Mes notes de blog

Pour une élaboration démocratique et citoyenne des projets municipaux. Un bel exemple à Montpellier : « Nous sommes ».

Les différentes officines politiques, ce qui indiffère ou exaspère la plupart de nos concitoyens. La population des communes attend de leurs élus municipaux du contenu et des perspectives : comment localement faire face à l’urgence climatique et aux inégalités sociales ? Comment faire pour que les citoyens exercent vraiment le pouvoir dans la cité ? Ce sont les vraies et principales questions à se poser plutôt que celles de savoir quelle sera la belle personne à afficher sur la photo ou qui sera en position éligible ou pas. L’important est de travailler à l’élaboration d’un projet communal partagé par la grande majorité de la population. Ce projet ne sortira pas de quelques têtes éclairées qui s’attelleraient à rédiger en chambre quelques promesses pour séduire le peuple ; pas dupe la population, dès lors qu’elle a éventé ce genre de manœuvre, boude alors les urnes. Les semaines qui sont devant nous doivent être consacrées à mettre en place différents types de rencontres citoyennes consacrées à co-élaborer avec les citoyens les projets et les mesures utiles dont ils souhaitent la mise en œuvre. C’est sur cette seule base que pourra se construire des candidatures aux élections. C’est cette méthode que nous préconisons pour mon village ; j’aurai l’occasion d’y revenir.

Aujourd’hui je voudrais rendre hommage à un mouvement citoyen de la grande commune voisine : Montpellier. Il s’agit du mouvement « Nous sommes » qui depuis plusieurs mois organise agora et rencontres, quartier par quartier, pour construire un projet municipal qui sera ensuite porté par des citoyennes et des citoyens issus de ces rencontres et non désignés par un appareil politique. Cette démarche est exemplaire : car sans rejeter les appartenances politiques des uns et des autres elle donne la priorité à l’initiative citoyenne. Suite au mouvement des gilets jaunes, aux mobilisations contre le changement climatique, aux mobilisations sociales pour les hôpitaux et contre la réforme des retraites, des énergies populaires se sont rendues disponibles. Les déjà nombreuses contributions de « Nous sommes » étant consultables sur les réseaux sociaux, je voudrais ici insister sur deux propositions essentielles.

D’une part le travail citoyen sur les questions de mobilité. Elles sont cruciales dans cette métropole. Outre les problèmes de pollution et d’encombrement des voies, il est impératif de prendre en compte les exigences du changement climatique. Elles conduisent à faire disparaître à terme du centre des villes l’usage des voitures thermiques au profit des transports en commun et des modes doux de déplacement. Cela implique la mise en œuvre de la gratuité des transports en commun dans la métropole, en réponse à celle qui s’imposer de l’interdiction des voitures thermiques, dans l’objectif aussi de la justice sociale. Il est dès lors surprenant de voir que des responsables de gauche et d’écologistes de Montpellier ont rejeté cette mesure phare, avec des arguments puisés dans les cercles technocratiques. Mais c’est aussi dans ces cercles qu’on y trouve de véritables experts qui prônent la gratuité des transports en commun ; ce choix de faire un pas de côté par rapport à certaines institutions gestionnaires, pour se situer du côté du peuple et de ses modes de vie, les conduit à mettre au service de celui-ci leurs compétences. Quant aux rencontres citoyennes elles permettent de dégager les besoins de la population et d’apporter une véritable expertise sociale.

D’autre part, sur la question de l’eau, bien commun essentiel menacé de pénurie par le changement climatique, devenu un enjeu majeur de ce siècle, « Nous sommes » a bien compris les enjeux locaux. Entre 2014 et 2016, sous ma responsabilité, s’est mise en place une régie publique pour gérer l’eau potable, une régie non seulement publique mais avec personnalité morale, citoyenne et démocratique. Menacé, cet acquis qui déplait à certains doit être au contraire un point d’appui pour aller plus loin. La régie qui produit et gère l’eau potable de 13 des 31 communes de la Métropole, dont Montpellier, couvre 80 % de la population ; les contrats qui lient aux entreprises privées les 18 autres communes s’achèvent en 2021 ; la défense de ce bien commun et l’intérêt général font que ces communes se devraient de rejoindre la régie à cette échéance. Cela doit être clairement dit aux électeurs de 2020. Il en va de même pour l’assainissement des eaux usées des 31 communes, enjeux écologiques majeurs pour la préservation de l’environnement et la mise en place d’une économie circulaire : les contrats avec les entreprise privées s’achèvent également en 2021. Il doit être  clairement indiqué que l’assainissement devrait intégrer la régie publique à cette échéance.

Dans ces deux domaines, comme dans beaucoup d’autres, le travail citoyen collectif a permis de mettre en évidence ces perspectives programmatiques à porter aux élections municipales de Montpellier. Je leur souhaite donc bonne chance. Je ne trouve pas de meilleur moyen de les aider que d’appliquer cette méthode à mon propre village.

René Revol

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