Mes notes de blog

La Révolution citoyenne en Tunisie : un exemple pour tous à commencer…par la France !

Dans cette note je vous parle de la révolution  tunisienne, des conséquences concrètes de la politique gouvernementale sur une petite commune comme celle dont je suis le premier magistrat, de la candidature de Jean-Luc Mélenchon.

Les obligations nombreuses de la rentrée de janvier plus une mauvaise grippe m’ont tenu éloigné du clavier mais c’est avec joie que je retrouve mon blog pour vous dire l’engouement qui a été le mien en suivant heure par heure ce qui s’est passé (et se passe encore) en Tunisie. Pas pour revenir sur les évènements mais pour en donner mon analyse.

 La révolution démocratique tunisienne. D’abord rappelons que le régime dictatorial de Ben Ali était soutenu activement par le gouvernement français comme par les dirigeants socialistes, puisque Ben Ali et son parti étaient membres de l’Internationale Socialiste ! Ceux-ci se répandent en déclaration de soutien au mouvement démocratique tunisien ; ils devraient avoir la décence d’abord de s’excuser d’avoir soutenu Ben Ali. Quant à Madame Alliot-Marie elle devrait démissionner sur le champ si elle voulait sauver l’image de la diplomatie française aux yeux des peuples du monde entier. Je lis dans des journaux que « c’est toute la classe politique française qui a soutenu Ben Ali», cela est faux car l’honneur de la République Française a été sauvé par le combat de solidarité avec les opprimés tunisiens mené depuis des années par le PCF, le Parti de Gauche, le NPA et toutes les organisations de l’autre gauche, auquel il faut ajouter la Ligue des Droits de l’homme et nombre d’associations et de personnalités démocratiques.

Quant à la dynamique des évènements, il ne faut pas oublier la première étape. Face à la crise alimentaire de nombreux pays du Sud sont obligés de subventionner les produits alimentaires de première nécessité pour permettre à leurs peuples de manger à leur faim. Cela a naturellement creusé les déficits budgétaires et donc la dette publique de ces pays. Et que fit le FMI ? Au lieu de soutenir ces pays par une redistribution mondiale des richesses (comme le proposa à l’origine le représentant français lors de la conférence de fondation du FMI en 1944, un certain Mendès-France !), le FMI réclama de ces pays de faire les « réformes structurelles » consistant à privatiser l’économie et à diminuer les subventions publiquesalimentaires. C’est la voie dans laquelle s’engagea la Tunisie de Ben Ali et on a vu le directeur du FMI, Dominique Strauss-Kahn, en novembre 2008 féliciter chaleureusement le dictateur pour son excellente politique. Les tunisiens n’oublieront ni Madame Alliot-Marie ni Monsieur Strauss-Kahn ! Face à cette politique de hausse des prix alimentaires consécutives à la diminution des subventions (pendant que la famille Ben Ali s’engraissait honteusement aux yeux de tous), cela faisait des mois que les mouvements de protestation se multipliaient notamment sous l’égide de l’UGT. Manifestations, incidents sur les marchés, grèves sporadiques …tout ce que les médias français ne voulaient pas voir jusqu’à ce qu’un vendeur des rues s’immole par le feu et révèle au grand jour une colère populaire (qu’on avait pu aussi voir à l’œuvre dans les émeutes réprimées en Algérie il y a un mois). J’insiste sur ce point car la révolution démocratique tunisienne mêle étroitement la question politique et la question sociale….Ce que cache à nouveau les commentateurs officiels qui s’émerveillent sur la nouvelle démocratie (après avoir louangé Ben ALI) en évitant de souligner l’exigence populaire d’un changement de politique économique et sociale. Ce qui va directement contre la politique  du FMI. Et déjà cette question est maintenant posée par la rue.

Mais il y a plus important. Le mouvement est souvent décrit par les médias comme l’explosion d’une foule en colère ; c’est la vision qu’ont les élites des mouvements populaires. Ceux qui ont suivi heure par heure cette insurrection populaire, notamment sur le net, les réseaux sociaux…ont pu constater la capacité d’auto-organisation dans les quartiers populaires comme chez les jeunes et les étudiants. Un peuple éduqué et conscient, imprégné d’une culture laïque, instruit du passé révolutionnaire français, où les femmes ont réalisé de nombreuses conquêtes, ce peuple a été capable d’isoler le pouvoir et ses forces de répression et de chasser le dictateur. C’est une révolution citoyenne. Et on voit depuis jeudi que la mise en place du nouveau gouvernement ne passe pas et le peuple après avoir dit « Ben Ali dégages ! » ajoute désormais « RCD dégages ! » et tous ceux qui auront été liés au régime vont être balayés d’une manière ou d’une autre. On voit bien cependant les manœuvres des puissances impérialistes (le discrédit de la France laisse la place aux USA pour cette besogne) pour essayer d’établir un nouvel ordre compatible avec leur domination. Mais l’exigence d’une Assemblée Constituante grandit de plus en plus ouvertement dans les manifestations. Des dizaines de milliers de tunisiens se rassemblent ce weekend de villes en villes pour marcher sur Tunis et les enseignants du primaire défient le pouvoir en se mettant en grève illimitée lundi jour de la reprise des cours.

Tous les peuples sont attentifs et tournent les yeux vers le modèle de la révolution citoyenne tunisienne. Naturellement, les peuples voisins  du Maghreb, du Makrech et du moyen orient. Mais ne limitons pas nos regards comme le font les médias. Car les tunisiens donnent des idées à tous les peuples européens, à commencer par les Français.             

Les conséquences directes de la politique de Sarkozy dans ma commune.
Revenons donc à la France. Dans ma dernière note je vous disais que dés janvier 2011, les coups allaient pleuvoir. Je vous laisse faire la liste des mauvais coups du mois, je veux seulement souligner que tout le monde est touché, y compris ma petite commune de 6000 habitants périphérique de Montpellier. Je prends le cas d’un EHPAD (établissement d’hébergement des personnes âgées dépendantes). La décision ministérielle conditionnant son fonctionnement avait été prise en 2005 par le ministre délégué, en charge des personnes âgées, Philipe BAS ; le dossier avait été monté par mon prédécesseur qui n’avait pas été capable de trouver un lieu adéquat. Arrivés aux affaires en 2008, nous trouvons un lieu idéal ; le terrain est acquis par un organisme départemental chargé de construire l’établissement ; la commission concernée où l’Etat est représenté donne son accord formel ; le permis de construire est instruit puis accordé ; les entreprises chargées de la construction choisies …et alors que les travaux s’apprêtent à démarrer on apprend que l’ARS (Agence Régionale de Santé, le nouveau gendarme qui régit la santé à l’échelle régionale directement relié au gouvernement) suspend l’autorisation de fonctionnement ! Outre que ni le Maire, ni le Président du Conseil général n’arrivent à obtenir un quelconque rendez vous de la directrice de cet organisme (ce qui manifeste un mépris incroyable des populations et de leurs élus), les services concernés font savoir que cette décision rentre dans le cadre des économies budgétaires ! D’abord où est l’économie alors que déjà 500 millions d’€, donc de l’argent public, ont été mobilisés pour l’acquisition foncière sur la base de l’autorisation gouvernementale préalable qui avait été donnée ; car la soudaine décision de l’ARS revient à gâcher ces 500 millions ! Ensuite, quel crédit peut-on accorder aux belles paroles du « débat national » sur la dépendance quand par derrière on fait des coupes sombres dans les crédits de fonctionnement des maisons de retraite. Bref l’offensive gouvernementale crée des ravages dans tous les domaines et les mobilisations ne vont pas manquer tout au long de cette  année.

Le sens de la candidature Mélenchon : construire une perspective politique alternative et unitaire.
Or ces mobilisations sociales en période préélectorale ont besoin d’une perspective politique claire contre Sarkozy et sa politique. De ce point de vue les atermoiements socialistes tant sur le fond (leurs textes sont d’une timidité accablante au point de se demander s’ils n’ont pas peur de se retrouver au pouvoir) que sur la forme (jusqu’à quand va durer ce bal des égos ?) bouchent la perspective politique. Il est assez sidérant de voir en même temps comment les médias ont tout fait pour légitimer Marine Le Pen : elle devient ainsi le réceptacle possible d’une certaine colère populaire sans perspective, entre l’abstention, le filet de la xénophobie nationaliste. Cette attitude des médias procède bien sûr aussi d’une manœuvre visant à légitimer le vote utile pour les partis dominants. Il est donc décisif qu’une autre perspective se construise à gauche. C’est pour cela que je salue la déclaration de candidature de Jean-Luc Mélenchon ce 21 janvier approuvée ensuite par le Conseil national du Parti de Gauche et qui ainsi est publiquement proposée au Front de gauche, ainsi qu’à toutes les formations de l’autre gauche et à tout le peuple de gauche. Le débat va ainsi se mener dans la clarté dans l’autre gauche pour construire une offre politique unitaire pour les prochaines échéances électorales nationales c’est-à-dire l’élection présidentielle ET les élections législatives (car n’oublions pas que ce sont ces dernières qui garantissent une majorité gouvernementale). Mais cette candidature de Mélenchon est d’avantage qu’une proposition dans l’autre gauche. Elle permet de commencer la campagne contre la droite pour une vraie gauche de rupture ; elle permet d’avancer tout de suite des solutions possibles et réalisables face aux mesures de Sarkozy. Et cela a une portée concrète dés 2011 : les luttes sociales pourront se sentir confortées par l’émergence d’une réelle alternative politique. Et inversement ces luttes sociales favoriseront l’irruption citoyenne sur le terrain électoral. Que les propositions de Mélenchon aient un écho, je l’ai vérifié dés ce matin en allant faire ma tournée dans le café populaire de ma commune : il y une proposition qui fait un tabac c’est la proposition du salaire maximum (« Au dessus je prends tout ! »). Les gens comprennent vite et il n’y a personne pour s’y opposer. J’avais eu une tout autre réception, dans un salon patronal auquel je participais en tant que maire en novembre : que n’ai-je entendu (démagogie, trop simpliste, démotivation du travail…) ; ayant fixé le salaire maximum à 20 fois le SMIC je me suis intérieurement amusé des clameurs de mes contradicteurs, qui avouaient par leurs réactions un niveau indécent de leurs gains. …Ainsi c’est parti. De l’audace et avançons nos idées et nos projets sur la place publique. Alors tous ceux qui veulent soutenir la candidature de Jean-Luc Mélenchon allez à cette adresse sur son blog

« Je propose ma candidature pour l’élection présidentielle de 2012, au Front de Gauche et à toutes celles et ceux, en métropole et outremer, qui se reconnaissent dans cet engagement pour la Révolution citoyenne. »:

http://www.jean-luc-melenchon.com/liste-dappui-a-ma-candidature/        

Enfin un mot sur l’angle d’attaque trouvé à ce jour par les défenseurs du système contre Mélenchon : l’accusation de populiste et l’amalgame entre Mélenchon et le Pen. J’écris à froid car ce genre de pourriture me donne facilement une rage sans bornes et je préfère attendre avant de réagir. D’abord populisme est un concept creux qui sert surtout aux élites pour manifester leur crainte et leur mépris des mouvements populaires. Je vous renvoie à ce sujet à l’excellent article dans la tribune libre de l’Humanité de ce 22 janvier d’un professeur de philosophie : Benoit Schneckenburger. Ensuite c’est une honte d’assimiler un militant de gauche qui fut de tous les combats antiracistes avec l’extrême droite. Cohn-Bendit s’est déjà déshonoré dans cet exercice avant d’être condamné par son parti ; idem pour Huchon. Et cette  semaine le très droitier et très antigrève dessinateur Jean Plantu a livré son fiel par un dessin de la honte dans L’Express,  provoquant la réprobation de nombreuses personnalités. Et ce samedi 22 je lis dans Midi Libre l’éditorial d’un scribouillard, un certain Yann Marec : « Sur l’estrade du camp des populistes, ils sont deux désormais. Jean-Luc Mélenchon a rejoint sa camarade d’invectives Marine Le Pen. […] N’en déplaise à Mélenchon, Plantu a eu raison… » (Vous retrouverez ce texte page 5 du deuxième cahier régional). En tant que responsable régional du Parti de Gauche, qui a porté les couleurs du front de gauche dans cette région, je m’estime diffamé par ce monsieur et je vais exiger des excuses. Et je vous invite à tous en faire de même. Ne les lâchons pas ; aucune concession à ces monopoleurs des médias qui font ouvertement campagne contre le peuple. J’ai trop de respect pour les métiers de l’information dont nombre de journalistes risquent leur vie pour dire ce qui est pour que nous nous taisions devant ceux qui s’érigent le droit d’injurier dans le secret de leurs bureaux douillets.    

                                                                                                                  René Revol

3 réponses »

  1. Bonjour,

    Je soutiens sans problème vos points de vue mais par contre je pense que Mélenchon a tort de démolir systématiquement le PS en ce moment.
    Quoi qu’on en dise, je ne souhaite pas voir deux possibilités de vote au second tour de Droite, l’objectif étant de démolir définitivement celle-ci pour quelques années, je ne comprends vraiment pas son acharnement. Je crois qu’il serait plus souhaitable qu’il assouplissent ses attaques pour ne pas nuire à notre possibilité de victoire. Certes le PS n’est pas mon idéal mais le dialogue est plus proche qu’avec le FN.

    Je crois que l’objectif devrait plutôt être les  » votants potentiels  » du FN qui sont malgré tout en grande partie proche de nos convictions, certainement même la majorité. Il est tellement simple d’anéantir le programme économique du FN que c’est vraiment dommage de ne pas s’en priver. Il est franchement inutile de perdre son temps à nuire au PS qui a malgré tout un objectif commun avec notre sensibilité.

    Bien à vous

    Gilles DEJEAN

  2. D’abord, je trouve que vous devriez parler plus souvent de votre commune.

    En effet, il est nécessaire d’avoir l’esprit libre pour prendre des décisions basées sur des vrais critères logiques.
    Nous attendons des élus, qu’ils se basent sur une grille décisionnelle sérieuse.
    Nous exigeons de la discipline et comme vous, nous en avons assez de devoir traiter des revues de presse sur les magouilles des maffiosis nationaux et locaux.

    ps
    à Marc :
    c’est cela, additionnez les points si vous voulez…

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