18h
sur la place de la Comédie à  Montpellier !

La marée humaine qui a répondu à l’appel du Front de Gauche pour envahir les rues de Paris le 18 mars  et reprendre symboliquement la Bastille prouve l’écho populaire grandissant de notre candidat, Jean-Luc MELENCHON, et de son programme « L’humain d’abord ». Dans les quartiers, les villages, les entreprises, les écoles, notamment à travers les assemblées citoyennes, les citoyens s’approprient la campagne du Front de gauche pour poser les exigences d’un changement profond qui mette au centre le bien commun et la satisfaction des besoins humains à la place de la course effrénée au profit qui mène la civilisation humaine à la ruine. La révolution citoyenne est en marche.

Nous ne nous laisserons pas voler le rendez vous du peuple avec les urnes par l’exploitation des crimes d’un fou par ceux qui professent la haine de l’autre. Solidaire des victimes, saluant les forces de l’ordre au service de la République, j’appelle les uns et les autres à protéger nos concitoyens musulmans  contre toute tentative d’amalgame.

Après avoir pris la Bastille le 18 mars, le Front de Gauche vous appelle à prendre la place de la Comédie en nous y rassemblant en masse le mardi 3 avril à 18h. Nous aurons l’occasion d’assister à l’action du FRIT (Front Révolutionnaire d’Intervention Théâtrale) : « On se fait une banque ! ». Martine BILLARD, députée, Co Présidente du Parti de gauche, une des responsables nationales du Front de gauche, prendra la parole. Au nom des candidats du Front de gauche sur le grand Montpellier, Frédérique THONAT (syndicaliste), Yvan GARCIA (PCF) et moi-même(PG) prendront  brièvement la parole.

La mobilisation citoyenne avant, dans et après les élections, est la seule garantie d’un changement véritable pour le peuple.

René REVOL,
le 23 mars 2012

 

Face à la crise du logement : prenons le pouvoir ! Faisons la loi !

Dans cette note, je fournis des éléments d’analyse de l’urgence sociale qui caractérise  le logement et trace des pistes pour en sortir afin que cela serve de matériau aux ateliers législatifs initiés sur cette question dans les Assemblées Citoyennes mises  en place à l’initiative du Front de Gauche.  

Une urgence sociale bien visible

J’écris cette note juste avant de monter à paris pour participer le 18 mars à la marche sur la bastille organisée par le Front de gauche. L’évènement local de la semaine c’est le fait que la veille de la fin de la trêve hivernale sur les expulsions j’ai en tant que maire pris un arrêté interdisant les expulsions sur le territoire de la commune. Cette décision assez logique pour protéger mes concitoyens m’a valu un emballement médiatique y compris national. Tant mieux car nous faisons ainsi avancer la cause des mal logés dans ce pays. J’attends avec impatience la réponse du préfet à mon initiative ; s’il décide de m’attaquer au tribunal administratif je n’en resterai pas là et j’ai quelques idées de la suite que je vous dévoilerai plus tard.

Mais la campagne du Front de gauche est à la fois un combat quotidien et un effort d’éducation populaire. Je vais donc ici approfondir un peu la question du logement et je vous demande un peu d’attention et de patience pour lire cette note un peu longue.

Je suis maire d’une commune de 6300 habitants, membre de l’Agglomération de Montpellier. Dans un emploi du temps chargé j’ai tenu à maintenir des permanences ouvertes à tous deux fois par semaine, parfois trois. A mi mandat, en mars 2011,  j’ai fait un bilan de toutes ces visites : sur 1100 visites en trois ans, plus de 40% portaient sur des questions de logement. L’absence de logement, le logement insalubre, les studios où s’entassent des familles, la promiscuité et le mal vivre dans des habitats dégradés ou mal protégés et mal sécurisés, les couples qui ne peuvent plus assurer un loyer qui dépasse parfois 50% de leurs revenus… : le logement est vraiment une question sociale urgente ! Elle s’est imposée comme une des questions centrales de ce rendez-vous électoral national. Les initiatives prises par Droit Au Logement qui a donné la parole à tous les candidats (et vous trouverez le discours de Jean-Luc Mélenchon en cliquant ici), la portée de l’appel de la Fondation Abbé Pierre et le coup de gueule d’Eric Cantona … tout cela a contribué à faire rentrer le logement et notamment le logement social dans l’agenda de la campagne présidentielle. Nous nous en sommes également rendu compte lors des Assises de l’habitat qu’organisait la Communauté d’Agglomération de Montpellier le 10 février dernier. Une forte participation avec prés de 1000 représentant tous les acteurs du logement dans l’agglomération : des promoteurs privés aux représentants des associations les plus engagées contre le mal logement, une parole libre pour tous ceux qui défendent la cause de l’urgence sociale du logement en France. Le débat a fait apparaître une vive opposition entre les partisans du marché comme régulateur, notamment du côté des promoteurs privés, et ceux majoritaires qui réclament une réglementation stricte des prix du foncier et des loyers, un investissement massif dans la construction de logements sociaux ou aidés. Les positions du Front de gauche que nous défendions, Luc Doumenc, architecte urbaniste militant, Hervé Martin, élu communiste à l’agglomération en charge de ce dossier, et les deux candidats du Front de gauche aux législatives sur Montpellier, Frédérique Thonat, sur la 1ère circonscription, et  moi-même sur la 2ème circonscription, ont rencontré un large écho comme en témoignent les articles de presse.

Faisons donc un diagnostic rapide de la question de l’habitat en France et de ce qu’il conviendrait de faire pour un gouvernement qui défendrait l’intérêt général contre la minorité de profiteurs qui ont trouvé dans le logement un moyen de se gaver sur le dos des gens.

Une évolution des prix depuis dix ans à remettre en cause
Pour agir à court terme il faut avoir une vue claire de l’évolution de long terme. Si on regarde l’évolution comparée depuis cinquante ans du prix du logement et du revenu des ménages on constate deux périodes très contrastées :

1)    de 1965 à 2000, l’indice du prix des logements croît lentement au même rythme que le revenu moyen des ménages, ne s’écartant de pas plus de 10%, évoluant ainsi dans une sorte de «  tunnel ». Dans cette période les jeunes ménages disposant du revenu médian peuvent commencer leur carrière dans du locatif aidé ou non et envisager après 10 à 20 ans d’épargne d’accéder à la propriété avec un endettement moyen de 10 à 15 ans. Une telle « carrière » dans l’habitat a servi de modèle dominant dans les classes moyennes et dans la majorité des classes populaires disposant de revenus fixes. Pendant cette période 1965-2000 il y eut certes des exceptions mais elles furent surtout régionales comme la hausse forte des prix dans la région parisienne entre 1987 et 1994, mais cela n’inverse pas la tendance générale. Par ailleurs on constate la même évolution pour cette période dans les grands pays développés notamment au Royaume-Uni et aux Etats–Unis.

2)    Or cette évolution se rompt en 2000 et on constate une rupture nette qui perdure jusqu’à aujourd’hui (malgré le ralentissement de 2008 et 2009). A partir de 2000, l’indice des prix des logements rapporté aux revenus par ménage est sorti par le haut du « tunnel » historique dans lequel il avait évolué pendant 35 ans. Aujourd’hui en 2012 on peut considérer que le prix moyen du logement est supérieur de 80% à ce qu’il serait s’il avait poursuivi l’évolution historique du « tunnel », cette survalorisation allant bien sûr dans la poche des propriétaires et des banques. Je cite les banques car plus de 90% des acquisitions immobilières se font en ayant recours au crédit et, malgré une certaine baisse des taux d’intérêt, les banques restent aussi les grands bénéficiaires de ce boom immobilier et les ménages les grands perdants ! En effet, alors que pour le même logement un ménage primo-accédant trouvait en 2000 un prêt à 15 ans il lui faut en 2012 emprunter sur 25ans. La hausse du prix des logements a été financée par un doublement de l’endettement immobilier des ménages : de 30% en 2000  à presque 60 % de leur revenu en 2012 ! les propriétaires sont majoritairement les locataires des banques !

Une hausse qui s’explique par une transformation du bien immobilier.

Pour un examen critique examinons les différents facteurs parfois invoqués.

1) Le niveau des constructions réalisées serait insuffisant ce qui renchérirait un bien immobilier devenu rare. Il est vrai qu’il ya un réel déficit de constructions neuves et que cette rareté de l’offre pèse mécaniquement à la hausse dans un mécanisme de marché somme toute classique. Mais ce genre d’explication ne tient pas sur le moyen terme car la pression de la demande devrait pousser à la hausse la construction. Cela n’explique pas la durée et l’ampleur de la hausse. L’élasticité du prix des logements par rapport à la taille du parc est de l’ordre de -2 selon les spécialistes du secteur. Cela signifie par exemple que si on avait construit par an 300 000 logements supplémentaires, soit environ 1% du parc, le prix des logements n’auraient été plus bas que de 2% par an. On voit bien que cela n’aurait eu qu’un effet marginal sur une hausse de 80% en dix ans. Cela ne doit pas bien sûr nous empêcher d’envisager la construction de 500 000 logements neufs par an ; mais pour agir sur le prix il faut aller plus loin dans l’analyse.

2) Cherté et rareté du foncier ? Naturellement, et c’est particulièrement vérifié à Montpellier, le prix du foncier est monté de manière à plomber le prix du bien immobilier. Le prix des terrains à bâtir est déterminé en fonction de celui des logements dans leur voisinage et son augmentation est autant la conséquence que la cause de l’augmentation des prix. La rapacité des propriétaires de terrains à bâtir est certes insupportable mais cela n’explique pas l’ampleur de la hausse de 80%.  Cela ne doit pas pour autant justifier une inertie de l’action publique dans la maîtrise du prix du foncier, bien au contraire. Mais l’analyse doit s’approfondir.

3) On évoque aussi des causes démographiques et sociologiques : a) par exemple le vieillissement ; or si on considère chez les spécialistes que l’âge de 56 ans est celui en deçà duquel on est acheteur net et au delà duquel on est vendeur net, l’augmentation proportionnelle des plus de 56 ans aurait du faire baisser les prix ! b) le « desserrement des ménages », c’est-à-dire la diminution du nombre de personnes par ménages sous différents effets (décohabitation juvénile en moyenne à 23 ans, augmentation des séparations et donc familles monoparentales…),  ferait augmenter la demande de logements plus vite et renchérirait l’offre. Or cette évolution a commencé de manière constante depuis les années 80 donc avant la hausse « anormale » des prix et n’explique donc pas la rupture de 2000.

D’autres petites explications sans grande portée ont été avancées. Mais il est clair que cette hausse très importante dans les 10 dernières années s’explique par l’environnement financier. Le logement a été contaminé par la financiarisation de l’économie. Le logement a été à la fois pendant des années un bien qui satisfait un besoin (un toit pour soi et les siens) et un placement. Un certain équilibre a permis l’évolution de 1960 à 2000 et dans cet équilibre il y avait d’une part la puissance publique qui sortait en partie du marché une certaine proportion de logements (les logements aidés ou sociaux) et d’autre part les investisseurs dans le logement qui espéraient un rendement à long terme via le loyer. Or ces deux éléments se sont modifiés créant un déséquilibre majeur : d’une part, la puissance publique a diminué son effort en logements sociaux, les opérateurs dans ce domaine étant confrontés au renchérissement du foncier et à la baisse de la contribution des finances publiques (qui vient encore de diminuer sous l’effet des dernières mesures) ; d’autre part les investisseurs ont abandonné le comportement rationnel à long terme pour une rentabilité à court terme : au lieu d’attendre un loyer régulier on cherche une forte plus value à la revente. Les comportements qui sont devenus dominants dans la sphère des placements financiers (court termisme, recherche du rendement maximum le plus rapide) ont envahi la sphère immobilière ; à cela s’ajoute, comme conséquence de l’instabilité des marchés financiers avec leurs crises répétées depuis 15 ans, un afflux d’investisseurs sur le marché immobilier, attirés notamment par l’importance des plus values réalisables. Les banques et les autorités politiques ont favorisé cet engouement en feignant de croire qu’en augmentant les placements immobiliers on favoriserait l’augmentation du nombre de logements. Les multiples niches fiscales type Scellier ont naturellement largement accru ce phénomène. Notons au passage qu’en encourageant l’accès à la propriété des classes moyennes et d’une partie des classes populaires on les a poussées à placer leur épargne dans un secteur qui est devenu de plus en plus risqué, en délaissant les placements traditionnels et sûrs de l’épargne populaire. Ce sont ainsi créées des bulles spéculatives immobilières qui ont été directement à l’origine de la crise financière de 2007 2008 avec les subprimes.

La conclusion est claire :

1) L’origine principale de la crise du logement tient au fait que le logement n’est plus principalement conçu comme un habitat répondant à un besoin humain mais comme un placement financier central d’une économie capitaliste financiarisée.  

2) Pour sortir de la crise du logement il faut sortir l’immobilier des griffes des marchés financiers.

Doit-on et peut-on construire plus de logements ?

Selon certaines données, pour la première partie de la question, on pourrait croire que non. Si on rapporte le stock de logements à la population c’est en France qu’il est le plus élevé de toute l’Europe occidentale. Donc si on ne peut pas dire qu’il y a une pénurie GLOBALE de logements, on peut trouver trois raisons principales de construire cependant plus de logements :

1 – Il reste en France de nombreuses personnes non logées ou mal logées ! Aujourd’hui en France il ya 3.7 millions de personnes mal logées, 685000 personnes n’ont pas de domicile personnel dont 133 000 personnes SDF et 117 000 hébergées en chambres d’hôtel ou en urgence, 85000 vivent en permanence dans un camping ou dans un mobile home. Il ya un déficit global d’un million de logements selon les estimations des différents spécialistes. Copropriétés dégradées et surpeuplement sont le lot dominant du parc privé des « marchands de sommeil » ! Par ailleurs la cherté du parc privé pousse à la rue des familles entières : en dix ans le nombre d’impayés a été multiplié par 3, les décisions d’expulsion ont doublé ! Et il est clair que ce ne sont pas les placements immobiliers qui règleront ce problème ; on ne se passera pas d’une forte intervention publique.

2 – Les évolutions démographiques appellent une anticipation de logements nouveaux : le taux de fécondité assez fort qui s’est installé depuis 12 ans dans notre pays, l’allongement de l’espérance de vie pour une génération déjà nombreuse, un solde migratoire constant à celui de ces dernières années (pourtant contenu par des pratiques gouvernementales restrictives) et enfin les pratiques de vie plus courantes de décohabitation, tout cela amène certains spécialistes à considérer qu’il faudrait envisager 350 à 400 000 logements par an pour accueillir cette demande nouvelle de logements.

3 – Dans les grandes agglomérations urbaines se manifeste une pénurie sectorielle qui y rend le logement plus cher et c’est là que sévit le plus la crise sociale du logement. Ces zones ont subi un phénomène d’étalement urbain contribuant à accroître les déplacements contraints. Une politique de réinvestissement urbain permettant de penser un nouvel urbanisme à la fois plus concentré et plus vivable est nécessaire dans une perspective de développement durable. Certaines collectivités s’y sont attelées mais on ne s’en sortira pas par la seule action locale. Il nous faut un plan de réinvestissement urbain national, dans lequel le traitement des quartiers populaires doit être prioritaire.

Un effort national de 400 000 logements supplémentaires par an pendant 5 ans est indispensable, dont la moitié en logements sociaux. Mais ne nous cachons pas la difficulté ; lors des assises de l’habitat un économiste de l’immobilier, qui partage par ailleurs mes convictions, me confiait que le secteur français n’avait pas la capacité technique aujourd’hui de construire 400 000 logements par an par manque de matériel et par manque de main d’œuvre, notamment à cause de la négligence gouvernementale dans l’enseignement professionnel des différents métiers du bâtiment. Le tout apprentissage de ces dernières années a fait des dégâts. Un changement majeur doit s’opérer dans ce domaine pour permettre à notre industrie  du bâtiment d’être en capacité de produire d’ici trois ans 500 000 logements par an.

Pour une vraie politique de logement social

Il existe en France une tradition du HLM qui a toujours fait du logement social un marqueur politique majeur entre une politique de gauche et une politique de droite de l’habitat. Mais de surcroit dans le contexte des dix dernières années de renchérissement immobilier le logement social est devenu un enjeu crucial. La loi SRU a été un pas en avant certain notamment dans sa fameuse obligation aux communes[1] d’avoir un minimum de 20% de logements sociaux sous peine de sanctions financières. Or nous voyons que ce dispositif n’est pas suffisant pour régler la question.

Je vais prendre le cas de ma commune dont j’ai la charge pour tirer de mon expérience un certain nombre de leçons. Quand j’ai été élu en mars 2008 ma commune avait 108 logements sociaux soit un taux de 3.7% ! Le programme de mon équipe fixait l’objectif d’une construction massive de logements sociaux. Une première leçon à tirer : dans une commune où les ¾ des habitants sont propriétaires et où le niveau de vie médian est supérieur de 10% par rapport à la moyenne régionale certaines bonnes âmes me garantissait le désaveu des électeurs ! Il n’en a rien été, ne serait-ce que parce que les enfants des propriétaires en question sont confrontés dans notre région à des difficultés incalculables pour se loger vu les prix des loyers et des logements. Le logement social est un sujet de préoccupation majoritaire dans la population ; les élus doivent publiquement ne pas avoir peur de l’assumer. Mais quelle bataille pour obtenir des logements sociaux ! Entre les propriétaires fonciers qui vendent à des prix astronomiques  et les promoteurs qui voudraient nous faire pleurer sur la réduction de leurs marges, j’ai mobilisé tous les moyens de pression à la disposition d’un maire pour imposer les quotas nécessaires ! Ainsi l’offre de logements sociaux sur ma commune  sera passée de 108 à plus de 400 en cinq ans. Ce résultat est certes localement satisfaisant mais si une petite commune réalise seule cet objectif alors que les communes avoisinantes vont plus lentement, on crée un appel d’air bien normal sans qu’il y ait de solution pour le grand nombre des mal-logés.

Ensuite prenons garde à l’évolution INTERNE des types de logements sociaux offerts. Il nous faut ici présenter rapidement le paysage du logement social. Celui-ci dépend de la délivrance de l’agrément pour chaque opération qui va engager l’Etat et par conséquent les autres acteurs : il déclenche l’attribution d’une subvention de l’Etat selon des critères bien définis, une exonération de la taxe foncière (partiellement compensée par l’Etat auprès des collectivités territoriales), le rend éligible au taux réduit de TVA (vous savez celui que Sarkozy vient d’augmenter de deux points !) et cela ouvre aussi l’accès à des prêts spécifiques. On distingue depuis trois ans trois types d’agréments répondant à des publics visés différents :

–  Le prêt locatif à usage social (PLUS) c’est-à-dire le grand héritier de la tradition HLM couvrant la grande majorité des classes populaires et moyennes à revenus modestes ; si on regarde le plafond de ressources, les deux tiers de la population y est éligible.
– Le prêt locatif aidé d’intégration (PLA-I), produit plus social dirigé vers les publics les plus en difficulté pour qui on a constaté que le logement social classique pouvait s’avérer trop cher et qui ont besoin d’un accompagnement. Ce produit est apparu vers le début des années 1990 et marque la reconnaissance de la croissance de la pauvreté de masse. Le plafond de ressources concerne 1/3 de la population.
– Enfin le mal nommé prêt locatif social (PLS) inventé depuis une dizaine d’années et qui vise les publics aux revenus dits « intermédiaires » certes supérieurs au plafond du PLUS classique mais qui peinent à se loger dans le secteur libre vu a cherté croissante. Cela concerne ceux qui se situent au 7ème et 8ème décile dans l’échelle des revenus ou pour le dire autrement ceux qui se situent entre les 10% les plus riches et les 70% les plus pauvres.

Bon vous suivez, j’espère ? Parce qu’il faut que tout le monde comprenne bien s’il veut pouvoir agir. C’est ce qu’on appelle au Front de gauche notre mission d’éducation populaire.

Or que se passe t il depuis dix ans : la hausse des PLUS et PLA-I est lente et on a une envolée des PLS ! Cela permet de dire qu’on fait du social mais en fait on loge les classes moyennes supérieures. Or les PLS sont éligibles aux mêmes avantages fiscaux notamment que les produits vraiment sociaux. Cela déséquilibre gravement la situation. Par exemple sur l’agglomération de Montpellier, si on compare d’un côté la production locative des trois types de logements sociaux sur la période 2005/2010 et d’un autre côté la répartition des revenus des demandeurs de logements sociaux en les répartissant par plafond de ressources selon le type de logement, nous obtenons le résultat suivant :

–         35 % de PLS produits répondent à la demande de 2% des demandeurs de logement social !

–         49% de PLUS produits répondent à la demande de 14% de des demandeurs de logement social.

–         Et enfin 16% des PLA-I produits « répondent » à la demande de 83% des demandeurs de logement social.

Conclusion :  

1-    Il n’y a pas assez de logements sociaux !

2-    La majorité de ceux qui sont construits ne sont pas ceux qu’il faudrait.

 Transformation lente du modèle économique du logement social français vers une privatisation rampante :

En fait on assiste à une transformation dangereuse du modèle économique du logement social en France. Par touches successives avec les modifications des conditions de financement public, par la baisse des subventions publiques voire par des prélèvements étatiques sur les bailleurs sociaux, en poussant les opérateurs dans le social à s’autofinancer ou à se tourner vers des financements privés, par l’encouragement à compter comme logement social ce qui ne l’est que fort peu pour aider les communes à se dédouaner de leurs responsabilités… tout cela cumulé pousse à un changement de modèle. L’évolution depuis plus de dix ans est en train de tuer le modèle HLM généraliste à fort soutien public et instrument d’aménagement du territoire.

En quoi consiste le nouveau modèle ? Il se compose de trois axes à mon avis : 1) Le concours de l’Etat délaisse le logement classique et se concentre (tout en diminuant en masse globale) sur le logement très social, prenant acte de la paupérisation de populations peu solvables pour le reste du secteur. Cela correspond d’ailleurs aux évolutions générales de l’Etat social qui abandonne ses missions généralistes de service public au bénéfice d’un ciblage des plus pauvres, sur le modèle anglo-saxon de « l’Etat providence libéral ou résiduel», pour reprendre l’expression d’un chercheur danois Gosta Esping-Andersen.

2) La concentration de logements sociaux se fait sur des villes ou des quartiers prioritaires et diminue sur les villes et quartiers périphériques, ce qui bien sûr aboutit à des déséquilibres territoriaux majeurs facteurs de ghettoïsation sociale et aussi est un frein à la restructuration et à la rénovation du parc existant.

3) On assiste à une nette séparation entre les acteurs publics, les offices, très liés aux collectivités locales et donc dépendantes du degré d’engagement de celles-ci, et de l’autre un secteur privé « social » (financièrement très concentré nationalement dans des groupes financiers) qui ont des stratégies patrimoniales et financières liées au secteur immobilier privé. L’évolution est claire : les premières peinent et les secondes se développent. Si cette évolution n’est pas stoppée on peut avoir à terme une privatisation du logement social !

A cette triple évolution il faut ajouter deux phénomènes qui fragilisent le financement : d’une part, le déclin quasi encouragé du 1% logement c’est-à-dire du financement patronal qui est dans un sale état ; et d’autre part la désormais généralisation de la commercialisation du livret A à toutes les banques fait diminuer la ressource de financement de l’épargne populaire qui transitait par la caisse des dépôts.

Cette évolution est dangereuse. La mutation du système du logement social français vers des modèles privatisés dans d’autres pays européens est clairement envisagé par certains acteurs libéraux qui préconisent un fort dualisme du secteur avec d’une part une « résidualisation » du parc social proprement dit (l’Etat ne soutiendrait ainsi que la frange la plus paupérisée de la population – qui d’ailleurs n’intéresse pas le secteur privé vu la faiblesse de ses ressources), et d’autre part la privatisation de la majorité du logement social. Une des responsabilités premières d’une politique de gauche authentique sera de stopper cette privatisation rampante du logement social et de relancer fortement le logement social public.

Pour terminer cette note déjà trop longue je vous appelle à faire connaître le programme du Front de gauche sur le logement.
Ce programme est guidé par un axe stratégique :
Faire sortir le logement de la sphère financière et spéculative pour en faire un bien fondamental répondant à un besoin humain essentiel : l’habitat !
La nouvelle loi que le Front de gauche fera voter si les électeurs lui confient le pouvoir :

Déclarera le logement bien de première nécessité dont personne ne peut être privé,
Décidera l’arrêt des expulsions locatives car tout ménage expulsable devra se voir offrir une nouvelle possibilité de logement, la réquisition des logements vacants, le développement du logement d’urgence,

Décidera l’encadrement des loyers pour les faire baisser et le plafonnement du prix du foncier ; quant au secteur public les loyers seront bloqués,
Mettra en œuvre un plan de construction d’un million de logements sociaux en cinq ans en le finançant par un appel à l’épargne populaire et par des crédits à 0% de la banque centrale (c’est-à-dire au même taux pratiqué pour les banques !), plan de construction couplé avec la rénovation environnementale et énergétique du par existant ; ainsi le bâtiment redevient un moteur du développement économique et de l’emploi
Durcissement de la loi SRU en portant le seuil de logements sociaux à 30% dans les zones de tension  et en appliquant des sanctions plus dissuasives.
Ainsi pourra se mettre en place un vaste service public du logement national et décentralisé.
Dans ce domaine comme dans les autres, l’essentiel c’est la volonté politique et la mobilisation citoyenne.

René Revol.

Pour lire l’article du Nouvel Obs du 16 mars 2012 cliquez ici
Pour lire l’article du Midi Libre du 16 mars 2012 cliquez ici

[1] Dans les communes de plus de 3 500 habitants (1 500 en Île-de-France) comprises dans une agglomération de plus de 50 000 habitants, comprenant au moins une commune de plus de 15 000 habitants.