Mes notes de blog

De la crise politique en France

(Note du 5 avril 2011) 

Voilà trois semaines que je n’ai pu dégager du temps pour ce blog. La charge d’un  fort investissement municipal d’une part et d’autre part l’accompagnement des candidats du Front de gauche dans les élections cantonales m’ont largement mobilisé, sans oublier bien sûr le Concours de Normale Sup que je « passe » chaque année depuis vingt ans avec mes étudiants : nous sommes désormais à 15 jours du concours et la pression sur le prof est proportionnelle aux angoisses intellectuelles des étudiants…  Je ne m’en plains pas, c’est une joie qui me manquera l’an prochain quand j’aurai fait valoir mes droits à la retraite, mais en attendant çà carbure !

Dans ma note précédente, le 14 mars, je parlais d’état d’urgence, suite aux conséquences de la catastrophe nucléaire au Japon et à l’annonce d’une percée du Front national dans les sondages. Depuis les faits ont largement confirmé mon propos. Je ne reviendrai pas ici en détail sur la situation japonaise. Elle pose au monde entier la nécessité d’une sortie maitrisée du nucléaire ; chacun comprend bien que cela n’est possible que si on arrête de confier au privé la gestion de nos industries énergétiques et qu’on s’engage dans une planification écologique. « Ecologie » « Socialisme » « République » sont les trois principes que le Parti de Gauche affiche sous son sigle. Ecologie et socialisme sont indissociables car renoncer à la course au profit et protéger  l’écosystème humain vont de pair. Cela suppose deux impératifs contenus dans l’exigence républicaine : remettre aux commandes la souveraineté populaire et donner la priorité à la res publica, la chose commune, le bien commun, l’intérêt général. Rien de neuf dans tout cela mais ce qui est nouveau, c’est de voir de plus en plus de nos concitoyens de tous les horizons s’orienter aujourd’hui dans cette direction, suite aux catastrophes engendrées par le système dominant.

J’aurais l’occasion dans une autre note de revenir sur la planification écologique en détail notamment en le déclinant à travers l’action locale.  Je voudrais insister aujourd’hui sur la signification des élections cantonales en général comme dans mon département de l’Hérault. Les caractéristiques majeures de ce scrutin sont à mon avis les suivantes :

1) Une abstention massive. Il ne faut pas avoir fait campagne pour oser dire que cela n’est qu’un oubli, par la faute aux médias qui n’en ont pas assez parlé. Combien de fois ai-je entendu dire «  A quoi çà sert de voter puisque c’est toujours la même chose quelque soit l’élu, et que notre situation empire ?».
Ce sentiment est partagé par la majorité des abstentionnistes qui décident d’exprimer leur défiance politique explicite en n’allant pas voter.
Ces vingt dernières années on est passé d’une « abstention en creux », c’est-à-dire d’une abstention liée au désintérêt pour la chose publique ou liée à une faible implication sociale, à une « abstention en bosse » c’est-à-dire volontaire pour manifester ainsi  son rejet du système politique et de l’offre politique. Si ces deux composantes de l’abstention sont présentes depuis longtemps dans les enquêtes d’opinion, la nouveauté est que la deuxième composante semble devenir majoritaire. Lutter contre l’abstention ne passera pas par un discours civique moralisateur, mais en apportant la preuve par l’exemple. Nous réussirons à faire baisser l’abstention par une mobilisation citoyenne qui propulse des élus nouveaux, fidèles à leurs engagements. L’étude précise des listes électorales de la Paillade démontre que le fait d’avoir choisi comme candidat du Front de Gauche un enfant du quartier et d’avoir ancré la campagne sur une mobilisation citoyenne a permis de faire revenir vers les urnes des abstentionnistes de longues dates (dont certains qui croyaient ne pas être inscrits). 

2) Le bouleversement à droite constitue un séisme politique dont nous devons tirer toutes les conséquences. D’une part prenons la mesure de l’affaissement inégalé de l’UMP (pourtant parti unique de la majorité présidentielle) ; il est assez exceptionnel que sur certains bureaux l’UMP avec 10% fasse moins dans l’Hérault que le Front de gauche ! Quand on regarde de prés les bureaux de vote de mon village il apparaît nettement que l’électorat UMP est nombreux à être resté à la maison ; dans le canton en général on peut le répartir en trois tiers : un tiers d’abstentionnistes, un tiers pour leur candidat, un tiers vote FN.

D’autre part le deuxième fait majeur est le fait que le FN est devenu un concurrent direct de Sarkozy et de l’UMP pour diriger la droite. En LR et dans l’Hérault il a largement dominé de plus de 10 points l’UMP. Une bonne partie de l’électorat de la droite parlementaire a décidé de changer de chefs, car la culture de la droite c’est de s’en remettre à un chef. Sarkozy étant massivement désavoué, sans être à ce jour remis en cause par son camp, le choix se porte sur Marine Le Pen.
Un mot sur un débat que nous avons eu au PG : certains prétendaient que les sondages étaient bidonnés et que MLP était surévaluée. Si bien sûr les sondages peuvent être d’une part amplifiés et d’autre part mis en scène pour assurer une promotion médiatique honteuse de la fille « mieux que le père », nous étions nombreux à penser que ces sondages traduisaient un mouvement réel : les faits nous ont donnés raison. L’analyse des votes FN doit être faite finement. Si je regarde les deux cantons où je vis et milite : à Montpellier 10 (Montpellier, Grabels, Juvignac) il y a une forte progression du FN dans les zones pavillonnaires ou de petits ensembles privés, surtout dans ceux proches des quartiers les plus populaires, par contre dans la partie populaire notamment le canton Montpellier 9 (La Paillade) il y a un recul en pourcentage et en voix du FN. Si les sondages sortie des urnes nous donneront plus d’indications, il apparaît qu’il n’y a pas de progression proprement ouvrière et populaire du FN, que c’est l’électorat populaire UMP (car il y toujours eu un électorat populaire de droite) qui quitte Sarkozy pour Le Pen. Ce mouvement est encore plus net dans les couches moyennes appauvries et menacées de déclassement ou travaillées par la peur du déclassement. Cette subite radicalisation à l’extrême droite de la petite bourgeoisie avait été bien analysée dans les années trente ou chez certains sociologues sur « l’extrémisme politique du centre social en période de crise » (Lipset).

Mais qu’est ce qui fait que ces couches sociales se tournent vers le FN ? Deux éléments à cette étape, A) Ils ont été encouragés par la droite sarkozyste elle-même : débats et positions prises sur l’identité nationale, les Roms, l’islam, le discours de Grenoble, les petites phrases de Hortefeux jusqu’aux dernières de Guéant avec sa « croisade » et autres « on ne sent plus chez soi ». Tout cela légitime le Pen aux yeux du grand nombre. B) Quant à la gauche officielle qui apparaît sans chef ni véritable programme, elle ne constitue pas une force d’attraction. La classe moyenne apeurée ne suivra la gauche que si celle-ci donne le sentiment d’être déterminée à changer leur situation concrète. Les communicants ne se rendent pas compte des dégâts qu’ils ont causé avec leur reportage sur DSK à Canal+ : arrogance, richesse et distance avec le peuple s’étalaient au grand jour ! Je ne vois pas comment la « gauche FMI » pourrait attirer ces électeurs… sans parler de l’électorat populaire de gauche ! La gauche doit se présenter comme puissante et déterminée à rompre avec la situation existante, c’est la condition pour que le FN reflue. Et puis être au contact sur le terrain : de ce point de vue il est significatif qu’en construisant une candidature populaire et unitaire du Front de gauche sur la Paillade nous ayons éliminé le FN du second tour. C’est la perspective nationale que nous devons nous fixer. La « gauche FMI » ne pourra jamais reconquérir l’électorat populaire qui s’abstient ou s’abandonne, qui ne se laisse plus convaincre par le vote utile.

Prenons la mesure de la situation qui s’est ouverte en mars : l’ouverture de la crise politique en France. Crise politique car nous assistons à une vraie crise de la domination politique. Le Président de la République est transformé en politicien de bas étage pris dans une course effrénée pour sauver sa situation ; sa majorité est prise en tenaille entre résister ou céder au FN. Le président a manifestement fait le choix de la stratégie de droitisation à outrance de son conseiller Patrick Buisson (ancien directeur de rédaction de Minute), d’où le Ni Ni entre vote PS et vote FN, et la relance d’un débat de fait sur l’islam. Cette crise ne va pas seulement accélérer les fractures au sein de la droite, elle atteint aussi la légitimité du président, sa légitimité à être le chef des armées et de décider de frappes en Lybie ou en Côte d’ivoire, comme sa légitimité à porter une quelconque des « réformes » qui viennent. De ce point de vue avril mai 2012 est encore loin et la crise politique va creuser largement son sillon, menaçant l’équilibre même du pouvoir comme le montre la pression pour qu’il se sépare de Fillon. 

4) Les résultats à gauche sont tout à fait intéressants. Le PS est majoritaire mais avec une diminution de ses voix parfois très significative. Le PS n’est pas hégémonique. Il doit composer avec les deux autres forces qui émergent à gauche : Le Front de Gauche, désormais deuxième force à gauche localement comme nationalement, et Europe Ecologie Les Verts.
Dans le Languedoc Roussillon les résultats sont les suivants : PS 28.31 – FdG 11.38 – EE-LV 8.66

Ces résultats montrent que le PS ne peut prétendre à représenter seul la gauche, ni revendiquer des ralliements sans condition de ce qu’il considérait autrefois comme des confettis de la gauche. Mais ces résultats montrent aussi que le mouvement engagé aux européennes et aux régionales où le FdG, nouvelle offre à gauche, atteignait déjà plus de  8% a continué de plus belle avec une moyenne de plus de 11% dans la région et 10% nationalement ce qui en fait la deuxième force à gauche. Ce résultat des cantonales confirme aussi la pertinence d’une union de la gauche de transformation sociale. Cela est très visible dans l’Hérault également : là où le PCF a joué le jeu du Front de gauche en s’alliant avec le PG et la GU en affichant nettement la perspective du Front de gauche les résultats sont là.

C’est notamment le cas à Montpellier où tous les candidats progressent nettement par rapport à 2004 et par rapport aux européennes et régionales. C’est le cas notamment avec le candidat PCF dans le 7ème canton (malgré la concurrence du NPA) et le candidat PG dans le 10ème canton qui font tous les deux plus de 10%, dépassant les 20% dans plusieurs bureaux populaires (Petit bard, la Valsière), la progression étant nette non seulement depuis 2004 (où le FdG n’existait pas) mais aussi par rapport aux européennes et aux régionales. C’est le cas bien sûr dans le canton 9, territoire éminemment populaire de la Paillade, où la candidature citoyenne de Mohamed Bouklit, présentée par l’association « Front de gauche des quartiers populaires » et les composantes politiques du Front de gauche, a réalisé un magnifique score de 22% éliminant le FN (qui avec 20% recule en voix et en pourcentage) et l’UMP (5%), se qualifiant ainsi pour le second tour dans le canton du Président du Conseil Général en ballotage avec un peu moins de 50% des voix. J’aurai l’occasion de revenir plus loin sur les raisons de la présence du Front de gauche au deuxième tour de ce canton, mais soulignons dans l’immédiat les vertus d’une part de l’union de l’autre gauche et d’une campagne dynamique sur le terrain avec des candidats issus de ces quartiers. De ce point de vue la stratégie d’une partie du PCF de l’Hérault hostile au Front de gauche et présentant des candidats exclusivement PCF (n’hésitant pas en même temps à utiliser au dernier moment le sigle Front de gauche pour gagner des voix… comme quoi le sectarisme n’exclut pas l’électoralisme !)  a subi un cuisant échec : ainsi à Clermont l’Hérault le PCF qui avait atteint jusqu’à 30% des voix dans ce canton obtient 5% dans une candidature de division contre la candidate PG du Front de Gauche alliée avec des Verts qui partageaient un combat citoyen local et qui a obtenu plus de 11% dans un contexte de cinq candidatures concurrentes à gauche. Il en va de même pour le NPA : là où il s’unit avec le Front de gauche comme à Ganges il obtient plus de 11% et là où il est solitaire il est en dessous de la barre des 5%, même quand il a un bon candidat comme le conseiller municipal de Montpellier, syndicaliste, connu pour ses combats politiques et sociaux sur la ville.

Bref le Front de gauche a de l’avenir si il est à la fois uni et ouvert ; uni dans toutes ses composantes actuelles qui doivent confirmer leur volonté de travailler ensemble et de concert pour les prochaines échéances, ouvert aux autres composantes de la gauche de transformation sociale (comme dans cette campagne l’a montré soit avec la présence active de la Fase ou du NPA dans certains cantons de la région, notamment dans l’Aude), ouvert aussi à une meilleure représentation des citoyens mobilisés sur le terrain, souvent non inscrits dans une organisation politique. Ainsi a-t-on vu naître dans ces deux mois dans l’Hérault deux associations : d’une part une association départementale du Front de gauche permettant aux citoyens non encartés d’adhérer et de militer dans un cadre commun avec les organisations membres du Front de gauche et les comités locaux unitaires du Front de gauche vont se structurer dés ce printemps ; d’autre part « le Front de gauche des quartiers populaires » né à la Paillade qui engage la même démarche en cherchant à construire une nouvelle représentation des quartiers populaires de Montpellier. Le « Front de gauche des quartiers populaires » a déjà pris les dispositions pour continuer sa mobilisation civique et politique dans les quartiers populaires de Montpellier.  Déjà dans les autres villes de la région, et en banlieue parisienne cette initiative trouve un écho.  

Le Front de gauche a donc atteint son objectif en réalisant un score à deux chiffres. Ce n’est pas là une fierté mal placée car elle revêt une importance particulière. Le Front de Gauche devient ainsi une alternative crédible à l’échelle du pays et son objectif d’être une force candidate au pouvoir n’est pas hors d’atteinte. Car le front de gauche offre un axe stratégique pour combattre le FN et le défaire. Cela est un débat fondamental à gauche. En effet certains croient à gauche que face au FN il suffit de tenir le bon vieux discours antifasciste mêlant un moralisme très général et un appel au rassemblement des républicains. S’il va de soi qu’il faut en toutes circonstances (notamment électorales) tout faire pour que les électeurs se rassemblent pour battre le FN, cela ne saurait suffire. Comme je l’ai expliqué plus haut le FN se nourrit de la désespérance sociale et de la peur du déclassement en offrant une image de force et de détermination. La majorité de ses électeurs ne  se détourneront de lui que si se constitue une gauche qui démontre une détermination à changer leurs conditions d’existence, une gauche qui ne soit pas un mélange de moralisme béat et de résignation à l’Europe libérale et à la mondialisation capitaliste, une gauche prête à gouverner directement en disant les mesures immédiates qu’elle sera capable de prendre pour lutter contre le chômage et la misère, capable de garantir la santé et l’éducation, capable de préserver notre environnement. Comme l’ont dit les candidats du Front de gauche : « Si vous ne savez pas faire, laissez nous la place car nous nous savons faire. » Une gauche sociale et déterminée peut alors être intransigeante sur les valeurs et les principes en montrant une fermeté sans faille contre le racisme et la xénophobie. Après avoir vu par exemple l’an dernier une majorité de la gauche régionale justifier les blagues nauséabondes de feu Georges Frêche, comment voulez vous qu’on les prenne au sérieux aujourd’hui dans leurs appels à l’union sacrée républicaine ?

Parlons maintenant de l’extraordinaire expérience réalisée à la Paillade, dans ce fameux canton 9, le sortant socialiste étant Président du Conseil Général. Mohamed Bouklit a réalisé 22% au premier tour, éliminant le FN et l’UMP, puis, suite au vote quasi unanime de son Comité de soutien a décidé de se maintenir au second tour face à André Vezinhet qui avait raté de deux points les 50%. Commençons par l’anecdotique : Dimanche 20 entre 22h et 24h pas moins de cinq responsables socialistes (y compris nationaux) m’appellent pour que le candidat du Front de gauche arrivé en deuxième position avec 22% et ayant éliminé de la compétition FN et UMP,  se retire pour laisser comme seul candidat en lice le Président du CG sortant. Je leur fais remarquer que dans une trentaine de cas les candidats EEV et PS communs se maintiennent contre le FdG en appelant la droite à voter pour eux. Quant au choix de maintien ou non au second tour, je leur ai dit que je n’avais aucun pouvoir de décision, qu’ils devaient appeler directement les candidats et qu’il appartenait à l’assemblée citoyenne du FdG du quartier de décider. Ils ne comprirent pas.

Leur conception de la politique exclut que les gens soient égaux ; s’il y a un candidat qui s’appelle Mohamed il ne peut être que manipulé par plus puissant que lui ; ils ne comprenaient pas que le Front de gauche et particulièrement le PG avait construit dans ce quartier une démarche citoyenne pour que le candidat qui sera porteur de notre programme soit issu du quartier et constitue cette nouvelle représentation politique populaire que nous appelons de nos vœux. Ensuite le sortant a fait une grosse erreur quand on lui a demandé pourquoi il n’avait pas répondu à la demande de débat de Mohamed Bouklit : « j’ai pris le parti de l’ignorance. » ; l’ensemble des citoyens porteurs sur le quartier de cette candidature a décidé après mûre réflexion qu’ils maintenaient la candidature au second tour en le justifiant ainsi : « après avoir éliminé le FN à 20% et l’UMP à 5%, on en appelle à tous les abstentionnistes (prés de 70%) pour qu’ils choisissent entre les deux candidats de gauche en étant certain ainsi de ne pas favoriser la droite ». En tant que président du comité de soutien j’ai respecté et assumé leur décision collective et unanime. Je n’ai pas hésité une seconde bien qu’il m’en coûte de m’opposer frontalement à une personnalité avec qui j’ai toujours eu des rapports courtois (à la différence de G. Frêche par exemple). Aussi que n’ai-je entendu entre les deux tours de certains hiérarques ? « Vous vous attaquez à une personnalité imminente du PS » mais jusqu’à nouvel ordre la candidature et le vote sont libres dans notre pays et le souverain final c’est le peuple par son vote auquel tous doivent se soumettre ; « Tu n’auras plus de subvention pour ta commune » mais Frêche m’avait fait la même menace avant mon élection municipale, sans empêcher la transformation de ma commune. Et puis ne serait-il pas temps que les subventions se définissent en fonction de l’intérêt général ? Comme d’ailleurs le Conseil général de l’Hérault entend le faire en rompant justement avec ce genre de pratiques. « Vous allez livrer la Paillade aux islamistes ». Ce dernier « argument » mérite une réponse nette et cinglante : Mohamed Bouklit est un acteur associatif de longue date sur le quartier malgré ses 34 ans, notamment dans la plateforme citoyenne qui défendait des conceptions laïques et républicaines  au grand jour et son programme électoral est d’une grande clarté à ce sujet. D’ailleurs lors d’une des réunions publiques, quand une expression islamiste s’est exprimée contre le Front de gauche, nous n’y avons pas fait obstacle mais lui avons apporté la réponse laïque et républicaine qui s’impose, faisant l’unanimité des soutiens de Mohamed. Cette campagne de dénigrement de sa candidature est non seulement indigne mais témoigne d’une ignorance des réalités et d’un abandon du combat républicain sur le terrain. Enfin j’ai saisi l’occasion pour rappeler à mes interlocuteurs que certains d’entre eux n’avaient pas hésité à l’agglomération de Montpellier à voter ou à laisser voter pour un maire UMP contre un maire de gauche, qu’ils se rappelaient de mon existence quand ils avaient besoin de moi entre les deux tours.

Dans tous les autres cantons j’ai fait mon travail de rassemblement contre la droite et l’extrême droite : dans le canton où se situe ma commune j’ai largement diffusé un appel en tant que maire pour assurer la défaite du FN en votant pour la candidate socialiste arrivée en tête ; j’ai fait de même pour Jean-Pierre Moure, candidat du PS à Pignan, en passant outre à l’attitude qu’il avait eu lors de l’élection des vice présidents de l’agglomération ; et de même dans d’autres cantons du Gard et de l’Hérault. Quant à l’exception du canton Montpellier 9, on ne peut que se réjouir de l’expression d’une nouvelle génération politique de gauche dans ce quartier populaire. Une exception qui ne mettait pas en danger la gauche, ni ne faisait pas des 20% de l’électorat FN et des 5% de l’UMP les arbitres entre le candidat PS et celui du FdeG des quartiers populaires. Ce n’était pas le cas dans le reste de la France pour les socialistes et les écologistes (souvent alliés en l’occurrence) qui ont multiplié les exceptions (une quarantaine environ) pour appeler la droite à la rescousse pour battre un Front de gauche, généralement communiste : dans tous ces cas les électeurs de gauche ont d’ailleurs largement confirmé le Front de gauche. Quant à la Paillade, malgré une pression énorme pour un vote « officiel » (grand bond en avant du vote… dans la maison de retraite !), le candidat du front de gauche est passé de 22 à 34%, augmentant ses voix de 800 votes ce qui constitue une mobilisation exceptionnelle et prometteuse. 

Un espoir est né dans les quartiers populaires de Montpellier et l’aventure va continuer et s’amplifier pour faire émerger de tous les quartiers de Montpellier une nouvelle génération politique qui se structurera dans le Front de gauche des quartiers populaires, élaborant ses exigences sociales et politiques, faisant ses propositions alternatives et prêtes à les porter à toutes les échéances à venir. On aura l’occasion d’en reparler.

Comme je vois que la date anniversaire de la moitié de mon mandat municipal approche, je vais me permettre dans une prochaine note de la saluer par quelques remarques et impressions personnelles.

5 avril 2011
René Revol

7 réponses »

  1. Bonjour René, Avec Pierre Broué, Bruno Flacher, Pierre Vuachet, Joël Cholloux, Pierre Vincent, tu as été mon Maître, tu m’as convaincu de la crasse intellectuelle du maoïste/stalinien que j’étais et m’a permis d’accéder à la pensée critique de Marx/Lénine/Rosa Luxemburg/Trotsky. J’ai été un militant enthousiaste, mais critique (je me souviens des coups de gueule de Joubert et de Tyran quand je « doutais » de la nature d’agent double de Varga). J’ai été exclu du PCI (à propos pourquoi ne mentionnes tu pas cette organisation dans ta bio, organisation à laquelle a appartenu également Mélanchon? Pourquoi éludes tu ton départ ou exclusion de ce Parti) lorsque Lambert, Cambadélis et le pauvre Broué ont considéré « Mélusine » comme un provocateur, et Stéphane Just comme complice! Aujourd hui le PCI s’est fossilisé en POI, pour la grande joie de la bourgeoisie qui a tué (par l’intermédiaire de la franc-maçonnerie via Lambert/Hebert/Sandri etc..) le possible parti Révolutionnaire que pouvait être le PCI. Je suis un trotskyste solitaire et j’étais sur le point de rejoindre le PG (pourquoi un tel nom, tu sais bien que la « gauche » est fantômatique) si Mélanchon n’avait avalisé l’intervention de l’impérialisme français en Lybie? Ainsi donc L’impérialisme peut apporter la démocratie dans un pays « totalitaire ». Mais c’est exactement l’argument des socio-traitres allemands en 1914 pour justifier leur vote pour la guerre contre le tsarisme, arguments que notre grande Rosa a fustigé dans de nombreux articles! rené j’aimerais avoir une réponse, je suis depuis peu retraité de la Poste et je dispose de temps pour militer! Mais sur une base claire de Front Unique, et de combat anti-impérialiste ! René FAVRAT 01 40 25 09 26. Très Cordialement!

  2. deux commentaires :
    – Sur l’Hérault, il me semble que EELV font plus que le FdG ( ce qui est l’inverse au nivrau régional)
    – sur La Paillade, le candidat du PG a quand même un passé (mais est-ce vraiment un passé) proche des structures fondamentalistes. Cela fait quand même un peu tousser. Il faut voir comment a été faîte la campagne sur le canton.

  3. Je ne crois pas, Olivier 34, que le son de cloche d’un socialiste soit le bienvenu.
    Le maire socialiste de ma commune rurale, par exemple, s’est vu refuser l’installation d’une caméra de surveillance sur la place publique ; à la moindre anomalie, il voudrait maintenant faire appel à une société privée de vigiles .

    Les socialistes sont toujours prêts à magouiller leurs postes d’élus pour rester en place et ils nous préparent un retour de la droite aux prochaines présidentielles.
    Je ne vois pas la différence entre les socialistes et les ministres actuels qui disent que les arabes sentent et qu’il faut les renvoyer en bateau.

    Alors, svp, restez entre vous.

    • Heureusement que la caricature ne tue pas… Nous déplorerions une perte. Je ne fais pas d’amalgame comme toi entre un élu ou candidat et une organisation partisane. Oui au PS on a des élus qui sont parfois loin de ma vision de la gauche. Heureusement, le contraire est vrai !

  4. si tu crois que je t’ai pas vu sur le blog de Filoche, où tu jettes l’anathème sur le NPA, tu te goures.
    Je me souviens que quand on distribuait des tracts du Front de gauche pendant les régionales , les électeurs PS répondaient :
    si vous votez pas Frêche, c’est que vous êtes de droite.

    cherchez l’erreur.

  5. je ne jette pas l’anathème sur le NPA, je dis juste ne pas comprendre une stratégie de groupuscule troskiste qui est incapable de penser l’union… même l’union de la gauche de la gauche.
    Pour ton info, aux régionales, j’ai voté Mandroux au 1er tour, je ne suis pas allé voté au second.

  6. c’est pourtant facile à comprendre

    le NPA ,
    Il ne dit pas aux gens, pour les culpabiliser :
    voilà, il y a les vrais bons : l’UMP et le PS
    et si vous ne votez pas PS, ce sera de votre faute !

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